‹ Œuvres complètes de VolneyChapitre 105 sur 230 · CHAPITRE XU · texte numérisé non relu

CHAPITRE XU

Da déloge.

D'abord, dans la défense du peuple juif contre les attaques d'Appion >, recueillant les témoigna* ges répandus dans les écrits de diverses nations, « maintenant, dit-il, j'interpellerai les monuments « des Chaldéens, et mon témoin sera Berose, né lui- « même Chaldéen , homme connu de tous les Grecs « qui cultivent les lettres, à cause des écrits qu'il « a publiés en grée, sur l'astronomie et la philo^ « Sophie des Chaldéens. Berose donc, compulsant « et copiant les plus anciennes histoires, présente « les niâmes récits que Moïse, sur le déluge, sur « la destruction des hommes par les eaux, et sur « l'arche dans laquelle Nmtx » [Noé] fut sauvé, « et qui s'arrêta sur les montagnes d'Arménie; en- « suite , exposant hi série généalogique des descen- « dants de Noux, il fixe le temps où vécut chacun « d'eux, et il ïirrive jusqu'à Nabopolasar , etc. »

Ainsi l'histoire de Noé, du déluge et de l'arche , est une histoire purement chaldéenne, c'est^-dire que les chapitres yi, tii, tiii, iz , x et xi, sont tirés des légendes sacrées des prêtres de cette nation, à une époque infiniment reculée. Il est trèsfâcheux que le livre de Berose ne nous soit point parvenu ; mais la piété des premiers chrétiens, le regardant comme dangereux \ paraît l'avoir supprimé

> GontreAppion,Uv.I,gl9.

* Ce mot Noitx est la mdUean orthographe de rhébien Nouh ( Noé ) , parce que lei Grecs D*ayaot point Fasplratioa h, la remplacent par «, qui est le cA aUemand et latin.

3 Voyez le SynoeUe, pages 88 et 40, ligne 8. Cet auteur dte quelquefois le nom de Berose; mais tous les passages

de bonne heure. Josèphe en cite un texte positif sur le fait du déluge , dans ses Antiquités judaïques, livre I*', chap. 6.

« De ce déluge , dit-il , et de Tarche font mention « tous les historiens asiatiques; Berose, entre au- « très, en parle ainsi : On prétend qu'une partie de « cette arche subsiste encore sur les monts Kor- « duens (Kurdestan) en Arménie, et que les dévots a en retirent des morceaux de bitume, et vont les « distribuant au peuple, qui s'en sert comme d'a- « mulettes contre les maléfices. » Josèphe continue « Hiérôme, l'Égyptien, qui a écrit sur les

« antiquités phéniciennes, en parle aussi , de même « que Mnaseas et plusieurs autres. Nicolas de Da- « mas lui-même, dans son livre XCVl, dit :

« Au-dessus dç Miniade, en Arménie, est une « haute montagne appelée Baris, où l'on raconte " que beaucoup de personnes se sauvèrent au temps « du déluge; qu'un homme, monté sur un vaisseau, « prit terre au sommet, et que longtemps les dén bris de ce vaisseau y ont subsisté. Cet homme « pourrait être celui dont parle Moïse, le législa- « teur des Juifs. »

On voit que Josèphe est loin d'inculper Berose et les autres historiens, d'un plagiat envers Moïse, qu'il croit auteur de la Genèse; qu'au contraire il invoque les monuments chaldéens, phéniciens, arméniens, comme témoins premiers et originaux, dont la Genèse n'est qu'une émanation ou un pair. Quant aux détails du déluge, nous les trouvons, 1" dans un fragment d'Alexandre Polyhistor, savant compilateur du temps de Sylla, dont le Syncelle nous a transmis plusieurs passages précieux : 2^ dans un fragment d'Abydène , autre compilateur qu'Eusèbe nous représente comme ayant consulté les monuments des Mèdes et des Assyriens ' ; ce qui explique pourquoi il diffère quelquefois de Berose, dont le Syncelle l'appelle le copiste, avec Alexandre Polyhistor '. Ce que la Genèse raconte de Nauh ou Noé, ces auteurs le racontent de Aisuthrus , avec des variantes qui prouvent la diversité des monuments antiques d'où émanaient ces récits. Un tableau comparé des textes sera plus éloquent que tous les raisonnements.

qu*i( produit, finissant par être rapportés à Poly liislor , Al>ydène et antres copistes de Berose, il nous semble que d^à l'original de Berose n'existait plus.

■ Pnepar, evang. lib. IX , cap. 12.

> Nec me fugit Berosum et tequaces ejus AUxandrum PoUfhiitorem, et Abydenum , etc. page M.

.SEGBËRCHES NOUVELLES

MoMmtnU chaldéens, copiés par Mexandre PofykisU>r, en son second livre ■.

n Xisuthnis fût le io« rol(coinine Noé fut le 10^ patriarche):

« sous lui arriva le déluge Kronos ( Saturne ) loi ayant ap-

« para en songe , l'avertit que le 15 du mois Doeslus » les IMMK « mes périraient par un déluge : en conséquence U lui or- « donnadeprendrelesécritoquitraitaientducommefKaNtfi^, « dumt/f>« et de U^lii de toutes choses ; de les enfouir eo » terre dans la YUleda soleU, appelée 5ii9MrM;de seoensit traire un navire, d'y emlwrquer ses parents, ses amis, et n de s'abandonner à la mer. XisuUiras obéit ; 0 piépaie toutes « les provisions , rassemble les animaux quadrupèdes et vola- «c Ules ; puis il demande où U doit naviguer : vers les dieux, dit « Saturne , et U souhaite aux hommes toutes sortes de bénédic- « Uons. Xisuthrus fabriqua donc un navire long de cinq stades « et large de deux; U y fit entrer sa femme, ses enfants, sw « amis et tout ce qu'il avait préparé. Le déluge vint , et bien» « tôt ayant cessé, Xisuthrus lâcha quelques oiseaux qui, « faute de trouver où se reposer , revinrent au vaisseau : qud- « ques jours après il les envoya encore à la découverte; cette « fois les oiseaux revinrent ayant de la boue aux pieds : lAchés « une troisième fois, ils ne revinrent plus. Xisuthrus coooe- « vaut que la terre se dégageait, lit une ouverture à son val». « seau ; et comme il se vit près d'une montagne , il y descendit « avec sa femme, sa fille et le pilote; il adora la terre, éleva « un autel , fit un sacrifice , puis il disparut, et ne fut plus va

« sur la f^rre avec les trois personnes sorties avec lui

« Ceux qui étaient restés dans le vaisseau , ne les voyant pas « revenir, les appelèrent à grands cris : une voix leur i^pon- « dit en leur recommandant la piété, etc. et en joutant qu'ils « devaient retourner à Babylone, selon l'ordre du d«Un, « reUrer de terre les lettres enfouies à Sisparis , pour les com- « muniquer aux hommes; que du reste le lieu où ils se troua valent était l'Arménie. Ayant oui ces paroles, ils s'assemble- « rent de toutes parts, et se rendirent à Babylone. I^ débris « de leur vaisseau, poussés en Arménie, sont restés Jusqu'à « ce Jour sur les monte Korkoura; et lesdévoto eo prennent de « peUte morceaux pour leur servir de talismans contre les ma- « léfloes. Les lettres ayant été reUrées de terre à Sisparis, les « hommes b&thtmt des villes , élevèrent des temples , cl rêpa- H rèreut Babylone elle-même, u

Récit du livre hébreu , la Genèse,

n Et les dieux ( Elahim ) dit à Noh : Fais-toi un vaisseau, <i divisé en cellules et enduit de bitume : sa longueur sera de N 300 coudées, sa largeur de M , sa hauteur de 30. H aura une «I fenêtre d'une coudée carrée. Je vais amener un déluge d^a « sur la terre : tu entreras dans Tarehe, toi , tes fils , ta femme « et les femmes de tes fils ; et tu feras entrer un couple de tout « ce qui a vie sur la terre , oiseaux , quadrupèdes , repUles ; ta n feras aussi des provisions de vivres pour toi et pour eux. n A'oA fit tout ce que Dieu ( Elahim ) lui avait ordonné : et « Dieu (lahouh) dit encore : Prends? couples des animaux « purs, et 2 seulement des impurs; 7 couples aussi des vo-

n laUles Dans 7 Jours Je ferai pleuvoir sur terre pen-

« dant 40 Jours et 40 nuits. Et Noh fit ce qu'avait prescrit u ( lahouh ) : il enlra dans l'arohe âgé de 600 ans; et après 7 « Jours, dans le second mois, le 17 du mois, toutes les sour- M ces de l'Océan débordèrent , et les cataractes des cieux fu- «t rent ouvertes; et Noh enlra dans le vaisseau avec sa famille « et tous les animaux ; et la pluie dura 40 Jours et 40 nuits ; n et les eaux élevèrent le vaisseau au-dessus de la terre; et le « vaisseau flotta sur les eaux; et elles couvrirent toutes les « montagnes qui sont sous les cieux, à 15 coudées de hau- « leur ; et tout être vivant fut détruit ; et les eaux crûrent pcnn dant 150 Jours. Et Dieu ( Elahhn ) se ressouvint de Noh; il « Ut souffler un vent : les eaux se reposèrent ; les fontaines de « rOcéan et les cataractes du ciel se fermèrent , et la pluie' « cessa; elles eaux s'arrêtèrent au Iwut de l») Jours; et le 7* « mois, au 17* Jour, l'arche se reposa sur le mont Ararat ea « Arménie. Et les eaux allèrent et vinrent, diminuant Jusqu'au

■ Le Synecna , page 3o, semble d'abord tirer ce p«CMge de Rérose; mais en le terminant, il dit : f^oUà ce qu'écrit Atexamdre Poi^kUtor.

SUR LTHSTOIRE ANCIENNE.

«( W moto; el le lo" mois , «u i*' Jour, on tU les dmes des m rnootagnes; 40 joan après ( le lo* du il* mois ), iVoA ou- « Yrit la fenêtre du vaisseau , et lâcha le coil)eau , qui iMa vo- « tant Jusqu'à ce que les eaux se letirassent; et Noh lâcha la « coloaabe, qui ne trouvant point où reposer le pied ( les cimes « étaient pourtant découvertes ) , revint an vaisseau ; et après « 7 Joun ( le 17 du II* mois ), Noh la renvoya encore, et elle u revint le soir, portant au bec une feuille d*olivier ; et 7 Jours « après ( le 34 du II* mois ), il la lAcha encore; elle ne revint « plus. L^an 001 de Noh, le 1*' du mois , 7 Jours après le der- M Dler départde laoolombe,la terre Aitsèebe; eiNoh leva le «• conveicle du vaisseau , et il vit la terre sèche ; et le 27* du « second mois , la terre fut sèche; et Dieu ( Elahim ) lui dit de « sortir avec toute sa famille et tous les animaux ; et Noh m dressa on autel , et y sacrifia des oiseaux et des animaux m pan; et ( lahouh ) Dieu en respira Todeur avec plaisir, et « dit : Je n'amènerai plus de déluge; et il donna des bénédion tiom et despréecples à Noh .* de ne pas manger le sang des « animaux ( précepte de Moïse : TAme est dans le sang ), de ne « pas verser le sang des hommes, etc.; et il lit alliance avec <i les hommes : Et pour signe de cette alliance. Je placerai, « dit-il , un am dana Ut nties ( rarc-en-ciel ) ; et en le voyant , «c je me souviendrai de mon alliance avec tout être vivant «c sur la terre, et Je ne les détruirai plus.... Et Noh en sortant n du vaisseau avait trois enfants ; et il se Uvn à la culture de « la terre, et il planta la vigne, etc.»

Nous ne transcrivons point le récit d'Abydène, qu^Eusèbe a conservé dans sa Préparation évangélique (liv.IX,cfaap. 13, parce qu'il est infiniment abrégé, et qu'il ne diffère que dans deux circonstances. Dans son récit, tiré des monuments mèdes et assyriens , Xisuthrus lâche les oiseaux trois jours après que la tempête se fut calmée; ils reviennent deux fois , ayant de la botie aux ailes et non aux pieds; à la troisième fois ils ne reviennent plus.

Ces textes seraient la matière d'un volnmedecom* mentaires ; bornons-nous aux remarques les plus nécessaires pour tout homme sensé : les deux récits sont un tissu d'impossibilités physiques et morales ; mais ici le simple bon sens ne suffît pas ; il faut être initié à la doctrine astrologique des anciens, pour deviner ce genre de logogriphe, et pour savoir qu'en général tous les déluges mentionnés par les Juifs, les Chaldéens , les Grecs , les Indiens , comme ayant détruit le monde sous Ogygès, Inachus, Deucalion, Xisuthrus, Saravriata, sont un seul et même évé« nement physico-astronomique qui se répète encore tous les ans, et dont le principal merveilleux consiste dans le langage métaphorique qui servit à l'ex* primer. Dans ce langage, le grand cercle des cieux s'appelaitmim^fi», dont l'analogue mondala signifie encore cercle, en sanscrU : Vorbis des Latins en est le synonyme. La révolution de ce cercle par le soleil , composant Vannée de 12 mois , fut appelée orbis, le monde, le cercle céleste. Par conséquent, à chaque 12 mois, le monde finissait, et le m^mde recommençait; le monde était détruit, et le monde se renouvelait. L'époque de cet événement remarquable variait selon les peuples et selon leur usage de commencer Tannée à l'un des solstices ou àes

équinoxes : en Egypte, c'était au solstice d'été» A cette époque, le Nil donnait les premiers symptômes de son débordement , et dans 40 jours , les eaux couvraient toute la terre d'Egypte à 15 coudées de hauteur. C'était et c'est encore un océan, un déluge. C'était un déluge destructeur dans les premiers temps , avant que la population civilisée et nombreuse eût desséché les marais , creusé des canaux , élevé des digues, et avant que l'expérience eût appris l'époque du débordement. Il fut important de la connaître, de la prévoir : l'on remarqua les étoiles qui alors paraissaient le soir et le matin à l'horizon. Un groupe de celles qui coïncidaient fut appelé le navire ou la barque, pour indiquer qu'il fallait se tenir prêt à s'embarquer; un autre groupe fut appelé le chien, qui avertit; un troisième avait le nom de corbeau; un quatrième , de colombe ' ; un cinquième s'appelait le laboureur, le t^t^ron >; non loin de lui était \2l femme (la vierge céleste) : tous ces personnages qui figurent dans le déluge de Noh et de Xisuthrus, sont encore dans la sphère céleste ; c'était un vrai tableau de calendrier y dont nos deux textes cités ne sont que la description plus ou moins fidèle. Au moment du solstice et au début de l'inondation, la planète de Kronos ou Saturne, qui avait son domicile dans le cancer, ou plutôt le génie ailé, gouverneur de cette planète, était censé avertir Vhomme ou le laboureur de s'embarquer. Il avertissait p^nditm/ la nuit, parce que c'était le soir ou la nuit que l'astre était consulté. Le calendrier des Ëgyptiens et leur science astrologique ayant pé nétré dans la Grèce encore sauvage, ces tableaux non appropriés au pays y furent mal compris, et ils y devinrent les fables mythologiques de Deucalion, d'Ogygès et d'Inachus, dont le nom est Noh même, écrit en grec Noch et Nach. La Chaldée avait aussi son déluge , par les débordements du Tigre et de l'Ëuphrate, au moment où le soleil fond les neiges des monts arméniens. Mais ce déluge avait un caractère malfaisant, par la rapidité et l'incertitude de son arrivée. Ce pays, d'une fertilité extrême, par conséquent peuplé de toute antiquité , dut avoir son calendrier propre, ainsi que ses légendes : cependant les historiens nous assurent que les rites de l'Egypte y furent introduits avec une colonie de prêtres , peut-être par le moyen de Sésostris , qui , vers l'an 1350, traversa ces régions en conquérant ; peutêtre par la voie des Ninivites, on plus anciennement ; ce dut être déjà une cause de variantes dans les lé-

1 En £gypte ces oiseaux ne quittent pas la maison pendant que le sol est couvert d'eau : quand Us s^absentcnt , c'est le signe quHIs trouvent à vivre et que la tone se déconvie.

' Arciuru», Bootes.

RECHERCHES NOUVELLES

gendeschaldéennes. Les déluges du Nil et de TEu* phrate n'arrÎYaient pas aux mêmes époques; une autre cause fut la précession deséquinoxes, qui, tous les 71 ans, change d'un degré la position du soleil dans les signes. Enfin les physiciens ayant étendu leurs connaissances géographiques, et ayant constaté que rhémisphère du nord était comme noyé de pluies dans l'intervalle hybemal des deux équinoxes, il en résulta que l'idée et le nom de déluge forent appliqués au semestre d'hiver, tandis que le nom d*ineendie fut donné au semestre d'étés ainsi que nous rapprend Aristote. De là l'expression amphibologique, que le numde éprouvaU des révohOkms aliemathes d'incendie et de déluge; de là aussi une nouvelle source de variantes adoptées par l'écrivain juif, lorsqu'il fait durer la pluie 150 jours ( près de 6 mois) , après avoir dit qu'elle n'en dura que 40 : il n'est donc pas étonnant qu'il y ait des discordances entre les divers compilateurs des monuments , puisqu'il a dû 8*en introduire très-anciennement entre les monuments eux-mêmes et entre les calendriers tant indigènes qu'étrangers.

La différence la plus remarquable entre le récit chaldéen et le récit hébreu, est que le premier conserve le caractère astroiogico-mythologique , tandis que le second est tourné dans un sens et vers un but moral. En effet, selon l'hébreu , dont nous n'avons donné qu'un extrait, puisque le texte contient plus de 100 versets, le genre humain s'étant perverti , et des géants , nés des anges de Dieu et des filles des hommes , exerçant toutes sortes de violences. Dieu se repent d'avoir créé l'espèce; Il se parie , il délibère, il se fixe au parti violent d'exterminer tout ce qui a vie. Cependant il aperçoit un homme juste , il en a pitié; il vent le sauver : il lui fait part de son dessein , il lui annonce le déluge , lui prescrit de bâtir un navire , etc. Quand le déluge a tout détruit, l'homme fait un stMifiee d'animaux purs (selon la loi de Moïse) ; Dieu en est si touché , qu'il promet de ne plus faire de déluge-, il donne des bénédictions , des préceptes , un abrégé de loi ; il fait alliance avec tous les êtres vivants; et pour $igne de cette alliance, il invente tarc-en-^iel, qui se montrera en temps de pluie, etc.; tout cela chargé de redites avec quelques contradictions. Par exemple , la phde dura 40 Jours..., les eaux crûrent 1 50 jours ; un vent souffla , et la pluie cessa. Le premier jour du dixième mois, « l'on vit les cimes « des monts ; 40 jours après, la colombe ne trouve « pas oà poser lepied, etc. »

Tout ce récit n'est-il pas un drame moral , une teçon de conduite que donne au peuple un législateur religieux, un prêtre? Sous ce rapport, on

pourrait Tattribuer à Moïse; mais le nom phirief Elahim, les dieux, très-mal traduit au singulier. Dieu, ne saurait se concilier avec Tunitédont Molae fait la base de sa théologie. Le Dieu de MoTse est lehouh : on ne voit jamais que ce nom dans ses lois et dans les écrits de ses purs sectateurs , tels que Jérémie. Pourquoi Fexpression ElaMm, les (Reux, se trouve-t-elle si souvent et presque uniquement dans la Genèse ? Par la raison que le monument est chaldéen , et parce que dans le système chaldéen, comme dans la plupart des théologies asiatiques, ee n^est pas un Dieu seul qui créait; c'étaient les dfeux , ses ministres , ses anges , et spécialement les décans et les génies des 12 mois, qui créèrent chacun une partie du numdê ( le cercle de Tannée ). Le grand prêtre Helqiah empruntant cette cosmogonie, n'a osé y changer une expression fondamentale qui peut-être avait cours chez les Hébreux , depuis leurs relations avec les Syriens ; il est même possible qu'il n'ait rien ajouté de son chef à ee texte , quoique les animaux purs ( seloo la loi ) et le nombre 7 , indiquent une main juive ^ avec d'autant plus de raison , que le nom de lahouh y est joint.

Longtemps avant Helqiah , la Grèce avait l'apologue « de lou-piier irrité contre les géants et eon- « tre la génération coupable, kii annonçant la fin « du monde , submergeant la terre de torrents qui « se précipitent des cataractes du ciel, etc. »(Voyea Nonnns, Diowyslaq. Hb. VI, v. 280. )

Tout le système du Tartare et de l'Elysée tenait à cette théologie d'origine égyptienneet d'antiquité assez reculée , puisqu'elle était la base des my Hères. et des iniHatUms : ce fut dans ces mystères que la science astrologique prit un caractère moral qui altéra de jour en jour le sens physique de ses tableaux hiéroglyphiques , etc.

Selon l'hébreu, après le déluge, Noh cultive la terre, plante la vigne; en cela, il est Osyris et Bacchus, qui tous deux sont le soleil dans la oonatellation Arcturus ou le bouioier, qui , après la re* traite du. Nil, annonçait au plat pays le temps de semer ; et sur les coteaux du Faîoum, le temps de vendanger.

Ici les fragments de Berose et de ses copistes ont une lacune qui correspond au chapitre z de la Genèse, où l'auteur juif décrit le partage de la terre entre les trois prétendius enûnts de Noh, et donne la nomenclature de leurs prétendus enfants, selon leurs langues et naUons : nous ^xmoA prétendus , parce que tonte cette apparente généalogie est une véritable description géographique des pays. et de& peuples connus des Juift à oette époque; deserifv-

SUR L'HISTOIRE ANCIENNE

tlondans laquelle chaque nation est désignée, tantôt par un nom collectif, selon le génie de la langue , tantôt par un nom pluriel ; et cela, dans un ordre méthodique de localités contiguës et d'affinités de langage. Imaginer que les noms pluriels de Medi, les Mèdes , Saphiroulm, les Saspires , Rodanim, les Rhodiens, Jlmrimy les Amorrhéens, Aradim, les Aradiens, Masrbn, les Égyptiens, PhelasUmy les Philistins , etc. etc. soient des noms d'individus , et imaginer que ces individus fussent la troisième ou quatrième génération de trois familles qui sentes sur le globe s'en seraient fait le partage, est un excès de crédulité et d'aveuglement qui passe toutes ternes ; mais ce sujet nous écarterait trop : nous le traiterons dans un article particulier.

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