CHAPITRE IV
Rédt de Diodore.
D'après tout ce que nous avons vu du désordre et des contradictions de la liste d'Africanus, copiste apparent de Manethon , nous avons droit de croire que la dynastie des pasteurs a été la borne historique des savants de Memphis, et cela par la double raison que ces étrangers auront détruit les archives nationales, et que l'école de Memphis ne trouvant au delà de leur époque que des rois thébains, les aura négligés par esprit de parti poiir sa métropole. Si nous avions la liste complète de ces rois , trouvée par Ératosthènes, et copiée par Apollodore, peutêtre y trouverions -nous le moyen de renouer le fil de succession par l'entremise de la dix -huitième dynastie : à son défaut, il faut nous adresser à Diodore.
Cet auteur, qui lut et compulsa un grand nombre de livres sur ces matières, dans la bibliothèque d'Alexandrie, eut de grands moyens de s'instruire et de nous instruire avec lui : malheureusement il s'est moins appliqué à la précision qu'à l'étendue. — Cet historien nous donne comme résultat de ses
* Tadie dit que ee fût à rooeasion d*une contagion ( tabe ortd)t et sur Tordre d*utt oracle : U i^te que ce fat sous le roi Bocchorû ; mais le seul de ce nom que présentent les listes avant Sabbaeo , ne peut convenir, et œd indique que Tacite a consulté d*autres auteurs que Manethon.
redierehes^ et oomne un fail non contesté de son I, « que leroyamne de Tbèbee fot le premier H le pi» eélèhrede toate l'ÉfiypIft. La « fine de Ibèbes^ dit-il s ^ fondée, eek» (fsel* « ques-uns , par le diea Orisis mémey qui lui donna « le nom de sa mère; mais ni les auteurs ni les « prêtres ne sont d'aocord à oe sujet, plusieurs assu- « rant que cette ville a été bâtie bien phis tard, par « un roi nommé Busiris. »
Nous laissons à part ce que Diodore dit avec Hérodote, Ifanethonetla vieille Chronique, du règne des dieux, qui dura des milliers d'années, 10,000, selon les uns, 18,000 et même S3,000, sdon d'autrès, depuis Osirisou le soleil, jusqu'à Alexandre... Ce sont là des allégories astrologiques, de même que rinvention prétendue de toutes les sciences, par un dieu ou homme nommé Hermès, — Mais Diodore parle historiquement, lorsqu'il peint l'état primitif des anciens habitants de l'Egypte, et leur vie sauvage entièrement semblable à celle des nègres etdesGaraîbesdes temps modernes *. « Alors, dit-il, « ceux-là étaient rois qui inventaient les choses et « les moyens utiles aux besoins de la vie : le sceptre • ne passait pu au fils du régnant, mais à celui qui « avait rendu le plus deservioes (comme dans l'an- « cienne Chine ).
« Parmi lesrois d'Egypte, laplupartontétéindi- « gènes, quelques-uns furent étrangers : on compte, « entre autres, quatre Éthiopiens qui ont régné 36 « ans , non pas de suite , mais par intervalles. »
Nous avons vu Hérodoteen compter 18 : il semble que Diodore n'aurait connu que ceux postérieurs à Sabako.
« Les rois avant Kambyses, ont été au nombre « de 470, et 5 reines. »
Voici une grave différence, puisque ce serait au delà de cent plus qu'Hérodote. Diodore suit Manethon ou s'en rapproche.
« Après les dieux, le premier roi fut Menas, » que Diodore &it régner à Thèbes et non à Memphis ( qui en eflbt ne dut pas exister). Il est singulier que ce Menas ou Menés se retrouve premier homme roi à Memphis, à Thèbes, en Crète, sous le nom de Minos, dans Tlnde sous celui de Ménou. Il est singulier encore que Manetbon, dans Africanus, ait noté qu'il fht tué par un cheval de rivière (hippopotamo8)nonmié/<p. Gomment unebéte sauvage a-t-elle eu un nom propre? H y a ici de l'allégorie : Vh^spopotameM l'emblème de Typhon, ce génie du mal , qui tua Osirts, génie du bien. Menés doit être un nom d'Osiris, peut-être même le nom le
« Ub. I, |M«. 18, éditkm de Wfloeliag. * Voyez page 52 et Mdveotes.
RECHERCHES NOUVELLES
plus ancien. Osiris fut , comme Raocbus, le dieu de l'abondance et de la joie. « Menés, comme Osi- « ris, enseigna aux hommes toutes lea eonmiodilés, « KMtlefaaftde la vie, la bonne chère, les beaux « meubles, les boaiie8éloliB8,ele. : » l'identité est sensible. Quant au nen dn ekevmi, Up, eomnent se fait-il qu'il soit le mot persan oq», mmcàemdf Manetbon aurait-il copié un auteur perse , qui , ^^ Kambyses, aurait traduit un livre égyptien ?
Le nom de Metuu fut aboli, nous dit Diodore, par un roi d'Egypte qui, pendant une guene qu'il fit aux Arabes du désert, trouva de si grands ineonvénients dans le luxe et l'épicurisme inventé par Menas, qu'il maudit son nom, et fit inscrire cette malédiction en lettres sacrées dans le temple de loupiter à Thèbes. Ne serait-ce pas à dater de cette époque que le nom d'Osiris aurait prévahi? Mais pourquoi man en langue sanscrite signifie-t-il homme, et en ehaldae^breu, inleUigencef
« Après Menas, d'autres rois, dit Diodore, se « succédèrent pendant 1400 ans, sans rien bm « de remarquable; puis régna Busiris, premier do « nom , puis son huitième successeur , nommé aussi « Busiris , bâtit la grande ville de Thèbes avec cetu « magnificence qui l'a rendue la plus célèbre des • temps anciens. »
Faire bâtir Thèbes quand on a dit qu'elle existait depuis 1400 ans, est une contradiction maniliBBte; mais ai^ourd'hui que les savants français de l'expédition d'Egypte nous ont fait connaître géométriquement le local de Thèbes ; qu'ils nous y font distinguer quatre et même cinq enceintes différentes, où la nature et l'emploi des matériaux, les uns de briques, les autres de pierre; le style et l'art des constructions, les unes petites et simples, les autres grandes et compliquées, attestent desépoquesdi verses, nous concevons que là, plus qu'ailleurs, il a existé une gradation d'industrie et de puissance qui , selon les besoins ou les fantaisies du temps, a plusieurs lois déplacé l'habitation des rois et de leur cour, et qui , par l'agglomération qui se fait toujours autour de ces foyers d'activité, a formé plusieurs cités que leur voisinage réciproque a fait comprendre sous le
même nom D'après ce que Diodore dit de la
grandeur des temples, des palais, et autres ouvrages de Bousiris , l'on pourrait lui attribuer l'enceinte dite Kamâq < ; mais ne quittons pas notre fil chronologique.
< Dfedore prociTe qaMl apoisé à de bonnes sonreei, ^ il dit que seloo piosiean historiens , les prélendiNt roe^or/«f n^ont été que de grands vetUbules de ietmple» on de fwlsn. Cest précisément i^équlvoque da mot aralie Mè, porie et ti» tlbole , désignant flgnraU vement an palais, Toot son rédt sur TMbcÊ est da plus grand intérêt, à sniTre sur les plaos de ortie ville par les savants français.
SUR L'HISTOIRE ANCIENfIB.
Après Biisiris II ,|»lusieurs de ses saceessearsembellirent la Tîlle de Thèbes. Ici Diodore place d'intéressants détails sur an roi Osymandué, dont il ne détermine point Tépoque.
Le huitième suocesseor itOsymandué porta le nom àWekoreuM eomme son père : ce fut loi qui bàtUMemphU.
Diodore entre dans des détails qui différent peu de ceux d'Hérodote... « Uehoreus rendit le séjour « de eette nouvelle ville si commode, si délicieux, • que presque tous ses successeurs le préférèrent à « eehii de Thêbes, dont la splendeur baissa de Jour « en jour, tandis qœ celle de Memphis ne cessa « de croître jusqu'à la fondation d'Alexandrie.
« Douze générations après Uehoreuê, régna « âêoUis, qui construisit le lac célèbre dont parle « Hérodote ; 7 générations après Motris , régna Se- « so<»is(leSé80strisd'Hérodot6),defenasî célèbre « par ses conquêtes. »
Nous voici arrivés àun point à peu près connu, et nous pourrions nous m servir pour calculer et mettre en ordre les firits dtés par Diodore; mais parce qu'il nous importe de savoir quel degré de eoufianee mérite ce compilateur souvent négligent et superficiel, nous préfi&roos de descendre à une éj^oqae plus tardive et plus sûre qoi nous founisse des moyens posltiû d'apprécier son degré d'instmetioB et d'exactitude.
Diodore parlant de laconquête de l'Egypte par Kambyses, fils de Kyrus , assigne cet événement à ran 3dela 8S* olympiade, ce qui répond à l'an 596 avant J. C. Il y a ici erreur apparente d'une année , puisque tous les critiques modernes sont d'accord que Kiunbyses n'entra qu'en Tan 596; mais paroeque Tannée olympique s'ouvrait au solstîced'été, et que Kambyses pat n'entrer que dans le mois de février nobtéqnent , c'est-èHllre après le commencement de Tannée romaine et de l'année chaldécnne qui nous servent de guide , l'erreur n'est ni réelle ni grave : adnaettona Fan 636, et voyons comment Diodore dispose les faits antérieurs.
SELOH DIODORE,
n y a eit«7S ralsen tgypte, depoU Menât jmqn*à Kambytei. Quatre de ces rois forent Êthlopleni, et léguèrent , non de suite, mais par ioter- ▼aUes.
I Menait premier roi homme et ood dieu, régna h TliâMs ( et non à Memphis ).
S Apvb Menât, des rots obseun ae anooédèrent pendant Moo ans d 1400 ans.
a Busiris I*' snooède.
4 Busiris n, son hnitième smeessenr , bâttt ThébnsetyélèTekBf
6 Puis Oiymandaah.
7 Le huitième successeur, nommé Uchoreut, fonde Memphis à Touest du Ifil.
IS générations après Vekoreut, règne MtOrit, qnl construit ie lac
7 génératioQS après MofrU, règne Sesooais [ Sesostris ]*, qui conquiert PAsie 3Sa
Son fils Setootit IJ.
Nombre indétini de sucoesseora obsenis.
Après eux vient Amosis, tyran.
AmotU, tyran , ehasaè par
AcÈuanés, Êthloplea.
M endès ou Marras bâtit te labyrinthe.
Interrègne de 6 générations.
RroUe on KtU» est élu roi.
Bemphis, le riche en or.
7 générations.
Mlmt bit de tfèa^nnda ouvrages an flcove, qol
8 générations.
Chembèt htXA la grande pyramide.
Ckepkrtn, son fîére.
Mykerinus , fils de Cboaibès.
Bocchoris le Sage.
Plusieurs aénérations.
Sabako, Étkiûpùm,
Interrègne
12 rois , dont Ptammitik est un.
Ils font un grand onvrage, et rè|pient*
I Ptammitik (règne omia).
S S 4«0énéfatlan.Apri«s
6 Après Bosiria n, règne une série de rois non déOule.
Kambyiea, Pana, Pan. MO
« Avant Kambyses, dit-il *, avait r^né Amasis « pendant 55 ans. »
n y a ici omission totale du fils d'Amasis , Pscanmenil, qui lui succéda , régna 6 mois et périt , avec des détails intéressants mentionnés par Hérodote.
Ensuite pourquoi Diodore porte-t-il à 55 ans le r^ne d'Amasis qui, selon Hérodote, ne fut que de 44 ? Tïotez que Diodore parait n'être que le copiste d'Hérodote depuis le règne de Protée : Amasis aurait donc commencé en 581.
Avant Amasis avait régné Apriès pendant 22 ans (il aurait commencé en Pan 603 ).
« Quatre générations avant Apriis avait régné « Psammitichus ^. »
Pourquoi Diodore omet-il encore ici la durée de ce règne important? -et de plus, pourquoi cette expression vague qwxtre générations f Ne dirait-on pas qu'il y eut 4 règnes entre les 2 rois nommés , et qu'à raison de 30 ans par génération, selon le système de Diodore, on dut compter 120 ans? En ce cas , Psammitichus serait rejeté à Pan 723 ; mais cette année sera-t-elle le eommencement ou la fin de son règne ? Notre embarras serait grand si Hé-
' SitM tiit parait ae composer de Sitootp qin ne dliKfa point de Sethot prononcé à la grecque.
« Diodore , édition de Wwsahng , Mh. i,p.79. 3 Diodore, pag. 78, ires.
RECHERCHES NOUVELLES
rodote ne nous eût décrit les règnes d'Apriès, fils de Psammis ; de Psammis , fils de Nekos ; de Nekos y fils de Psammetik , avec toutes leurs circonstances d*action et de durée : on voit bien ici quatre gêné' r€UUms, mais qui eût deviné que Diodore y comprenait les deux termes qu'il donne pour limites ? Cette négligence rompt déjà le fil chronologique que nous attendions de lui ; mais supposons que pour ses quatre généraHons^ il ait compté 120 ans , selon sa méthode , le règne de Psammitichus aura commencé Tan 701.
« Avant lui , avait eu lieu pendant 15 ans s une « oligarchie de 12 régents ou rois dont il avait été « Tun. »
Cette oligarchie avait donc commencé en Tan 716, et elle avait succédé à une anarchie de 2 ans, qui elle-même succéda au règne de TÉthiopien Sabako. Ce règne aurait donc fini en l'an 718. Nous avons contre cette date les témoignages des Juifs et des listes copiées de Manethon : encore si Diodore nous donnait la durée du règne de Sabako; mais il l'omet nettement, et se contente de dire qu'il était venu régner en Egypte plusieurs temps après Bocchoris (le sage). Voilà notre fil de dates encore interrompu.
« Or Bocchoris avait succédé > à Myhertt , dit « aussi Mecherin (règne omis ) , lequel avait suc- « cédé à son oncle Chephren, qui régna 56 ans et « bâtit Tune des grandes pyramides; et Chephren « avait succédé à son frère ChembèSy lequel régna « 50 ans , et bâtit la plus grande de toutes les py- « ramides connues. »
Nous avons ici les rois Mykerin, Chephren et Cheops d'Hérodote, et dans les détails que récite Diodore, il se montre purement l'écho de cet auteur; mais il ne nous donne aucun moyen de rétablir la série chronologique rompue depuis Psammitichus : seulement il observe que depuis férection de la grande pyramide (de Chembès ou Cheops), jusqu'à l'année où il écrivait, plusieurs savants égyptiens comptaient une durée de 1 000 ans, ce qui correspond à l'année 1056 avigit J. C. ; et cependant, diMl, d'autres prétendent qu'il s'est écoulé 3,400 ans.
Nous pensons que cette seconde opinion doit s'entendre de quelque pyramide bien plus ancienne , et dont l'érection eut un but réellement astronomique, ainsi que la pyramide de Bel, érigée à Babyîon vers cette époque.
Antérieurement à Chembès , Diodore place le roi Rem|^, « lequel n'eut d'autres soins que d'a-
' Diodon, llb. I, page 76, d« m.
> md, édit. de WeiMUog, p. 79, 73, 74.
« masser d'immenses trésors. On prétend qu'il en- « tassa jusqu'à 400,000 talents, tant en or qu'en « argent (à 3,000 fr. le talent , c'est 1,200,000,000 « francs). »
Ce Remphis est évidenunent le Rampsinit d'Hérodote. « Après Remphis, pendant 7 généraikmsj « régnèrent des rois fainéants, livrés aux voluptés... « Il faut cependant en excepter Niieus, qui , selon
• les annales sacerdotales, fit creuser des canaux, « élever des digues, et exécuter une foule d'autres « ouvrages tellement utiles à la navigation , qu'a- « lors le fleuve reçut le nom de NU, au lien du nom « A'jEgyptus qu'il portait auparavant. »
« Le huitième roi fut Chembès... »
(Il nous semble qu'ici Chembès est le haitième depuis Remphis et non depuis Nileus, conune le veulent quelques traducteurs : ce terme 8 est une suite, un complément des 7 générations mentionnées auparavant. )
« Or Remphis avait été le suocesseor et le fils « d'un roi que les Égyptiens nomment Keiés, el « les Grecs Protée, qui fut contemporain de la « guerre de Troie » (dont l'époque est fixée par Diodore à l'an 1188 avant notre ère, c'est-à^Ûre à 1188 ans avant lui-même). Diodore est enoore ki copiste d'Hérodote. Il semblerait, d'après cela, que peu de règnes avant Protée devrait vemr Sésostris ; point du tout : Diodore recourant à quelque autre historien, soit Manethon, soit Hecatée, introduit une immense série de rois , dont il ne dte que 4 on 5 , avec des détails qui éveillent contre lui nos soupçons.
« Le fils de Sesoosis (il nomme ainsi Sésostris),
« en lui succédant, prit le nom de son père Il
a devint aveugle, etc. Il eut pour suecosseurs une « immense série de rois qui ne firent rien de remar- « quable. Enfin, di^rès plusieurs siècles , le pouvoir « passa aux mains à^AmasiSy qui en osa tyranni- « quement : il fit mourir les uns, confisqua le bien « des autres, traita tout le monde avec insolence... 1 Le peuple supporta l'oppression qu'il ne pouvait « empêcher; mais un roi des Éthiopiens, nommé « Actisanesj étant venu attaquer Jnuuis, les Égyp- « tiens saisirent l'occasion de lui montrer leur haine, « etsesoumirentsanscombatàl'étranger.Actîsanes « usa de la victoire avec douceur et bonté. Il ne vou- « lut pas même que l'on puntt de mort les criminels «( ( en justice ) ; et cependant , oonune il ne voulut « pas les laisser impunis, il fit couper le nez à ceux « qui furent légalement convaincus, et il les envoya « habiter et coloniser un lieu désert, que pour cette
• raison l'on a nommé Âhinocolure ( narines cem- « pées).
SUR LHISTOIRE ANCIENNE
« Après la mort (TJcUsanes, les Égyptiens, de- « venus libres, se nommèrent un roi, appelé Mendés « par les uns, et Marras par les autres. Ce prince « ne sMIlustra point par la guerre, mais iJ fit cons- « traire un ouvrage aussi admirable pour Tart que « pour la masse : cet ouvrage fut le labyrinthe, de- « venu si célèbre, même parmi les Grecs.
« Après la mort de Mendès, 5 générations s'étant « écoulées dans l'anarchie , un homme des basses « classes du peuple fut élu roi. Les Égyptiens le < nomment Keiés, et les Grecs Protée, qui fut « contemporain de la guerre de Troie, etc. » (comme nous Favons dit plus haut).
Remarquez que Diodore place la guerre de Troie vers Tan 1188. Conunent coropte-t-il une immense série de rois entre cette guerre et le règne de Sésostris, quand Hérodote, Porphyre, Strabon et plusieurs autres anciens nous indiquent ces deux époques comme assez rapprochées? £n examinant son récit, nous pensons découvrir la source de son erreur dans un défaut de jugement et dans la négligence habituelle de cet auteur, qui empruntant ses récits de diverses mains, en a fait de vicieuses combinaisons, et qui, dans le cas présent, ne s'est pas aperçu qu'il employait deux fois des temps et des rois qui sont en partie les mêmes.
En effet, si l'on compare les deux parties de sa liste , qui sont , Tune entre Bochoris et Psammetik , l'autre entre Amasis et Mendès , on verra que les personnages et les faits sont absolument les mêmes , quoique sous des noms différents. Le tableau ci-après rend cette identité sensible.
KÉcrri*'.
jématt» (m Amo> •U), tyran détesté ; mi nijet* M Urrent d« plein gré à
j4ett$a$us, roi de* ÉtbiopieM, laqad gonverne avec doncenr : U nboHt hi peine de mort, et se contente d'envoyer les crinineU habiter an Uen déeert.
Aprée jéetiaaneg , le penple égyptien, d»r«n« librtt ^Ut nn roi appelé Mendié, qnl eMutmieitlelaÂyri»- Me.
Aprée JTeiMlf*, aMirdbie on IntcrrA-
RÉcrr U'.