SECONDE PARTIE
HoBBES et Spinosa prétendent que les remords ne sont que l'effet de l'habitude; et les idées du bien et du mal, des conventions nécessaires pour le bien de la société. Mais d'où nous vient cet instinct qui nous porte à la société? Les lois, qui sont l'ouvrage des hommes , sont fragiles et partout différentes. Tout est arbitraire, excepté la justice. Mais cependant la terre est couverte d'injustices, de brigandages, d'empoisonnements, d'assassinats; hé bien, en faut-il conclure qu'il n'y a point de vertu? Le crime n'est que passager. Nos passions nous dérobent pour ini moment la vue de nos devoirs; mais, cet orage calmé, nous retrouvons la règle au fond de notre cœur. On insiste , et l'on dit : L'enfant ne connaît point dans son berceau cette loi souveraine; ses mœurs et ses pensées sont les fruits de l'é-
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ducation. Il est vrai , l'exemple a beaucoup d'empire sur nous ; mais il n'influe point sur les premiers principes. Ils sont gravés dans nos cœurs par une main divine ; il faut que l'enfant croisse pour qu'il puisse en faire usage. La nature de l'homme n'est point une énigme si difficile à expliquer. Nous avons la raison pour nous éclairer : n'éteignons pas ce flambeau. Ce n'est point à nous d'ajouter de nouvelles lois à celles que Dieu nous a données.