LISTË DES ROIS ASSYRIENS, SELON LES DIVERS AUTEURS
SELON
Xi'sUSillB DX MOSAS DK CBOHÀSB.
HUtoire tt Arménie *.
1 Ninus.
2 Ninyas.
3 Arius.
4 Aralius.
5 Baleus Cbeoxarus.
6 Amathritès.
7 Belocbus.
8 Baleus.
9 AzaUgus.
10 Mamidus.
11 Maschaleus.
12 Sphanu.
13 SamîlHS.
14 Spharetus.
15 Aâcatodes.
16 Amindès.
17 Vestascarua.
18 Suaarès.
19 Lamparès.
20 Paneas.
21 Sosarmos.
22 Mithreus.
23 Teutamus.
24 Tbinsus.
25 Dercullus.
2ft Eupalmufl.
27 Prîdeazes.
28 Pharatea.
29 Acrazanes.
30 Sardanapale.
1,005 Velletus en compte 1,070
* U Uite d« Motèf de Chorène no porto pat de nombres; meie nou loi troiuportou eeu de rBoeèbe vol-
SELON
Z.'BUSiBB. VUI.OAIRB.
1 Ninus .52
2 Sémiramis 42
3 Ninyas 38
4 Arius 30
5 Aralius 40
6 Baleus Xercès 30
7 Armatbritès 38
8 BelocbOs 35
9 Baleus 52
10 Altadas 32
1 1 Mamitus 30
12 Maocbaleus. 30
13 Spbarus 20
14 Mamitus .30
1 5 Sparetus 40
10 Ascatadea 40
17 Amyntas 45
18 Belocbus ...25
19 Beloparès 30
20 Lampridès .32
21 Sosarès 20
22 Lamparès .30
23 Pannyas. 45
24 Sosarmos 19
25 Mitrseus ....27
26 Tautanes. 32
27 TeuUus 40
28 Tioaeus 30
29 Dercylus 40
30 Eu~pal-ès 38
31 Laostbènes 45
32 Pirtatides 30
33 Opbrateus. 20
34 Opbratenès 50
35 Ocrapazès 42
36 Thonos concoleros, ou
Sardanapale 20
ToTAi. ..1,239
SELON
LB STVCBLZ.B.
1 Bêlas 55
2 Ninus 55
3 Sémiramis 42
4 Ninyas ou Zamèa 38
5 Arius 30
6 Aralius 40
7 Xercès 30
8 Arma Mitbrès. •...•••.38
9 Belocbus i 35
10 Baleus 52
U Sethos 32
1 2 Mamitbus 30
13 Ascbalîus 22
14 Spbaerus. 28
15 Mamylus 30
16 Sparthaeus 42
17 Ascatades 38
18 Amyntes 45
19 Belotus. 25
20 Baletores 30
21 Lampridès. 30
22 Sosarès 20
23 Lampraès. 30
24 Panias 45
25 Sosarmos. 22
26 Mitbrœus 25
27 t Teutamus 32
28 Teutons. 44
[ 29 Arabelus ] 42
I 30 Cbalaus f 45
|31 Ambus [.. 38
t32 Babius / 37
33 Tinsus 30
34 Dercylus 40
35 Enpakmès 38
36 Laostbènes 45
37 Pertiadès 30
38 Opbrataeus 21
39 Épecberès s2
40 Acraganès 42
41 Tbonos concoleroa, ou
Macos concoleros, dit Sardanapale 15
Total .1,460
SUR L'HISTOIRE ANCIENNE
syriens; sMIsuit Ktesias,il ne leur donne que 1 183 '. L'on voit que Sura ou Velleîus ont fait, ou plutôt ont suivi de confiance, les tablettes chronologiques de quelque Lenglet de leur temps, sans traiter par eux-mêmes la question.
U paraît n'en avoir pas été ainsi du chronologlste Castor, qui avait compulsé les archives de plusieurs pays pour en former ses tableaux parallèles des rois di'Argos, de Sicyone, d'^wyr/e , etc. Selon Eusèbe * , Castor ne comptait pour les Assyriens que 1280 ans , ce qui produit une différence de 26 ans avec Ktesias.
Un troisième auteur, qui s^était aussi spécialement occupé des Assyriens, Kephalion, semble avoir eu encore quelque différence avec le résumé de Castor. Mais son fragment, cité par le Syncelle, est tellement mutilé, que Ton n'en peut rien faire, pris isolément.
Pour revenir à Ktesias , dont l'opinion et le livre paraissent avoir guidé la majeure partie de ses successeurs, il paraît que nous devons considérer comme son vrai texte, le nombre de 30 générations , et la durée de 1 306 ans. Cela étant posé , nous avons un moyen certain d'arguer de faux sa liste
I Laicher, Chronologie, pagjt lU, assure que IHodoreet Sara comptent 1310 ans , et Ton voit que cela n*est vrai ni pour Fun ni pour l'autre.
> Voyex le Syncelle, page 107. A cette occasion , le SyneeUe fait une remarque importante sur la manière dont eusèbe a dressé ses tableaux oomparaUfs : « Eusèbe, dit-il, en « approuvant t^opinion de Castor, qui renferme Fempire as- « syrien dans une durée de 1280 ans, ne lui en donne pas m moins celle de 1300, avec le nombre de 36 rois. Son motif « a été de couvrir l'erreur où U s*est laissé induire sur le temps « éooolé entre le déluge et Aitraham, par divers faux raison- «c nements, entre autres par Fomission qu*U fait du nom et « dea années de Cainan, treizième depuis Adam, selon S. Luc , m etc.»
Ici le Syncelle nous révèle son propre secret et celui de tous les anciens auteurs dits ecclén<uUçue$ , qui, à Texemple du prêtre Afiricanua , leur modèle , ont pris pour base de tous leurs calculs la créatton du monde selon les Juifs , et ont commis U faute ridicule de partir d*un point aérien par lui-même et non fixé dans leur propre système ( puisque les textes grec et hébreu diffèrent de plus de 1600 ans ) , pour descendre, comme en ballon, d*un temps inconnu au connu, quand le pliu simple bon sens prescrivait de partir des temps connus et certains , pour remonter, d*échelon en échelon , à ceux qui le sont le moins : dans le cas présent, ayant d*abonl adopté ■ans examen le système de Ktesias, et trouvant que tel nombre d'années plaçait Ninus vers le temps d'Abraham , ces calculateurs mécaniques descendent tête baissée à travers toutes Itt diflicultéâ, même celles de la période des Juges, pour aboutir, sans savoir comment, auk rob de Ninive et de Babylone, dtés par les Hébreux. Le Synoelie reproche à Eusèbe d'avobr substitué le nombre 1300 (et cependant notre liste d'Eusèbe porte IS80) aux 1280 de Castor ^ et lui-même suivant la trace d'Africanus, a porté à 1460 ans la durée de l'empire assyrien , par rintioducàoo arbitraire de quatre rois inconnus de tous les anciens. Avec ces inexactitudes et ces infidélités renouvetéesàchaque instant, et communes à tous les anciens auteurs codésiastiqiies , l'on ne peut avoir aucune confiance en leurs assertions, et Ton ne doit en avoir qu'une très-ciroonspecte lans les citations qu'ils nous donnent.
VOLTIET.
assyrienne comme sa liste mède; car le terme moyen de 43 ans et demi par génération résultant de ses deux données, est moralement et presque physiquement impossible ; et i! est d'autant moins admissible, que nous avons contre lui trois témoingnages positifs.
1» Le témoignage des livres hébreux qui , de Phal à Sardanapal, comptent cinq rois dans un espace de moins de 70 ans ; de manière que Sannacherib, entre autres , ne peut avoir régné plus de cinq ans , et qu'il faut nécessairement qu'il ait été frère de Salmanasar, ou Salman-asar, frère de Teglat.
2^ Le témoignage de Kephalion , dont le Syncelle nous a conservé un passage précieux quoique mutilé.
« Laissons > , nous dit ce compilateur, laissons « un autre écrivain illustre nous montrer combien a ont été absurdes les historiens grecs à l'égard de
« ces rois d'Assyrie J'entreprends, a dit Ke-
« phalion , d'écrire les faits dont Hellanicus de Les- « bos, Ktesias de Knide et Hérodote ont traité ( avant « moi ). Jadis régnèrent en Asie les Assyriens , à
« qui commanda Ninus, flls de Bélus Puis Ke-
« phalion joint la naissance de Sémiramis et du « mage Zoroastres ; il parcourt les 52 ans du règne
« de Ninus Il décrit la fondation de Babylone
« par Sémiramis, et son expédition aux Indes
« Or, ajoute-t-il, tous les autres rois ( après elle ) « régnèrent pendant mille ans, les fils occupant le « trdne de leurs pères par droit d^hérifage; mais « ils dégénérèrent successi vement des vertus de leurs « ancêtres , en sorte que pas un d'eux ne passa « vingt ans ».' »
Cette dernière phrase s^accorde , comme l'on voit , parfaitement avec les livres hébreux , dont les dates en effet ne permettent de donner 20 ans à aucun des quatre successeurs de Phul.
S'' Enfin, puisqu'il est constaté par les divers historiens , que les princes de Ninive , livrés à toutes les voluptés des sens, vivaient de très-bonne heure avec des femmes , il est impossible d'admettre qu'ils n'aient engendré leurs héritiers qu'au terme moyen de 48 ans; ils ont dû, au contraire, avoir des en-
< Sync page 1(17.
* lia ut vicennalU obiret nulluâ. Si l'on disait que pas un ne vécut 30 ans, le sens serait absurde , et la tuccettion tm-
posrible Kephalion continue : Que si Von veut savoir le
namhre de ces rois, Ktesias en citera, Je crois, 23 noms,
( Mais Diodore et Moses en attestent 30.) Or, environ 640
ans après Ninus, Belimus /^empara de l'empire des /assyriens Que si vous comptez 1000 ans depuis Sémiramie
Jusqu'à Methrœus.... ( H y a ici une lacune. ) A Methr^us succéda Tautanès, vingt-deuxième roi. ( Mais s) Ktesias n'a compté que 23 noms, Sardanapal ne saurait suivre Tautanès. Il y a évidemment ici mutlIaUon du texte de la part du Synccllf. ) Voyeï page 167 de sa Chrtmograpkie.
RECHERCHES NOUVELLES
fants dès Tâge de 19 à 20 ans , quelquefois même de 16, comme l'on en a trois exemples chez les rois hébreux. Notre conjecture ci-dessus, que quelques rois de Niuive se succédèrent à titre de frères, a le double avantage de rendre possible le nombre de 30 rois en 520 ans, et de ne pas heurter l'assertion qu'Us occiq)érent le tr&ne paternel par droit d'héritage. Au reste , en rejetant le nombre de 30 générations comme absurde, en 1306 ans, il nous reste sur ce nombre même un soupçon , suscité par une phrase de Kephalion, et par un passage d'Hellanieus et de Dicsarque, que nous a conservé Etienne de Byzance'.
« Les Chaldéens furent d'abord appelés Kephèa n^5, de Kephée, père d'Andromède. Leur nom <i de Chaldéens leur vint, selon Dicaearque, d'un « certain Chaldxus, qui engendra l'habile et puis- « sant Ninus, fondateur de Ninive: or le quator- <t ziéme après celui-ci , se nomma aussi Chaldxus, « et fonda, dit-on, Babylone, ville très-célèbre, ce dans laquelle il réunit tous ceux que Ton appelle « Chaldéens, et le pays se nomma Chaldée. »
Aucune liste assyrienne ne présente de roi Chaidxus à la quatorzième génération, ni à aucun autre degré; et cependant Hellanicus, contemporain d'Hérodote, est une autorité respectable, ainsi que Dicaearque. Le nombre 14 ne serait-il pas ici une faute de copiste et une altération du nombre 24 ? Alors Hellanicus et Dicaearque seraient d'accord avec Kephalion, qui prétendait ne trouver que 23 noms * : Chaldaeus serait le vingt-quatrième ; et parce que ce mot, qui signifie devin, est le synonyme de Nabou, que portèrent tous les rois de Babylone, ce Chaidssus serait Belesis, le même que BeUmîis, qui, selon Kephalion, s'empara de Vempire des Assyriens, longtemps après Ninus. Et en effet, pourquoi cette remarque, qu'il s'empara de l'empire des A ssyriens ? 11 ne succéda donc point par droit d'héritage; il ne fut donc point de la famille de Ninus ? Enfin , puis^ qu'en réunissant toute la caste des Chaldéens dans Babylone, il y fonda un nouvel empire , il fut donc réellement Belesis, à qui seul conviennent tous ces traits. Ajoutez que le nombre de 23 rois, ou générations nhiivites, s'accorde singulièrement bien avec les 22 générations des rois lydiens, qui furent exactement parallèles pour le temps. Sans doute chacune de nos preuves n'est pas décisive; mais leur réunion forme un grand poids, surtout si Ton considère que nous n'avons que des fragments mutilés pour base de la plupart de nos opérations : semblables en cela à l'architecte qui , pour retrou-
> Stephanui, de Urbibuê, au mot ChaUiœi. * Voyez la note d-devant, page 433,
ver les dimensions d'un ancien palais ou temple , n'a que quelques restes de piédestaux , de pierres angulaires et de fondations, dont l'accord néanmoins devient une démonstration dans les règles de Fart.
Ici se présentent plusieurs questions à fiûre à tous les écrivains qui nous parlent de l'empire de Nioive et de sa durée.
1» Ont-ils bien distingué les deux prises et destructions différentes de cette capitale par les Mèdes. Tune sous Arbak, l'autre sous Kyaxaresf n'eu ont-ils pas fait une confusion que la ressemblance des faits rendait facile ?
y Ont-ils tenu compte de cet état secondaire, ou royaume posthume , qui se composa après b mort de Sardanapal, et qui dura 120 à 121 ans, depuis 717 jusqu'en 597 ?
S^" Ktesias et ses copistes, après avoir doublé la liste des Mèdes pour le nombre des rois et pour la durée, n'auraient-ils pas fait quelque chose de semblable relativement aux Assyriens?
Si nous avions les livres mêmes de ces écrivains , la démonstration pour ou contre deviendrait fadlr, mais en leur absence, les moindres indices deviennent pour nous de fortes présomptions après le premier exemple. Commençons par la première de nos questions.
Ninive ayant été prise deux fois par les Mèdes, d'abord en 717, sous Arbak, puis en S97, sous Kyaxares, nous disons que la ressemblance de ces deux faits a été insidieuse, et a pu causer la confusion de leurs dates. Un passage d'Alexandre Polyhistor, cité par le Syncelle (p. 210), s'explique très-bien par cette hypothèse, et reste entièrement absurde , si on le prend à la lettre.
I « Nabo-pol-asar, père de Nabukodonosor, est « appelé Sardanapal par Polyhistor, qoî dit qu'il « envoya vers Astyag , satrape de Médîe, demander « sa fille Aroîte en mariage pour son fils Nabuko- « donosor.... Le roi des Chaldéens, Sarak, loi ayant « confié ses troupes , il ( Nabo-pol-asar) tourna ses « armes contre Sarak kii-même , et contre la Tille de « Ninive. Sarak, épouvanté de cette attaque, mit « le feu à son palais , et se brûla lui-même, et Tem- « pire des Chaldéens et de Babylone passa aux mains « de Nabo-pol-asar, père de Nabukodonosor. »
Dans ce rédt, le rondes Chaldéens, qui se brtUe
* NahopolatêairH» , pater Nabuehod&tibÊari ffumeSer-
dant^lum vocat PotyMator AUxander, gui ad Aai^aftm Medim BOtrapam miaerit etfiliam <ft» Atùitem wBortmJttio iuo Nabuchodonotoro Êttmpserit. Hic traditiâ cidi eopiis « Sarako Chaldœarum rege prœpotituê , in Sarakmm ipêmm , et Ninivem etviUttem arma vertit; e^fuB impetum et ^dmmium veritu» Sarakus, ifêcetua rtgia igné te obeumpeiL Impenmm vero ChaUtétorum et Babyl<mi$ coiUgit NmhopolmËtaruê, vakr Nabuchodomaori.
SUR L'HISTOIRE ANCIENNE
dans Bon palais de NMve, attaqué par l'un de ses généraux rebelle, est évidemment Sardanapal. Sarak est un mot chaldéen qui signifie prince, commandant, et qui paratt avoir été commun à tous , ou du moinsà plusieurs rois assyriens, et cela prouve quePolyhistor, ou son auteur Eupolème, puisa aux sources. Si à ce mot on ajoute la désinence emphatique mm. Ton a Sarakoun, ou plutôt Sarkoun, très-analogue au Sargoùn dont parle Isaîe, Cbap. IX, lorsqu'il dit : Vatméeque Tartan, envoyé par Sarçotm, roi d*Auyrie, vbU assiéger Jzot et la prit. Ce Tartan est bien connu pour l'un des généraux de Sennaeherib, cité dans le Livre des Rois comme assiégeant Azot ; et Sennaeherib n'est certainement point le Sarak * qui se brûla. Lors même que Tartan eût pris Azot sons Sardanapal ( ce qui est invraisemblable), Sardanapal reste toiyours le Sarak de Polyhistor. Dire qu'il soit Nabopolasar, est une grossière méprise, qui semble appartenir au Syncelle. Nabopolasar r^a depuis 635 jusqu'en 605, parallèlement à Kyaxar, dont effectivement il avait obtenu la fille pour épouse de Nabukodonosor, vers l'an 607. Ainsi jéroUé ne fut point fille, mais sœur d'Astyag, roi en 694. Nabukodonosor seconda Kyaxar, dit AsUbar, au siège de Ninive, en 597.
> Dans M» commentaire sor le chap. xx dlsale, aaint Jérôme remarque que Sargoun eut sept noms différents, et nous en trooYons sept à Sannacherib ; savoir , Anakindarax, Anabachem, A«i«uuMB0uAfiragaDè8,£pechecès, Ocrapaieset Sargoun. Cet Interprète doit avoir emprunté cette opinion des rabbins, ses maîtres ; et U semble les désigner, iorsqu*!! i^oute, cbap. XXXVI du même Isale : d'outrée pement pê'un tetU et wUmeroi d'Attyrie e$t appelé deplutieurt noms.... Cet auirt*là avaient raison contre lui dans le passage suivant :
« rai lu quelque part , dit-U , que Sennaeherib fut le même « roi qui prit Samarie : mais cela est faux; car l^hisloiie sa- « crée nous dit quHm premier roi, Phul, sous Manahem, dé- «I vasta les dix tribus; qu'un second roi, Teglat-phal-asar , « sous Phakée» vint à Samaile; qu'un troisième, Salmanasar, « aoos Osée, iwftt cette ville; qu'un quatrième, Smrgon, prit « Aiot; qu'un cinquième, Asaradon, après avoir déporté Is- « raâ, étabttt des Samaritaine pour gardiens de la Judée; et « qu'un slxlènae, Seuaaelierib, aoos fiiéclilas, après avoir pria
* Lachis et toutes les autres villes, assiégea Jérusalem
« jyauiret pensent qy^un teul et même prince est appelé de
* ThuUwnmom». » Comment sur Isale, ohap. xsxvi, tome m, page 385.
n y a plusieurs foutes dans ce passage. Sargon n'est point Donmé dans les Chroniques, mais dans Isaie, qui écrivit plus de 900 ans avant leur rédaction, et qui, de son côté, ne Bomme point Semtacherib. Avant d'en faire deux rois , il eût lailn les discuter. 8« Bêdroâ pu son rédacteur, dit, Ub. I, cap. If, vers. 3, qa^Mar^hadon déporta les tribus ; mais la lettre orighiale des Samaritains , vers. lo, dit que ce Ait Jsm^far; et d'après le témoignase exprès des Chroniquet, cet Jmafar fut Sahnanasar. Jêait-hadim doit être une interprétation du rédacteur. Zf* Sennaeherib ne fut pas roi eixième, postérieur à isandon ; car l'histoire sacrée dit posiUvementqu'Asaradon foi eon/Uê ie pùu Jeune, U y a ici plus que négligence, il y a défaut de Jugement et de criUque; et tel a été le caractère de tous les écrivains eoelésiastiques : occupés uniquement d'objets qui n'exigeaient que la foi implicite , ils ont ignoré ou rejeté Part de la discussion et de la criUque.
Pourquoi Nabukodonosor et son père se trouventils mêlés avec Sardanapal, mort 120 ans auparavant. Tan 717? Parce que Thistorien a confondu la première prise de Ninive avec la seconde, et qu'il a pris Nabopolasar pour Mardokempad-Belesis , son antécesseur. Mais s'il a confondu ces deux évé* nements et leurs dates , qu*a-t-il fait du temps que dura cet état secondaire de Ninive, qui eut lieu de 717 à 597 ? Pourquoi ni Ktesias, ni Rephalion, ni Castor , ni leurs copistes , ne disent-ils pas un seul mot de cet éiatf Hérodote est le seul qui nous l'ait ait connaître; encore ne dit-il pas quel fut son régime, soit monarchique, soit aristocratique ou républicain. Écoutons-le.
$Gii. « Or^ De^hèsnerégnaquesur les Médes. « Son fils Phraortes ( lui ayant succédé ) , le royaume « des Mèdes ne suffît point à son ambition : il at- ^ taqua d'abord les Perses, et il les Abjugua. Avec « ces deux nations, l'une et l'autre puissantes... il « marcha de conquêtes en conquêtes, jusqu'à son « expédition contre ceux des Assyriens qui habi- « taient (le pays) de Ninive, ci-devant maiti^es de « tous les autres, mais affaiblis par la défection de « leurs alliés; du reste encore assez forts. Il périt « dans cette expédition (en 635 ). »
Mais pourquoi ces Assyriens de Ninive, ci-devant maîtres de tous les autres, formaient-ils im état particulier, encore assez fortf « Parce qu'après le « renversemait de leur empire par Arbak ( en 717 ) , « les Mèdes s*éiantrendus indépendants ( § xcvi ) , « les autres nations les imitèrent , et tous les peuples « de ce continent se gouvernèrent par leurs pro- « près lois.... » Les Assyriens de Ninive formèrent donc aussi un état indépendant et libre.
« Kyaxarès ayant succédé à son père Phraortes,
« fit d'abord la guerre aux Lydiens puis il re-
« vint contre les Assyriens de Ninive, pour venger
« la mort de son père Déjà il les avait vaincus,
« et il assiégeait leur ville, lorsque l'irruption des « Scythes (en 636) le força de se retirer ( en Mé- « die ). Ayant chassé les Scythes 28 ans après , il « revint contre Ninive, la prit, et s'assujettit tous « les ( peuples) Assyriens, excepté ceux de la Baby- « lonie. »
Ainsi il est évident qu'après le grand empire de Ninive, un second état se recomposa et subsista un peu moins de 120 ans, puisqu'il lui fallut quelque temps pour se recomposer. Or si l'on ajoute aux 520 ans du premier empire les 120 ans du second état, l'on a une somme totale de 640 ans, depuis l'an premier de Ninus en 1237 jusqu'à la ruine de Ninive en 597 ; et si les historiens n'ont pas distingué les deux prises de cette ville, l'une en
RECHERCHES NOUVELLES
717 , l'autre en 597; si Ktesiasen particulier a doublé les Assyriens comme les Mèdes, nous devons, dans les nombres qui nous sont présentés , tant par lui que par les autres , voir paraître le double de nos nombres; savoir, tantôt le double de 520 égal à 1040; tantôt le double de 640 égal à 1280, et peutêtre même le simple nombre de 120 ajouté à 1040, égal à 1 160 , etc.. Voyons s*il se présentera quelque chose de semblable.
D'abord nous avons cette phrase remarquable de Kephalion, citée par le Syncelle (ci-devant, page
433) Or, environ 640 ans après Ninus, BeU-
mus s'empara de tempire des Assyriens Voilà
juste la seconde prise de Pïinive, 520 et 120 font 640 : plus 597, total 1237 : ici Belimus-Belesis est pris pour Kyaxar. Kephalion a donc confondu la seconde prise avec la première, comme l'a fait Polyhistor ».
2'' Nous avons le résumé de Castor, qui, selon Eusèbe et le Syncelle, comptait 1280 ans pour durée de l'empire de Ninive Or, 1280 est si exactement le double de 640, qu'il est presque impossible qu'il ait eu une autre source. Mais ce qui converti ra notre conjecture en fait, est un autre passage de Castor , cité par le Syncelle * :
n II y a des auteurs qui assurent qu'après Sar- « danapal , l'empire des Assyriens passa à Ninûs : « c*est l'opinion de Castor , qui dit : J'ai placé en « première ligne les rois assyriens du sang et de « la dynastie de Belus. Quoiqu'il n'y ait rien de eer- <t tain sur le temps du règne de ce prince, j'ai dû n tenir compte de son nom. J'ai posé Ninus en « tête de mon tableau chronographique , et je me « trouve finir à Ninus, successeur de Sardanapal. »
Quelques modernes , et entre autres le Traducteur d'Hérodote, ont supposé, d'après ce passage, que les Ninivites, devenus libres, rappelèrent les enfants de Sardanapal, confiés au fidèle Coûta, gouverneur de Paphiagonie, et que le nouveau roi prit le nom de Ninus. Mais le récit de Ktesias en Diodore, et celui d'Hérodote, n'accordent pas le plus léger appui à cette hypothèse. Au contraire , notre analyse dévoile et rend saillante la méprise de Castor, qui, en doublant la durée de Ninive, a dou-
> Daos la liste d'Eusèbe, doub avons un Baletorea à Tan MO ; ce qui ne diffère pas matériellement : et ce nom t>abykmien, BtU-atsaTf va reparaître dans le Belitaroi d*AgaUilas, bien daiiement Belaia.
> Pott Sardafiapalorum Assyriorutn imperium Ninum obtintdise alii asaerunt, e quorum numéro prodit Cmtor, qui hme verba acrihit : Primo quidem ordine rege» Autfriorum geneiii et imperii seriem a Belo dueentes locavimu4, quanquam de ^us imperii tempore certa et aperta noUUa non conitet, nominiâ equidem agimut memoriam. A Nino quoque ChroHographi<e principium duximu9 , et in Ninum Sardanapali succctsorem desinimus. Sync<>lle, page 2U6.
blé la dynastie de Ninus ; et notre explication trouve encore un autre appui dans le récit suivant d'Agathias I :
« Ninus paraît avoir le premier établi cet empire: « après lui régna Sémiramis, puis la postérité (de « ces deux fondateurs) jusqu'à Betus Derkeiade « ( c'est-à-dire descendant de Derketo, qui est Se-
« miramis) Alors la lignée de Sémiramis se
« trouvant finir à ce Belus, un certain Belitaras, < intendant des jardins du palais ( bostangi-bachi ), « s'empara du sceptre par des moyens qui tenaient « du prodige , et il le transmit à sa race ( ou caste ) , « selon le récit de Bion et de Polyhistor, jusqu'à « ce que l'autorité avilie sous Sardanapal, fut ar- « rachée aux Assyriens par le Mède Arbak et le « Babylonien Belesys. Sardanapal ayant été tué, « l'empire passa aux Mèdes , un peu plus de 1306 « ans depuis l'élévation de Ninus, conmie le dit a Diodore d'après Ktesias. Les Mèdes se trouvèrent « donc derechef en possession de la suprématie (ou 1 de l'empire). »
Que le lecteur pèse bien ces phrases : LafamiUe de Sémiramis et de Ninus régnajusqu'à Behis Der-
ketade Alors un étranger, grand oX/lder du
palais, s'empara du sceptre par des moyens qui tenaient du prodige, et cet étranger se nomme Belitaras. N'est-ce pas là clairement Belesis avec ses prédictions astrologiques? Ktesias, dans Diodore, assure que Sardanapal, trentième roi, descendait directement, de père en fils, de Ninus. Donc il est le même que Belus Derketade, dernier rejeton de Ninus et de Sémiramis. Après Belitaras revient une seconde lignée , dont le dernier est Sardanapal;... donc cette lignée est une répétition de la première , puisque ce prince descendit de Ninus; et remarquez ce mot : les Mèdes se trouvèrent derechef en possession de l'empire. Le doublement n'est-il pas évident ? Le nombre 1306 contient deux fois 640, plus 26 ans. Nous n'apercevons pas d'où ces 26 ans proviennent, mais il suffit d'être assuré de l'opération principale; les accessoires ont pu dépendre de quelques accidents de calcul ou d'in-
' Ninui pràno videtur hnperium itahiliête, etpoêi eum Semiramie , ae deincepe omnes horum poeteri ad Beimm BerhetadœflUum. Cumque in hoe Belo Semiramieœ ttirpu meceulo deêineret , Belitaras quidam vir intiior et Ikorêonm qui in regia erat curtUor et magieter, imperium «ÎN ■tàr» ratione vindicavH, euoque generi interit, prout Bûm et Alexander Polyhittor memoriée prodiderwU , donee, Sardm^ napalo régnante , ut illi ecrihunt, quum ematcuiMaet imtperium, Arhake» Meduê et Beletge Babylomus Ulmâ Aetgriit eripuerunt interfeeto rege, etadMedot tmnttmlerunt, ttx et trecenOsjam tupra mUle et paulo ampUuê amni» eiapm ex quo Ninus primum summam rerum obtinuêrat. ita emim Ktesia Cnidio tempora describenti, Diodorus oMtenUiur. Medi itaque rursum imperium sunt adepH. Agatbias« lib. U, page 63.
SUR L HISTOIRE ANCIENiNE.
terpoiation de règne , qui sont sans conséquence.
De tout ce que nous avons dit dans les articles précédents , il résulte :
V Que Ktesias a sciemment et systématiquement doublé la liste des rois mèdes , afin de faire coïncider les calculs assyriens avec les calculs grecs sur la prise de Troie;
T Que, par une suite du même système, il paraît qu'un doublement semblable a eu lieu pour les temps assyriens , sans que la démonstration puisse en être faite aussi rigoureusement, parce que nous n'avons ni la liste d'Hérodote ni les livres de Ktesias et autres autographes, et que Ton ne peut accorder aucune confiance à leurs copistes, Eusèbe, le Syncelle, etc. «;
Z*" Que la fausseté du système chronologique de Rtesias n'entraîne pas néanmoins la nullité de tous ses récits historiques , puisque la plupart des faits que nous avons eu occasion d'en tirer, s'amalgament très-bien avec la chronologie dHérodote. Nos recherches à cet égard nous ont fait découvrir un exemple curieux et instructif dans la personne de cet ArcAoSy roi des Arabes y que Ktesias dit avoir été l'allié de Ninus et le coopérateur de ses conquêtes. En feuilletant les chroniques des Arabes modernes, nous avons été surpris d'y trouver un roi homérite de l'Iemen réunissant le nom et les qualités décrites , avec cette circonstance particulière,
s Quant au motif de cette faute, nous n'en apercevons qu'un seul qui noua semble plausible. Le médecin grec Ktesias , devenu prisonnier des Perses à la liatallle de Kounaxa , i'an 40 1 avant lésua-Cluist , arriva à la cour d'Artaxerces , environ 13 ans après que les £gjpUensse furent révoltés, c'est-à-dire eorent recouvré leur indépendance nationale, ravie 112 ans auparavant , par Cambyse , fils de Kyrus. Le grand roi irrité leur faisait la guerre , mais avec peu de succès. Ses diplomates durent, selon Tusage, donner à cette guerre les motib les plus légitimes , ou les plus adaptés à l'esprit des peuples. Dans tous les pays, l'antériorité de possession a toujours été considérée comme l'un des droits établissant la propriété. Selon les Egyptiens , leur roi Sésosiris avait sulitiogué la Perse vers ran I3M avant notre ère; et quoiqu'il ne l'eût soumise qu'en passant, les Égyptiens pouvaient s'en prévaloir, pour dire que ee n'était pas eux , mais les Perses qui étaient des rebellée. Ce dut donc être une étude , un besoin de la part de ceux-ci , de prouver ou de rendre plausible , que les Assyriens , dont ils me prétendaient les béritiers et les représentants , avalent possédé ITÊgypte longtemps avant cette époque ; et il devenait d'autant moins aisé de les réftiter , que cette possession était plus antique. De là le système de falsification qui plaça Ninus à plus de 9000 ans avant notre ère, et qui lui attribua, ainsi qu'à Sémiramis, ivie étendue de conquêtes qui n'avait pas eu Heu. En attribuant à Ktesias le doublement des Mèdes, nous ne voudrions pas garantir qu'il ne tùt l'ouvrage des eavanU de la cour d'Artaxeroes; mais nous croyons que celui des Assyriens leur appartient exclusivement, et que Ktesias luimême a été induit en erreur : ce qui rendra croyable et même vraisemlilable cette imposture historique de la part des Perses anciens, c'est que dans notre chapitre de Zoroastre , l'on verra l'exemple avoué d'une autre imposture semblable, commise par un roi de Perse Sasanide, d'accord avec son clergé, relativement à la dynastie des Parthes.
que répoque à laquelle appartient ce roi , coïncide avec celle de Ninus dans le système d'Hérodote , c'est-à-dire qu'elle tombe à la jonction des douzième et treizième siècles avant notre ère (entre 1190 et 1230). Nous pensons que cette anecdote sera d'autant plus agréable au lecteur, que la branche d'histoire dont nous la tirons est presque entièrement inconnue à nos compilateurs modernes.