‹ Œuvres complètes de VolneyChapitre 137 sur 230 · CHAPITRE Xffl · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xffl

Règne de Rabokolasar, dit Nebokodoooeor.

Il n'existe pas de doute sur l'identité du Kabokolasar de la liste babylonienne, avec le liabukodonosor des Hébreux >. Le règne brillant de ce prince semble avoir été le résultat naturel des trois précédents, qui pendant 60 ans de paix affermirent l'autorité, et accumulèrent les moyens de puissance qu'offrait un pays extrêmement fertile. D'autre part, l'emploi que Nabukodonosor fitde ces moyens, fut aussi le résultat de sa situation politique vis-àvis de ses voisins. A l'est et au nord , l'empire mède lui opposait une barrière menaçante, à l'ouest, les petits états syriens, phéniciens et juifs, divisés et affaiblis, offraient une proie plus facile à son ambition : elle y prit son cours ; mais parce que la résistance prolongée des villes de Tyr et de Jérusalem nécessita de sa part diverses expéditions répétées dont on a confondu quelques dates , il est nécessaire d'établir un ordre clair dans cette partie.

La première année du règne de Nabukodonosor est fixée par le kanon astronomique à l'an 604 avant J. C. : cette date devient un point de départ précis pour tous les faits relatifs soit antérieurs , soit postérieurs.

Jérémie, dont l'autorité, comme écrivain eontemporain , est prépondérante ici pendant une période de plus de 40 ans ; Jérémie remarque ' en 8 chapitres différents, que l'an 1 de Nabukodonosor fut l'an 4

* Et cela d*aprèi Béroae, poliqne le Synoelle remarque, p. 16 , qae Polyhistor copie oo auit baliitaeUemeDt Bérote.

* N abo-kol-asar s'explique bien , prophète tout victorieux, oa vaànqutur de tout, Dana Ifabo-kadn-aaar, le mot kadn doit ètiele syriaque gai, signifiant la fortune. Aussi les Arabes ont-ils renda oe mot par buki^natar, vainqueur fortuné. Kadn pourrait être aussi le mot arabe gadd-an, nmUum.

3 Jérém. cbap. xxv, vers. I ; chap. xxxvi. vers. I, etchap.

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de Ihoaaqim » fils de Josias. Par conséquent le règne de Ihouaqim date de Fan 607 , et la mort de losias , son père, se place à l'an 008. Ce prince avait régné 31 ans; par conséquent il avait commencé Tan 638. Jérémie ajoute, chapitre xxv , que cette quatrième année de Ihouaqim fut la vingt-troisième depuis Tan 13 de losias, où Jérémie avait commencé sa mission prophétique. Ces 23 ans avant et compris Tan 604, remontent à Tan 626 inclus. Si Ton ajoutait 1 3 années pleines , on aurait 639 ; mais la treizième année de Josias doit se fondre dans la première des 23 , et n'être que l'an 626, afin que la première de Josias reste Tan 638 , comme l'exige le calcul premier de Jérémie.

Josias périt dans une bataille qu'il livra à Nekos, roi d'Egypte. Ce fils de Psammitik avait commencé de régner l'an 617 ; par conséquent l'an 608 fut la dixième année de son règne '. « Il avait entrepris , ii-nous dit Hérodote, de creuser le canal qui conduit « à la mer Rouge : 120,000 ouvriers périrent dans « ce travail. Ce prince l'interrompit sur la réponse « d'un oracle qui déclara qu'il travaillait pour le bar- « bore: les Égyptiens appellent barbares tous ceux « qui ne parlent pas leur langue. »

Ce barbare est clairement le Babylonien Nabopolasar, dont la puissance commença, vers l'année 610 ou 611 , d'alarmer Nekos. La réponse de l'o* racle suppose une question provocative : on devine aisément que ce fut Nekos qui dicta l'oracle, afin d'avoir un motif plausible de renoncer au canal , et de venir conquérir la Syrie. Hérodote a clairement désigné la défaite de Josias lorsqu'il ajoute « que « Nekos livra sur terre une bataille aux Syriens, a près de Magdol *, et qu'après avoir remporté la « victoire, il prit Kadyt<-is, ville considérable de « la Syrie. »

Cette ville de Kadyt-is n'est autre chose que Jérusalem ( la sainte Salem ), comme l'a très-bien vu Banville. Les Arabes ont conservé l'usage de l'appeler la Sainie par excellence, el Qods. Sans doute les Chaldéens et les Syriens lui donnèrent le même nom, qui dans leur dialecte est QadoîUa, dont Hérodote rend bien l'orthographe quand il écrit Kadytis, puisque dans l'ancien grec, Vy remplace sans cesse Vou oriental; ainsi Béryto$ est Bérout; Anhyra est Angowriéy conune SyUa est en latin Sidla, etc.

' Hérad. Ub. D, n»* IM et 169.

* LeUvradcJérémte,chap.iLvi,éoitlâiittlAr(S94oif/;mais celui dei Roif est phis ooficet lonqn'U écrit Magéom oa Mageddo, atteoda qa*U est contre toute Tnfsemtianee que Josias soit allé combattre à Ma§dol , qui est près de Pelose en £gypte; tandis qa'U est natorel qa*U se soit opposé à Hekos, près de Mageddo , ville de Palestine , d*où U fut ramené monrani à Jérusalem.

Nekos vainqueur déposa Jhonakas , que les Juifs levaient élu après la mort de losias; lui ayant substitué Ihouaqim son frère, il s'occupa de conquérir la Syrie de proche en proche jusqu'à l'Euphrate. Voilà cette prétendue rébelHon du satrape d'Egypte dont parle Bérose en Josèphe ( contr. App. lib. I, $ 19 ) , laquelle détermina Nabopolasar à envoyer contre luiNabukodonosor, son fils, à la tête d'une puissante armée. losias avait péri en 608 ; Jhouakas n'avait régné que 3 mois; Jhouaqim avait été installé en 607 ; les conquêtes de Nekos se firent eo

cette même année et pendant 606 et 605 Il avait

à subjuguer plusieurs petits États assez relaclants, tels que les Philistins , les I^iéniciens , les rois de Damas, de Hama, de Hems, etc. En 605, il passe l'Euphrate et entre en Mésopotamie. Nabopolasar alarmé envoie contre lui Nabukodonosor, probablement en automne. Les années se rencontrent , la bataille de Karchemis se livre en 604 '. Nekos, eono^létement défait, se sauve en Egypte, d'où U ne sortU p^{i4,ditleLivredesRois.Nabukodonosor le poursuit rapidement jusqu'à la frontière d'Egypte. Il apprend la mort de son père : il avait à se venger du roi de Judée , Jhouaqim , créature de Nekos ; mais il était encore plus pressé d'aller prendre possession d'an trône récemment élevé. « Dans ces cireonstaiiûes, « dit Bérose , il mit ordre aux affaires d'Egypte, « de Coelésyrie et des pays adjacents ; et eonfiaat « à des chefs dévoués la conduite des nombreux « prisonniers syriens , juifs , phéniciens , égyptiens, « qu'il emmenait, U partit avec peu de troupes « traversa le désert à grandes journées , et arriva « à Babylone, où les Chaldéens lui remirent le gou- « vemement , et il succéda à tous les états de son « père». »

Voilà donc en l'an 604, quatrième année de Ihouaqim, Nabukodonosor qui devient roi, évacue la Syrie, et se rend à Babylone. N'est-ce pas à cette époque qu'il faut placer le tribut dont parle le Livre des Rois ^, lorsqu'il dit : « Ihouaqim élaU âgé « de 2S ans quand il régna, et il régna il imsîÏJk « son règne vint Nabukodonosor, roi de Babyk>ne, «I qui lui imposa un tribut... Ihouaqim le paya peo- « dant 3 ans ( 604, 603, 603 ), puis il se révolta; « alors Nabukodonosor envoya contre le pays de « Juda des partis ( laùrones ) de Chaldéens, de Sya riens , de Moabites , d'Anunonites , etc. qui le dé- « scièrent 4, et le reste des actions de Ihouaqim est

•> En la quatrième de Ibooaqlm, premiers de Kabnkodao- •or. Jérémie, chap. illvi.

> Joaèphe oont Àpp. 1. 1, g 19.

3 Reg. n , cap. uiv, vers. 6.

4 Ces déprédaUons datent de eoi, qui est la septième annrc de Ibooaqln. Joaéplie est donc eo erreur palpaMe, kKsq«*U dit

SUR L'HISTOIRE ANCIENNE

« ëGrit dans les archives des rois. Ce prince 8*en- « dormit avec ses pères... Son fils Ihouakkij âgé de « 18 ans, régna à sa place pendant 3 n]ois....et les « généraux de Nabukodonosor vinrent Tassiéger; « puis ce roi accourut lui-même, etihouakin étant « sorti au-devant de lui, se rendit à discrétion, et « fut emmené à Babylone, Tan 8 du règne de Na- « bukodonosor ( 597 ). »

Maintenant ajoutons à ces faits la circonstance du mariage de Nabuchodonosor avec la fille deKyaxar, du vivant de NabapolasoTy c'est-à-dire en Fan 606 ou 605, lorsque le$ succès alarmantsdeNekosétaient la cause probable de cette alliance, et nous verrons un accord d*événements et dédales qui donne à ce tableau toute la vraisemblance historique. Pourquoi donc Alexandre Polyhistor nous dit-il* « que sous « le règne de loachimy roi de Jérusalem, le pro- « phète Jérémie ayant surpris les Juifs qui sacri- « fiaient à une idole d*or appelée Baalj et leur ayant « prédit des calamités prêtes à fondre, loachim « ordonna de saisir le prophète pour le brider. Mais « Jérémie insista , et assura que le feu ne serait em- « ployé qu'à cuire les aliments des Babyloniens , par « la main des Juifs transférés captifs à Babylone. « Nabukodonosor , informé de cette prophétie , pria « Astibar , roi des Mèdes, de s'associer à lui pour « marcher contre Jérusalem , et ayant formé une « armée immense de Chaldéens et de Mèdes , il vint « en effet assiéger cette ville, saisit vif le roi Joa- « chim , et enleva tout ce qu*il y avait d'or , d^argent « et d'airain dans le temple, laissant seulement « Tarche et les tables de la loi à la garde de Jérémie. »

Il y a certainement erreur de dates et confusion de faits dans ce fragment ; la prophétie indiquée par Polyhistor doit être celle du chapitre xxxvi de Jérémie, où il estditque « Tan quatrième de Jhoua- « qim ( 604 ) , Jérémie chargea Baruch d'écrire sous « sa dictée tout ce qu'il avait prophétisé depuis l'an « 13 de Josias; Baruch ayant terminé son travsul « Tan 5 de Jhouaqim ( 603 ) au neuvième mois , alla « faire de ce livre une lecture publique dans le tem- « pie : par suite de la rumeur que causa cette lec- « ture, le livre fut porté au roi, qui était dans son « appartement d'hiver , près d'un brasier ; ce prince « en lut 3 ou 4 pages, les déchira, puis brûla tout « le livre page à page, et donna ordre que Ton sai- « sit Baruch et Jérémie pour les punir , mais on les « cacha. »

Cette afiTaire étant de Tannée 603, deuxième de Na-

qa^en l'an s de oe prince (Pan 800), NabokodoDOsor vint avec une grande année loi imposer tribat. Jofièpbe a mal ik profna fsitporttr de là lei sanade ee trtbat ■ Prépar. évang. d^Eoa. Ut. IX, cbap. 30.

bukodonosor, lorsque oe monarque était rendu à Ba« bylone, il ne peut avohr de suite assiégé Jérosaleoi et enlevé le roi, surtout lorsque Jérémie et le Livre des Kois n'en disent pas un seul mot. Polyhistor a sûrement confondu l'expédition de 597 , et il a pris Ihouakin pour son père Ihouaqim : la méprise est très fsicile pour un Grec; mais à cette époque où Kyaxares-Astibar assiégeait NinivBi oe prince n'a pas dû prêter ses troupes , et si les Mèdes aocompagnèrent les Chaldéens, ce dut être dans l'expédition de 605 et 604, contre Nekos. Ainsi il y a confusion double.

La source de cette erreur semble être une phrase des Paralipomènes. Cette chronique dit au chapitre XXXVI, livre II :

« Jhouaqim régna 11 ans, et il fit le mal devant ft le Seigneur. Contre lui vint Mabukodnosor , qui « le lia de chaînes d'airain pour l'emmener à Ba- « bylone, et il emporta aussi les vases du temple. « Son fils Jhouakin régna à sa place, âgé de 8 ans^ « et il régna pendant 8 mois et 10 jours; et Nabu- « kodnosor envoya contre lui et le fit amener à « Babylone avec les vases* »

U y a dans ce passage plusieurs fautes palpables. Selon la Chronique des RoiSy Jhouakin avait 18 ans quand il régna et non pas 8. Ce témoignage est confirmé par la circonstance qu'il vint se rendre de son gré à discrétion : un enfant de 8 ans ne vient pas y on V amène, A cette époque (598) , Nabukodonosor n'avait pas emporté les vases du temple, car Jérémie, témoin sur place, dit en son chapitre xxYii : « Dieu s'est adressé aux colonnes,età la mer « d'airain et aux vases d'airain que Nabukodnosor « n'a point emportés quand il a emmené le fils de « Jhouakim, et il leur a dit : MaMenant vous se- « rez déportés avec Sedekias. »

Si les vases ne furent pas emportés avec le fils, ils ne l'avaient donc pas été avec le père; et si l'enlèvement du père n'est mentionné à aucune époque, ni par Jérémie, témoin intéressé, ni par la Chronique des Rois , rédigée longtemps avant les Paralipomènes, l'on a droit de (tire que ce dernier livre, écrit tardivement et négligenmient , a introduit cet enlèvement par la confusion du père avec le fils, on par le motif dévot d'aoeomplir les menaces prophétiques de Jérémie en son chapitre xxxyi.

Depuis Fan 604, où Nabukodonosor emmena par le désert ses prisonniers à Babylone, l'on ne voit point ce prince reparaître en Syrie avant Fan 598 : il est naturel de croire que les premières années de son règne furent employées à organiser son empire, à surveiller les Mèdes et les Scythes, et à préparer une dernière expédition contre les deux seules cités

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qui lui résfstassent encore eo Syrie, contre Tyr et Jérusalem. Examinons les dates da siège de Tyr.

CHAMTRE XIV.

SléiedATyr.

Les chronologistes trouvent dans les dates du siège et delà prise de Tyr , quelques difficultés ■ qui se résolvent assez naturellement, selon notre manière devoir.

« Nos écritures, dit Thistorien Josèphe*, por*^ « tent que Nabukodonosor détruisit notre temple « dans la dix-huitième année de son règne, et que cet « édifice resta 30 ans sans être rebâti : les travaux « de ses fondations ayant été repris Fan 2 de Kyrus, « la reconstruction ne fut achevée que Tan 2 de « Darius. A ces témoignages je joins ceux des ar-

« chives phéniciennes Leur ^ autorité ne peut

« être équivoque, car les Tyriens ont des registres « très-anciens de ce qui s'est passé de remarquable « chez eux et diez les peuples avec qui ils ont eu « des rapports. Ces registres, formés par autorité « publique, sont conservés avec soin. » Ici ils sont conformes pour le calcul des années ; on y lit : « Sous « le règne du roi Ithobal, Nabukodonosor com- « mença le siège de lyr, qui dura 18 ans.

« A Ithobal succéda Baal, qui régna 10 ans.

« Après sa mort, les rois furent rem- « placés par des juges (ou suffètes); « en cette qualité Eknibal gouverna 3 mois.

« Chelbis, fils d'Abdaius 10

« Abbar, grand prêtre 3

« Mitgonet Gerastrate, fils d'Abde-.

« lème 6

« Balator, avec le titre de roi, ... 1

« Puis Merbal , que Ton fit venir de • Babylone 4

« Puis son frère Irom, appelé aussi « de Babylone. . . < 20

Total 42 3

« De son temps, Kyrus devint puissant chez les « Perses. Toute cette durée est de 54 ans et 8 mois. « Le siège de Tyr commença l'an 7 de Nabukodo- « nosor (598); et Fan 14 dirom, Kyrus arriva à « Tempire. Ainsi les récits des Chaldéens et des « Tyriens sont conformes aux nôtres. »

Ce passage présente des contradictions qui viennent soit des copistes, soit de Josèphe lui-même. D'abord les anciennes éditions disent, d'après les manuscrits , que le temple resta ruiné , non pas 50 ans, mais 7 ans ; cela serait absurde ; mais si an lieu

' Yojn DMvignoUei, tom. Il', diap. l daliv. IT. > iQsèpbe oootr. App. Ut. I, g 91.

3 /Mtf. g 17.*

de 7 on lit 70, l'on descend de l'an 787 à Pan 518, que Josèphe a pu croire l'an 2 de Darius, par une simple erreur de 2 ans. Le diangement de ces 70 en 7, par la suppression des dizaines, appartient sûrement aux copistes. Les modernes ont substitué le nombre 50, qui est vrai dans un autre sens, car de l'an 587 , si vous êtez 50, vous tombez h 587 , seconde année de Kyrus ; mais ce n'est pas le texte de Josèphe. ^

Les 54 ans 3 mois pour les rois tyriens sont une autre erreur qui semble appartenir à Josèphe seul. Sa liste additionnée ne donne que 42 ans 8 mois ; et si des 20 ans dlrom on en ôte 6 , pour obtenir sa quatorzième année qui correspond à l'avènement de Kyrus , on n'a plus que 86 ans 8 mois. A la vérité, si Ton prend cet avènement pour celui de Pau 560 au trône desMèdes, on a 38 ans, jusqu'à l'an 598 ; ce qui cadre assez ; mais alors le résumé de Josèphe, qui compte 54 ans , est fiaux et incompatible avec l'an 5367 , puisque de là à 598 il y a 61 ans. Pour tout concilier, il faudrait supposer que Josèphe a omis 6 à 7 années du règne d'Ithobal, sous qui comment le siège, et cela est croyable de la part de cet écrivain, qui olSre plusieurs fiantes semblables. Celle-ci n'a pas d'importance, et elle est rachetée par les faits intéressants qu'il nous apprend, savoir, 1* que le siège de T^r commença Tan 7 de Nabukodonosor (598) ; 2» qu'il dura 13 ans , et par conséquent finit l'an 586, 1 an après la prise de Jérusalem , ce qui cadre bien avec le chapitre xxvi d'Ézéchiel, lequel, l'an 11 de Sedeqiah (587), reproche à la ville de Tyr sa joie de la ruine de Sioo , et la menace d'un sort semblable.

Le siège de Tyr ne fut d'abord qu'un blocus , les machines de guerre ne furent approchées que la dernière année, lorsque le roi de Babylone, dânrrassé des Juifis, put rassembler toutes ses forces pour l'assaut. C'est pourquoi Ëzéchiel ajoute, verset 7 : « Voici que j'amènerai contre Sour (Tyr) Na- « bukodonosor, roi de Babylone, roi des rois, avec « sa cavalerie et ses chars : il élèvera des tours de « bois , des remparts de terre, il fera frapper ses « béliers, etc. etc. » Ceci a fait croire à quelques chronologistes que le siège n'avait commencé qu'alors ' , mais l'hypothèse est sans soutien.

Acette époque, la métropole des Tyriens, située dans le continent, avait pour citadelle un monticule de roc qui se voit encore dans la plaine , saillant en pain de sucre, à environ 1,000 toises delà mer. C'était ce même local que vers l'an 732 avait attaqué Salmanasar, roi de Ninive, et qu'il avait bloqué en coupant un bel aqueduc dont les nihies

> Yoyei DesvigDolIes, Uv. IV, dup. I.

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