‹ Œuvres complètes de VolneyChapitre 166 sur 230 · CONCLUSIONS DE L'EDITEUR · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS DE L'EDITEUR

QueitkiDide dratt pobtte sur la oCfémonie de foMlioB lof*.

Notre voyageur a rempli ses fonctions d'historien critique ; nous sera-t-il permis de remplir celles de jurisconsulte scrutant les conséquencesdes&its présentés? Nous n'entendons pas nous prévaloir du commentaire qui vient d'être lu ; nous acceptons rétat des choses tel que le donne fautear original, encore qu'il ne soit point fondé en titre légal; et nous bornant à raisonner sur le seul fait de Tooetion conférée par Samuel , nous soumettons à dos lecteurs les questions suivantes :

]• Le Dieu que les Juifs peignent comme es^dssant les hommes, afin de les perdre; oomi» leur envoyant de méchants esprits, afin d'ég^m leur raison ; comme exterminant tout un peuple, et

> C'est eDOore par ce mécaokme, qoe Too vottsovraliM la vieillesse reparaître les Impressions de renfanttiqolaTiiat dormi pendant toat PAge mûr. Par exemple, le ftpkàa Eilsaoo, éteré dans le patois pottevin, Pavatt poda dt w dans sa très-lonsœ réskienoe à Paris..... Devenu Tienx, fled une attaque d*apopIexie , qui , en loi laissant d^aiOcnn Kif^ caitte physiques , effaça toutes ses Idées et conniiwunca l^ quises par Tétude , même le souvenir de la lannoe baoçôe : mais les impressions premières du paùria de l'enfanoe repèrent et oontbiuëient jusqu'à sa mort, arrivée quelqu» bob après. Dana l'âge mûr, notre rain itudue npoif vk mépris les lùup§-garou$ et les ei^prita revemanii, Daaslui* lesse , nos nerfs retombés dans rétat de végétaQoo pcrcBaj •Bimaie, reprennent les Csrvwrt de I^enliDoe : que dteaspki dana ce fameux siècle de Louis ZIT, ridie en arts #>■<>■*' tion , pauvre en sciences exactes et physiques !

{PfotederédUem:)

HISTOIRE DE SAMUEL

faUanihaeherun roi en plèees pour un foit arriyé 400 ans auparavant; ce Dieu peut-il être considéré comme le même qu*adorent les chrétiens, les Européens du dix-neuvième siècle de Fère appelée de girâ^e, de charité et de himière? — (En d*autres termes : ) Les anciens Hâureux ou Juifs se sontils fait de la Divinité les mêmes idées que s'en font les Européens actuels?

2" Peut-on regarder les opinions des anciens peuples , sur n'importe quel sujet , comme obligatoires pour les peuples nyxiemes? Et si dans le droit puMic un particulier ne peut en lier un autre ni dans ses actions ni dans ses pensées, peut-on admettre qu'une génération qui n'était pas née, ait été liée d'esprit et de sensations par le fait d'une génération passée et dont la langue même lui est une énigme?

3« Si dans aucun pays, si dans aucun code de justice, le ait le plus simple n'est admis comme tToîouconune apparent, à moins dedeux témoins , peut*on admettre des &its incroyables, sans aucun témoin autre que leur acteur et narrateur, nécessairement partial ?

4<' Si dans aucun pays , si dans aucun code de justice, il n'est permis à un individu de seconstituer, pour le moindre acte civil, le représentant d'une autre personne, sans exhiber un titre positif d'autorisation de cette personne, peut-on admettre, sans la plus stricte enquête, la prétention du premier venu qui se dit et se constitue représentant de Dieu y porteur de sa parole?

5" Peut-on espérer aucune paix parmi les hommes, aucune pratique de justice dans les sociétés , tant qu'il sera permis à des individus quelconques de s'arroger à eux-mênses , de se conférer, de se garantir les uns aux autres la faculté de représenter Dieu, de lui donner des volontés , de lui interpréter des intentions? — Toute action de ce genre n*est-^1e pas l'affectation du pouvoir absolu , le premier pas au despotisme et à la tyrannie?

6» Toute corporation fondée sur ce principe de représentation ou d'autorisation divine , n'est-elle pas une coT^'uration permanente contre les droits naturels de tous les hommes, contre l'égalité et la liberté des citoyens , contre l'autorité des gouvernements?

7<> Si, chez les Juifs, l'établissement d'une royauté et d'un roi fut , comme le dit l'historien , une diose contraire h la volonté de Dieu, ne s'ensuit-il pas directement qu'au lieu d'être de droit divin , la royauté n'e^t qu'aune invention de l'homme, une rébelUon du peuple contre Dieu, et que le seul gouvernement saint et sacré est le çouvemeTnent de

Dieu par les prêtrei, <^esl-à-dire, des piètres au nom de Dieu?

8* Si Dieu, qui par sa toute-puissance pouvait d'un soufOe exterminer le petit peuple hébreu ou changer leurs cœurs par l'envoi d'un bon esprit, si Dieu a préféré de se laisser forcer la main et de condescendre à leurs volontés, n'a-t-on pas droit d'en conclure que la Divinité même compte pour quelque diose la volonté du peuple, et qu'aucun pouvoir n'a le droit de la mépriser ?

d° En admettant que Samuel n'ait pas été un usurpateur par fourberie; en admettant que Tinstallation de Saûl par lui soit devenue légale à raison de l'assentiment du peuple, ne s'ensuitpil pas que le choix clandestin de David, fait sans aucune autorisation ni notion de ce même peuple , a été un acte illégal , contraire à tout droit public, et que le règne de tomte la dynastie davidique est par cela même entaché â^usurpaHon f

10» Si dans le système des Juifis, Ponction conférée à David par Samuel eut un caractère mdélébile à titre de divin, pourquoi , après la mort de ce prêtre et celle de Saûl, le fils d'Isaî, qui fut un grand prophète théologien , trouva-t-il nécessaire d'assembler les anciens ( seniores et senatores ) d'abord de Juda , puis de tout Israël , pour se ùAre oindre publiquement et solennellement par eux *?

11* Si , comme il résulte des documents historiques, le sacre des rois de France a été institué à l'imitation de celui dés rois juifs, n'est-il pas de stricte obligation d'y observer scrupuleusement les rites anciens et les ttsages de nos pères f Alon, puisque l'onction de Saûl et de David parSamnel fat faite en secret et nullement en présence du peuple, quel droit le grand aumônier, ou tout prêtre chrétien, a-t-il de la rendre publique?

12» Si chez les Juifs le sacre par Tonction Ait le transport du caractère sacerd<^l sur la tête du roi , chez les Français tm roi qui se fait sacrer entend-!] participer à la prêtrise?

1S« Si im roi de France reconnaît à un prêtre quelconque le droit de le sacrer aujourd'hui , n'estce pas lui reconnattre aussi le droit d'en sacrer un autre demain , à l'imitation du prophète Samuel ?

14'' De quel droit un individu quelconque peutil sacrer un roi dé France ?Ce droit vient-ildefévéque de Rome ? Le roi de France est donc le vassal d'un prince étranger. Ce droit est-il octroyé au prêtre par le roi lui-même ? Le roi se donne donc des droits. Où les puise-Ml ? Est-ce dans la loi ? Par qui a-t-elle été faite? Est-ce par lui ? est-ce par le peuple? La loi est-elle un consentement mutuel de

> Uv. n de Samwl ou des Roii, cbap. v.

NOTES SUR L'HISTOIRE DE SAMUEL

ces deux pouvoirs ? N'est-elle que la force militaire ? — Prenez-y garde; hors la Charte^ tout est remis en question; tout redevient précaire et danger.

là"» Si un sacre est unq^ affaire d*État, pourquoi cette affaire est-elle de pur arbitre.' Si c'est une cérémonie d'amusement f pourquoi la faire payer au peuple plus qu'une partie de chasse? Si c'est une cérémonie de piété, pourquoi en faire plus de bruit que de laver les pieds des pauvres et de toucher les écrouelles? Quand toute la morale de l'Évangile n'est qn'humUUé et simplicité y pourquoi sa pratique n'est-elle que faste et dissipation?

Un digne et curieux appendice à cette histoire du prêtre Samuel, serait celle de son pupille le berger David devenu roi. Il y a quelques années qu'un essai de ce genre fiit publié à Londres sous le titre de History ofmanaccording to God's own heart, « Histoire de l'homme selon le cœur de Dieu. » L'auteur a bien saisi le caractère de cet homme , et il ne faut que savoir Ihre sans préjugé le livre juif pour le bien connaître par le récit de ses actions ; mais cet auteur anonyme n'a pas su , comme le nôtre ici , analyser et faire ressortir les motifs qui ont dirigé David dans la plupart de ses actions ; c'est là le plus piquant intérêt de la chose : l'on y verrait l'un des plus rusés, des plus subtils macJdcwélistes de l'antiquité : l'on y verrait que l'ancienne Asie a connu et pratiqué l'art xaffiné de la tyrannie, longtemps avant que la perverse Italie moderne en eût rédigé les préceptes. En fait de talents militaires, en astuce politique, il y a une ressemblance frappante entre l'Hébreu David et le Carthaginois Annibal, qui tous deux parlèrent la même langue, furent élevésdansles mêmes usages nationaux , et dans les mêmes principes de morale. Parmi les modernes, la meilleure copie du roi hébreu est le premier roi chrétien des Francs, Clovis, tel que vient de le peindre un poète dans une tragédie qui est un portrait historique.

Un autre tableau serait celui du fils adultérin de David, ce Salomon, de si célèbre sagesse. U est à remarquer que tout ce que des voyageurs dignes de foi nous ont fait connaître depuis quelque temps de l'administration du pacha d'Egypte Mehemed- AH y se rapporte trait pour traita ce que l'on nous raconte de celle de Salomon. Comme ce roi , le pacha turc a concentré en lui seul le commerce intérieur et extérieur de tout son peuple ; lui seul achète et vend les blés, les riz, les sucres, toutes les denrées queproduit l'Egypte ; lui seul reçoit de l'étranger les cafés, les draps, les marchandises de tout genre, qu'il revend à son peuple. Il a, comme Salomon, un harem de plusieurs centaines de femmes, des

écuries de plusieurs milliers de chevaux ; de numièrf que , tout bien comparé , le pacha Mehemed-M est un Salomon , ou Salomon fut un pacha Mebemed- Ali. Nos voyageurs ajoutent que depuis longtemps le peuple d'Egypte n'avait été plus malheoreux, vexé , pressuré avec plus à' habileté et de penersité. Les historiens juifs ne nous cachent pas qu'après la mort de Salomon, le peuple se trouva si mécontent, si irrité, que ne pouvant obtenir de soofils les soulagements demandés , il éclata en révolte, et rejeta sa dynastie pour prendre des rois plus modérés. La sagesse de Salomon porte en hâino k même nom que celle dont le Pharaon d'Egypte déclara vouloir se servir pour n)ieux accabler ks Hébreux : Opprimons-les^ dit-il, avec saqew, (be hekmah ).Nosdocteursdéraisonnentsuroemot; le fait est que son vrai sens est habileté, empioi adroit et rusé de la puissance. Mais Salomon bltit un magnifique temple où furent logés et richement dotés de nombreux prêtres ; et ces prêtres oot été ses historiens. N'est-ce pas ainsi qu'a été écrite par des moines l'histoire des rois francs de la pr^ mière et même de la seconde race ?

NOTES

Page 60a. — Un homme de Dieu {Eiahim), au nmée Jehopah ou Jehwh,

Le mot Jehovah n^est connu d*aucun Indigène arabe, (TIbcoo Juif puiement asiatique; son origine mâme d» ks Eoropéens qui le consacrent, n^est ni claire ni aotbenUqv. Lorsque l'on présente aux Arabes , transcrites en leur alptebet , les quatre lettres hébraïques qui le composent « Us limt fahauah ou fhwh ; ils ne peuvent même pBononœr à raofUiK ou à la française le mot Jehovah, parce qu*en leur langv ik n'ont n\Jé ni vé. Le célèbre auteur de la Polyglotte angUte, le docteur Robert H^aUon, l*un des plus savants et ds plus sensés biblistes qui aient écrit sur ces matières , Mâme expR»sèment la prononciation Jehova comme inouïe au andai» ( Prolegom. pag. 49). « n observe que les éditeurs dis BiUn^ « ont eu Taudace de falsifier à cet é^ard lesmannscritsiiiésie»; « parexemple, àroccasiondu psaume ttu , lorsqueyrrteif oh- R serve qu'il faut lire le nom de Dieu de telie mamèn, h R éditeurs ont mis qu'il faut lire Jehova, tandb que le ■un»' « crit compulsé par Frobenius, porte Jao. »

Le premier auteur, ajoute ff^alUm, qui ait lu Jekom, ht Pierre Galatin, en 1(»90 , dans son traité /le AremmtaÙÊ^ Uca veritatis, tome I*', liv. II.

Nous avons vérifié cette citation sur Toriglna] , qui dit sra lement que , selon les docteurs Juib , U faut lire les qulx' lettres par quatre syllabes fah-hii-ve-hu ( et cela par dei m sons calNilistiques qui nous sont la preuve de leur iffunotf en tout genre, etc.)-

Il parait que ce sont les théologiens allemands qui , !« prr miers s'étant faits disciples des rabbins, ont donné mvoleni*^ rem^nMieu à cette lecture; nous disons involontairetÊent, parce que chez eux, le grand J ne vaut que notre prtlt i commun, et leur u ne vaut que le français <m, de manim qu'en écrivant J^AiiaA, ils prononcèrent tehouah, etooo J(^ vah; mais les Français et les Anglais Usant à leur dsomt cette écriture, ont introduit INisage de Jehovah , aoqoH k« imagination a ensuite attaché des idées mystériewo ri <*

NOTES SUR L'HISTOIRE DE SAMUEL

phatkiaei qui rappèDenl cefles des indeai Jaifs, ebec lesquels la prooondatlon des quatre lettres ihwh était censée évoquer les esprits et troubler toute la nature ; par suite de cette folle Idée , il était défendu de Jamais prononcer ce nom : aussi les premiers chrétiens grecs et latins, tels qu'Origène, AquUa, Jérôme, l*ont-ils toi^ours traduit par les noms de Kyriot et Jdonai; c*e8t4-dire ma<^ ou seigneur. Ce n^est que dans des cas particuliers que quelques anciens chrétiens se sont permis d*entrer en explication à cet égard : ce qu'Us en disent s'aoooide parIsUement avec la lecture actuelle des Arabes et des loifs d^Asie ; par exemple : Irénée, Tun des premiers écrivains dits eeelésioMUgues, observe (Uv. Il, contre les hérétiques , cbap. dernier) « que les Grecs écrivent fad ce qui se « dit en hébreu iaoth, * (Le < seul est de trop. )

Théodoret, queêtion 16 sur VBxode, dit : « Le nom prononcé « fad par les Juifs , se prononce labè par les Samaritains ( id 6 « est pour V, taW). »

Diodoie de Sicile, llv. n, avait d^à résolu la dllliculté , en disant que Moïse avait feint (comme Lycurgue) de recevoir ses lois du Dieu /air. Avant Diodore, Strabon avait dit la même chose d*uoe manière encore plus explicative en ce passage digne d^étre cité : « Moïse , l*un des prêtres égyptiens , en- « seigna que cela seul était la Divinité, qui compose le del , « la terre , tous les êtres, enfin ce que nous appelons le monde, h Vunivenalité des choses, la nature. » (Voy. Géograph, Uv. XVI, pag. 1104, édit. de 1707.)

Le Grec Philon, traducteur du Phéniden Sanchoniatbon , se Joint à toutes ces autorités, quand U dit que le dieu <lfes Hébreix s*appdait leuô , ainsi que nous Tappreiid Eusèbe en sa Préparation évangélique. Il est donc certahi que Jamais les Hébreux n*ont connu ce prétendu nom , si emphaUquement déclamé Jehovah par nos poètes et nos théologiens ; et ils ont dû le prononcer comme les Arabes actuels , lehouh , signifiant Véire, Veuence, Yexistetice, la nature deschotes, ainsi que Ta très-bien dit Strabon, qui en cette affaire n*a dû être que nnterprète des savants syriens de son temps , puisque trèsprobablement U n*a point su ces langues.

Si de ce mot ihouh Ton ôte les deux h , selon le génie de la langue grecque, U reste îou, base de Jupiter, ou iurpater ( fou générateur, Tessence de la vie) , qui parait avoir été connu Irès-andennement des Latins, enfants des Pelasgues, Cette branche de théologie est plus profonde et bien moins Juive qu^on ne le pense : elle paraît venir des Égyptiens ou des Chai" déens, qôd sous le nom de Barbares, sont pourtant reconnus par les Grecs pour les auteurs de toute science astronomique et physique, base prindUve et directe de la théologie...

Pour épuiser ce sii^et, ijoutons que chez les premiers chrétiens, la secte des gnostiques ou savants en traditions, avait recueUU celle qui donnait le nom de lad au premier et au plus grand des trois cent soixante-cinq dieux qui gouvernaient le monde ; ce plus grand résidait dans le premier et le plus grand de tous les deux (voy. Epiph. contr. bar. c. 96); or, selon Aristote , ce premier ciel est le siège et principe de tout mouvement, de toute existence, de toute vie, le vrai lekouh de Moïse.

Quand au nom d^ElaUm ou EMm , traduit Dieu , au singulier, U est incontestable qu'en hébreu U est pluriel et signifie les dieux. Cette pluralité fut la doctrine première ; mais depuis que Moïse eut constitué chez eux le dogme de Vunité, le nom d^Elahim, les dieux, ne gouverna plus que le singulier. La diversité d'emploi dans ces deux noms Elahim et Jhouh , est digne d'attention en nombre d'endroits.

Page 009. — Parle, Jehwh, ton serviteur écoute.

Dana l'hébreu comme dans tous les idiomes andens et dans l'arabe aduel, le tutoiement est tov^ours usité envers la seconde personne singulière, Jamais le plurid vous : cette dernière formule est une Invention de notre Europe, dont l'origine ne serait pas Indigne de recherches; le tu et toi porte un caractère d'édité entre les personnes, qui semble appartenir spédalement à un état de société sauvage, dans lequd chaque Individu se sent isolé , et considère comme tel son semblable ;

TOLNET.

le vous, au contraire, semble indiquer un étot de sodété ci. vilisé et compliqué dans lequd chaque individu se sent soutenu d'une famille ou d'une Javtion dont il fait parUe : te sauvage dit moi tout seul, et toi de mime; l'homme dviUsé dit : moi et les miens, nous ; toi et les tiens, vous : l'homme en pouvoir a dû commencer ce régime : moi et mes gens, nous voulons, nous ordonnons : en agissant contre l'homme faU>le, Isolé, U lui a dit, toi qui es seul. Le vous est devenu un signe de puissance, de supériorité, un terme de respect... Le toi est resté un terme d'égaUté non révérencieuse : voilà sans doute pourquoi le traducteur français catholique l'a banni comme un indice de nueurs grossières; mais parce que cette grossièreté est un trait essentid du tableau, c'est commettre un faux matériel que de le dissimuler. - U en est de même de plusieurs expressions ordurières d obscènes que disshnnlent toutes les traductions. On a honte de la grossièreté des mots et des mœurs; et l'on n'a pas honte de la grossière absurdité des idées et des opinions que l'on nous fait digérer' YoUà ce peuple chéri que l'on veut avoir été élu , pour attirer sur soi son manteau !

Win.

Page em. — Les devins eomultés par les richeê comme par les pauvres, etc.

A l'appui de notre voyageur , et au sqjet des ruses des devins et de la créduUté du peuple , méiDegalonné, nous voulons consigner id une anecdote dont nous garantissons la vérité.

En 1781, l'éditeur du présent ouvrage résidant à Paris , eut occasion de connaître un particuUer qui avait exercé et qui exerçait encore qudquefois la profession de devin ; le hasard de qudques hitérêts réciproques amena entre eux assez d'intbnlté pour que ce particulier s'ouvrit sur les mystères de son art , en y mettant seulement la condIUon de n'être Jamais compromis : cette condition a été fidèlement rempUe, et aujourd'hui même, pour ne point l'enfreindre, nous taisons les noms en dtant les faits que void.

Vers 1766, M***, employé dans les bureaux de poUce de M. de SarUnes, se trouva réformé, et par suite assez embarrasse comment vivre : tandis qu'U était à la police U avait dû suivce , entre autres affaires, une sorte de procès que des plaignants escroqués avaient intenté à une femme tireuse de cartes. Les interrogatoires lui avaient procuré des détails faistructifs et curieux sur certains principes généraux établis conune bases de l'art : U avait trouvé qu'au total cet art était un calcul de probabUités qui, manié avec adresse, devenait susceptible d'appUcaUons heureuses; ridée lui vint d'en faire une étude régulière , et d'en tirer le mdUeur parti possU>le pour sa situation. H commença par diviser et classer la matière exploitable, c'est-À-dire la crédulité publique , r en ses deux sexes , hommes et femmes ; 2* en ses quatre âges , savoir, enfance, puberté, Age mûr et vidUesse; 3" en mariés et non mariés, en maîtres et en serviteurs; 4* en dercs et laïques , nobles et roturiers, gens de métier et riches, etc.; ensuite ayant établi les acddents généraux qui sont communs à toutes les classes , il distribua les acddents spédaux plus habituels à chacune, et finalement les acddents plus rares et plus indivl duels. De ce travail résulta une masse d'environ quatre mille articles des acddents de la vie humaine qui se rencontrent le plus ordinairement. Tandis que M*** exécutait ce travail de cabinet et de théorie, U se Uvralt à un autre de pratique non moins important; U employait tous ses loisirs à courir le monde et les réunions publiques pour connaître de figure et de nom les personnes marquantes , et pour apprendre tout ce qui concernait les affaires de famille et ceUes d'état; il fréquentait surtout les auberges où mangeaient les valets des grandes maisons, et celles où se réunissaient les mendiants. Il prenait divers déguisements , même de femme ; la nature l'avait favorisé d'une figure propre à jouer tous les rôles : sous un visage bénin et presque niais , il cachait un esprit vraiment subtil , plein de sagacité t>t de pénétration. Lorsqu'il se vit fort de matériaux et de moyens, il s'étabUt dans le quartier de la place des Fictoires, où 11 fut bientôt consulté par \e& filles, qui lui firent connaître les entreUnues, qui, elles-mêmes, lui adressèrent leurs amants de haut rang , etc. de manière qu'en quel-

ques années il acquit ane somme asset considérable pour assurer son indépendance; ses succès furent tels, que parmi ses ciients il compta des personnes de haut rang, des gens de cour et de barreau , des ecclésiastiques , et même deux prélats qu'U reconnut trés-blen r la plus curieuse de tontes ces histoires, fut celle de M. le duc d'O»**.

En 1779, vers les onze heures du soir, notre devin entend frapper à la porte de sa chambre trois coups en maitre : il venait de se coucher ; il saute du lit , allume sa chandelle à sa wilUuse , ouvre la porte , et voit entrer un homme bien vêtu , de bonne taille , et portant un chapeau rond si enfoncé sur les yeux , qu*il était difHcile de voir la figure. — Puisque vous êtes devin , dit cet homme , pourquoi ne deviniez-'vous pas ma venue?—Je ne devine pas, répondit M^*; Je consulte le sort au besoin, et le sort m'éclaire. — Eh bien, consultez-le sur ce que je viens vous demander. Ifotre devin prend ses cartes , assez inquiet de ce qui allait arriver ; son chagrin était de ne pas voir la figure : il Jette des moti insignifiants pour entamer conversation ; Il fait tomber les mouchettes , se baisse pour les ramasser, et dans ce mouvement, il saisit les traits du personnage, quni reconnaît pour M. le duc d'O***. Ce tai partie gagnée : notre homme offre un siège d'un air indifférent , luimême s'assied sans façon, avec recueillement ; il bat les cartes, en tire une première qui annonce une affaire de famille ; à U seconde, il Jette un cri d'effroi i-^Ah! Dieu, je suis perdu! —Comment cela? dit le doc. — Un piège m'est tendu par un homme poissant; Je ne puis continuer mon opération. — Le duc le rassure; le devin tire une antre carte qui désigne plus spécialement le consultant; le duc avoue qu'il vient jN>ur sa femme; le devin savait, comme tout le monde, que madame la duchesse était grosse, et même à peu près de combien de mois : il se doute que le consultant veut savoir si l'eofant sera m&Ie ou femelle ; il tire une carte en conséquence ; le sort déclare un enfant mêle après un aceouehemefU unpeu laborieux ; le duc se lève sans dire mot, et après avoir ouvert la porte : Cent louis, dit-il , si ^esi vrai; cent coups de canne, si fesi faux, et il part en poussant la porte.

Voilà notre devin sur le qui-vive : pendant plusieurs Jours , il rôde autour de VMièl ou palais; il tâche d'accoster les gens de service ; il capte un Jeune homme qu'il régale plusieurs fois au café voisin ; Il apprend le terme supposé pour l'aocouchement; il prétexte un intérêt de l'annoncer à une personne qui a fait une forte gageure que ce sera une fille, il y aura quelque chose à partager ; le Jeune honune promet d'informer à l'heure ; le terme arrive; le devin ne quitte plus le café; l'accouchement se fait ; il est averti à l'instant; c'est un garçon ( qui a été feu M. le comte de B...). Notre homme part à la course, monte à sa chambre , allume vite sa veilleuse et se couche. A pehie une demi -heure s'était écoulée, il entend monter à pas de loup ; il feint un sommeil profond ; les trois mêmes coups l'éveillent : il sollicite un peu de patience , fait de la lumière ; et ouvre. Le monsieur an chapeau enfoncé entre et dit simplement bonsoir. Jette sur la table une bourse qui sonne, se ntourne et part; le devin compte les louis, il y en avait Juste cent; ce fut une indemnité pour quelques autres aventures. Elles n'étaient pas toutes aussi heureuses; l'une d'elles l'avait brouillé avec la police. Un homme, qu'elle poursuivait, l'avait consulté pour sortir de Paris : le sort avait . r^ndu, «orfe;; par la porte haute ; l'homme avait réussi par la barrière d'Enfer ; mais il avait été repris ; il fallut, pour cahner cette affaire, employer des amis et de l'argent.

Ceût été un recueil curieux que celui de toutes les anecdotes qui lui étaient arrivées dans ce genre de profession: Q en avait retiré des résultats philosophiques très-piquants sur les divers degrés et dispositions de crédulité des divers Ages , sexes , tempéraments et professions. Le plus fort de sa cUentelle avait été en femmes, surtout de l'Age moyen, en Joueurs, en plaideurs, en militaires, en entrepreneurs de commerce : U avait remarqué que cette vivacité d'idées que l'on appelle de Veiprit, loin d'empêcher la crédulité, y était plutôt favorable ; que l'ignorance en choses physiques en était surtout la cause essentielle; que les plus rares de tous ses consultants avaient été des physiciens, des médecins et des mathématideoa; néanmoins il en citait quelques exemples , avec cette diconitance que les Individus étaient ce qu'on appelle dévots; du

NOTES SUR L'HISTOIRE DE SAMUEL

reste, U convenait que l*tot n'était qnliahOelé et rase; Il ém persuadé que les andens ministres des temples et des oiacks y étalent très-versés, etqulb en avalent fait des étodeiin»iondes au moyen desqueUes Us avalent pu^ratlquer des tooii de fantasmagorie dont aqjoard'bal l'on n'a plus dldée. ( n n'avait pas vu ceux dont les Robertsom et les Comte wasm étonnés et instruits depuis quelques années. )

wnr.

Pag. 617. L'obscur laconisme de FhâMca dans ce piMfe, n'a été compris d'aucun traducteur : le grec ne présente fm de sens raisonnable , le latin , qui a voulu en tsin on , et^ a été copié par If français, ranglals, etc. s'exprime ainil :• > Sont-ce des holocaustes et des victimes que le Sel^iesr d^ « mande? n'est-ce pas plutôt que l'on obéiase à sa voli? L*o- « béissance est meilleure que les victimes; Il vaut mlnu U « obéir que de lui offrir U» béliers les plus gras , car eVst ose M espèce de magie de ne vouloir pas se soumettre; et ne pu « se rendre à sa volonté , c'est le crime de lldolAlrie. ■

L'on voit que ceci est un pur radotage privé de sens. Toid le texte:

amdienê ex vUtimà bmm («

fma kl

jin votmOas OamUto Ai aseensto^Êbms et rietimit, «M Hé haft lléhaA bé aloSt audiens to vetrbo Deif Nie •emft be qôl iehonb hench

l« beqiib mâhleb alBia

mari (M âoaa o« taraflm he fur.

Le latin ne rend pas parfaitement le texte, para que dm l'hébreu les genres manquent de signes comme dans It^gUi; par exemple, toub est comme good, et peut signifier B«s, Confie , bonté. L'on voit la difficulté de saisir le sens d'an style si oraculaire ; mais quelle est Ici la pensée de Samuel? U seda interprète de Dieu, recevant sa parole tète à tète comme XoIk: si d'autres que lui parvenaient à connaître eette paroleoa cette volonté par le moyen des victhnes, son privU^ serait perds: il a donc intérêt de décréditer ce moyen, etoommeflacoonaitla fausseté, en le décréditant, U met les prêtres bonde pair avec lui sans qu'ils osent s'en plaindre ; ce doit éUc là k sens de ses parolesà Saûl. Le f^ançaii littéral pentsedire aioii :

« Dieu veut-il des victimes et des {fkmées } wionlakks (ér m grillades, car c'est le vrai sens d'holocaustes), antoUfw « r audition ( obéissante ) à sa parole f Ici Von écoute ( m ««rf R eonnaitre ) le bon {succès) par la victime en regariantem m attention la graisse des béliers. »

Or, ou mais ( le mot hébreu At a une moltitnde de loi, même le dl^onctif ) , or, ou mais, le péché de divinatie» at révolte , chimère , confiance aux idoles , etc.

Du moins Id il y a un sens raisonnable et non pas fonéos nul, comme lorsque le mot toub est traduit par mtUlntr d que l'on renverse la phrase pour le placer. On ne saorait k nier, les livres hébreux sont encore à traduire. On a beau dooi vanter nos p^res en doctrines ; les andens ont manqué lotai^ ment de critique, et déplus, ils ont manqué des moyens sdn- UDques que le temps a cumulés en faveur desmodônei : iled démontré que les prétendus septante n'ont point enteodarbébreo , malgré toute \a fable d'inspiration dont on a voulu ki entourer, et dont la fourberie est démontrée par le savaot litnédicttn MonifaucoUf dans les Hexaples d*Orljgèoe, foin. I"

Pag. $18.-^ Je ne concilie pas cette présentation eveteiik du chapitre suivant, qui est le XTn*.

Pour mettre le lecteur plus en état de prononcer hd^tae à cet égard, nous lui soumettons la sohstaDce fidèle de « chapitre xvn, unpeu trop long pour être cité mot à mot-D débote par mettre en présence les deox srmées et easspidei Phillsthis et des Hébreux , sans avoir dit on mol des csoseï li des antécédents de cette guerre , ce qui d^à indique qaH sM pas la suite positive du diapltre xvi, qui finit pair te réett de la première présentation.

NOTES sua L HISTOIRE DE SAMUEL.

i. Oo Pliniftlii de taille gi0uitflM|iie, oé l»àtard , et €diMlft» s'aTenoe entre les deux casAps, et délie aa oombat le plus Tainant des JoKii. • (Le namteor décrit dHine maniera InetmetlTe et curieoae les détails de son annure. ) « Pendant quarante Jours, soir et matin, Goliatli reoommenœ son déU, eo posant pour condition qp» les compatriotes du yalnoa de- ▼fendront ka esdares des compatriotes do Tainqueor. Les Hébicox rastent^stopéHés de frayeur; or un liomme de Bethléem aratt liult enfante dont trois étalent an camp, et David, le plus Jeune, allait et venait de la maison au camp leur porter des vlrres: et un matin quilcn apportait, il vit Goliath , le géant , qui , à son ordinaire , déHait les Hébreux. 11 slnforma de ce que cela slgnlllait, et un Hébreu Ini dit : Yooa Toyet cet liomme qui insulte Israâ ; si quelqu*an peut le vaincra , le roi l'enrichira, il lui donnera sa lUle , il affiratir €hira la maison de son pèra, et la rendra Ii&r«( les Hébreux étaient donc serfe). Et le frén atné de David l'entendant parler, lui dit : Que lUs-tu ici? et pourquoi as*tu quitté ce peu de troupeaux que nous avons? Je connais ton orgueil et la maiiee de ton cœur. » (Ges derniers mola semblent faira allusion aux prétettUona que IVmetion royale aurait d^à données à David.) « TVi viens voir le combat, retourne à la maison. Et David alla d\m entra côté, continuant de questionner les uns et les autres , tellement que ses discours parvinrent aux oref lies du roi: et il Alt conduit devant 8aûl, à qui 11 dit avec asearance quil combattrait le géant, et qu'il le vaincrait. Saûl lui lit essayer les armes d'usage, savoir la cuirasse, le casque, le bouclier; David dit que tout cela le gênait, et qa*ll ne voulait que sa fronde, son bâton et einqpierm police qnll choisit dans le torrent : ainsi armé , il s'avance vers le géant : entre eux deuxse passe un diaiogneselon les mœurs du temps, dans le style des guerriers d'Homère. David prend soo temps, et de sa fronde lance une pierre qui frappe le FfamsUn an front et le renverse à terre; »( le texte dit qu'elle entra dans le front; cela ne se conçoit pas, une petite pierre eu trop peu de poids pour cet effet; une grosse pierre a eu trop de volume ;)« il se précipite sur le géant vaincu, saisit son épée (ou plutôt son coutelas ) , et lui coupe la tête, quHl apporta à JéruaaUm, etU mit les armes du Philistin dans le tabenuieU. h (Cette mention de Jérumiem est étonnante; le tabernacle n'y ftit posé que dans la suite par David même. ) Llilstoclen continoe , et dit, « qu'au moment où David marcha contre le Philistin , Saûl dit an chef de sa garde : ^^imt, de qui est fils eêjeum Ammm* (nar)? Jbner répond : Sur ma vie. Je rignore. Dwsandsi le lui, dit le roi; et quand David revint , Abner le prit et le mena au roi , tenant la tête du 9lant; et SaQlhiidlt:De qui es-tu fils?— Dlsal de Bethléem, répondit David; et de ce moment le cœur de Jonathas , 111s de Saûl, s'attacha à DavM, et il ne cessa de l'ahner. Or SatU, ce JouMà, prit David à son service, et il ne le laissa plus retourner chei son père, » (oed diffère entièrement du ebapttre xvi, où Saûl envoie prendreDavld ches son père ;) et il lui donna un commandement , puis diverses entreprises périlleuses, où David réussit toi^Jours : or quand Saûl, de retour de cette expédition (qui avait fini par une déroute eomplèledee Philistins}, passa dans les villes et villages des Hébreux, les femmes et les filles sortirent au-devant de lui, chantant : Saûl en a tué miiU , David en a tué lU» mille; et Saûl, blessédece chant, dit en lui-même : Usm'en donnent mille, Ds lui en donnent dix mille; bientôt ils lui donneront le foyoïifMe; et dès lois il voulut le perdre. — £t un Jour quil frit saisi du maUn etprU de Dieu, et que David Jouait de la lyre en dansant devant lui , Saûl tenta deux fols de le percer de sa lance, mais David révita, elle fer frappa dans la muraille : David contlnaa de proqtérer , et Saûl lui promit une de ses filles sll tuait cent Philistins, etc. » AsBurément le fédt de ce chapitre , quant à la jin^toltaA , diffère matériellement du précédent : dans le chqiltre xvi, après ronctionclandesllnede David, en tomaison de son père, à Bethléem, SatU l'envoie cheroher pour Jouer de to harpe, et Il le retient à son service ; aucune mention n'est faite do combat, ni de to guerre phillstine, ce qui exige un laps de temps. Dans ce chapitre xvn, où il devrait à ce titre d^ le bien connaître, a te volt pour to première fois, il s'enquiert de sa faillie et de son nom, ceto n'est pas oondUable et ne peut

sVxpUquerqu'antantque l'on admet id deux léelteoriglnattx, venant de deux mabis différentes, que to compilateur a cousus l'un à l'autre sans raccord, n'osant probablement tien changer à deux autorités , qui lui ont Imposé mpect. Ce compUateuradûêtreEsdras, et tes narrateurs premiers ont pu être Samuel, Gad ou Nathan, comme l'ont dit les ParaUpo^

Page 1