‹ Œuvres complètes de VolneyChapitre 142 sur 230 · II · texte numérisé non relu

II

compte 70 au lieu 69 , et cela , pour avoir une somme de 490 ans dont le départ y dit-il , est l'an 20 d'Artaxercés. Mais si , comme il est de fait , l'an 20 d'Artaxercès correspond à l'an 446, la prophétie prétendue n*est pas applicable au cas que l'on indique.... Au reste, il suffit de lire Vaventure des trois jeunes gens dans la/oumaise, celle de Daniel dans la/osse aux lions, et la métamorphose du roi de Babyloneenquadrupédepaissantetbroutantf^ur voir que tout le livre doit être joint à celui de Belet Dagon, et partager la sentence portée par les théologiens mêmes contre cette fabuleuse production '. Relativement au roi de Babylone, l'histori^ Mégasthènes * rapporte, d'après les Chaldéens, que Nabukodonosor eut une maladie qui semblerait avoir été ou la manie, ou Vépilepsie, Tune et l'autre regardées comme un mal divin, et que dans un accès de ce mal , il émit une prophétie sur la prise de Babylone par Kyrus. Ce trait prouve que les prophéties étaient la mode de ce temps-là et le goût général des peuples. Lorsqu'une grande catastrophe arrivait, on la trouvait toujours prédite dans quelque livre ancien, avec d'autant plus de facilité qu'il n'en coûtait que l'insertion d'un feuillet de papyrus , ou de palmier, ou même d'un seul verset, dans les manuscrits reliés à l'indienne : le vainqueur en était flatté y apaisé, et le vaincu se consolait par la persuasion que l'événement était dû aux inuuuables décrets de la fatalité.

chapitm: XIX.

Réauroé.

Maintenant, si nous résumons ce long article des Babyloniens, nous trouverons pour principaux résultats :

1« Que Babylone n'eut de rois héréditaires et indépendants connus, que pendant environ 80 ans, ou un siècle au plus> c'est-à-dire depuis Nabopolasar inclusivement , jusqu'à la conquête des Perses , sous Kyrus;

2* Qu'avant Mabopol-asar, remontant jusqu'à Belesis*Merodak, ses rois purent jouir ^ pendant un temps , de l'indépendance accordée à tous les sujets de Ninive renversée ; mais qu'ensuite ils reconnurent la suzeraineté des Mèdes jusqu'au règne de NabopoKasar;

> Ce livre , comme celui de Suzanne, a été dasfé au rang des apocryphes dès le temps de saint Jérôme. Qoant à Daniel, nous i^terons la remarque qa*entre le style et les Images de plusieurs de ses chapitres et de ceux de 1* Apocalypse , il y a une analogie qui indique, l* un rapprochement dans le temps de coropoeiUon; r une idcnUté de source rellglense et mythologique, qui, pour ces deux livres, est la théologie persane et mithriaque.

* Euséhe, Prtpar. évang. liv. IX.

TOINEY.

8« Qif avant Belesis ses rois ne furent réellement que des pachas ou satrapes du grand roi, ou suUan de IHinive maître de toute la haute Asie depuis Ninus et Sémiramis;

4** Que Sémiramis fut yéritablement la fondatrice de la grande Babylone, par la création qu'elle fit des ouvrages de fortification et d'assainissement auxquels cette cité dut sa splendeur;

6» Qo^avant Sémiramis il existait en ce même lieu un temple de Bd ayant la forme d'une pyramide, que les traditions cbaldéo-juives désignent sous le nom de Uakt de Babglon ou Babel, et les historiens grecs sous les noms divers de palais, de Umbeau, de citadelle, de tour de Bel;

6« Que cette tour ou pyramide fat essentiellement un observatoire d'astronomie, le foyer antique et mystérieux des sciences de ces prêtres thaXdéens dont les Grecs font remonter Forigine à des temps moonnus^ ce qui s'accorde très-bien avec la date de 9t96an8 avant J. G., que les calculs phéniciens e^ juift assignent à la fondation de cette tour;

7» Qa'tfn établissenfMtat de ce gem« prouve r existence d'Un peuple civilisé tel que Tindique Klesias à l'époque où Ninus subjugua la Babylonie;

S» Que ce peuple iîit d'origine «t de «aiig arabe-, spédalement de la branche étkio|Memie on ^«fjUte, ce qui lui donne des Infinités partieéHères avec les nations phéniciennes;

9** Que ces affinités «ont confirmées par le langage et par le système alphabétique appelés ekalr daiques, dont on trouve l'usage chez les Chal- ^ëens jusqu'à une époqne très-reculée;

to» Que si naintenant les briques des mars de Babylone nous offrent une écriture d'un système différent , c'est parce qoe Sémiramis , qui bâtit ces mors , dut employer l'écriture du peuple vainqueur qu'elle commandait, c*est-à-^re les caractères isssyriens que Darius fit graver sur le monument de sa guerre contre les Scythes; et si Darius employa oes caractères assyriens, c'est parce que ceux des Pênes ses sujets étaient du méine système, et que sans doute ils en avaient été empruntés pendant les fiOO ans que les Perses furent gouvernés par les Aesyriens de SémhramiB. Nous pourrions pousser plus loin nos inductions sur ces antiquités; mais nous aurons l'occasion de les reprendre dans l'article des Égyptiens , dont il nous reste à traiter'.

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