CHAPITRE PREMIER
La chronologie de l'ancienne Egypte ^ tronre juste au même degré d'obscurité où la prit et la laissa John Marsham en 1673*, avec cette différence, qu'à cette époque les passages des andeas auteurs relatif à ce sujet, étaient disséminés dans une foule de livres et de manuscrits , et que Mar^ sham en ayant rassemblé le plus grand nombre, en a rendu la discussion plus aisée. Si les sociétés savantes qui proposent des prix annuels eussent systématisé cette méthode et ordonné d'abord le tableau de tous les fragments relatifs au sujet proposé, elles eussent beaucoup hâté les progrès de la science. On aurait cru que la magnifique CàBeeikm des tnanaments égyptiens, récemment publiée par la commission des savants français, eât dû nous donner des renseignements nouveaux; mais cette Collection ne semble ZYOÎt ajouté que de noweaux problèmes. ITous sommes réduftspresque anxmémes moyens d'instruction que nos prédécesseurs ; et cependant nous en avons déduit des résultats àbsohnnent différents. Pourquoi cela? parce que nous avons opéré par tme méthode Impartiale absolument différente , ainsi que le lec^eut va le voir dam les tbapitres suivants.
Les documents que nous ont transmîsles aneicB auteurs se réduisent à des extraits de Krres originale, maintenant perdus, à des fragments iJtérés dans leur passage <Pnne mahi à l'autre ; en tm mot, à des idées vagues et même quelquefois eontradic^ toires : il ne faut donc pas s'étonner si des inter prêtes partiaux , chacun en son sens , n'ont pu s'accorder sur des hypothèses privées de base ; et il ne faudrait pas s'étonner encore si nous-mêmes aujourd'hui , quoique appuyés sur tout-ce qui subsiste d'autorités textuelles , nous n'arrivions pas à un degré d'évidence et de certîtode dont les moyens nous soirt refusés... En de telles matières on ne peut prétendre qu'aux probri>llités les plus taisoDnables. Commençons par établir nos fû&ymÈ d'ins* truction : ils consistait, l«en un tableau sonnnaiie inséré par Hérodote en son second livre, -n qu*il
> Voyez flon Uvre intitalé Canon œ^yptiaem, l^nl daptai émdito » mais aussi inm des fjlttft nul ftOMFlqQéi de rtfeeir «» denu : tout y est péttttoB de principes, iagneatiMiir sion, déoMoa sans preuve», et dlgceiaioQ sans motifi.
SUR L'HISTOIRE ANCIENNE
Q0U8 donne comme étant le résumé de tout ce que les prêtres de Thèbes, de Memphis et d^Héliopolis répondirent à ses questions; comme étant la substance de leur doctrine historique à l'époque où vivait i*auteur. Pour bien apprécier le mérite de cette pièce, il est nécessaire d'observer qu'Hérodote visita rÉgypte 65 ans seulement ( vers l'an 460 avant notre ère) après que les Perses eurent soumis ce pays à leur domination. L'invasion et le mélange de ces étrangers commencèrent d'introduire bien des altérations dans les lois , dans les mœurs et les doctrines nationales; mais parce qu'après la courte tyrannie de Kambyse, le régime tolérant de Darius Hystaspeet de ses successeurs permit au peuple égyptien de revenir à son caractère, Ton peut croire que le système indigène ne fut encore ni oublié ai changé: il dut au contraire se retremper, lorsque, 77 ans après le séjour d'Hérodote (l'an 413 avant J. C.)) le peuple égyptien, las des vexations des Perses, secoua le joug du grand roi ( Darius Nothus], et se reconstitua peuple indépendant sous le gouvernement SAmyrUe >. Les Égyptiens se trouvèrent alors dans une situation politique et morale semblable à celle du peuple juif au moment où, conduit par les Machabées , Û brisa le joug des Grecs et reprit son caractère Bational avec on enthoQsiasme mesuré sur sa haine des étrangers.
En Egypte eonune en Judée, le peuple insurgé eut à Jutter , sous tous les rapports, contre les prétentions du peuple dominateur, et il dut exister une guerre diplomatique et littéraire à laquelle on n'a point fait d'attention. Nous verrons bientôt l'importance de cette remarque.
Après 6$ ans d'indépendance* les Égyptiens retombèrent sous le joug des Perses, gui prirent à tâdied*efiûicear tout ce qui fut contraire à leur pouvoir et méiBe à leurs opinions.*... Les Grecs d'Alexandre, successeurs à&B Perses, altérèrent encore plus le caractère égyptien, en ce que , par la douceur de leur régime , ils vainquirent l'antipathie nationale , et finirent par amener le peuple à l'adoption de leurs mœurs et même de leur langue.
' Oo ne volt pas sans qnelqae surprise le nom de oe noa-
veaa rai cité par Hérodote en son second Uvre, g eu* Ce
D*est pas que cet historien, alors âgé de 71 ans, n'ait pa le eonnaitre ; mais outre que le passage dté a Pair d\me note rapportée, U porte one erreur chronologiqQe Inoonniatibte avec les Idées de l'aotear,en oe<in*U suppose on laps de 700 années entre le r^ne ^Amyrtie et celui d*Anysis , que précéda l'Éthiopien Sabako. Or nous Terrons que, dans le plan d'Hérodote, Sabako n'a pu précéder Tan 750, ou tout au plus l'an 780 avant notre ère, etde là au règne di^Amifrtée (ené 1 3) U n'y a que trois slèdes et demi. Aussi les savants critiques regardentils oommelnterpolé ce passage, qui d'abord n'était pcrintdans les nwMisoiMB an g cxl. n a plu à Lareher d'altérer eooore es texte, et de substituer de son cbefie nombre 600 à celui de 700 que portent tes manuscrib.