‹ Œuvres complètes de VolneyChapitre 157 sur 230 · DANS LÀ HAUTE ÉCTPTB · texte numérisé non relu

DANS LÀ HAUTE ÉCTPTB

d'après la oonstructioii du zodiaque aa ptafond de mq péristyle.

PAR M. IVOUBT.

Le plafond du péristyle du temple de Dendérah est soutenu par vingt^quatre colonnes sur su rangs qui divisent le plafond en sept plates-bandes parallèles à l'axe du temple ; la pJate-bandedu milieu, beaucoup plus large, comprend dans sa longueur des globes ailés qui en occupent toute la largeur; les six autres plates-bandes, dont trois de chaque côté, contiennent chacune deux rangs de figures sculptées en relief et peintes ; elles ont environ trois pieds de hauteur ^

Les constellations du zodiaque se trouvent dans une moitié de chaque plate-bande extrême à droite et à gauche du péristyle : les espaces entre chaque constellation sont occupés par des personnages dont plusieurs, avec les attributs des Trinités, doivent avoir avec les constellations des relations qui ne peuvent être données que par l'auteur de V Origine des cuUej, lorsqu'il aura sous les yeux le dessin exact et plus en grand de ce péristyle , que la commission des sciences et arts d'Egypte doit mettre au jour.

La plate-bande extrême à gauche, en entrant sous le péristyle, comprend dans sa demi-largeur, qui se trouve du côté du milieu de ce péristyle, les constellations ascendantes dans l'ordre suivant, à partir du mur du temple : le Fer seau, les Poissons, le Bélier, le Taureau, les Gémeaux, le Cancer. La seconde partie de cette plate-bande est occupée par dix-huit bateaux conduits par des figures emblématiques qui représentent les dix-huit décans, et doivent avoir des refations directes avec chaque constellation. Ce sont ces bateaux qui ont servi de comparaison aux dessinateurs pour placer fidèlement chaque constellation au lieu correspondant sur le plafond.

La dernière plate-bande à droite en entrant sous le péristyle, comprend dans sa demi-largeur, du côté du milieu de ce péristyle , les six constellations descendantes dans Tordre suivant , à partir du côté de la cour au mur du temple : le Lion, la Fierge, la Balance, le Scorpion , le Sagittaire, le Capri-

> Cest-à-dire on mètrt; or le mètre est juste Péléineiit da f tade égypUen que nous avons tu employé pou la pyramide de Bêlas, 3190 ans avant J. C Voyes d-devant, pag. «sa.

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corne. L'autre demi-plate-bande renferme dix-buit bateaux qui représentent dix-buit décans.

J'ai remarqué une disposition partioulière dans la manière de distribuer les constellations ascendantes et descendantes : le Lion , première constellation descendante, se trouve plus avancé qu'il ne devrait être s'il occupait le milieu de l'espace d'un signe; le Capricorne, dernière constellation descendante, se trouve contigu au mur du temple; l'espace qui devrait être entre cette constellation et le temple, se trouve transposé dans la plate-bande des constellations ascendantes , où le Verseau est trop distant du mur du temple. L'espace de la constellation du Cancer est plus petit que celui de l'espace d'un signe. La constellation du Cancer est transposée à l'extrémité de la plate-bande et dans le milieu de sa largeur. Un buste d'Isis, placé audessus d'un portique, se trouve occuper la place du Cancer; au bas de ce portique s'élève une fleur de lotus, du milieu de laquelle sort un serpent. Un soleil placé au solstice, sur le prolongement de la ligne des bateaux , envoie un faisceau de rayons divergents sur le buste d'Isis : emblème du lever héliaque de Sirius , gardien d'Isis , et place à la porte du jour.

Ce langage astronomique indique clairement que le soleil , parvenu au solstice , &it , par la force de ses rayons, disparaître Sirius à son lever héliaque; la fleur de lotus annonce le débordement du Nil , qui arrive toujours au solstice.

Dans une cbambre supérieure du temple, on trouve sculpté au plafond un petit planisphère tracé sur le plan de l'écliptique ; les douze constellations y forment une ligne circulaire rentrante , de manière que la dernière constellation se trouve , après sa révolution , passer en partie au-dessus de la première. Ce zodiaque commence par le Lion ; chaque constellation semble aller dans le même sens , et la constellation du Cancer empiète au-dessus du Lion , par l'effet de la courbe en portion de spirale.

Cette disposition , d'après les données du zodiaque du péristyle, indique le mouvement d'une période qui a commencé au Lion , et qui doit se terminer dans le Cancer.

On peut conclure de cet exposé, et du déplacement sensible et assez reconnaissable aux extrémités des constellations ascendantes et descendantes du zodiaque du péristyle, l'époque approchée delà construction de ce zodiaque. Texposerai les résultats des calculs qui conduisent à cette époque, après avoir donné les éclaircissements suivants :

Les Égyptiens avaient leur année civile de 366 jours, sans aucune intercalation, en sorte que le

lever héliaque de Sirius, qui répondait à une ^• que donnée de leur calendrier , ne pouvait reveoir à la même époque qu'après une période de 14ei de leurs années civiles (ces 1461 années égyptiaufs répondaient à 1400 années cyniques ousothiaqttes. C'est la grande année eaniculab-e, ainsi nommée, parce qu'elle commence au lever héliaque de Sirius ou du grand Chien , gardien des portes dn jour et de la nuit.

De Lalande nous dit, en son Jëêronomie, que l'an 138 de l'ère vulgaire correspondait à la fin d'une période sothiaque, qui , d'après cette donnée, a dtl commencer 8139 ans avant l'an 1800 de notre ère ' ( 1823 av. J. C. ) , et la précédente, 4589 ans mxA l'an 1800 ( 3783 av. J. C. ). Pour trouver les différences entre le solstice et le lever héliaque de Sirius pour le commencement de chacune de ces périodes, j'ai fait les calculs suivants pour la latitude du temple de Dendérah , 36» 9^.

On a pour la période qui a commencé l'an 1323 avant J. C, les données suivantes :

Ascension droite de Sirius 57" 44' 6S''

Déclinaison australe 18 34 18

Obliquité de i'édiptique 33 53 24

On trouve pour longitude du soleil , le jour du lever héliaque de Sirius, 90» 38' 0" : c'est-à-dire que le lever héliaque de Sirius a eu lieu 10 jours après le solstice.

En remontant à la période précédente , qui a commencé l'an 3783 avant J. C. , on a pour la coînddence du lever héliaque de Sirius avec le soktiee, les données suivantes :

Ascension droite 48* 15' 40"

Déclinaison australe 38 3 30

Obliquité de l'écliptique 34 1 M

Les résultats des calculs donnent pour longitade du soleil, 90' 0* 0" : c'est-à-dire que le lever héliaque de Sirius se fit au solstice, l'an 3783 avant J.C, à l'époque de la grande année eanicolaire des Ëgyp* tiens.

Ces résultats, qui établissent la correspondance entre le solstice et le lever héliaque de Sirius, supposent une dépression du soleil de 13** 9^ sous Thorizon, pour faire disparaître Sirius à son lever, cette supposition est d'autant plus admissible, que le tour de l'horizon en Egypte est tellement chargé de vapeurs , que dans les belles nuits , si communes en ce pays fait pour l'astronomie, on ne voit jamais d'étoiles à quelques degrés au-dessus de l'horizon dans les secondes et troisièmes grandeurs; le soleil même à son lever et à son coucher se trouve entièrement déformé.

I^s Égyptiens , peuple religieux et reconnaissaot

SUB L'HISTOIRE ANCIENNE

envers les dieux, des faveurs de leur fleuve , ont, sur ses bords, élevé des temples couverts intérieurement de tableaux, d'offrandes à Osiris et à Isis, pour obtenir l'ouverture des riches réservoirs des eaux, qui à des époques fixes viennent fertiliser leurs terres.

Or c'est l'époque célèbre de la période sothiaque dont le commencement a concouru avec le solstice, que les Égyptiens ont consacré dans leur zodiaque du temple de Dendérab , pour la date de l'inondation du Nil, qui arrive au solstice.

D'après la longitude de 7 du Bélier en 1800 et le mouvement rétrograde des points solsticiaux, on trouve que , l'an 1822 avant J. G. , commencement de la dernière période, le solstice a eu lieu dans 13" 23' de la constellation du Cancer, et l'an 2782 avant J. C, le solstice a eu lieu dans 3* 48^ de la constellation du Lion; le mouvement du solstice a été, d'une période à l'autre, de 20» 23', dont la moitié 10" 11', étant ajoutée à 13» 23' du Cancer, où finit la première période, on aura le milieu de la période précédente représenté par le zodiaque de Dendérab ; le Cancer transposé et mis en évidence au delà des constellations ascendantes , indique que cette période doit s'écouler dans cette constellation. Le buste d'Isis mis en place de la constellation du Cancer à 12* du soleil, représente Sirius lorsqu'à son lever il disparaît dans les rayons de cet astre. Ce zodiaque a donc été construit pour représenter le milieu de cette période (état du ciel lors de sa construction ) , quand le solstice arrivait vers 24* du Cancer, c'est-à-dire 3862 ans avant l'an 1800 de notre ère ( 2052 avant J. C. ).

On peut déterminer , d'une manière conforme à celle qui vient d'être exposée , l'époque du zodiaque du temple de Dendérab , en faisant usage d'un symbole biéroglyphique de ce zodiaque, dont nous connaissons la signification.

Entre la constellation de la Balance et du Scorpion , nous trouvons dans ce zodiaque une figure assise qui a une tête de chien ; cette figure est incontestSLblement celle du Cynocéphale des Égyptiens. Mais le Cynocéphale assis signifie les équinaxes, selon les Égyptiens, ainsi que nous l'apprend Horapollo (//t^roflf/^A. liv. I , ch. 16,pag. 31 et 32 de l'édition de Paw). Donc dans le zodiaque de Dendérab l'équinoxe d'automne (c'est celui qu'il faut prendre ici , de l'aveu de ceux qui ont écrit sur ce zodiaque) est placé entre la Balance et le Scorpion : le Cynocéphale étant assez éloigné de la constellation de la Balance, et assez rai^roché de la constellation du Scorpion , il faut , pour fixer les idées, prendre pour le point équinoxial la lon-

gitude d'une étoile zodiacale qui soit assez Soignée des étoiles principales de la Balance, et assez rapprochée des étoiles du front du Scorpion : cette étoile est celle de x de la Balance, de quatrième grandeur, qui, dans le Catalogue de Mayer pour 1756 , avait en longitude 7* 24** 21' 12" ( Connais^ sance des temps, 1788). L'excès de sa longitude sur 6' est de 1' 24*" 21' 12" , ou 105672 ". Par la précession annuelle des équinoxes de 50" 1 , admise assez généralement par les astronomes, on trouve que cette étoile était à l'équinoxe d'automne 3905 ans avant le commencement de 1756 de notre ère ( 2149 avant J. C. ) En fixant le point équinoxial à une bien petite distance de la longitude de cette étoile, on trouve facilement les 2052 ans avant J. C. , ou les 3852 ans avant 1800 établis précédemment.

Il s'agit maintenant de répondre à une difficulté qui se présente : c'est qu'en plaçant le point équinoxial d'automne aux environs de l'étoile » de la Balance, il arrive que la constellation du Lion se trouve en grande partie dans celle du Cancer avant le point solsticial d'été, tandis que dans le zodiaque de Dendérab, partagé en deux par les solstices , le Lion est placé tout entier dans le commencement des constellations descendantes.

Cette difficulté disparaît si on remonte aux plus anciens zodiaques des Grecs , qu'on sait devoir leurs connaissances astronomiques aux Égyptiens. Ptolémée , au commencement de son Catalogue d'étoiles, dit qu'il a fait des changements aux constellations qui avaient été en usage avant lui. Il faut donc recourir à des zodiaques plus anciens : nous en trouvons un qui l'est incontestablement, c'est celui de l'Atlas de Famèse ( ainsi appelé de son possesseur), dont Passeri a donné la figure et l'explication dans le troisième volume de ses Gemmts astri/erse, et dont Bentley a inséré la figure dans son Manilkts. Le zodiaque de cet Atlas appartient à des temps antérieurs à Ptolémée, puisque le colure des équinoxes du printemps passe par la corne précé^ dente du Bélier. Dans ce zodiaque, le Lion n'est point figuré la tête avancée sur le Cancer, comme dans le zodiaque moderne; au contraire, elle est retirée très en arrière de ses pattes de devant; de sorte qu'une ligne droite, menée de l'extrémité d'une des serres du Cancer à l'autre , passe par les pattes, antérieures du Lion, et que la tête du Lion sui^ d'assez loin cette ligne.

Il résulte de là que les étoiles qui forment la tête du Lion dans le zodiaque de Ptolémée suivi par les modernes, appartiennent au Cancer dans cet ancien zodiaque de l'Atlas de Farnèse, et que la tête du Lion de cet ancien zodiaque est tout

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entière dans cette partie du Lion que nous appelons sa crinière.

Dans la position que le zodiaque de Dendérah donne à l'éqainoxe d'automne, le colure du solstice passe par les étoiles les moins avancées en longitude de la crinière du Lion. C'est tout ce qu'il Êiut ici pour faire voir que le colure du solstice ne coupe pas le Lion dans le zodiaque de Dendérah, et laisse le Lion tout entier dans les constellations descendantes.

De même, dans la position que le zodiaque de Dendérah assigne à l'équinoxe d'automne , la constellation du Capricorne se trouve tout entière dans les constellations descendantes. On pourrait dire qu'une partie du Verseau , son bras précédent, se trouve dans les constellations descendantes , tandis que la figure entière du Verseau est dans les constellations ascendantes du zodiaque de Dendérah; mais on peut répondre ici que dans l'ancien Atlas de Farnèse, le bras du Verseau n'est point avancé par-dessus le Capricorne , et qu 'il est ramené vers la poitrine même du Verseau.

Les Égyptiens, avant cette époque, connais- ' salent le mouvement rétrogradedes solstices, comme on peut s'en convaincre en consultant le zodiaque du temple d'Esneh ( latitude 25» 18' ). Ce zodiaque est placé aux deux extrémités du plafond du péristyle , comme celui de Dendérah. Les constellations ascendantes sont à gauche en entrant , et les constellations descendantes sont à droite. Ces constellations paraissent espacées également dans leurs plates-bandes respectives et se correspondre exactement. Les constellations ascendantes sont, à partir du mur du temple, les Poissons, le Bélier, le Taureau, les Gémeaux , le Cancer, le Uon; les constellations descendantes sont, à partir de l'entrée du péristyle au mur du temple, la Fierge, la Beh lance, leScorpion^ le Sagittaire, le Capricorne, le Verseau.

D'après cette disposition , le solstice se trouve exactement entre les constellations du Lion et de la Vierge. Le mouvement rétrograde des solstices depuis cette époque jusqu'en 1800 de notre ère, correspond à 6400 ans ( 4600 avant J. C. ) , époque de la construction de ce temple, qui se trouve entièrement sous la ville, par l'amas successif des débris des maisons qui se sont succédées pendant une longue suite de siècles ; il ne reste plus qu'une ouverture en avant du péristyle par laquelle on descend les décombres des environs ; et dans quelques siècles on perdra le souvenir de l'existence d'un temple entièrement conservé, enseveli sous terre.

Au reste, avantnous, et avant nos raisonnements

actuels, Edouard Bernard avait déjà découvert et prononcé , d'après d'anciens monuments , que les prêtres égyptiens faisaient, comme nous, le mouvement de précession de 50" 9"' 3/4 par an * ; par conséquent qu'ils le connaissaient avec autant de précision que nous prétendons le fiiire aujourd'hui. Il serait singulier que nous prissions notre ignorance de leurs mystères pour un argument àe la leur.

NODET.

D'après ces principes, qui sont ceux de tons les astronomes, nous voyons que la précessîoo annuelle étant de 50" et une fraction d'environ f /4 on 1/3 , il en résulte qu'un degré entier est dépiaoé eo 71 ans 8 ou 9 mois, et un signe entier en 3152 ou 53 ans.

Or si, comme il est de fait en astronomie, le point équinoxial du printemps se trouvait au premier d^ du Bélier en l'an 388 avant J. C. >, il en résulte qu'il était au premier degré du Taureau environ 2152 ans auparavant, c'est-à-dire vers l'an 2540 avant J. C. ; et ainsi remontant de signe en signe , le premier degré du Bélier se trouva être le point équinoxial d'automne, environ 12,9n ans avant l'an 388, c'est-à-dire 13,300 ans avant notre ère : ne serait-ce pas ce qu'a voulu dire Pomponius Mêla, lorâqu'il rapporte que, selon les Égyptiens, Voriginedumonde( c'est-à-dire durait d cercle céleste)^ remonte à 13,000 ans? Notre surplus de 300 ans ne serait pas une difficulté, parce que PomponHu a pu citer un calcul savant &it vers le temps de Ptolémée ou d'Alexandre K

Il est d'ailleurs digne de remarque que jamais les Égyptiens n'ont admis ou reconnu dans leur chronologie le déluge des Chaldéens dans le sens où nous le prenons; et cela, sans doute, parce que chez les Chaldéens eux-mêmes il n'était qu*une manière allégorique d'exprimer la présence du / erseau au point solsticial d'hiver , laquelle présence eut réellement lieu à l'époque où le point équi-

' BaUly, Aitronomte ancienne, pag. 40S.

* Par suite de oe mouvement annuel , le point éqniiioxial M trouve aujourd'liui sortir du second des Poissons ; et cependant nos poètes chantent encore le Bélier comme Viifiile cfaaatait le Taureau :

Candidiu anmtf* apcrit cûn tonïbmM auna.

3 JDiogènede LairU, en son préamlrale, nous dit, d'kpRS les prêtres égyptiens, que depuis Fulcain ou Phika , fils de Nilus, Jusqu'à Parrivée d'Alexandre, 97S édipset de soleil avaient été observées en Egypte, concurremment à Stt éclipses de lune. Des nombres si positifs ne doivent pas être une pmc iiction : il serait digne des astronomes modernes de calciilcr quelle durée de temps ce nombre exige ; cela poumU douMr une correcUon lumineuse aux 48,863 ans que Diogène dit avoir été celle de cette durée, et qui dans tous les cas aonl inadmiuU)les (peut-êtn y a-t-U cireur décuple de MSS).

SUR L'HISTOIRE ANCIENNE

noxial du printemps se trouvait dans le Taureau , ce qui nous reporte vers le trente et unième ou trentedeuxième siècle avant notre ère , c'est-à-dire, précisément aux dates établies par les Indiens et par les Juifs copistes des'Chaldéens. Une belle carrière est ouverte en ce genre de recherches , aux savants qui y porteront le désir impartial de la vérité uni aux cannaissances scientifiques de Vastronomie, Sans ces deux conditions, il n'est plus possible de pénétrer dans Tantiquité. Notre tâche est finie...

Époques et dates principales de la chronologie d'Ëgjrpte, éclairdes et appuyées par des dates parallèles, étrangèrù.

i<> Règnes des dieux y c'est-à-dire , des astres et des constellations personnifiés par suite de l'emploi des figures hiéroglyphiques qui servirent à exprimer leurs attributs, leurs influences, leurs rapports avec les êtres terrestres.

Leurs prétendus âges ne sont que des périodes vraies ou fictives, simples ou composées.

2» Première époque historique, où l'Egypte fut habitée par des peuplades diverses à la manière des sauvages. Durée indéfinie. Le Delta put alors être dans l'état de golfe dont parle Hérodote.

S"* Deuxième époque, où commencèrent de se former de petits États ou royaumes dont il put y avoir 30, 40 ou davantage. L'astronomie fit des progrès par l'établissement des eoUéges de prêtres : l'invention du zodiaque a pu avoir lieu dans cette époque, conformément à l'indication de Pomponius Mêla 13,300 ans av. J. C.

4** Troisième époque , où les petits États furent peu à peu fondus en trois grands; savoir, la haute Egypte ou Thébaïde, la basse Egypte ou Delta, et l'Egypte moyenne ou Heptanomis.

A cette époque appartiennent le temple à'Esnehy dont le zodiaque date de l'an 4600 avant atabi j. g.

notre ère, ci 4600 ans.

et l'établissement du culte du Taureau ou bceufjpisy symbole du Taureau céleste, où le soleil commença de marquer réquinoxe du printemps.

Le zodiaque indien se rapporte aussi

aux dates de4700 à 4600

Observation de l'étoile j4ldébaram,

par Hermès, citée à la date de 3863

En Ghaldée, fondation de la pyramide

de Bélus 3191

Déluge, selon le texte grec 3195

Épo(pie indienne de l'âge actuel. . . . 3101 Étatduciel, indiqué dans le livre perse

intitulé loubj vers l'an (Voyez

Bailly. ) 3000

Avtnt J. (L

2782 ans.

Départ d'un cycle sothiaque , et du cycle callipique de 76 ans, à la date de. . .

Fondation dutempled'Herculeà Tyr.

Calendrier de Hoang-ti, en Chine. . .

Monuments de Mithra, et travaux d'Hercule selon les Grecs. . . . (Voyez Dupuis. )

Entrée du soleil au Bélier

Commencement du culte du Bélier.

Fondation du temple d'Ammon dans V Oasis; construction des monuments de Kamah et de l'avenue des Béliers , vers 2400 à 2300

Déluge selon Varron et Censorin. . . 2376

Déluge selon le texte hébreu, calcul de Petau 2329

Le cycle chinois prend son départ à l'an 2277

Le calendrier d'Hésiode y correspond .

Observations chaldéennes de Kaliisthènes 2234

Observation des Pléiades en Egypte, dtée par Ptolomée 2200

Observation des colures , citée dans le Sourya Sidhanta 2068

Date du zodiaque de Dendera 2056

Invasion du royaume de Memphis par les pasteurs arabes , présumés être les tribus de Tamoud , Aâd , Madian , Amalek, etc. vers 1810

Par suite de cet événement, l'on présume à cette époque plusieurs migrations et colonies des Égyptiens en Grèce, en Ëtrurie , en Asie.

Fondation d'Héliopolis par les pasteurs arabes 1800

Expulsion des Arabes par Tethmos, vers .^ 1 556

Réunion de toute l'Egypte en uneseule monardiie.

Fondation de Memphis la neuve , vers l'an 1500

Lac de Mœris, vers l'an 1430

Construction des villes de Heroopolis ou Phitom et de Ramessés par les Juifs, vers 1420

Les Égyptiens , sous le roi Amenoph, chassent d'Egypte les Juifs et une quantité de menu peuple, que Moïse organise en eorps de nation et partage en 12 tribus , selon les 12 signes célestes 1410

Règne et conquêtes de Sésostris entre lesannées 1350et 1390

RECHERCHES NOUVELLES

Rhàmpsinitle Riche, Indiqué par Pline atkai j. c. sous le nom de Kharnsés, comme auteur du grand obélisque d'HéliopoUs , et contemporain de Troie , a dû régner vers. . 1 080 ans. parce que son successeur Chéops a élevé la grande pyramide vers 1050

Sesach , roi d*Égypte , rançonne Jérusalem en 974

(Il est possible que ce roi soit VJsiich'is d'Hérodote).

Des rois obscurs, tels qu'ils sont mentionnés par les listes, se succèdent plus ou moins régulièrement , et affaiblissent rÉgypte par leur mauvaise administration.

Les Carthaginois profitant de cet état de choses, dirigent sur Topulente ville de Thèbes une armée qui la prend par surprise , la saccage, et emporte un immense butin , vers l'an 790

Bouchoris, dit ie Sage, arrive au trône , et s'efiforce de rétablir Tordre par des lois qui l'ont fait placer au rang des législateurs du pays vers 781

Un aveugledela ville d'Anysis, appelé par Diodore Amoiis ou Amosis, règne tyranniquement pendant 6 ans vers . . . 755

Seva leKushUe ou VÈthioplen, dit aussi Sevechus, Sabakoset AcUsanés, envahit l'Egypte, et règne avec justice et sagesse environ 35 ans depuis 750

Sethon, prêtre de Vulcain, gouverne l'Egypte, tombée dans l'anarchie, à l'époque où Sennacberib vient en Palestine, ▼ers 722

(Pour la suite, voyez le tableau d'Hérodote, page 521.)

Note sur le système des générattoos.

Dans sa Chronologie (tome VII), chapitre des Héraclides , page 474, M. Larcher nous dit :

« La règle des générations n'est pas la même chez " les Lacédémoniens que chez les autres nations. «< Ce peuple, comme Je rai observé dans le cha- « pitre 14 de la prise de Troie, avait défendu de » se marier avant l'âge de 36 ans ou même 87... n Les générations étaient donc de 37 ans à Lacédé- « mone,tandisqu'elle8 n'étaient qaede33 ans dans « le reste de la Grèce. »

On croirait, d'après ce texte, que réellement I^ATcher à prouvé ce fait étrange, qu'un peuple entier ne se mariait qu'à 86 ou 37 ans : nous avions lu une première fois le chapitre 14 sans apercevoir

cette démonstration ; nous l'avons relu une seeoode fois avec une scrupuleuse attention, et voici les seuls raisonnements que nous y trouvons ( pag. 398 et suiv. ) : « C'était une maxime universeUemeot « reçue dans les premiers temps de la Grèce, qu'on « ne se mariait qu'à 33 ans, et ensuite i 80. >

( Nous nions à L^* cette prétendue maxime, ou plutôt ce fait bizarre, incroyable : qu'il nous If prouve d'abord et par des témoignages et par dfs exemples. )

« De là les générations éttUent évaluées à 33 ans a et quelque chose, et dans la suite elles le furent « à 30 ans. »

Nous disons qa' Aies Jïtrent évaluées sysUmatiquement par les Égyptiens, puis par les Grecs, pour avoir un moyen quelconque d'estinm des temps incertains. Mais nous nions qu'elles fussent dvilement évaluées par les peuples, même dans les temps dont il s'agit.

« Les Lacédémoniens faisaient une exception à « la règle générale : Lycurgue, dont toutes les lus- « titutions tendaieni à former des soldats vigsu- « reux, — voulant em^iécher ses camcUoyem é I « prendrefimme quand Us'lejugeraieni àprvpot, I « ordonna qu'Us ne se marieraient que krsqutU \ m corps aurait acquis toute sa vigueur, regardml \ « ce règlement comme trés^uiile pour seproever \ « des enfants robustes, » (Xénophon, de Hepê- i IMca Lacedsm. cap. 1, $ 6. )

Raisonnons sur ce passage de Xénophon : —Si Lycurgue fit une telle loi , ce ne put être que parce que l'on ax>ait senti l'abus de se marier trop jeune: ïabus existait, il le réprima; et cet abus devait d'autant mieux exister dans toute l'ancienne Grèee, qu'on le trouve chez tous les peuples anciens et modernes, en raison de ce que leurs mœurs domestiques sont plus simples, sont moins oontrainta par des règlements de police et de civilisation. Larcher a senti cette objection, car il represid ( page 400 ) :

« On peut m'objecter que ce règlement n'étant « pas antérieur à Lycurgue, les générations qui ont « précédé ce législateur ne doivent être évaluées « qu'à 33 ans, comme dans le reste de la Grèce... « Cette objection aurait quelque force, si Von pou- « viùt prouver qu'avant la législation de Lycurgue « les usagesreçus à Sparte fussent a^joAfmen/roR- « traires à ceux adoptés par ce législateur... Si tel « eût été le cas, comment se persuader qu'il eât « réussi à réformer l'État... On connaît Vanacke- « ment des petits à leurs usages... Il eût cerUà- « nement révolté toutes les classes de citoyens... Il " y avait sans doute alors à Lacédémone des cou-

SUR L'HISTOIRE ANCIENNE

• lûmes que Ton suivait ou que Ton négUgeaU n impunément, parce que la kAn'avaUpoMpro- « nancé : Lycurgue choisit parmi ces usages eeux

« qui lui parurent les plus raisonnables Il est

« donc vraisemblable que Lycurgue trouva établie « avant Itd la coutume de ne se marier qu'à 86 n ans. »

N'estpoe pas là une logique yraiment curieuse? I^rcher a d*abord posé en fait que « c'était tme « maxime des anciens Grecs de ne se marier qu'à

• 33 ans y et même à 37... » Il dit avoir prouvé ce fait relativement aux Lacédémoniens, dans son chapitre 14. Ses preuves consistent dans une loi de l^ycwrgae qui défend de se marier avant que le corps ait atteint toute sa vigueur : il s*apen;oit que cette défense indique comme existant, Tabus de se marier trop jeune. Pour esquiver la conséquence, il a recours à des suppositions, à des vraisemblances; lAjcttrgue n'eût osé faire cette tof , si Vusage n'eût déjà existé : le peuple sefôt certainement révolté. . . Cest-à-dire que, selon Larcher , toutes les lois de Lycurgue existaient déjà avant d'être mises en vigueur par ce prince; car le raisonnement de notre logicien peut s'appliquer à toutes. On peut dire de chacune : le peuple se fût révolté il est attaché à ses usages U y avait sans doute une coutume.,, il est vraisemblable que Lycurgue... etc.; certainement, sans doute, vraisemblable; telle est la gradation de Larcher. « Il faudrait prouver, « dit-il, qu'avant Lycurgue, les usages de Sparte « fussent contraires à ses lois. » — Mais c'est à vous, Monsieur, de prouver qu'ils furent les mêmes; et vous avez d'abord contre vous le cri de toute l'antiquité , qui atteste que la législation de Lycurgue fut un phénomène d'innovation contre les usages reçus; un système spéculatif ei philosophique qui heurta tellement les esprits, que le peuple de Sparte s'ameuta; que dans cette émeute Lycurgue perdit tmœil^'jet que pour arriver à son but, cet homme sévère et opiniâtre fut obligé d'user de supercherie , en faisant espérer qu'il modifierait ses lois après un voyage entrepris pour consulter les oracles, et en feisant promettre au peuple, par serment, de les exécuter provisoirement jusqu'à son retour, qid fCeui point lieu, puisqu'il préféra de mourir....

Vous avez ensuite contre vous cet axiome , « que

• toute loi prohibitive prouve par son fait Texis-

« tencede l'acte qu'elle change ou supprime »

— Lycurgue voulut empêcher que l'on prit femme à volonté, — Donc l'on en usait ainsi. — Il ordonna

> Yoyet la FU de Lyeurgut dans Plataïqne. Diogèoe de I^Tte, etc.

de ne se marier ( expression impropre ) ; il défendit de se marier avant d'avoir acqtds toute la vigueur ; — donc l'on se mariait ainsi ; donc l'usage dominant était de marier les enfants trop jeunes ; et cet usage devait exister, parce qu'il avait pour cause deux puissants motifs, l'un physique, l'autre politique, que nous retrouvons dans tous les temps et dans tous les pays.

Le premier de ces motifs est la passion naturelle commune à tous les parents de marier leurs enfants de bonne heure, afin de se voir revivre dans leur postérité.

De nos jours, nous voyons encore cette passion avec ses effets subsister dans cette même Grèce dont on nous parie, dans l'ancienne Asie mineure, dans la Syrie, l'Egypte, la Perse, dans tout l'Orient. Tous les voyageurs modernes qui ont parcouru la Turkie, llnde, la Chine, attestent que dans ces pays les mariages sont généralement précoces; d'abord par le développement précoce de la puberté dans l'un et l'autre sexe; ensuite, et plus spécialement, par le désir qu'ont les parents de marier leurs enfants, qui , sans cela et de leur propre volonté, ne pourraient contracter l'acte civil appelé mariage. L'abus est porté au point qu'il n'est pas rare de voir des enfants de 12 ans qui cohabitent avant 15, et cet abus existe chez les Grecs de Morée comme chez ceux de l'Asie mineure : en général, les filles y sont mariées avant 15 et 18 ans, et les hommes avant 20. Direz-vous que c'est un effet de la religion chrétienne afin de prévenir le libertinage? Pourquoi cet effet a-t-il également lieu dans la religion musulmane, dans celle de Brahma, et dans celle de Foe? Les anciens païens, adorateurs du libertin Jupiter, étaient donc plus continents et plus chastes ? Direz-vous que c'est un effet du climat? Pourquoi, dans toute l'Amérique septentrionale, même au Canada , les mariages se font-ils généralement avant 20 ans pour les femmes , et avant 24 pour les hommes ; et cela chez un peuple de sang anglais, écossais, allemand ? Pourquoi , dans notre Europe même , les mariages se font-ils généralement à ce même âge dans certaines dasses du peuple, telles que les gens de la campagne et les ouvHers de tout genre, tandis qu'ils sont généralement plus tardife dans d'autres classes , et spécialement dans les classes bourgeoises vivant de leurs rentes ? Pourquoi sonMls généralement plus tardifs dans les villes que dans les campagnes , dans les capitales que dans les provinces ? La vraie raison se fait sentir par ces contrastes. On se marie plus tô. partout où Ton peut élever des enfants sans trop de gêne, partout oii la subsistance est facile, abon-

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