‹ Œuvres complètes de Thomas (volume 2)Chapitre 16 sur 31 · QUATRIEME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIEME PARTIE

Le premier des devoirs est d'être juste : le premier des biens est la paix. Grand prince , comment, parmi tant de religions et de sectes différentes, avez-vous pu maintenir la paix dans vos Etats ? C'est que vous êtes sage et maître. Ce fut la faiblesse du dernier Valois qui causa sa ruine, et qui prépara l'assassinat de Henri IV. Toute faction devient à la fin cruelle. Le moyen de les anéantir, c'est de les mépriser. Louis XIV eut la simplicité de regarder comme importantes

les disputes du jansénisme : en y mêlant son autorité, il ne fit que les animer davantage. Le régent les anéantit en les rendant ridicules. Un jardinier est le maître de son terrain. Toutes les plantes qu'il cultive lui doivent le tribut de leurs fruits. Malheur à un Etat où il y a des lois opposées les unes aux autres ! Le sénat de Rome et les empereurs présidaient également à la religion et au gouvernement politique. Aussi, parmi les Grecs et les Romains, il n'y eut jamais de guerre de religion. Je ne demande pas qu'un roi fasse dans sa capitale la fonction d'évèque. Il faut suivre l'usage de chaque peuple; mais je soutiens qu'un roi a une égale autorité sur tous ses sujets. L'ouvrier, le marchand, le soldat et le prêtre doivent être confondus par les lois. Que conclure de tout ceci ? C'est que les sots sont la dupe de leurs préjugés. Il ne faut point se faire la guerre pour de telles sottises : l'on doit préférer la paix à la vérité.

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