‹ Œuvres complètes de Thomas (volume 2)Chapitre 15 sur 31 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

Chaque peuple sur la terre a son culte et sa religion; le Juif, le Mahométan, le Bramine, honorent chacun la divinité par des cérémonies différentes. Les guerres de religion parmi les chrétiens ont fait couler plus de sang que les guerres de politique. Si la superstition pendant deux cents ans causa tant de ravages chez nos aïeux, c'est qu'on voulut ajouter de nouvelles lois aux lois de la nature. Dans ce siècle, grâce à la philosophie, on est moins inhumain. Dans Lisbonne, les aulo-da-fés sont plus rares. Le Mufti ne prétend plus forcer les chrétiens de croire à Mahomet ; mais il s'imagine encore que nous se-

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rons damnés. De son côté, le Catholique damne tous ceux qui ne sont point soumis à sa foi. Quoi donc! Socrate, Aristide, Solon, Trajan, Marc-Aurèle , Titus , Newton , Leibnitz , Addisson et Locke , seront-ils dévorés dans des feux éternels , tandis qu'un moine sera sauvé ? Ne prévenons point le jugement de Dieu. Reconnaissons la vertu de ces hommes sages, et ne les damnons point, puisqu'ils ne nous ont point damnés. Enfants du même Dieu, vivons en frères; aidonsnous à supporter nos maux. Notre vie est déjà assez malheureuse : n'y ajoutons point de nouvelles amertumes.

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