‹ Œuvres complètes de VolneyChapitre 107 sur 230 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Du personnage appelé Abraham.

« Berose, dit Josèphe >, en supprimant le nom R d'Abraham, notre ancêtre, l'a cependant indiqué « par ces mots :

« A la dixième génération après le déluge, exista « chez les Chaldéens un homme juste et grand, « qui fut très-versé dans la connaissance des choses « célestes. »

Effectivement, dans la généalogie juive, Abraham se trouve à la dixième génération depuis le déluge, et cela prouve l'identité continue et l'origine commune des deux récits.

Josèphe ajoute : « Hécatée a écrit sur Abraham a un volume entier. Tïicolas de Damas, au qua- <i trième livre de son Recueil d'histoire , dit : Abratt ham régna à Damas ; c'était un étranger venu « du pays des Chaljéens, au-dessus de Babylone, « à la tête d'une armée ^. Peu de temps après, il

> Pluton même est noir comme Cham.

* Antiq.Jud. lU). I, cap. 7, § 3.

3 Nicolas de Damas, dans son propre texte, itfoate Id :

« quitta le pays avec tout son monde , et il émigra « dans la contrée appelée alors Kanaan, aujour- « dliui Judée. »

D*aatre part, Alexandre Polybîstor citant Eupolème, dit > : « Qu'Abraham naquit à Camarine,

• ville de la Babylonie , appelée Ouria, ou ville des « Denhu. Cet homme surpassait tous les autres en « naissance et en habileté. Il inventa Pastrologie « et la chaUkOque*; par sa piété il fut agréable à « Dieu... Les Arméniens ayant attaqué les Phéoi* « dens , Abraham les ehassa ( comme le dit la Ge- « nèse ). Il eut en Egypte de longs entretiens avee « les prêtres sur l'astrologie. »

Artapan, écrivain persan, cité par Eusèbe (liv. IX, chap. 18), parlait également de ce séjour d'Abraham en Egypte > où « il enseigna pendant vingt ans « l'astrologie; » U ajoutait « qu'Abraham se rendit « ensuite à Babylone chez les géants, qui teevt

• exterminés par les dienx, à cause de leur impiété. » Enfin Josèphe parle, comme tous ces auteurs, « de

« la grande connaissance qu'Abraham avait des « changements qui arrivent dans le del , et de ceux « quesubissentlesoleiletIalune(leséclipses),etc.';» ce qui signifie, en mots décents , qu'Abraham était versé en astrologie.

En examinant ces récits, l'ons'aperçoit que, semblables à ceux sur le déluge, ils viennent d'une source antique, où la Genèse a puisé; mais parce qu'ils ont mieux conservéle caractère mythologique qu'ils avaient originairement , ils suscitent plus de doutes et de soupçons sur l'existence d'Abraham, comme individu humain. En effet, dès lors que le déluge chaldéen n'est qu'une fiction astrologique, que peuvent être les personnages et les générations mis à la suite d'un événement qui n'a pas existé ? Si un déluge détruisait aujourd'hui la race humaine, à l'exception d'une famille de huit personnes, cette famille, isolée et faible , accablée de tous ses besoins , ne vaquerait qu'aux soins pressants de sa conservation; et avant trois générations, sa race serait retombée dans un état sauvage, qui ne permettrait ni écriture, ni conservation de souvenirs anciens. Chez les peuples policés eux-mêmes, personne, sans l'écriture, n'a idée delà sixième génération antérieure; comment donc la prétendue généalogie d'Abraham eût-elle pu se conserver, surtout chez les Juifs , qui n'ont pu conserver aucun monument régulier et suivi , ni de la période des Juges , ni du séjour de leurs ancêtres en Egypte ?

m Son nom est em»ie célèbre à Damas, oArooiiiontre on fiitt- K bourg qal Ta retenu. »

■ Eosèbe, Prœpar, evang. ïïb. IX, cap. 17.

* Probablement Técritare chaldalque.

3|08èphe,Uv.I,chap. 7.

RECHERCHES NOUVELLES

Cette généalogie ne leur appartient point; ils Tonl empruntée des Chaldéens; elle est toute chaldéenne. Or, chez les Chaldéens, elle est du temps niythologique, comme le déluge et comme les géants avec qui Abraham eut des relations ; c'est pour cette raison que tous les détaOs ont tant de précision. Dans l'habitude où nous sommes de regarder Abraham oonmie im homme, il est choquant , au premier aspect, de dire que ce personnage est fictif et allégorique , et qu'il n'est que le génie personnifié d'une planète ; cependant tel est le cas d'une foule de pré> tendus rois, princes et patriarches des anciennes traditions de l'Orient. Qui ne croirait qu'Hermès a été un sage, un philosophe, un astronome émineot chez les Égyptiens ? et néanmoins Hermès, analysé^ n'est que le génie personnifié , tantôt de l'astre Si*nus , tantôt de la planète Mercure. Qui pe croirait que, chez les Indiens, les sept richis ou patriarches ont été de saiots pénitents qui ont enseigné aux hommes des pratiques dévotes encore sabsîstanles? et entendant les sept richis ne sont que les génîeft des sept étoiles de la constellation de TOufse, ré^ glant la marche des navigateurs et des laboureurs qui la contemplent. Du moment que, par la métaphore naturelle de leurs langues, les anciens Orientaux eurent personnifié les corps célestes, l'équivoque introduisit un désordre d'idées qui s'accrut de jour en jour, et par l'ignorance d'un peuple crédule, superstitieux, et par l'usage mystérieux, énigmatique qu'en firent les initiés àla science, et par la tom> nure poétique que lui donnèrent des écrivains à imagination. U ne faudrait donc pas s'étonner si Abraham , rvi, paMarehe et atiroloffue chaldéen , analysé dans ses actions et son caractère , ne fut que le génie d'un astre ou d'une planète.

D'abord tout génie d'astre est roi .* il gouverne une portion dn ciel et de la terre soumise à son influence; ses images ou idoles portent toujours une couronne , emblème de son pouvoir suprême * • « AJ»raham, nous dit-on, avait régné à Damas; « son nom y était resté. • S'il n'eAt été qu'un chef d'armée passager, il n'edt pas laissé une impression si durable. Il était allé en Egypte et y avait enseigné Pastrologie; il l'avait même inventée, dit Eupolème, ainsi que la chaUbOque.

Un étranger enseigner l'astrologie aux Égyptiens, et cela 16 ou 17 siècles avant notre ère, quand les Égyptiens étaient , depuis tant d'autres siècles, les maîtres et les inventeun de cette science! cela est inadmissible et déc^e la fable : Abnham a ici

' Voyei Moses M almonides, More IfebueMm. el le Uvre intttulé Dabitian, pabHé àCalcatta, 1789, dans k ^«w Asiatie MûcelUmy , tome I«^ Ce Uvrê eontient à ce sqlcf de» dè^ talls qui se Uent très-bien avee œox de Maimonidei.

SUR L'HISTOIBE ANCIENNE.

les caractères de 7%atU ou Hermès, qui inventa Tastrologie et les lettres de récriture s qui surpassa tous les hommes dans la connaissance des choses câestes et naturelles, qui fut un sage et un roi, mais qui, dans son type originel, n*est que le génie de Tastre Sothis ou Strius, qui annonçait Tinondation du Nil, etc.

Abraham, dans le sacrifice homicide de son fils unique, retrace une autre divinité également célèbire par sa science.

Écoutons Sanchoniaton , qui écrivit environ 1300 ans avant notre ère.

« Saturne, que les Phéniciens nomment Isrtiél, « eut d'une nymphe du pays, un enfant mâle qu*il « appela/éoiM/,c*est-à-dlrett9iettmigtt€.Uneguerre « survenue ayant jeté le pays dans un grand dan- « ger , Saturne dressa un autel , y conduisit son fils « paré d'habits royaux, et l'immola. »

Or Saturne avait été roi en Phénicie, ayant pour secrétaire Thaui ou Hermès, et après sa mort on lui avait consacré l'astre de son nom.

Dira-tH>n que Sanchoniaton, qui consulta un prêtre hébreu nommé Jerombal, a défiguré k récit de hi Genèse? Nous disons, au contraire, que les récits de cet écrivain tendent à prouver qu'dle n'existait pas de son temps, vu leur différence absolue. La vérité est que les Phéniciens, peuple bien phis ancien que les Hébreux, ont eu }§ar mythologie propre et particulière, à laquelle ce trait appartient, et qu'ils ne l'ont pas emprunté des Juifs , qu'ils haïssaient : pourquoi donc cette ressemblance ? Parce qu'une tradition semblable existait diez les Chaldéens, peuple d'origine arabique, comme les Rananéens; mais récrivam juif auteur de la Genèse, a pris à tâche d'effacer tout ce qui retraçait l'idolâtrie, pour donner à son récit le caractère historique et moral convenable à son but.

L'analogie ou plutôt l'identité d'Abraham et de Saturne ne se home pas à ce trait. « Les plus savants « auteurs persans , dit le docteur Hyde * , assurent m. qoe^ dans les anciens livres chaldéens , Abraham « porte le nom de Zerouan et Zerban, qui signifie « fiche en or, gardien de Vor ( il est remarquable « que la Genèse appelle Abraham , très-riche en or • etenargefU^;éitVa!p^\eanmprincetréS'pîdS' « sofif 4 , ce qui se retrouve dans les anciens livres « où il est appelé ro<} ; ces mêmes livres l'appellent « encore Ztsrhoun et Zarman ', c'est-à-dire vieil-

* Yojes le fragenwBtdeSawrAonMilofi, Eusèbe, Prmpar. epang. Ub. I, cap. oit

* De Beligione veter, Persamm, pag. 77, 78.

3 GenèM, chap. un, ven. 3.

4 Ibid. chap. xxm, ven. 6.

s D* Relig. ttter. Penarum, pag. 77, 78.

« larddécrépU. Les Perses lui appliquent Tépithète « spéciale de grand, et il est de tradition antique « que l'on voyait son tombeau à Gutha en Chaldée. « Sa réputation ne se bornait pas à la Judée, die « était dans tout l'Orient. »

Maintenant rappdons-nons que le nom de Zerotiaiisetrouvedansla5%^6erojJenite, et dans le fragment de Mar-I Bas, dtés, au cinquième siècle de notreère, par Moïse deChOTène, eteopiésparlelivre chaldéen traduitpar ordre d'Alexandre. Déjà la bonne ii^ormation des auteurs persans est prouvée : ajoutons qu'une autre sibylle , dans la même circonstance , au lieu de Zeroîian, nomme Saturne; qu'AbydèneassocieSatume, auheudeZérouim, àTitan >; l'identité de Saturne, de Zerouan et d'Abraham devient palpable. Les aecessoires cités complètent la démonstration : Abraham est nommé Zerouan, Zerban, riche en or; Saturne fut le roi de l'âge d'or : Abraham est nommé Zarhoun et Zarman, vieillard décrépit; Saturne , dans les légendes grecques, est un vieillard, emblème du iemps que sa planète mesure par la mardbe la pins lente et la carrière la plus longue de toutes les planètes. L'on a donné à ce vieillard le caractère habituel de son âge ; on l'a peint avare, aimant l'or et entassant Vor : on lui a aussi donné Idifaux, parce qu'il moissonne tous les êtres , et qu'il fait mourir tout ce qu'il fait nattre ; e^est sons ce rapport que , de temps immémorial , les Arabes et les Perses l'ont appelé l'ange de la mort , EzrtOl : or Israël , chez les Phéniciens , était le nom de Saturne, dit Sanchoniaton; Tune des épithètes d'Abraham, en Berose, est Megas *, grand; son épithète spéciale chez les Perses est Buzoug, qui s^nifie aussi grand. Sa femme Sarah portait primitivement le nom ^Ishkah, signifiant belle et beauté : la Genèse en fiiit la remarque spéciale (chap. xu, vers. 14); et dans le fragment de Sanchoniaton ', Saturne épouse la beaiuté que son père avait envoyée pour le séduire. Enfin I j nom primitif d'y^f&ram 4 daigne Saturne; car il est composé dedeox mots, Ab^ram, signifiant p^e de i^ élevatUm; et dans l'hébreu , comme dans l'arabe , c'est la manière d'exprimer le superlatif très-élevé, trèshaut, tel qu'est Saturne, la plus élevée, la plus distante des planètes.

Tout s'accorde donc à démontrer qa*j4braham n'a point été un individu historique, mais un être

> Yoyes MOtae «te Qiortiie, JSKilotrv armim*- page IS, note 2.

* Josèphe, AnHqJud.

3 Eoaèbe, Frmpar, €wm§, Ub. fl, pag. 87.

4 SdoD UG«nèae, chap. xvu , ven. s, Uea chattgaate oom d'Abram en Abraham, comme signifiant pëtv de la multk' tude; mail ce mot Mahm manque dans les ieit^œs.

«52 RECHERCHES

mythologique, célèbre sous divers noms chez les anciens Arabes que nous nommons Phéniciens et Chaidéens , et chez leurs successeurs , les Mèdes et les Perses, Si Fauteur juif de la Genèse en a fait un personnage purement historique , c'est parce que voulant faire remonter Torigine de sa nation jusqu'aux temps les plus reculés, il a, sciemment ou par ignorance , commis une méprise qui se retrouve à d'autres égards chez la plupart des historiens de l'antiquité.

Mais, nousdira-t-on, si l'histoire d'Abram-Zerouan n'est réellement qu'une légende astrologique, oomme celle d'Osiris, d'Hermès, de Ménou, de Krishna, etc. l'histoire de son fils Ishah, de son petit-fils Jacoub, et même des douze fils de celui-ci , tombera dans la même catégorie; alors où s'arrêtera la mythologie des Hébreux? à quelle époque commencera leur histoire véritable? et comment expliquerez-vous la tradition immémoriale d'après laquelle ils se sont appelés enfants de Jacob, d'Israël etd'Abram?

Ces difficultés puisent leur solution dans la nature même des choses.

D'abord il est dans le génie des langues arabiques, dont l'hébreu est un dialecte, que les habitants d'un pays , les partisans d'un chef, les sectateurs d'une opinion, soient appelés enfants de ce pays, de cette opinion, de ce chef : c'est le style habituel de tous leurs récits, de toutes leurs histoires.

2* Chez les anciens , comme chez les modernes, un usage presque général fut que chaque peuple, chaque tribu, chaque individu, eussent un patron; et ce patron fut le génie d'un astre, d'une constellatiion ou d'une puissance physique quelconque. Tous les clients ou sectateurs de cette divinité tutélaire étaient appelés et se disaient ses enfants; la Grèce, dans ses origines soi-disant historiques, offre de nombreux exemples de ce cas.

En troisième lieu, l'origine des anciens peuples est généralement obscure , comme celle de tous les êtres physiques, parce que ce n'est qu'avec le temps que ces êtres, d'abord petits et faibles, font des progrès et acquièrent un volume ou une action qui les font remarquer. D'après ces principes , combinant les récits divers sur les Hébreux avec les faits avérés, nous pensons que ce peuple dérive d'une secte ou tribu chaldéenne qui, pour des opinions politiques ou religieuses, émigra de gré ou de force de la Chaldée, et vint, à la manière des Arabes, camper sur la frontière de Syrie , puis sur celle de l'Egypte , où elle trouvait à subsister. Ces étrangers durent être appelés par les Phéniciens, Eberim, c'est-à-dire

NOUVELLES

gens d'au delà, parce qu'ils venaient d'au delà du grand fleuve ( l'Euphrate ) , et encore béni Ahram, béni Israël, enfants à^Abram et ^Israël, parée qu'Abram et Israël étaient leurs divinités patronales. Ce que l'Exode raconte de leur servitude sous leroid'Héliopolis, et de l'oppression des Égyptiens, leurs hôtes, est très-vraisemblable : là commence l'histoire; tout ce qui précède, c'est-à-dire le livre entier de la Genèse, n'est que mythologie et cosmogonie. Les chances de la fortune voulurent qu'un individu de cette race fût élevé par les prêtres égyptiens, fût instruit de leurs sciences, alors si secrètes, et que cet individu fût doué des qualités qui font les hommes supérieurs. Moïse , ou plutôt Maushah, selon la vraie prononciation , conçut le projet d'être roi et législateur, en affranchissant ses compatriotes; et il l'exécuta avec des moyens appropriés aux circonstances et une force d'esprit vraiment remarquable. Son peuple, ignorant et superstitieux, comme l'ont toujours été et le sont les Arabes errants, croyait à la magie dont est encore in&tué tout l'Orient; Moïse exécuta des prodiges, c'est-à-dire qu'il produisit des phénomènes naturels, dont les prêtres astronomes et physiciens avaient , par de longues études et par d'heureux hasards, découvert les moyena d'exécution.... Quand on lit comment des feux lancés du tabernacle s'attachèrent aux séditieux qui le voulaient lapider au retour des espions, et comment ces feux les dévorèrent, on touche au doigt et à l'œil ce feu grégeois, composé de naphte et de pétrole, qui d'époque en époque s'est remontré dans l'Orient. On pourrait ramener à un état naturel tous les miracles dont Moïse sut grossir les apparences ; mais il faudrait écarter de leur récit les circonstances exagérées et fausses dont lui-même ou les écrivains posthumes ont entouré les faits réels. Ainsi l'on verrait le passage de la mer Rouge fait par les Hébreux à gué et à basse marée, comme il se fait encore ; tandis que les Égyptiens voulant passer au moment du flux, en furent surpris , conunp ils le seraient encore , car à peine le connaissent-ils. On verrait le passage du Jourdain, projeté par Moïse, exécuté par Josué, en dérivant cette petite rivière, comme Krœsus dériva l'Halys; les murailles de Jé> richo renversées par une mine pratiquée , et par le feu mis aux étançons dont on les avait étayées; on verrait Coré, Dathan et Abiron engloutis dans une fosse recouverte, où des combustibles cachés prirent feu par leur chute; et enfin l'on verrait quecette voix qui parlait dans le propitiatoire ■ , et que l'on

> « Or, qDandMobeoitnit dans le labemadeja naée dnoendait à rentrée et iMrlait à Mobe, en présence de tout le peuple, prosterné en adoraUon ; et Dieu parlait à Moïse oomme un

SUR LHISTOmS ANCIENNE.

croyait être la voix de Dieu causant avec le prophète, n*était que la voix du jeune Josué, fiis de Nofun, qui ' ne sortait point du tabernacle où il servait Moïse , et qui fut son suœesseur plus habile et plus heureux que ne lut yiffiy le Josué de Mahomet. Mais ce sujet curieux nous écarterait trop de notre sphère; qu'il nous sufiBsede dire que Moïse a dû être le véritable créateur du peuple hébreu, Torganisateurd'une multitude confose et poltronne > en un corps régulier de

ami à son ami; et quand 11 roTenait au camp, le Jeune Josué, Ma de Roon , qui rasiistait dans le tabernacle , y restait et n*en sortait point ( Exode, chap. XXXDI , Ters. 10. )

* n est encoredit, au chap. xxxu, vers. 17, que lorsque MoTse descendit du mont SInal, Josué raccompagnait : preuve qu*U y fat avec loi pendant les 40 Jours que Moïse y resta; quil y fût rioterlocutenr et le scribe de la loi attribuée à Dieu ; et Ton a le droit de dire quMl y prépara tout Tappareil de pyrotechnie dont l*Ezode nous montre les effets, en même temps quil y porta les provisions dont Moïse et lui vécurent pcsidant les 40 Jours du prétendu Jeûne, également raconté et cru sans preaves ni témoins.

* nyaoDeeiagérallonpalpabledanslenombredesûPMnl mille tkommes portant les armes, qui , selon le texte , sortirent d*figypte avec Moïse. Ce nombre suppose une quantité propor- UooneUe d*enfonto, de femmes et dn vleUianls Invalides; il est même ajouté qu*ane populace innombrable suivit avec des troupeaux. ( Exode, chap. xn , vers. 37. )

Cette quantité ne peut pas être évaluée moins de trois télés pour chaque homme armé; ainsi ce serait une masse de MOO,000 imes, sans les troupeaux. Pour qui connaît l*Ëgypte et le désert, cela est une pure absurdité, et cette absurdité est déeelén par plaslenis droonstanoes. i« Dieo est censé dire ( Exode, chap. xxiv ) : « Je n*extenninerai point les Kananéens m devant votre fsw en une seule année , de peur que le pays ne « soit réduit en un désert, et que les bétes féroces ne se multf- « pUent contre vous. «Nous remarquons que le pays de Kanaan n*a pas plus de 30 lieues de long sur autantde large, faisant 900 lieues carrées environ, dont beaucoup en terres rocailleuses et désertes; ce serait près de 3,000 âmes par lieue carrée, ce qui ne se voit en aucun pays : 8 à MO âmes par lieue carréesont une fbrte population ; toute la Syrie , toute l*£gypte , qui ont plus de 3,000 lieues carrées chacune, ne contiennent pas plus de 9,000,000 d*àmes chacune. )• An Deutéronome, chi^. vn, vers. I , Hestdlt « que la terre de Kanaan contenait 7 peuples, jAvu m fort» et plus nombreux chacun que le peuple hébreu. » Ce pdtt pays de 900 Uenes carrées aurait donc contenu 18,800,000 âmes! On volt Textravagance. Mais quel peut être le nombre vrai? Nous croyons qu*U y a erreur décbnale, et qu^au Heu de 600,000 il faut lire 80,000 : le calcul dédmal pann avoir été tréa-asité chez les ChaMéens, les Perses etlesMèdes; l'on trouve répétées dans le Zend-Àvesta les progressions décuples : « Ormnsd , y est-U dit , donne-mol loo chevaux, i,000 m honlii, 10,000 lièvres, • bénédictions, 90 bénédictions, 900 « bénédielions, etc. » Dans le cas dont nous traitons, lesigne décuple seseraltlntrodult mal à propos. 80,000 hommes armés supposeraient 940,000 âmes en tout, ce qui est dé|à trop de monde à nourrir dans le désert : ce nombre eût donné 988 tètes par Ueue csrrée au pays de Kanaan, qui en aurait eu d^à plus de 1700. ( Cest trop. ) Un passage du livre de Josué hidlque un nombre plus modéré ; et ce témoignage a d*autant plus de poids, que ce livre, étranger au Penlateuque, a étéhors de Hnfliienoe de Helqiah. H est dit, chap. vn et vin, « que fosué voo- « tant attaquer la ville de Mai, ses idaireun lui rapportèrent « que le nombre d*hommes qu'elle contenait ne méritait pas

■ la peine de fslre marcher toute Tannée, et que 9 ou 3,000 « hommes suOralent Josué envoya 3,000 hommes qui furent

■ battus, avec perte de 38 hommes. Cet échec, tout l^gerquMl « était, elhraya beaucoup les Hébreux. Pour les rassurer, Jom sué Imagina l'expiation dont Acban Ait victtme; puis U « dressa, pendant bi nuit, une embûche de 30,000 hommes

guerriers et de conquérants. Le séjour dans le désert fut employé à cette oeuvre difficile. La division en douze corps ou tribus fut très-probablement son ouvrage; mais lors même qu'elle eût existé auparavant , elle ne prouverait point encore la réalité de rhistoîre de Jacob et de ses enfants : d'abord parée que nous n'avons qu'un seul témoin déposant, l'auteur juif , qui , après toutes les déceptions que nous avons vues sur d'autres articles, ne peut mériter notre confiance; et ensuite parce que la légende de Jacob porte des détails du genre fabuleux , tels que sa vision desanges montantau ciel avec des échelles, ses conversations avec Dieu, sa lutte contre l'homme divin qui lui paralysa la cuisse , et lui donna le nom à'Israa, tout à fait suspect en cette occasion. Si Ton nous eût transmis sur Jacob des détails vraiment cfaaidéens, comme sur Abraham, nous y trou* venons sûremend la preuve de son caractère mythologique déguisé par le rédacteur juif. Mais revenons aux analogies de la Genèse avec la cosmogonie ehaldéenne.

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