‹ Œuvres complètes de VolneyChapitre 136 sur 230 · II · texte numérisé non relu

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RECHERCHES NOUVELLES

a été jRon aut«ur? Il fut antérieur à Ptoloméa, puisque le Syncelle remarque , page 206, « que les « astronomes chaldéens et les mathématiciens grecs « s*en servaient le plus habituellement pour tirer « leurs horoscopes, ainsi que l'atteste le tressa- « vant Ptolomée. »

Donc ce Kanon ou règle du temps était bien antérieur à cet astronome et même à Hipparque, de qui Ptolomée a tout emprunté. Aussi voyons-nous Hipparque désigner quelques éclipses par les noms de certains princes que le Kanon nous offre. Dodvell, qui a médité ce sujet, a pensé que la rédaction première de ce régulateur du temps devait appartenir à Bérose, ce prêtre chaldéen dont nous avons souvent parlé.

En faveur de cette opinion , nous voyons plus de motifs encore que n'en a exposé Dodwell.

1« L'analogie et presque l'identité du fragment de Bérose cité par FI. Josèphe ' , où les rois de Babyione, depuis Nabopolasar , sont nommés et classés comme dans la liste. Et si l'on objecte que dans le livre contre Appion , Nabopolasar a 29 ans au lieu de 21, nous répondons qu'Eusèbe, dans sa Préparation évangéUque, liv. IX, chap. 40, et le Syncelle », dans sa Chranographiey p. 220, en citant le même texte de Bérose d'après Josèphe, donnent 2f ans à Nabopolasar; en sorte que Dodwell a eu raison d'attribuer l'erreur du livre contre Appion, au copiste, qui au lieu d'écrire les mots grecs eikosi «n, pingt-un, a écrit eikosi ennea, vingt^neuf. Il y a cent exemples pareils.

2« La double qualité d'historien et d'astronome réunie dans la personne de Bérose, qui pour établir les calculs et les prédictions astrologiques dont l'exactitude le rendit si célèbre en Grèce, eut besoin d'une mesure de temps très-précise, et eut^ à titre d'historien, les moyens de la choisir dans les annalep les mieux constatées.

S** Le passage de Pline, qui dit que Bérose donnait aux observations babyloniennes vne durée de 480 an«.

Donc Bérose avait dressé oe calcul sonmiaire de 480 ans.

4" L'époque même à laquelle se termina d'abord le Kanon cistronomique y laquelle fut la mort d'Alexandre : n'était-il pas naturel que Bérose terminât sa Chronologie à cette époque célèbre, qui était aussi celle de sa propre naissance ^?

6» Enfin le titre de chaldéens donné à ces rois

! Joseptie ooDt i^ipioD. Uv. I , g 19.

» Le SyDcelle dte Béroae , majs U est trts^Ioateax (mil ait eu ce livra en main; car U tt*en cite nas un naasaoe orlsinal qui ne se trouve aUleun. ^

' Yoyes ci-devaut, note da la page 47s.

est encore une induction favorable, en ce que si l'auteur eût été grec, il les eût appelés assyriens, selon l'usage d'Hérodote et de presque tous les auteurs grecs : il n'appartenait qu'à un indigène, à un prêtre babylonien tel que Bérose, de faire celte distinction savante dont nous trouvons l'exemple parallèle chez les écrivains juifs , avec cette particularité que l'orthographe de Bérose se rapproche de la leur autant que le permet la langue grecque. Le lecteur a pu remarquer que dans le Kanon astronomique se trouvent supprimés les non» de plusieurs princes mentionnés par les historiens, par exemple, on n'y voit point la reine Nitocris d'Hérodote , et ce silence achève de prouver ce que nous avons dit, c'est-à-dire qu'elle ne fut quer^j^m/e sous le règne de son époux Nabokolasar, qui est Nabukodnosor.... On ne voit pas non plus, après Cambyse, le mage Smerdis, quoique mentionné par Ktesias et par Hérodote, ni Laboroso-achod, quoique cité dans le fragment de Bérose lui-même (eo Josèphe ). Ces omissions néanmoins ne sont pas des oublis, ni des lacunes ; elles sont le résultat d'an système réfléchi qui n'a pas voulu embarrasser et troubler le calcul , en y introduisant des fractions d'années; en effet, Smerdis ne régna que 7 mois; mais parce que Cambyse régna 7 ans et 5 mois, la liste, en lui comptant 8 ans entiers, compense le temps de Smerdis. La même chose a Heu pour Laborosachod, pour Arsès, etc. dont les mois sont reversés sur leurs prédécesseurs >. Quant à la liaison de cette chronologie babylonienne à notre ère chrétienne, elle s'est opérée avec aisance, fiicilité et certitude , par les dates des règnes d'Alexandre , de Darius-Hystaspe , de son fils Xeroès, etc. dates sur lesquelles la série des jeux olympiques ne laisse aucun doute. Ainsi nous avons jusqu'à l'an 747 avant J. C. une échelle continue qui nous fournit un terme de comparaison exact pour juger du degré d1nstru^ tion des auteurs qui, comme Hérodote, ont parlé de quelque événement, de quelque roi babylonien, dans le cours de cette période jusqu'à Kyrus, qui la termine. Ce sujet va nous occuper dans le eba* pitre suivant.

CHAPlrâE XIL

Eois de Babylone Jusqu'à Nabukodnasar.

En ayant le mérite exclusif de nous donner la liste des rois babyloniens depuis Nabonasar , le Kanon astronomique n'y a pas joint celui de nous donner des détails instructifs sur leurs règnes, et Ton

' Fréret et les mlasionnairea ont ranaarqué que le même système existe dans la chronologie des Chinois, qui soppiiiw les noms des rois loisqulls ont régné moins d*iuie année.

SUR rmSTOIBE ANOENNE.

n'y supplée que très-imparfaitement par d'autres auteurs. Sans un passage du Syneelle , nous ignorelions pourquoi les rois antérieurs n'ont laissé aucune trace : il paraît que Nabonasar , en brûlant leurs actes, ne fit qu'imiter Texemplede Ninus, qui, selon rbistorien syrien Mar-ibas ' , brûla aussi les histoires de^ rois qui l'avaient précédé. Le règne de Nabonasar, qui forme une ère, s'ouvrit le 26 février de l'an 747 avant J. C. à midi. A cette époque dut régner à Ninive Teglat-Pkakuar, qui Tan 743 s'empara de Damas et enleva quelques tribus juives. Il Êuit croire que Nabonasar lui parut trop puissant pour l'attaquer, et qu'il se contenta d'une apparence de tribut et de vassalité , comme il arrive quelquefois à la Porte ottomane , en des cas semblables. La dernière année de Nabonasar, en 7a4, parait coïncider avec le temps où Salmanasar, autre roi de Ni* nive, était occupé d'une guerre opiniâtre contre les villes phéniciennes ; ce prince prit Samarie et déporta les tribus juives en 7S0. Nabius , successeur de Nabonasar, n'avait régné que 3 ans : Xinzirus et Porus , qui régnèrent 6 ans , avalent succédé à Na* bius, et virent Salmanasar enlever une colonie de Babyloniens qui furent déportés à Samarie. Nous avons dit que cet acte indique un retour de puis« sance de la part des Ninivites sur les Babyloniens.

En 736 régna Uulaîus , à l'époque où Sennachérib dut succéder à Salmanasar. En 731 , à IhUalus succéda Mardok-empad, le Merodak-Baladan des Hébreux « et le Belesis de Ktestas... Cette année fot la première de Sardanapal, jésar-adafi^phal, fils de Sennachérib, et il semble que Merodak lui dut sa nomination ou sa confirmation.

Depuis Merodak jusqu'à Saos-Duchmus, en fi67 , 7 règnes et 3 interrègnes remplissent la courte durée de 54 ans; ce qui indique un état de troubles civils , et de partis contraires qui se disputent le pouvoir.

Parallèlement chez les Mèdes régnait Deîokès , qui, assez occupé de son intérieur, ne dut point inquiéter les Babyloniens. Saos-Ducfasus , par son règne de 30 ans, indique un état de cboses plus affermi, à raison de l'ascendant d'un des partis. Ce dut être lui dont les généraux emmenèrent cap* tif à Babylone Manassé, roi de Juda , mort en 653. Le Livre des Rois, plus authentique que les Para- Hpomènes, ne dit rien de ce fait, d'ailleurs peu important. En 645 régna KinU-Adany qui serait le Nabukodn-osor de Judith , si saint Jérôme ne nous avertissait formellement que dès son temps les Juifs, malgré leur zèledévot , reconnaissaient ce livre pour être apocryphe, ainsi que le livre encore plus ro-

* Yoya Molie de Chortne, chap. I3, pag. 10.

manesque intitulé TbMe. Si le lecteur veut jeter l'œil sur la note ci-jointe , il y verra les preuves de cette apocryphité admises par tons les bons critiques*.

' Apud Hebrœot liber Judith iuter ûpocrypha legikir.

Hieronymi opéra, tom. I, pag. II70, in-fol. 1693.

Le Murant Bemard deMontfaucon avoalu proarer raothentteité da livra et da fait ; mais sa dlMertatioD , oompoaée daiia sa Jeunesse, ne s*appale que sur des anachronbmes ou sur des hypothèses, et ne saure ni les contradlcUons palpables , ni rignoranoe évidente de ranoayme, tanten géographie qu*en chronologie. Le lecteur peut lui-même en Juger par ce piéds de Judith que nous lui soumettons.

TEXTE DE JODrrH.

rerthn kUtes on v^lgote.

Arphaxftd, roi des MMei, STsit •ttbjafoé beaocovp do poaplei, •t il avait bftti one frande tUIo qa'U «0011118 EcbatoH ; et Vtm 1 1 daaon rtgne, NahHkodotiosor, roi dM AMyricM , qal règaalt doua NittiTO, combattit Arpbasad, «t ille Taiaqttit daoa la grande pia/kk$é$Km99M,prêêrEupkruiê

et le Tigre Et l'an iJ de ton

rifM, MebakodOBOaor envoya

Holophanoa SUaklm étaH

alors grand prêtre à JéroM-

reretOH ^reoçfwtm

VtM 11 de NabakodoDOsor qui régna rar lee keeytknu dam NiniTe; an tenipa d'Arphaxad qui régna anr lee Médee dani Egbatanes qu'il avait bâtie : eu ee tenpt-là, te roi If abukodonoeor

flt la guerre no toi Arphazad

Et l'an 17 , NabnkodooMor eoa bntttt Arphaxad, le déflt daa< lee fflontagnea de Ragan, le perqn de traits, et l'extermina jntqn'i ee jonr; et l'an i8 , NabnkodO' noeor envoya Holopbemne eontro lee entente d'Ismél qiri revenaient de eaptlTité. /oaJWm était grand prêtre à Jérualem , etc.

Jrphaxad, ni k Ecbatanes, périssant dans une gnerra contre les Assyriens , ne peut être que Phraortèt, qui périt dan» son expédition contre lee Aeaifrienê de Ninive, comme nous ra dit Hérodote. Mais Ecbatanes ftit biUe par Veloki» et non par son fils Phraortès. Ce roi mède périt Tan 636 : à cette époque , Josias , âgé de II ans , était dans Fan troisième de son

règne, oûplutdtdela régence do grand piètre iïé/fiot Lee

Jui/k revenaient de captivité De quelle captivité? U y

avait d^à 16 ans que Manassèe était mort. Pourquoi le nom de Helqiat est-0 altéré et différant dans les deux versions? La plos ancienne, qui est le grec, donne e ans de dorée à la gnem; la version vulgate fait périr Arphaxad dans la même année. Pan IS de I^abukodonoêor.,,., D est bien vrai que Van 6Se se troQTe être Pan 11 de Kyml^Jdan ; mais alors 1\im des venions s*est permis d*altérer le texte. Quel Ait ce texte original? on rignora. L'hébrau qui a servi de modèle au latin, est mutilé : Il a été fiait sur le grec qnll a abrégé et tronqué, comme font tous les extraits. Le grec est d'acconl avec la version syriaque, très-ancienne aussi, mais ni Tune ni Tautra ne sont l'original , qui a péri. Le laUn cadra mieux avec la chronologie d'Hérodote , sur laquelle 11 a été calculé ou oor^ rigé. Mais Hérodote dltoue les Ninivites étalent indépendants, qu'ils étaient délaissés de tous les antres Assyriens; et l'histoire de Parsodas en Ktestas nobs montre KynU-A4an-If anlbnis , vassal d'Artsus-Ryaxarès.

Dira-t-on que ce Nabokodonosor qui régna dans Rlnive, Alt an roi indigène k nous Inconnu? En effet, Fauteur de Judith n'exprime pas qu'il fut roi de Babylone. Mais alors où est son garant? et lorsque ensuite 11 i^onte que Judith vécut Jusqu'à l'àge de 106 ans (plus de 70 ans après cette guerre) ; qM'Iaraélnefut plus troublé de ion vivant ni longtempi aprtt (dès 609, Josias fût tué et le pays conquis par Nekos); et lorsque dans le cantique de Judith , 11 dit : le Perte a frémi de son audace, le Mède a été troublé de sa force; tous ces anachronismes ne décèlent-lis pas clairement la posthumité et Ilgnorance de l'auteur? D'ailleurs sa géographie est un renversement manifeste, lorsque traçant la marche d'Hblopheme, il le fait partir de Nlnlve, le conduit en ailcle Jusqu'au mont Angi, ou plut4)t Argœus : puis de Ciiicle lui fait passer l'Euphrate pour l'établir en Mésopotamie, et y ruiner

RECHERCHES NOUVELLES

Le livre intitulé Chronologie d* Hérodote ]^TOWiey page ISO, que Kyniladan est le Nauibrus de Ktesias dans l'anecdote de Parsodas , laquelle se place entre les années 633 et 627.... Il semblerait que Nanibrus aurait succédé à Saos-Duchaeus , comme à son père, sous le bon plaisir des rois mèdes.

Après Kynil-Adan, en 625 , règne Nabopolasar, qui est le premier Labynet d*Hérodote. C'est de lui que parle cet historien , lorsque après la bataille entre les Lydiens et les Mèdes, interrompue le 3 février au matin, par la célèbre éclipse de Thaïes, il dit : « Syennèsis, roi de Cilicie, et Labynet, roi « de Babylone, furent les médiateurs de la paix; « ils hâtèrent le traité, et ils l'assurèrent par un « mariage. »

Ici le texte et le bon sens s'accordent à vouloir que si Syennèsis et Labynet furent présents , ils furent auxiliaires et sans doute vassaux, l'un du Lydien , l'autre du Mède; ceci cadre bien avec le i^cit de Ktesias : mais, dira-t-on, si la bataille eut lieu le 3 février au matin, et si le règne de Nabopolasar ne date que du 26 de ce mois ( l'an 625 ) , comment Hérodote l'appelle-t-il déjà roi? Cette difficulté se résout très-bien, en disant que Nabopolasar dut être le fils de Nanlbrus-Kynil-Adan; qu'en sa qualité d'héritier, il put conduire le subside, même depuis quatre ans que durait cette guerre, et que son père étant mort l'année 624 , cette année ne compte pas pour Nabopolassar, quoique déjà roi, attendu que dans cette liste les années appartiennent toujours aux princes qui les commencent. D'ailleurs Hérodote a pu lui anticiper le nom de roi.

Quant à la date de l'éclipsé de Thaïes au 8 février de l'an 625 avant J. C. , telle que nous l'admettons , elle résultes! positivement du texte d'Hérodote « que nous la croyons immuable (voyez la Chronolo^ d* Hérodote j page 7 et suivantes ). Si donc aujourd'hui les calculs de nos astronomes représentent cette éclipse comme arrivée trop matin pour avoir été visible dans l'Asie mineure , il faut ou que les théories n'aient pas encore atteint une entière -perfection, ou que le fait ait subi quelque

toHiti iet villêê farUa qui y étaient, depuit U torrent de Mambré (qui est en PalesUne) Jusqu^ik la mer Méditerranée, En voyant une faute ai grossière Routée à tant d'autres invraisemblances , on se range à l'avis de ceux qui dans le livre intitulé Judith , voient un roman écrit au temps des Machabées, pour exciter le patriotisme Juif contre la tyrannie des rois grecs. H est possible que dans d'autres guerres, il y ait eu quelque anecdote semblable , et que quelque capUve Juive enlevée par un chef de troupe , Tait tué , comme on le dit de Juditb ; mais les détails de ce livre sont tels , qu*il n*a pu être composé que par la femme même qui en fut le témoin et le héros ( hypothèse absurde ) , ou par l'écrivain dramatique qui les puisa dans son imagInaUon. Àu reste , de tous les apocryphes Julb, c'est le roman le mieux écrit et le plus Intéressant

altération de la part des narrateurs. Le savant auteur d'un ouvrage récent n'hésite pas à préférf r cette seconde opinion lorsqu'il regarde cette éclipse comme une fiction d^ Hérodote ou de ses auieurs ■ ; mais en mettant à part l'infaillibilité de nos astronomes, il est ici des considérations morales que l'on ne peut écarter légèrement.

D'abord on ne voit pas comment les historiens babyloniens, mèdes et lydiens, intéressés au fait, ont pu s'entendre pour imaginer une fieUmi sans base; encore moins comment Hérodote , voyageor étranger , impartial , et d'un caractère éminemment sincère , a pu consulter les livres et converser avec les savants de ces divers peuples, sans trouver et sans noter quelque doute, s'il y en eut , sur un fait si remarquable , lui qui nous répète cette phnse de candeur : « Voilà ce que disent les uns ; mais lei « autres prétendent que cela se passa autrement •

Ensuite l'on doit remarquer qu'ici l'éclipsé n'est pas l'accessoire, la broderie du £adt, mais le €ut principal lui*méme, la cause occasionnelle et déterminante d'un traité qui changea l'état politique de l'Asie , et cela de la manière la plus notoire , la plus remarquable, puisqu'une grande guerre fut terminée brusquement par l'un de ces prodiges eélestes qui excitaient ime terreur générale chez les anciens peuples. Ce fut encore une suite de l'édipse, que le siège de Ninive par Kyaxaiès ; et son interruption par les Scythes, qui poussèrent jusqu'à Ascalon, où les orr^to Psammetik^ roi d'Egypte. Cette dernière anecdote, Hérodote la tient des prêtres égyptiens, comme il tient des Chaldéens celle de Labynet. Conçoit-on qu'il ait lié tous ces traits eo un même récit, sans avoir fait une sorte de collation avec ces divers auteurs , et sans les avoir questionnés sur une éclipse aussi remarquable?

D'autre part , l'astronome qui inculpe si £Milement l'histoire de fiction, peut-il bien nous garantir la certitude mathématique des méthodes adoptées? Sans doute les Tables de la kme dressées par M. Burgh sont plus parfaites que celles de Mayer et de Mason ; mais ne reste-t-il rien à y ajouter ? par quels moyens sont-elles établies? I^'est-ce pas en prenant pour jalons certaines éclipses de Ptolomée ? Or que penser de l'exactitude de cet astronome, si quelques-unes de ses éclipses ne cadrent point avec les autres ? Pour obtempiérer à ces éclipses, l'on a supposé au mouvement de la lune une accélération progressive représentée dans le calcul par une éqtÊation séculaire qui, pour l'an 625 avant J. C, s'élève à environ un degré et demi : mais ne serait^»

> Abrégé d'oitnmomie théorique et pratique, par M. Delarobre, p. 336.

SUR L'HISTOIRE ANCIENNE

pas ici làfatUmf car si à la longitude donnée par les tables pour cette année-là, on ajoute Téquatioff !• 1/2, Taccélération se trouve beaucoup plus grande en ces temps anciens que dans les temps modernes, et cela est Tin verse du système régnant, qui admet Taocélération croissante à mesure qu*elle s'approche de ces derniers. Ce système se trouve donc ici en contradiction avec lui-même, et sans doute c'est pour avoir senti cette contradiction , qu'un illustre astronome allemand, M. le baron de Zach, a proposé dans ses Tables de la lune, page Z^ dene coniidérer les équations séculaires en longitude et en anomaMe moyenne comme positives, c'est^h direcroissùntes, qu'après tan 1700 (de notre ère), et comme négatives ou décrtdssantes, avant 1700. Alors le lien moyen de la lune , au moment de l'éclipsé du 8 février 625, moins avancé de 8 degrés qu'on ne le suppose, exigera que Ton augmente sa longitude ( pour joindre le soleil ) d'un espace qui, calculé en temps , peut retarder l'édipse de près de 6 heures, et la représenter comme arrivée entre 8 heures du matin et midi. L'on s'est donc trop pressé d'inculper l'exactitude d'Hérodote, et cette diversité d'opinion entre de savants astronomes , prouve que la science n'en est pas encore au point de prononcer d*emblée sur les historiens. De plus, il est dans les éclipses des incidents singuliers qui peuvent accroître leurs eifets ténébreux d'une manière inoomprâienslble même pour les astronomes. Msestlin, de qui fut élève Kepler, en cite un exemple frappant dans l'éclipsé de soleil observée à Tubingen le 12 octobre 1605. Commencement à l^^ 40^ après midi. Fin à Z^ & temps vrai. Grandeur, 10 doigts 1/3 ou 2/5. « Vers le milieu de cette éclipse, • dit Maestlin , le ciel étant parfaitement pur, sur- « vint tout à coup une obscurité semblable au cré- « puscole du soir, à tel point que Ton put voir f^é- « nus, quoique rapprodiée du soleil à 21 degrés, « que les vignerons occupés à vendanger eurent « peine à discerner les grappes, et que les maisons « dispanirent dans Tombre. »

Voilà refifet que produirait une éclipse totale, et néanmoins il s*en fallait 4 minutes que dans celleci le disque du soleil fAt masqué : concluons que le récit d*Hérodote mérite une attention particulière , et qu*il peut devenir un point de mire utile à nos astronomes. Revenons à notre sujet.

L'invasion des Scythes étant survenue, Kyaxares fut réduit pendant 18 ans à être leur tributaire ou leur ennemi impuissant ; pendant cet intervalle,* le roi de Babylone protégé par ses fleuves, par ses canaux , par les inexpugnables remparts de sa ville , put braver la cavalerie scythe, ou la paralyser.

comme Psammitik, par des présents annuels; et profitant de la faiblesse de Kyaxarès, il put cesser d'être son vassal , et devenir seulement son allié. Cest ce qui se déduit d'un passage d'Alexandre Polyhistor cité par le Syncelle, page 220, lequel nous apprend * « qu'Astibaras (Ryaxares) accorda sa fille Aroîté « àla demandeque lui enfitNabopolasar pour son fils « Nabukodnosor. » Cet événement correspond aux années 607 ou 606. Il en résulte que Nabopolasar dut être le premier roi babylonien à la fois héréditaire et indépendant : en sorte que Babylone, vassale d^uis sa fondation, en 1193, ne parait avoir été capitale souveraine et ind^[)endante que vers les années postérieures à 625, quoique Hérodote lui attribue cet état sitôt après la subversion de Ninive en 717.

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