CHAPITRE IV
structure intérieure du sol.
Pendant le cours de mes divers voyages dans les États- Unis, j*ai attadié un intérêt et un soin particuliers à recoeillir des échantillons des bancs et coîicfaes de pierres que j'ai trouvés les plus dominants et les plus répandus : me trouvant quelquefois à pied (dusieurs jours de suite, je n*ai pu me charger que de petits volumes; mais ils ont suffi à mon objet ; et tous ces nsoroeaux réunis ou comparés à ceux que des voyageurs étrangers m'ont communiqués ou donnés à Philadelphie, m'ont servi à déterminer à Paris, avec les secours de quelques minéralogistes, le genre et les dénominations de leurs oouchesHOdères, et à mettre en ordre une espèce de géographie physique des États-Unis'.
En jugeant d'après ces moyens d'histmction, je crois pouvoir établir avec assez d'exactitude que le grand pays compris entre l'Atlantique et le Mississipi est divisé en cinq régions ou natures différentes de sol, classées comme il suit
SI
Région granitique.
La première région, qui est celle des granits, a pour limite la mer Atlantique, à prendre d^Niis Lmç'lsiand jusqu'à remboocbure du Saint-Laurent; de là une ligne reraontaol ce fleuve jusqu'au lac Ontario, on plutôt jusqu'à Kingston (aliàs Frontenac ), et au lieu appelé mUe-Ues ; se portant , par les sources et le cours du Mohawk jusqu'au fleuve Hudson, le long duquel elle revient à son point de départ , Long-IslantL Dans tout œt espace , le sol est assis sur des t»ncs granitiques qui forment la charpente des montagnes , et qui n'admettent que par exception des bancs d'autre nature. Le granit se montre à nu dans tous les environs de la ville de New-Yoric : il est le noyau de LmnÇ' Island ( Hê longue ), autour de laquelle des sables ont été entassée et moulés par la mer :onle suit sans interruption sur toute la c6te de CkmneeUeiU, de Rhode-Island, de MassachuieU, en exceptant le cq> Cod, qui est formé de sables apportés par le grand courant du golfe du Mexique et de Bakama * , dont j'aurai occasion de parler. Le granit se prolonge encore sur le rivage de NeuhHamsphire et de Maine, où il est mêlé de quelques grès , et aussi de pierres à chaux, dont ce dernier pays approvisionne Boston. Il oompoeeles nombreux écnells delà o6ied'iieo<fie et le noyau des montagnes dites de Notre-Dame et de la Madeleine, situées adroite de l'embouchuredu Samt-Laurent Les rives de ce fleuve sont généralement schisteuses ; cela n'empêche pas le granit de s'y montrer fréquemment en blocs déta-
' Oo peut voir ces échantillons chez M. laMétherle, lédacteor du Joamal de physique.
' L«s Anglais le désignent sous le nom de GulphrHrtam.
TOLlfEY.
chés, et en écnells adhérents au lit. On le retrouve dans tous les environs de Québec; dans la niasse du roc qui porte la citadelle; dans les montagnes assez hautes qui sont au nord-ouest de cette ville; enfin sous la cascade dite de Montmorency, où une petite rivière, qui vient du nord, se jette dans le Samt-Laurent, d'une hauteur de 180 pieds : le lit hnmédiat de cette chute est un banc calcaire horizontal, gris-noir, de l'espèce appelée prûnitive ou cristallisée : mais il est porté sur des bancs de granit grisbrun, d'un grain très-serré , qui est presque perpendiculaire à l'horizon : partout où ces bancs se montrent le long du Saint-Laurent, ils sont plus ou moms inclinés, et jamais parallèles à l'horizon : sur la rive droite de ce fleuve, en tàce de Québec, abonde un granit coloré de rouge, de noir et de gris, le même que j'ai trouvé au palais de la législature {state-house) à Boston, dont les environs le fournissent; et tous deux semblables au bloc-piédestal qui porte la statue du tsar Pierre I*' à Saint-Pétersbourg; ce bloc, venu du lac Ladoga. L'Ile où est située la ville de Montréal,. est calcaire ; mais tout le rivage qui l'entoure offre des blocs de granit roulés, venus sans doute des hauteurs adjacentes. Le sommet de la montagne de Bel-œil eA^ granit, ainsi que le chaînon des montagnes Blanches de New-Hampstûre, auquel on peut dire qu'il appartient Les rameaux de la Nouvelle- Angleterre sont aussi de granit, excepté les environs de MidcUeton et de Worcesler, qui sont de grès. L'on m'assure que le rameau occidental de Greenmauntains, et la miyeore partie du lac Champlain qu'il limite, stmt calcaires, quoique les rocs de Ticonderoga soient de grès; et que le rameau oriental , qui traverse l'État de Vermont, est de granit : alors il parait que le granit traverse le lac Saint-Georges, ou l'isthme qui le sépare du fleuve Hudson , pour remonter aux sources de ce fleuve eide Slack-river; de là il se porte jusqu'au Saint-Laurent , à Mille-Iles et à Frontenac, où on le trouve toujours rougeâtre, formé en gros cristaux, et surchargé de feld-spath. M. Alexandre Mackenzie, dans son voyage récemment publié ' , fournit les moyens d'en suivre les prolongements bien plus lom dans le nord de ce continent. Cet estimable voyageur, dont j'ai eu occasion de connaître à Philadelphie la personne e( le mérite, observe ( tome III, page 335 ), « qu'un granit de couleur grise obscure se trouve dans « tout le pays qui s'étend depuis le lac Winipik jusqu'à « la baie de Hudson; que même on lui a dit qu'il y en < avait également depuis la baie de Hudson jusqu'à la c6te « du Labrador. »
Par conséquent tout le nord de l'Amérique, jusqu'à Long-Island, est une contrée granitique.
Quelques lignes auparavant, M. Mackenzie avait dit que des rochers de la nature de la pierre à diaux, disposés par couches minces, et presque horizontales, d'une pâte assez nK>lle, se Toyaient sur la rive Bst du lac Dauphin, sur les bords des lacs du Castor, du Cèdre, du lac Winhpih et du lac Supérieur, ainsi que dans les lits des rivières qui traversent la longue ligne de toutes ces eaux. II ajoute : «t Ce qui est aussi bien remarquable , c'est que dans la pai- « tie la pl^ étroite du lac Winipilc, large de deux milles
< Voyages d'Alexandre Mackenzie dans Ptotérieur de l'Amérique du nord , traduits par Castera , S vol. in-8<*.
« au plus, la riye ouest est bordée de cette même qualité « de rochers calcaires, escarpés de 30 pieds d'élération; « tandis que sur la rive opposée, celle d*est, des rochers « encore plus hauts sont du granit mentionné d-dessus. v
I>e Tensemble de ses descriptions que j'abrège, il résulte • que la région des mêmes pierres calcaires que nous y&r- -rons régner dans tout Touestdes Alleghanys, s'étend, par une ligne nord-ouest , au delà du lac Michigan , jusqu'aux sources du Misnssipi; et de là à celles de la riTière Sas^ katehiwayne , rejoignant ainsi la grande chafne des monts Stony ou CMpawas, qui elle-même est un prolongement ^ de la Cordillère des Andes ; et il fout remarquer, dit encore M. Mackenzie, « que c'est dans la ligne de contact de ces «t immenses chaînes de granit et de pierres à cliaux , que « sont placés tous les grands lacs de TAmérique du nord. » Fait physique, yraiment digne de l'attention des naturalistes géologues.
Revenant au sad du fleuve Saint-Laurent, le granit tapisse le comté de Steuben jusqu'aux sources de la rivière Mohawk ' , dont il accompagne le cours, sans que je puisse assurer qu'il la traverse, excité à sa petite chute au-dessus de Schenectady. On ne le voit point à sa grande chute appelée Cohoés, dont le lit est de pierre serpentine de la même espèce que j'ai trouvée à Monticello * en Virginie, espèce très-répandue dans tout le chaînon dit Sud- Ouest; mais il reparaît dès au-dessous d'Albany , sur la rive orientale de THudson, qui coule constamment entre deux côtes raboteuses et couvertes de maigres taillis de chênes et de sapins : à 20 milles au-dessous de Pouglikeepsee, commencent des sillons transverses , rocaOleux et stériles , qui m'ont retracé la Corse etleVivarais ; ils brisent la route pendant 25 milles, et de toutes parts ils montrent des blocs de granit grisâtres, disposés par bancs inclinés à riiorizon de 45 à 50 degrés, et couverts de mousses, de sapms et autres arbres verts rabougris. Le fleuve coule au milieu de bancs semblables, jusqu'à West-point, où il a forcé la barrière des rocs que lui opposait le dernier de ces sillons transva'ses, au pied duquel finissent les High-lands l Terres-hautes) f et commencent les Terres-basses ou maritimes.
Dans ce dernier pays, qui règne en plaine jusqu'à New- York, la rive gauche du fleuve ne cesse de montrer des bancs de granit rougeàtre ou grisâtre sortant de terre , de manière à faire penser qu'ils y pénètrent fort avant.
Des recherches minéralogiques , entreprises par une société de médecins de New -York ^, constatent que le granit traverse le territoire de cette ville, le fleuve Hudson, la rivière de Harlem, et qu'il s'étend dans tout le premier rang des collines de New- Jersey. La direction de ces bancs, surtout depuis la frontière de Connecticut, est du non)est au sud-ouest, c'est-à-dire parallèlement à la côte ; leur indinaisonest presque verticale à l'horizon, et leur chaîne
> n parait que le Ht de la Mohawk sépare la contrée granitique de la contrée des grés.
* Habitation de if. Jeffenon eo Virginie, sur le chaînon q»pelé Soutk-it?eit'inountain , que l'on devrait plutôt appeler le Sillon rouge , à caoM de sa terre argileuse de oefte couleur, absolument semblable au sol d'Alep en Syrie.
3 Voyez Médical repositor^^ toQie i*% vfi a, Imprimé à New-York, 1797.
TABLEAU DU CLIMAT ET DU SOL
est jugée se proloiigef jusque dans le VemoBt Ledoetaor Kitdlin, Toyageur pour cette société, observe, dana kt compte qu'il lui a rendu de ces laits ( en 1797 ), quedcpÉb h mer jusqu'à West-point, c'est-à-dire, dans les terres basses etd'alluvion maritime, le granit est m^ de ^vorls, feldspath, schorl, mica et grenat, tantôt par ^wnenox, tantôt par feuillets; que la région granitiqae finit brusquement sur la rive de l'Hudson, à l'Ile PoHepeU, en face d'un gros roc de Fish-kill (20 miUes ao-desaous de Poughkeepsee) , et qu'à la distance de 40 rod (200 mètres ) plus loin commence une région Èchisieuse, qui sort de terre sur la rive du fleuve, comme si elle y servait de lit au granit : il conjecture que ce schiste s'étend jusqu'à Albany , et qu'il sert d'appui à la chute de Ookoés; ce qui ne peut s'admettre qu'autant qu'il appelterait sekisk la serpentine dont on m'a reoûs l'échantillon, el qui eOemême est le lit immédiat de la chute. Ce scliisie, ajoute M. Mitchill , sert aussi de lit à des bancs calcaires épsn dans le pays : il cite un bk>c de ce genre à on mille de daverac , et à 4 milles du fleuve Jfudsan et du Tillage du même nom, lequel présente une masse proéminente de 800 acres de surface , remplie de eoqulilagea , sans anaJognes dans la mer voisine, distante de 140 miUes, c'estrà^^ire, de plus de 46 lieues.
M. Mitchill cite d'autres ttancs calcaires près de New- York , à l'endroit où les eaux se partagent el Terscnt , les unes dans l'Hudson, et les autres dans le Sound, on bras de mer en face de Long-Island; il pense qu'à une époque inconnue de l'histoire, l'Océan a séjourné sur ce terrain, et son opinion s'étaye de tout les teitsqu'Q dte lor les oh»tagnes de Catskill,
II a trouvé ces montagnes de Catskill compoeéeedanêoM grès que Blue-ridge^ dont il les juge être un prokmgenent; ce ûiit ûxe de ce côté la limite réciproque des granits et des grès qui composent, comme nous l'alkma Toir, «ne seconde réisîon très-étendue. Ces grès à CatskiU aoat portés sur un lit d'ardoise friable qui , an feu, rend une forteodeor de bitume, et qui présente ses bancs tantôt booleversés en désordre, et tantôt inclinés à l'borison depuis 60 josqu'àSO degrés. M. mitchiU cmtd'abord ceterrsin^rimi/iA parce que les granits et les grès ne contenaient pes de fossiles; mais bientôt plusieurs indications oentraires, telles que, P l'aspect des rocs ibrmés de gravier, de cailkMn, de quarti rouge et blanc, de jaspe roux et degrés. Ions éfidemment roulés et triturés par leseaux ; y* les eonciwsberizontales et très-régulières de ces rocs; 3* les coquilles Ibssiles, inconnues dans ces mers (excepté le clam et le scok^) , et trouvées sur leurs cimes dans un terrain d'argile et de cailloux; tons ces fiûts l'ont détenniné à vw, dans cette dispositian de tenain, trois grandes éfioqoes <to formation : lapremière époque, celle qui plaça les aabies; la deuxième, cdie des eaux qui les rouleront et les triturèrent; la troisième, celle de l'existence des eoqnillages vivants.
Enfin, il remarque que le côté escarpé de ces w>«^«»g!»»« verse à l'ouest, taiidis que la pente d'est est aisée et sans correspondance oi^>o6lte. Hors de la région des granits que je viens de décrire, il existe quelques cas d'exception, dont les plus remarquables sont, 1« les montagnes eotro Hir^
DES ÉTATS-UNIS
rttbwget Smibiinp nir le SnaquduuBiMh, compoaéeft en nijeonpartiedDoe senre depierre^S'^iiiieTeiiiedeyraiiéMa/^iMSix ooûiiiglaae, dont je parlerai $ lY; 3<> des Uoc8mttlti|ilié8au|Med delà chaîne Muioiies/ en Virginie, prinâpaiemcnt près de Bifllon anr FIOTannah.
Sn.
Région des gr^
Ces grès de CatskOl forment le caractère distinctirde la deuxième région ou nature de sol, laquelle comprend toat le pays montaeux de Bhie^dge, d'AlIeghany, de Unrel-hill; les sources du grand Kanhawa; le nceudouarc de r ABeghany, et en général toute sa chaîne sud jusqu'à raille de la Géorgie et à l'Apalache: je perds sa trace à rooestdana l'État de Tennessee et dans le clialnon de Gumberlaod; etjene puis assigner sa oontigiûté à la région calcaire avec prédaion : dans le nord et le nord-est, ses limites paraissent être les sources de la Susguehannah, mêmeeelles dee lace de Génésee, et gteéntaoïent la rive droite de la Mohawlc et de l'Hudson. M. le docteur Smith* BarUm, de Philadelphie, qui, au retour d'un voyage à Niagara, en 1797, traversa toute la haute Pensylvanie, ne œsaa de voir kM i^ depuis lyu^ra jusqu'à 9 miOea avant ffazare&L M. Gnillemard, dans sa route de Phitoddphie ànttsburg par Sunhury , ne les a quittés qu'à l'ouest de l'AUc^bany (qui dans le canton est appelé Blue-fUU ) , en exceptant néanmoms quelques Tallées calcaires, dont je parlerai ' : enfin, dans la Virginie, depuis Ghariotte-viUe jusqu'à la rivière Gauley, je les ai moi-même trouvés abondants sur les 10 ou 12 chahions sucoessifà que j'ai traversés, en exoq>tant aussi les vallées calcaires de Stetmton et de Greenbriar. Quelquefois ces grès admettent le mélange du quartz blanc laiteux, appelé pierre à flèche, que j'ai trouvé abondant sur Blue^ridgef en allant de Frederick-torwn à Barper'g-feny , et quelquefois aussi du quartz gris, qui est le noyau de Blue-ridge, à la brèche que lui a laite le Pottaiac sous Harper's-ferry : quelquesuns des rocs de cette brèche se trouvent être de granit; mais ils sont en petit nombre.
Ces montagnes de grès ne sont pas aussi nues que cette nature de pienre pourrait le foire penser. J'ai trouvé leurs pins hautes cimes en Virgfaiie, entre les rivières de Grem^ brïar et de Qauley , couvertes de beaux arbres et d'herbes hautes et vivaœs, v^tautdansPexcellenlterreaunoirite»tuciois, qui est le caractère distinctlf du pays d'Ouest La région élevée qui s'étend au-dessus du fort Cumberland par delà les sources du Potômac jusqu'à celles de l' Yohoganp, et qui est connue sous le nom de Greenglades, est une yéritable Suisse trèfr-ridie en pètura^BS, dont la vigueur est entretenue pendant tout l'été par des nuages, des brouiHards et des pluies fines qui à cette époque manquent dans la plaine. Ce bienfoit est dû à l'élévation d'en-
* Voyage de Ltanconrt, tome i", page 10.
* Le sol de toute la haute Susquehannah est mêlé de schistes, de pierres, de gneiss, de tchori , de feld-spath, coupé d'une foule de sIIIods peu élevés, qui montent par gradins Jusqu'à rAHeghany ; là domine le grès. H y a aussi des veines baialtlqmB, produits et témoins d'andeos volcans. Partout les ariMw sont cabo^iiia et de foible végétation. ( iVol» de M. GuiUemard. )
viron 700 mètres, que nous avons enlevant reconnue à os local : il fout néanmoins ne pas étendre ces avantages sut chaînons de GoMley et Lawrel^hiU, qui sont rocailleux et secs. Le géographe Évans n'évalue leurs parties cullivaUea qu'à un 10* du tout; et ses nombreux arpentages donnent à son opinion une autorité pr^wndérante. Ces portions cultivables ne se trouvent que dans les vallées quiylàcQonne ailleurs, enrichies des terres roulées des montagnes, sont généralement les plus productives.
Du côté du nordKHiest, c'est-à-diro du côté des lacs de Génésee, d'Ontario et d'Érié, les grès se terminent à une régirai de schistes ardoisinset de marne bleue lrèB-cons»> dérable, puisqu'elle parait former le lit de ces lacs, ainsi que l'attestent les sondes et les pierres du fond et des rives ; elle s'étend même jusque sur les lits de charbon de la Pensylvanie occidentale. Cette marne est pleine de coquilles fossiles. On retrouve les bancs de ces schistes à Niagara, et, comme je raidit, toutle long du Sain^Laurent jusqu'à Québec Nous avons vu qu'ils parent aussi en grande partie le lit supérieur de l'Hudson; ce sont là leurs (dus grands on ne les aperçoit ailleun que par petits
Hors de cette vaste région des pès que je Tiens de décrire, l'on peut citer quelques cantons de la même nature épars dans les contrées granitiques et calcaires; mais ils y sont à leur tour dans des cas d'exception; tel est cdui du canton de Woreester en Ifassachuaets, le plus considérable de cette espèce qui me soit connu. L'on ne peut l'assigner à l'AUe^iany, à moins que l'on ne prouve sa continuité à traTere les rivières et les pays de Hudson et de Connecticut.
S ni.
Région calcaire.
La troisième région, celle des terres eateaires, en» brasse la totalité des^yt d'Ouest ou Backeottntrtf , si* tués au couchant des Allegbanys, et se prolonge, selon la remarque de M. Mackenzie ( citée page 642 ) , dans le nordouest, à travers les rivières et les lacs, jusqu'aux sources de la Saskatehiwaine et à la chaîne des monts Chipawas, Tout ce qui m'est connu de ce pays , depuis le Tennessee jusqu'au Saint-Laurent, entre les montagnes et le Misaissipi, a pour noyau un immense bane de pierres calcaires^ disposé presque horizontalement, par lames ou feuillets d'un ou plusieurs ponoesd*épaiS8eur,d'un grain uni, serré, génér» lement gris ; dans le nord, cette pierre calcaire est de l'es* pèce cristallisée , àïibcaleaireprinUi^. Ce banc porte im^* médiatement une couche tantôt d'argile , tantôt de gravier^ et par-dessus elle , à surfece de terre, une couche d'excellent terreau noir, laquelle est plus épaisse dans les bas* fonds, où elle a jusqu'à 15 pieds, et ftas mince sur les o» dulations et bauteura, où elle n'a quelquefois que 6 à • pouces. Cette cvconstanoe , de même que le feuiDetage du bane, attestent évidemment un trayait antérleor des eaux de l'Océan.
Dans le pays de Pittsburg, surl'Ohio, dans le canton de Greenbriar, sur le Kanhawa, et dans tout le Kentucky, la sonde manifeste ce banc fondamental : je l'ai vu à nu dans le lit de toutes les rivières et de tonales ruisseaux du
TABLEAU DU CLIMAT ET DU SOL
Kentucky, depuis le fanAauHi jusqu'aux Fallson Rapides d'Oliio, près Louisyille. Sur la route de Cincinnati jusqu'au lac Érié, je l'ai trouyé seryant àd plancher à tout le lit de la Rivière-aux-glaises et du Miami du lac Érié ; il parait que ce lac est assis sur un fond de schiste noirâtre; mais parmi ses échantillons, l'on trouye beaucoup de calcaire. C'est encore un banc calcaire qui porte le Saint- Laurent à la chute de Niagara, et qui de là se prolongeant dans le Génésee^ semble accompagner le lit du Saint- Laurent jusqu'à Québec. Il est yrai que dans toute cette partie du nord , le calcaire est de l'espèce dite calcaire j?rimi^f et cristaUisé, oomme me l'ont indiqué des échantillons que les colons de Génésee tuent en perçant leurs puits.
Ce sont les dislocations et les fractures de ces bancs qui causent les entonnoirs et goufEk-es dont j'ai parlé ( chap. lO , $ 1*"^ ) , oti se perdent las eaux des pluies et même des riyières. J'en ai yu des exemples curieux à Greenbrïar, en Virginie , et à Sinking-spring en Génésee , où une source se montre au fond d'un entonnoir, et immédiatement à six pieds de là se replonge sous terre : ce sontaussi ces cours d'eaux souterraines qui produisent les yents de quelques cayemes , telle que ceUe dtée par M. Jefferson , dans le chaînon de Ca{f'pasture*,
Depuis Louisyille jusqu'à la rivière * blanche, où il finit brusquement, j'ai encore trouTé tous les ruisseaux et riyières coulant à nu sur le banc calcaire kentuckois. Quelques yoyageurs américains , en yoyant mes échantillons , m'ont assuré que le Holstein , branche nord de la Tennessee , coulait sur un fond semblable : je regrette de n'a- Toir pu obtenir de bons renseignements sur le sol qui s'étend au delà, dans la Géorgie et dans la Floride.
A Louisyille, la première couche superficielle sur la haute banquette du fleuye est un terreau noir de 3 pieds d'épaisseur; sous ce terreau est une couche de sable maigre de 14 à 16 pieds d'épaisseur «ans coquillages, puis une autre couche de sable de 6 à 10 ponces avec coquillages ; puis un grayier assez gros jusqu'au fond du fleuye , dont l'éoore a 25 pieds de hauteur totale.
À quatre milles de Louisyille , yers TËst \ en rentrant dans l'intérieur des terres , la première couche superfidelle de terreau n'a plus que 20 pouces d'épaisseur ; et plus loin , à 4 miUes de Francfort 4, elle n*a plus que 15 pouces : dans ces deux endroits elle a sous elle une couche d'argile de 24 à 36 pouces , qui ne se trojuye point auprès du fleuye. Sous cette argile est le banc calcaire , qu'il faut percer ayec beaucoup de peine pour arriyer à un lit de grayier et d'argile où reposent les eaux non tarissantes des puits.
A l'endroit que j'ai dté près de Louisyille , le banc a 3 pieds d'épaisseur, et l'on trouye ces eaux non tarissantes à 18 pieds de profondeur totale , depuis la surface du sol; en d'autres endroits l'épaisseur du banc parait plus considérable : les roches qui forment les Falls ou rapides de l'Ohio, sous Louisyille, appartiennent à ce grand banc calcave. Dans les basses eaux , l'on a recueilli beaucoup de
< Voyex notes de M. Jeffenon sur la Vlrghiie, page 63. * White river.
3 A rhabitotion de M. Thompson.
4 A llMbRatioa de M. Inès, juge.
pétrifications à sa surface» mais elles y étalent in^ortées et non incrustées. Je n'ai jamais yn de fossiles incnislés dans la pâte du grand banc souterrain. Ce (ait m'a d'antant plus étonné , que, près de Francfort , à rbabitaliaii de M. Inès, juge, me promenant ayec lui sur la dme d'on chaînon élevé d'environ 100 pieds au-dessus dn ruisseso Elhhorn , qui le perce, nous trouvâmes dans le bois une multitude de grosses pierres totalement pétries de coquiUes fossiles. A Cincinnati, sur la seconde banquette de l'Ohio, j'ai retrouvé les mêmes pierres pétries de coquilles ; enfin le docteur Barton en arecueilli de semblables sur les hantem's d*Onondago, dans l'État de New* York, à une distance de plus de 190 lieues, avec la seule difiifoenoe que ses échantillons sont bleu-ardoise , et les miens de couleur rose-violet ^
> De retour à Paris , j'ai soumis ces coquillages à rexanm de Fun de nos plus habiles naturalistes dans cette branche de science ( M. Lamark ) , et Je ne puis mieux satisfaire la auto' site de mes lecteurs, qu'en leur communiquant le Jugement qu'il en a porté.
a Monsieur, J'ai examiné, avec le plus grand soin, les trob A morceaux de fossiles que vous m'avez confiés , et que voof « avez recueillis dans TAmérique septentrionale.
a rai vu très-clairement, dans chacun d'eux , dtMtérébra « iules fossiles * entassées et sans ordre. Ces térébratoles sont « presque toutes de la division de celles qui sont canocléfs (I loogitadlnalement en dessus et en dessous , oomme la tné^ «I bratule que Linné a désignée sous le nom ^jéh
« On ne voit, de la pari de ces coquilles fossikt, que le « moule intérieur, c'est-à-dire , que la matière pierreuse doat «c leur intérieur s'est rempli pendant le long s^oar deces oo- « quilles dans le sein de la tene. Cependant , sur plosicaD « d'entre elles , on retrouve eneore des portloos minces et n blanchâtres de la coquille même.
« — Dans le morceau qui vient de Cincinnati, oo Tolt dâ- « tinctement trois sortes de coquilles fossiles : savoir, une « espèce de térébratule à grosses cannelures, et qoi appeoehe «I de celle figurée dans la nouvelle Encyclopédie, pi. mi, <c fol. 3; une autre espèce de térébratule non canodéc, maïs ft pointillée, nacrée et à oreillettes ; enfin, une coquille bivalve A à épines rares , dont Je ne puis reconnaître le genre, n'es m pouvant examiner la charnière.
K •— Dans le morceau pris dans le Kentucky, à cent pieds n au-dessus du lit des eaux , Je remarque des individus de « différents âges, d'une espèce de térébratule cannelée, qui « parait se rapprocher de celle figurée dans la nooveile Ea- « cydicfpédke, pL 242, fol. i , ayant ses cannelures plus fiaa a et plus nombreuses que dans la térébratule cannrtiy do « morceau précédent, et sa valve supérieure ou la plus petite, «r aplatie. Ce même morceau contient un fragment de béiem- «nite.
a — Enfin, dans le troisième morcean, pris sur les bantems « ouest d'Onondago , Je vois de nombreux débris de deox tén rébratules cannelées , différentes encore de celles des^deox « morceaux précédents; l'nne^'elles , un peu trigooe, offte « une gouttière sur le dos de la grande valve, et s*apfirocbe K beaucoup de celle qui est représentée dans la pL M4, foL a 7 , delà nouvelle Encyclopédie. L'autre térébratule du méw « morceau est grande, aplatie presque oomme un peigne ; mais « elle présente des fragments trop ineomplets , pour qnll soit N possible de la caractériser, et d'en déterminer les rapports « avec d'autres espèces.
« Nota. D'après la considération de œs trois moioeanx , fi a me parait évident que les régions de PAmérique sqiteotrio- « nale où ces morceaux ont été recueiUis, ont fait autieftiii
* KoavMia geart établi daos i MrfArvf , pagetlS, svee u <
DES BIATS-UNIS.
Hors du pays d'Ouesi et de la régkm que je Tteos de «iécrire, iln'eiiste que deux cantons calcaires, dignes de foire exception par leur étendue : Tun situé dans la longue vaJIée que foiment entre eux les sillons de Blue'ridge et de Korth^mountain, depuis la Delaware, au-dessus d'Easton et Bethléem, jusqu'aux sources de la rivière Shenandoa , et méffle par delà le fleuve James, au grand arc de FAllegbany ; car le comté de BoteUmrt,'qvâ occupe cette dernière partie, est appelé le comté de la Chaux , attendu qu*il eu fournit tout le pays à l'est de Blue^ridge, où l'on n'en a pas. Rockbridge est aussi en grande partie calcaire, ainsi que tout le pays de Shenandoa jusqu'au Potômac.
Une seconde partie de la yallée, celle qui s'étend du Potômacà la Susquehannah, comprend le bassût des rivières Grand' Connegocheague et ConnedogiDinit , où sont situés les territoires de Chamber's-burg, de Shipen's- Imrg et de Carliste, célèbres par leur fertilité. La troi- Nème partie , qui s'étend de la Susquehannah à la Delàware, occupe le bassin delà rivière Stvetara, traverse avec quelques lacunes les branches du Sckuylkill, et se termine vers Easton et Nazareth , dont les terrains ont aossi de la réputation. Sa limite montueuse, au nord-est, esilemnKittaiini, prolongement de Abr^A-mountoln ; et an sud-est, le sillon connu dans le pays sous les divers wtM^Soahtmauntain, Flging-hills, Holy-hille, mais qui, comme je l'ai dit, n'est que le prolongonent direct de filae^idge. Cette circonscription d'une même vallée calcaire, depuis l'arc d'Alleghany jusqu'à Easton, par deux chaînes latérales , devient elle-même une preuve de l'identité que j'attribue à leurs prolongements.
L'antre canton calcaire, oontigu à celui-ci, s'étend au revers oriental de Blue-^idge, depuis la brèche du Potômac Jusqu'aux approches du SchuylkiU dans le comté deLancastre. Il a pour limites précises au sud-ouest et au sud, le Pofcftffiac et le lit du Grand-Monocacy, qu'il ne traverse pas à Test : il comprend le territoire de Frederick-town , la majeure partie du cours du Pataspco , et les pays d'York et de Lancastre, qui sont considérés à juste titre comme
« partie du fond des mers*, ou du moins qu'elles montrent « actuellement à découvert la portion de leur sol qui a fait « paHiedu fond des mers et non de ses rives, car les fossiles « qu'on y trouve maintenant sont des coquillages pélagiens * ( voyez mon Hydrogéohgie, pages 64, 70 et 71 ), qui, comme " '« gryphytes, les ammonites ( les cornes d*Ammon ), les « orthocératlies , les bélemnites , les cncrlnltes ( les palmiers « marins), etc. vivent constamment dans les grandes pro- « fondeurs des mer», et jamais sur les rivages. Aossi la plupart « de ces coquillages et de ces polypiers ne sont-ils connus « que dans Tétat fossile.
« Vos observations , monsieur, déterminent la nature des •» fossiles que Tintérieur d'Amérique septentrionale laisse - mamtenant à découvert, et il y a apparence que parmi ces « fossiles l'on y chercherait vainement des coyiw^/« littorales,
« Lakarck. i> ' A l'appai de oetts opialon , Tiennent encore le« nombrentet m. liae* dont est rempli toat le payi d'Oaeêt. On lee j déelgne mua le nom de Itcks, qae l'on Tolt à chaqae Initant «nr lei cartea dn Keotaeky. La eonrce la plae riclie est prêt da Ue Oneida ; elle eentient on diz-bnltième de ael de Ion poids. Lee mers dn Nord n en contiennent qae i/3» , et eeUe« dee tropiqnee i/u environ. Il eat rcmnrqnaUe que cee aoarees «Mlécs «ont rarci rar la edte AUaatiqne. ( JVMe 4t Vanter )
lesgrenîersdela Pensylvanie; enfin U parait se poràre entre Noristown et Rocksbury sur le Schuyikill : le reste de sa fix>ntière, depuis le Monocacy jusqu'au Schuyikill , n'est pohit tracé par des hauteurs, quoique ce soit un point de partage de plusieurs eaux , et il ne donne point à ce canton le caractère de vallée que l'on observe dans les autres dis* tricts calcaires.
11 y a, entre le calcaire de VOuest et cehii de ces âea% cantons de Y Bit , deux différences remarquables : la première est que la pâte des bancs calcaires de l'Est est généralement de couleur bleue assez foncée, et très-mélée de veines blanches de quartz, tandis que la pâte de la grajide couche calcaire de l'Ouest, surtout en Kentucky, est de couleur grise , d'un grain homogène et feuilleté.
La seconde différence est que te banc de l'Ouest est , ainsi que je l'ai dit , {vesque horizontal , et formant comme une table universellQsous le pays. Dansl'Est, aucontrave, c'est-à-dire, dans les comtés de Botetourt, de Rockhridge, âeStaunton, éd Frederick-town, d*York,àeLancastre, et jusqu'à Nazareth, le calcaire est généralement confus et comme bouleversé : lorsque ses bancs d[>servent des inclinaisons régulières à l'horizon , on remarque que c'est le plus communément de 40 à 50 degrés; ayec cette nuance sùiguUère, que dans la vallée entre North^mountain et de Blue-ridge, l'angle est toiqours moins considérable , c'està^lire au-dessous de 45® , tandis que dans les pays de Lancastre, York et Frederick-town (hors des montagnes) ^ l'angle est plus habituellement au-dessus de 45*; et ce cas a lieu pour tous les autres bancs, soit de gram^t, soit de grès, qui sont moins inclinés dans les montagnes, et plus indmésens'approchantdelamer.Ala cascade du Schuyikill, près Philadelphie , les bancs d'isinglass sont inclmés à 70'' : sur l'Hudson, Us vont jusqu'à 90®. -
De ces derniers faits , l'on a droit de conclure que toute la côte atlantique a été bouleversée par des tremblements de terre auxquels nous verrons ci-après qu'elle est trèssujette, tandis que le pays à l'ouest des Alleghanys n'en a pas été tourmenté. Aussi le docteur Barton assure-t^il que les mots tremblements de terre et volcan manquent aux langues des indigènes de l' Ouest, landis qu*ils sont usités et fiOniliersdans les dialectes de l'Est Aux tremblements de terre , s'associent ordinaû'ement les volcans , et l'on trouve en effet beaucoup de basaltes dans l'Alle^iany et dans ses vaUées; il faudrait des recherches expresses pour mieux désigner les anciens cratères. Je ne puis dire s'il y a ou s'il n'y a pas de coquillages fossiles dans les bancs de l'Est dont je viens de parler; seulement je sais que l'on en a observé dans le calcafre primitif des environs du lac Ontario et de Niagara '.
L'on pourrait encore citer des veines et rameaux calcah^ hors de ces régions principales; il y en a dans le district de Afaine qui fournissent la chaux à Boston. La Pointeaux-roches, sur le lac Cliamplafai, est calcaire, et sans doute d'autres parties de ce lac; plusieurs cantons le sont aussi aux environs de New-York; mais l'exemple le plus, singulier que je connaisse dans les États du Sud, est celui, d'un sillon qui n'a pas plus de 15 yards ou iimètres de lar-
' Voyage de Uanoonrt, tome 11.
TABLEAU DU CLIMAT ET DU SOL
geor moyenne , et quelquefois seolement 3 mètres, et qui cependant s'étend plus de 66 lieues, continuées d^uis le PotAmac jusqu'au Roanoke : conune cette veine est babitnellementà la surfiioedu sol, on suit sa trace ayecd'autant plus de certitude qu'elle est la seule à fournir de chaux tout le plat pays. Elle ne s'écarte pas de plus de 3 à 5 milles du sillon roti^e ou South^west-mountain , auquel elle est parallèle.
S IV
Réglons de sables marins.
La quatrième région, formée de sables marins, comprend toute la pUge depuis Sandy-ffook, en face de V Ile-Longue, jusqu'à la Floride : sa limite dans l'intérieur des terres est un banc ousillon degranit talqueux,dit roche/euillelée * ou isinglass, qui court constamment dans le sens de la côte, c'est-à-dire, de nord-est à sud-ouest; ce sillon ou banc part de l'extrémité des chaînes granitiques de la rive droite de THudson, peut-être même du rivage en face de Y Ile-Longue, d'où je présume que les rocs se contmuent sous la mer, et il s'étend jusqu'à la Caroline du nord par delà le fleuve Roanoke, sous la forme d'un mince sillon, large au plus de 2 à 6 milles , sur une longueur de près de $00. Dans toute cette ligne, ce sillon, comme l'a très-bien observé Évans, marque sa route par les cascades qu'il ûiit subvà tous les fleuves avant leur arrivée à la mer; ces cascades elles-mêmes sont la limite extrême du flux et du Kflux des marées. Ainsi le sillon d'isinglass coupe la Delàware à Trenton , le Schuylkill 1 milles au-dessous de Philadelphie, la Susquehannah au-dessus du Creek ou ruisseau Octarora, le Gunpowder au-dessus de Joppa, le Patop^co au-dessus de Elk-ridge, le Potâmac à George' iown, le Rappahannock au-dessus de Fredericksburg , le Pamunky au-dessous de ses 2 branches ( 50 milles audessus de Hanover) , \e James à Richmond, VAppamatox au-dessus de Petersburg, et le Reanoke au-dessus d'iTalifax. L*on n'a point observé de fossUes dans tout ce banc.
Entre lui et la mer, le sol , dans une largeur variable de 30 à 100 milles, est un saUe évidemment apporté par l'Océan, qui jadis eut pour rivage la ligne du sillon lui-même. Aux embouchures et sur les bords des rivières, quelques terres argileuses venues des montagnes par des débordements, forment avec ce sable un mélange fertile : le géographe Évans a même reconnu un banc souterrain d'argile jaune, de 3 à 4 milles de largeur, placé longitudinalement entre le sillon et le rivage, et qui, donnant du corps aux sables a4iacents, les rend propres à faire de bonnes briques, ainsi qu'on le voit à Phikidelphie : hors ces deux cas, ce sable est le même que celui de la mer voisme , c'est-à-dire , blanc, fin, et profond jusqu'à 20 pieds.
Peter Kalm, voyageur suédois, en 1742, a observé qu'en Pensylvanie et en New- Jersey, les couches sont comme il suit :
t<* Terre végétale, 10 à 12 pouces, ci I pied.
r* Sable mêlé d'argile, 6 à 7 pieds, ci ... . 7
3^ Graviers et cailloux roulés tenant des huîtres et des clams, tels qu'Us vivent encore sur laoête,de3à5pieds,ci 5
' Le voyageur suédois Peter Kalm l'appelie gUmmer.
i^ Une couche de vase noire, fétide, remplis de RMCtti et de troncs d'arbres, dont il ne donne pas répaiuev. Cette couche, quig&te toutes les eaux des puits, se trooTe à Pliiladelphie entre 14 et 18 pieds de profondeor; i Saccoon en New- Jersey, entre 30 à 40 pieds; à Waskingin, je l'ai vue moi-mêmeà 18 pieds danslamai8ûndeM.Im, dont elle corrompt le puits.
&° Sous tous ces bancs, une couche d'argSe où s'snttoDl les eaux : l'on me demandera peut-être sur quoi porte œtk couche d'argile; mais je ne connais point de sondes inlérieures, et puis il faut bien s'airêter quelque part, ton peine d'arriver, oonome les Indiens, à la tortue qui porte le monde.
Lorsque l'on considèreque le noyau de rile-Longoeest u granit talqueux; que les pointes de roche ^ les rédb qui se montrent d'espace en eqiaoe jusqu'à la baie Cheuptâk, etmême par delà Norfollc, sontdeoemêmegranit;quetMilei les roches du cap HaUeras en sont eocore, on eslteotéà le regarder comme le noyau fondamental de la o6te;iiiaii rindinaison des bancs dans la ligne des cascades, qù eH de 70 degrés à celle du Schuylkill, et jamais de moins de 50 degrés de l'est à l'ouest, en offrant une direetîGBOOBtraire, tend plutôt à prouver que ces bancs serrent di soutien à la région intérieure sous laquelle leon laiiiei s'enfoncent '.
sv.
Réglons d'allnvions flovtales.
La cinquième et dernière régUm est le pays qd , depoif le sillon des cascades, s'élève en ondulation- jusqu'au pied des montagnes de grès on de granit Sa limite est moni ihdle à tracer dans la Géorgie ooddentale, oàle sîDoq Sv singiass ne se numtre pas. Ce terrain a pour caractèred'ètat ondulé, tantôt par mamelons isolés, tantôt par aâlloas de petites collmes ; d'être composé de direrses espèces déterres et de pierres, tantôt coinfuses, tantôt rangées paroos' ches , qui s'interrompent ou se succèdent pludeors fois depuis les montagnes jusqu'à la plage maritinie, eo étal toujours les caractères de matériaux roulés par les eaox des pentes supérieures : et telle est en effet l'origine de loale cette contrée. Lorsque l'on calcule le volume, la rapidité, le nombre de tous ses fleuves, deU Delaware,duSchii7fti]), de la Susquehannah, du Potômac, du Rapahannok, de l'York , du James, etc. ; lorsqu'on observe que U plspirt d'entre eux, longtemps avant leurs embouchures, ont des lits larges depuis 600 jusqu'à 2,000 toises, suruneprofesdeur de 20 à 50 pieds ; que dans leurs débordemeils »■ nuels ils noient quelquefois le plat pays à 20 pieds deh» teur, l'on conçoit que de telles masses d'eaux ont di opérer des mouvements prodigieux de terrain , alors sartout que dans les siècles reculés les montagnes plus St vées donnaient plus d'impétuosité à leur cours; que les arbres des forêts entraînés par milliers donnaient plus de force et d'aliments à leurs ravages ; que des ^aces anoacelées pendant des hivers de 5 à 6 mois prodoisaieal des débâcles énormes , telles qu'en 1784 la SusquelisBoah a
* On remarque que cet iaingloM contient plus de parfio de mica dans les pays du sud, et plus de sdioridaus kspiTi du nord de cette côte.
DES ÉTATS-UNIS
montra un exemple effirayant , lorsqu'elle amoncela , au détroit de Mac CalW Ferry sous Colombia, une digue de pfas de 30 pieds déglaces, dont Tobstade faillit de noyer toute la Tallée. A ces époques de la nature où l'Océan bai* goail immédiatement le pied des montagnes, comme le proQTent les délaissements que l'on y rencontre de toutes parts , ces montagnes plus éleTées , en ce qu'elles n'avaient encore rien perdu de ce que leur ont enlcYé depuis les siècles et la chute continuée des eaux , donnaient , par leur hauteur et par la roideur de leurs pentes, une action bien plus puissante à ces eaux ; leurs sommets plus frMdsétaient couverts plus longtemps de neiges plus abondantes, de glaciers plus considérables : et lorsque la chaleur des étés, plus courts sans doute, mais non moins intenses, fondait ces neiges et ces glaces, les torrents qui en résultaient déchiraient les pentes plus garnies de terres, creusaient des n« vins plus profonds, y fikisaient loinber les «rbresminés par leurs radnes, et entraînaient d'immenses débris qui s'entassaient sur les dernières rampes des montagnes : dans les années suivantes, d'autres débris venaient embarrasser les routes des années antérieures; les torrents airêtés par leurs propres digues acquéraient de nouvel'es forces en croissant de v<4ume, et, les attaquant sur |dnsieurs points, ils les renversaient par les parois les plus (kibles : alors ils se frayaient des routes nouvelles et variables à travers des vases plus molles, parce que les matériaux les plus pesants restaient toujours en arrière , fkute de pente et d'impulsion. Par ce mécanisme continué pendant des sièdes, d'anciens lits de torrents devinrent des vallons; d'anciens rivages et terrains d'alluvion devfairent des cMes et des plaines ; et les fleuves descendant de niveaux en niveaux , abandonnant de pente en pente leurs plus lourds brdeaux , déposant successivement les plus légers et les (dus solnbles, empiétèrent sans cesse sur le domaine de l'Océan par des comblements de sables, de vases, de cailloux roulés, et d'arbres qui lièrent tous ces matériaux. Le Miastssipi encore aujourd'hui nous oflfre le spectade instructif de toutes ces grandes opérations. L'on calcule que depuis 1720 jusqu'en l'année 1800 , c'est-à-dire en 80 ans ' , il a poussé son comblement d'environ 15 milles dans la mer, c'est-à-diro environ 26,000 mètres : ainsi, sous les yeux de trois générations, il a créé à son embouchure un pays nouveau qu'il accroît chaque jour, et dans lequel il entasse des mines de charbon pour les siècles Aiturs. Telle est la célérité de 80ncomblement,qu'àla iVotfve/fo-Or/éaiu> à f 00 lieues au-dessus de l'embouchure actuelle , un canal creusé dernièrement par le gouverneur baron de Carondeiet , depuis le fleuve jusqu'au lac Pontchartrain, a mis à découvert un terrain intérieur totalement formé de votes noires « et de troncs d'arbres entassés à plusieurs pieds de profondeur , qui n'ont encore eu le temps ni ds se pourrir , ni de se convertir en charbon. Les deux rives ou banquettes du fleave tout entières sont fiormées de troncs d'arbres ainsi enfoncés et maçonnés de vase, dans une étendue de plus de aocflienes , et fl les a tellement exhaussées, qu'elles lui foraient une digne Utérale de t2à 18 pieds d'élévation audessus du soi s4iseent , généralement plus bas, et que dans les crues de obaqus année, qui sont d'environ 8 mètres,
* Voyage de Lianoourt, tome IV, page 18S.
les eaux exubérantes n« peuvent plus rentrer dans le fleuve, et forment des marais vastes et nombreux , qtti un jour deviendront des moyens de richesses , mais qui présentement sont des obstacles à la culture et à la population.