‹ Œuvres completes de SterneChapitre 95 sur 507 · CHAPITRE CI · texte numérisé non relu

CHAPITRE CI

U n'tgirc.

Telle cstraventiire de Trim : quoique mon père la sût par cœur, il sc divertissait à se la faire raconter de temps en temps. Mais il n’en était pas de même de tontes les autres relations que mon oncle Tobic entreprenait assez souvent de lui faire. Si, par malheur, il prononçait seulement une syllabe qui annonçât qu’il allait parler de canons, de bombes, de pétards, mon père se levait aussitôt et l’accablait par un éloge pompeux des machines des anciens. 11 ne voyait rien de si beau que le bélier. Les rinça (dont Alexandre sc servit pour mettre scs travailleurs à couvert an siège de Tjt) lut paraissaient au-dessus de tout ce que les ingénieurs peuvent faire. N’cst<p pas quelque chose de bien rare qu’un canon? disait-il. Parlez-moi, morbleu! parlez-moi de la catapiiltedcsSyriens, qui jetaitàcent pieds des pierres si monstrueuses que les plus forts buiilevartsen étaient ébranles jusque dans les fondemens. Parlez-moi du mcrvcillcuxmécanisme de la baliste, des effets terribles de la pyrobole, qui jetait le feu de tous côtes; de la térèbre et du scorpion, qui lançaient tout à la fois dos milliers de javelots. Qu’est-ce que les machines destructives de Trim, auprès du miroir ardent d’Archimède , qui embrasait.

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dans un clin d'wil, des floues entières; auprès de res tours annèesde faux, quedeséléphans fougueux portaient dans une armée ennemie? Croyez-moi, fi-èrc, vos ponts, vos portes, vos bastions, vos demi-lunes, vos bataillons, vos escadrons ne tiendraient pasaujourd'liui une minute contre des inventions aussi formidables.

Mon pauvre oncle ïobie n'essayait jamais de répondre à ces vives sorties de mon père. L’impatience qu’elles lui causaient ne s’échappait jamais que par des boulTées de fumée qui sortaient de sa pipe, et dont la véhémence , en ces sortes d’occasions, redoublait toujours.

Un soir, après souper, il s’en condensa une vapeur si épaisse, qu’elle jeta mon père, qui était un peu afl'ecté de phthisie , dans un accès de toux si violent, qu’il en fut presque sufi'oqué. Mon oncle effrayé, et sans songer à sa douleur dans l’aine, se leva avec précipitation, et ne Gt qu’un saut derrière sa chaise. Il lui soutint la tète d'une main , tandis que de l’autre il lui frappait doucement sur le dos. L’air affectueux et la sensibilité (le mon oncle Tobie furent si agréables à mon père, que sa toux n’était pas encore cessée , qu’il se fit les reproches les plus vifs. Puisse une catapulte , s’écria-t-il en lui-même , me jeter la cervelle hors de la tête, si jamais j’ose encore insulter à une ame aussi bienfaisante que la tienne , mon cher ’Fobie !

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