XIV
> Selon Rome de Usle, forgye vaut 6 pieds l pouce 7 lignes. Voyez sa Méirologie,
3 La coudée royale est évaluée 17 pouces 4 lignes, par RomédeUsle. »- » i--
4 Hérod. Ht TU, § cui.
^ n y en a plusieurs : en prenant celui d'Êratosthènes , les au passant un peu 36 de nos pieds. Métrolog. pag. i.
beaucoup plus raisonnable que les six chars d« Ktesias. Ces murs ayant été construits avec les terres excavées à leur pied , et cuites sur place , il en résulta nécessairement un fossé très-profond , et il est probable qu'Hérodote et Ktesias ont entendu la hauteur prise depuis le fond du fossé jusqu'au faite du rempart, tandis que les historiens d'Alexandre Font comptée à partir duptain-pied de la place; et parce que le fossé fut rempli d'eau, et que les murs, comme nous l'avons dit, étaient démolis par leur fatte, aucun de ces auteurs n'a pu les mesurer , et n'en parlant que sur ouï-dire , Ton a pu leur en imposer.
Il est plus facile d'apprécier les mesures des deux châteaux construits par Sémiramis aux deux issues du pont qu'elle jeta sur 4^£uphrate. « Le château « du couchant, dit Ktesias ( voyez ci-devant, pag. « 471 ) , fut ceint d'une triple muraille dont la pre- -« mière en dehors eut 60 stades de pourtour. » Ces ÙO stades de Ktesias nous sont connus égaux à 4104 toises 8 pieds 5 pouces 5 lignes, ou 8000 mètres. U en résulte pour chaque côté 2546 mètres, 170, c'est-à-dire une surface de plus d'une demi-lieue en tous sens. Cet espace semble mériter à cette citadelle le nom de ville à triple enceinte dont nous avons vu Bérose foire mention dans un passage obscur que nous croyons avoir expliqué : les autres dé« tails de ces châteaux n'offrent pas de difBculté grave ; car il est évident que Ktesias ou Diodore , en disant que la troisième enceinteintérieure ( par conséquent la plus petite ) surpassa la seconde en largeur et en longueur, ont voulu dire en largeur et en ftauleur; autrement ce serait une absurdité.
Les dimensions du pont telles que les donne Ktesias ne sont pas admissibles. Cet auteur dit qu*il fut jeté à l'endroit le plus étroit du fleuve , et que cependant il eut S stades de longueur. Ce serait, dans son calcul, 843 toises 21 pieds 2 pouces (environ 2166 pieds). Mais Strabon (liv. XYI, pag. 788), fondé sur les historiens d'Alexandre, ne donne qu'un stade de largeur à l'Euphrate : nos voyageurs modernes n'ont pas mesuré ce fleuve avec précision ; mais deux d'entre eux nous fournissent un terme approximatif de comparaison. Pietro délia Yalle rapporte < qu'au bourg de Hellah (qui fit partie de l'ancienne Babylone), il vit au mois de novembre « un pont de barques sur l'Euphrate, comme il en « avait vu un à Bagdad. ( En cette saison les eaux « sont assez basses. ) Ce pont n'avait^ue 24 bar- « ques d'étendue, mais dans les grosses eaux il en N faut bien davantage. »
D'autre part, Beauchamp estime à 10 pieds la lar^
I In-r, lomel, part, n, p. M, lettre 17.
RECHERCHES NOUVELLES
geur de cliaque barque coiiiposamt le pont de Maghdad (qui doit être analogue); mais il faut (jouter les intervalles, et de plus une certaine étendue pour le temps des grosses eaux : supposons 30 barques faisant 300 pieds , et laissons les intervalles pour mémoire. Si le stade de Strabon eat celui d^Hérodote, il vaudra 307 pieds 10 pouces; s'il est le stade de Ktesias, il vaudra 410 pieds 5 poueea. On ne saurait admettre 110 pieds pour les intervalles, et il semblerait plu» naturel de préférer le stade d*Hé*. rodote , qui cadre aveo le récit des voyageur» : néanmoins leur mesure e&t trop vague pour décider nettement la question. Si d'autre part on supposait que Ktesias se fût mépris sur le nom de la mesure qu'il emploie, et qu'au lieu de siade Ton ddt lire plétkre ', les 5 plètbres vaudraient 71 toiles 1 pouce 6 lignes, c'est-à-dire 427 pieds 6 pouces, qui ne diffèrent de 410 pieds que de 17 pieds 6 ponces. Rien n'est bien clair sur cet article, si ce n'est que le pont n'a guère dû excéder 400 et quelques pieds , et que Ktesias est en erreur quant aux 5 stades.
Un dernier article, plus clair et plue important dans ses résultats, est le temple ou te Um* de Belus; écoutons Hérodote, qui se dédare témeén oculaire, et qui n'a pas dû se tromper sur un olgel sounûs à l'oeil et de peu d'étendue*.
« Le centre de la ville (à l'orient du Qeuve) est « remarquable par le temple de JupUer-^Beiae, qui « subsiste encioxe actuellenient : c'est un carré ré- 41 gulier fermé par dea portes d'airain, lequel a deux « stades d'étendue en tous sens. Au milieu de cette « enceinte on voit une twr massive qui a un stade « en longueur comme en largeur. »
Ainsi le tenpl^ de Relus à Babyloiio était un lieu fort, une sorte de oitadelle^ semblable au temple du soleil à M^Mek, et à la plupart dea temples anciens 4, qui, pour l(e respect du dieu ^ surtout pour la sûreté dea prétrea et dee trésora que la piété y entassait, étaient munîa d'un haut et fort mur extérieur lA mesure dont se sert iei Hérodote
est évidemment le stade cfaaldéeo 4» l^M l/9iaa degré, chaque stade égal à 100 laètres ( Si éoUee i pied 10 j)Quce$ 1 Ugue ). Par eonséquent le carré de 2 stadea formé par la mur avait sur chaque face 200 mètrea français, ou 102 toises 3 pieds 8 pouces 2 lignes, ou 615 pieds 8 pouces, presque égala h face du bâtiment des Invalides, vers la Seine.
Au milieu de ce carré de murs fermé par des portes
> Le plëUira vaut 14 toises l pied 6 lignes. Métrologie, pi^e.
* Hérod.Iib.I,§CLXxxi.
^ Cest Texpression d^Ammien-Marcellia.
4 Yoyes le temple du soleil à Pttimyre, odai même de Jéiut>alrin.
d'airain , était la tout de Belus, carrée aussi dans sa base, sur un stade de chaque coté, par conséquent 100 mètres, ou 807 pieds 10 pouces l ligne de base. « Sur cette tour, continue Hérodote, s'en élève une '^ aeeoade; sur la seconde une troisième, et ainsi tt de suite jusqu'au nombre total de 8. On a mé- <« nagé en debora de ces tows des escaliers ou défi grés qui vont en tournant, et par où l'on nMnte « à chaque tour. Au milieu de cet escalier (à la « quatrième tour ), on trouve une loge et des sièges a où se reposent oéux qui montent. Dans la dera nière (et phishaute tour) estune grande chapelle; « dans cette chapelle est un grand lit bien garni, « et près de ce lit une table d'or. »
Notre auteur omet de remarquer qa*à chaque étage la tour diminuait; en sorte que le profil générai dut être eelui d'une pyramide, il omet aussi de donner la luiuteur ; mais Strabon la restitue, lorsqu'il dit ( page 738 ) « que le tombeau de Belus était « ^n%pyramide haute d*un stade, sur un stade de « long et de large par sa base. »
Cette masse avait donc aussi 307 pieds tO pouces d'élévation , et formait un triangle équîlatérai ■.
Quel Ait robjet de cet édifice? C'était là le s«:ret des prétrea. Quelques circonstances peuvent nous le révéler. I* Ces escaliers commodes qui menaient an sommet, annoncent un besoin assez fréquent dV mottter : ce ne peut être pour des saerifices; lear appareil sanglant de bûchers et de victimes eût été trop embarrassant, et la chapelle était trop petite; 2*dans cette chapelléétait vn lit et une table, on couchait ta, et puisqu'on y passait la nuit, on y avait dfifi lumières > on y travaillait sur la table; le dieu Bel, disaient les prètresiy descendaiC une/oU Vohnée, et il If troiwaU une femme : cela s'entend ; mais pendant les 864 autres nuits de Pannée, ce lit, selon nous , servait au repos d'un ou de plusieurs prêtres astronomes occupés à l'obeerraticMi des astres : eH édifice était un (Àservatoire ; sa hauteur en est on nouvel indice ; car dans un pays plat coname la Cbaldée, une élévation de 807 pieds au-dessus du sol n'a d'autreutilitéquedeplacerl'œilau-dessusdes brouillards terrestres , de lui faire voir plus nettement l'horizon complet , et de diminuer l'effet des réfractions : aussi Ktesias, après avoir dit que cette tour ou pyramide fut excessivement élevée ( voyez cî-devant , pag. 472] , ajoute : « C'est par son moyen que A les Chaldéens, livrés à l'observation des astres,
1 Depuis des siècles que oeUe pyrainkle est écroulée H fouillée par les Arabes , qui en reUrent des briques , eHe a du perdre biliniment de sa hauteur , cl cependant Vahbé de Beaochanip lui a encore trouvé 180 pieds d'élévaUoo. Voyec J^trnal des savanU, décenb. 1790.
« en ont connu exactement les levers et les cou- « cheiB. «
Voilà le mystère très -important à garder, puisqu'il était la base et le mobile théocratique de la puissance religieuse et politique des prêtres , qui , par les prédictions des éclipses du soleil et de la lune, frappaient d'étonoement et d'admiration les peuples et même les rois , alors très-ignorants des causes et très-effirayés de l'apparition de ces phénomènes : par ces prédictions, les prêtres se firent considérer comme initiésaux secrets, comme associésàla science des dieox, et ils reçurent ou prirent le nom vénéré de Nobi et Nabo ( le prophète ) , et de Chaldœly ou plutôt Koâdhimy devins et det>inateurê. Si l'on eût pu fouiller cette chapelle de Bel , on y eût trouvé quelque armoire ou caveau masqué où étaient renfennés les instruments d'observation , dont les anciens astronomes ont toujours été trè»jalout. Les observations Journalières ont pu se &ire dans la loge dumUieu, où étaient des sièges de repos, à une élévation de 160 pieds, plus exploitable que 307. Voilà le foyer de cette science chtUdéenne vantée par les plus anciens Grecs, comme étant de leur temps une chose irém-anUque , ce qui ne pourrait se dire , si le système d'ailleurs très-compliqué de cette science, tant astronomique qu'astrologique, ne se fût formé que depuis Sémiramis. U est possible, il est même probable que l'édifice vu par Hérodote et Ktesias ne fut qu'embelli et réparé par cette princesse avec une plus grande magnificence. Tout s'accorde à témoigner qu'avanteUe, et très-anciennementauparavant, existait en ce même lieu le monument appelé tantôt palais et cUadêUe, tantôt temple ^ tombeau et tour du dieu Bel. Les assertions de Mégasthènes et de Béroee y d^ Alexandre Polyhistor, d'Abydène, etc. sont poÂtives à cet égard, et eUes ont d'autant plus de ^ids, qu'elles ne sont que l'expression et la traduction des traditions du pays et des monuments publics, cités par ces écrivains comme des garants notoires de leur véracité. Joignez*y ce que le livre des AwUquUés juives dit de la tour de Babel, qui , pour le nom «omme pour la chose , est absolument identique à ce qu'Hérodote et Bérose disent de la tour de Bel : nous avons vu plus haut que l'époque de construction est aussi la même. Or puisque nous avons des motifs raisonnables de penser que la tour de Bel ou de Babel e%\sxai longtemps avant le règne de Sémiramis , probablement 2,000 ans, et qu'elle exista comme observatoire astronomique y nous avons aussi le droit d'inférer que c^est plutôt dans cette période qu'il faut placer les études et les progrès des Chaldéens en astronomie. £/n« circonstance elle seule nous révèle qu'à l'époque de Sémiramis
ils connaissaient non -seulement lajiçure ronde y mais encore la circonférence de la tetre. La bqfe et la hauteur de la tour de Bêlas étaient rigoureusement la mesure du stade chaldalque ; cette mesure géométrique ne fut point prise au hasard. En supposant que ce fut Sémiramis qui l'ordonna, en réparant la tour, il s'oiSQit que déjà le stade était usité; or le stade èhaldaîque de 1 1 1 1 1/9 au degré est une portion élémentaire du cercle de 4oo,ooo stades, considérécommedrconférencèduglobe terrestre. Cette circonféreiiceavaitdonc été antérieurement calculée et déduite des opérations géodésiques et astronomiques , ainsi que des raisonnements mathématiques, sans lesquels elle ne pouvait être connue : ce n'est pas tout ; ce même stade appliqué au degré terrestre, se tfonve lui donner une étendue de 57,002 toises 1 pied 9 pouces 6 lignes, ce qui difRre un peu moins de 73 toises de la mesure obtenue par les académiciens dans le siècle tferniei'. Cette mesure est , comme l'on sait, de 57,075 toises pouf la latitude de Paris ( 49» 23' ) ; = de 56,750 toises âous l'équateur , et de 67,436 à Tome , par la latitude de 65* Sfy. D'où l'on doit conclure que comme les degrés croissent en allant de Téquateur au pôle, c'est dans une latitude moyenne que fot mesurécelui qui nou5 présente 57,002 toises et fraction '.
Un dernier fait nous reste à connaître : la tour de Belus, dans sa fondation première, vers l'an 8190 ou 3195 avant notre ère, comme l'indiquent les Juifs et les Chaldéens, entoile les mêmes dimensions d'un stade de hauteur sur un stade de base? Si cela était, il serait démontré que dès cette date lee sciences astronomiques des Chaldéens étaient nu point que nous indiquons, et eela est plus que proiaMè. Dans
> SI les degrés croissaient régaUèrement de l'équateur en aUant au pôle, l*on pourrait déterminer à qaeUe laUtnde fut mesuré celol dont liOQs parlons ; mais des opératlonà fanes à diverses laUtades prouvent que ce progrès n'est pas régoUer. D'ailleurs le même local, mesofé par des personnes et par des méthodes dltféientes , donne des résultats différente : c'est ainsi que la mesure ordonnée prèA Paris par PAcadémlé des sciences , a différé de 07 toises en plus de la mesure ordonnée par llnsUtut. n serait néanmoins curieux de mesurer un degré terrestre par des moyens ordinaires, dans le pays de Babylone : les Arabes firent cette opération sous le kàMîki d*El- Mémoûn*. Malheureusement le vrai résultat de leur toisé est difflcUe à établir dans cette droonstance. Au reste , Cest una chose digne d'attenUon que tous les stades anetens, lé pythique, rolympique, le nauUque, PécrpUen, etc. soient Salement des parUes allquotes exacteë d'une circonférence de la terre , mesurée d'après lés p>rincipes et par les procédés que nous connaissons : et que tous ces stades donnent au degré terrestre une éfeMue qui ne varie que de quelques toises audesstts de 67,000 toises , le stade py thique excepté. Selon Rome de Llsle, le stade nratosttiaies donne 67, IM toises; le stade nautique, 57,0«e; le stade olympique, iâem; le stade phileterlcn, 60,070; le sUde égypUen, 67,0Sa; le stade pythi-' que , 66,000 toises par degré.
' Voyei ^ot^C€ dff manusertis oritniaux , lom. I , pn ** '• «»•«
RECHERCHES NOUVELLES
tous les cas ^ cette période de 3190 ans avant J. C. fournit aux chronologistes raisonnables l'espace nécessaire à placer, d'une part, les observations babyloniennes envoyées par Kallisthènes à Aristote et remontant à Tan 2234 avant J. C. ; d'autre part, la fondation du temple d'Hercule à Tyr, que ses prêtres attestèrent à Hérodote remonter à une année qui correspond à l'an 2725 avant J. C. Quant aux érudits qui nient tous les faits placés hors de leur système biblique, tout raisonnement avec eux est inutile, puisqu'il est d'avance proscrit '.