CHAPITRE XL
Conclusion : la lune influe-teUe sur les vents? Action du soleil sur tout leur système , et sur le fours des saisons. Changements opérés dans le climat parles défriebements.
Je n'ai fait aucune mention jusqu'ici des influences que quelques physiciens attribuent à la lune sur l'atmosphère et sur le cours des vents. Cette opmion, jadis très-accré* ditée, mais qui diez les anciens appartint plus à l'astrologie
■ ns remarquent en même temps que les habitants , et surtout les femmes , y sont d'une extrême Irritabilité.
* Dans plusieurs pays chauds , entre autres dans l'ile de Cuba , lonqull pleut , les paysans qui travaillent en plein air ôtent leurs vêtements, les tiennent à Pabri et ne les reprennent que quand le eorps est see ; alors ils ne prennent pas la fièvre ; si au contraire Us laissent mouiller et sécher leurs vêtements sur leur corps , Jamais l\i ne manquent d'en être sabis.
TABLEAU DU CLIMAT ET DU SOL
qu'à l'astronomie et à la physique, s'est renoovdée dus ces dôniers temps avec des moyens phis capables de hi acquérir des partisans : raisonnant par analogie aox marées, l'on a dit que puisque la lune était la caose du flux et du reflux de l'Océan, puisqu'dle exerçait sur la surface liquide du globe une pression qui la refoulait, cette pression ne pouvait avoir lieu sans rinteimédiaire de i'^mospbère, qui par conséquent devait avoir aussi aon flux el reftnx, et de là toute une théorie des vents; mais parce que toofe Uiéorie, quelque plausible qu'elle soit, finit par n'être qu'on roman si les fkits ne viennent à son seeours , il « Uki produire des laits en preuve, et c'est la tâche qu'a entreprise l'un de nos plus habiles natoralistes, IL LunarcL Quelle sera l'issue de ses recherches, n'est pas œ que f entends préjuger ; je remarquerai seulement que l'on nepeot refuser de l'estime à la méthode qu'il a adoptée : en publiant un annuaire météorologique, et prédisant une année d'avance les vents et la température que les constitm-^ lions boréales ou australes de la lune doivent déterminer, M., Lamarck a soumis son système à l'épreuve la plus loyale comme la plus délicate : chaque mois, chaque quartier, tout observateur peut comparer les résultats an pronostic énoncé ; cette comparaison devient même un complément nécessaire à joindre au travail de M. Lamarck , et l'on « droit d'attendre que 1 liistorique d'une année écoulée soit inséré au calendrier de l'année suivante; je le répète, quelle que soit Tissue de ce travail, il n'en aura pas moins le mérite d'avoir démontré une vérité; car lore même qu'il en résulterait, contre son but, que le système général ou que certains systèmes particuliers de vent sont indépendante de la lune, cette vérite négative n'en sarait pas moins nn résultai très-précieux, et n'en aurait pas moins toute l'otilite qw comporte son sujet ; j'en appdle au lecteur lui-mêiDe , dans les diverses branches de nos connaissances , ou plutôt de nos opinkms , combien d*erreurs seraient dissipées , si noos acquérkms beaucoup de vérités négatives?
Dans le cas présent, mon opinkn s'était déjà nooniede trop de faite antérieurs pour demeurer indécise; mats eûtelle dûnesefonner que d'après les résultets de Fexpérienn dont je parte, il me serait impossibte de reconnaître à la lune aucune action immédiate on sensible sur le système général des vente. Je ne prétends point nier que cette planète soit la cause du flux et du reflux de l'OeéaB ; asaîs a admettant comme prouvée toute hypothèse de pression de sa part, rien n'est encore prouvé pour les vente;car Pooéan aérien peut subir une pression qm route sur sa masse, sans que ses mouvemente intestins en soient dérangés ai affisctés; de même que l'océan aqueux subit son batearement sans que les courante intérieurs ai aotent tronblts ni changés. L'effet des marées ne se marque, ne se scBtbia que sur les rivages, c'est-Mire, à rinterruptaon dn liquide homogène, et à son choc contre des masses et des aivean étrangère : or l'océan aérien, rond comme te globe, n'a rien de semblable : l'ondul^ticm, s'il y en a, rook sor sa surface, et la vaste lame atmosphérique qui ne reneoBlrp ni écueils, ni rivages, court mollement sans éprouver de ressac. Si les vente, ces courante d'air si variables, ai £vtfs, dépendaient de la lune, ils devraient, eoome les marées , être corrélatifs à ses phases; ils devraient avoii
DES ÉTATS-UNIS
une marche pModiqoe aoamise à la régularité oa aux anomalies de cette planète, et Ton n'aperçoit rien de tel ; dans ces changements de temps joamellement annoncés par les ahnanachs et attendus par le Tulgaire pour cliaque quartier, sor Tîngt exemples , quinze sont en défaut; et il ne serait pas étonnant , tu le petit nombre des chances, qu'A en réussit davantage sans produire rien de plus concluant. Sur la mer même, où Ton prétend que les règles sont plus fixes , les marins impartiaux couTiennent que les changements de temps n'ont rien de fixe, rien de régulier; que c'est bien plutAt à rapproche des terres , au voisinage des caps, à l'entrée ou à la sortie de certains parages, qu'il fiiut rapporter leurs causes; enfin les astronomes reconnaissent que la période même de 1 9 ans, qui ramène les mêmes positions lunaires, ne ramène pas la moindre ressemblanoe dans le cours ni dans la succession des vents : de manière que rien n'établit , rien ne prouve une action unmédiate et sensLUe de la lune sur ces courants de Tair. Il n'en est pas ainsi de l'action du soleil, qui se mani< (este, et dans leur formation première, et dans leurs mouyements généraux ou partiels , enfin jusque dans leurs h-régalantes , toujours occasionnées par les degrés divers et yariables de chaleur que sa présence ou son éloignemeot excite sur les mers et sur les continents , et par les circonstances topographiques des montagnes plus ou moins éle- Tées, des terrains plus ou moins nus ou boisés qui empêchent ou permettent le passage des vents. C'est le soleil qui, place à l'équateur , y établit d'abord le grand courant du vent alizé qui influence tous les autres , et qui , comme le cours de l'astre, est dirigé de l'est vers l'ouest, non par reflet mécanique de la rotation du globe qui laisserait en arrière son enveloppe aérienne, mais parce que le solefl établit sous sa perpendiculaire un foyer de chaleur qui sans cesse anticipe avec lui de l'est sur l'ouest, et qui est immédiatement remplacé par la colonne d'air frais laissée en arrière, aspvée et courant après lui : de là cette particularité du vent alizé toujours plus vif à midi, c'est-à-dire au moment de la plus grande clialeur, et se relâchant vers minait ; le soleil passe-tril au tropique du sud, la zone alizée s'y porte avec lui , et délaisse d'un nombre égal de degrés le nord de la ligne équinoxiale. Le soleil revient-il au tropique du nord, l'alizé y revient à sa suite, et resserre son Ut austral dans la même proportion. Sur l'océan Pacifique, ce courant suit des lois plus régulières que partout ailleurs, parce que l'action du soleil est plus égale, plus uniforme, sur l'immense sur&œ de cette mer : mais parce que les terres sont susceptibles d'un degré de chaleur plus élevé que les eaux, cette action change à Tapproclie des continents, et avec elle, le courant de l'air se modifie près des cdtes de l'Inde, de l'Afrique et de l'Amérique méridionale, selon leur gisement, leur configuration, et selon la nunière dont y agit le soleO; ainsi, parce qu'en été ses rayons frappent verticalement tout le bassin du Gange, il s'établit à l'orient de la chaîne des Gâtes, séparant le Malabar du Coromandel, un foyer de chaleur et d'aspiration qoi occasionne le courant appelé mousson d'été : ce courant est sud-ouest, phi vieux, orageux, et chaud sur le pays de Malabar, parce ({u'il vient de la mer arabico-afriraide; tandis que sur le pays de Coromandel il eai nord-
ouest, sec et tirais, parce qu'il a passé pardessus la régk» élevée des Gâtes, où il s'est purgé de pluie et de chaleur '.
En hiver, au contraire, lorsque l'atmosphère indienne est rafraîchie par l'éloignement du soleil, une autre mousson a lieu dans la direction de nord^t, parce qu'alon les nx>ntagnes neigeuses du Tibet versent leur couche d'air froid sur le plat pays et sur le golfe du Bengale, dont l'air moite et léger ne leur offre qu'un vide relatif sans résistance.
D'autre part sur l'Atlantique, entre l'Afrique et le Brésil, un mécanisme semblable produit des efllets difléreots, parce que les droonstanoes géographiques diffèrent : le continent africain n'ayant aucunes hautes montagnes sous l'équateur, n'appeUe impérieusement aucun grand courant d'air sur sa surface ; seulement ses rivages aspirent jusqu'à la distance de 80 ou 100 lieues Tair qui est nécessaire au foyer dont ils sont le siége,*et le vent alizé ne prend son cours qift hore de cette sphère littorale.
L'Amérique, an contraire, éprouve et cause des mcldenls différents et divere :
r Parla configuration singulière de ses deux contments, qui forment comme deux grandes Iles;
7? Par le grand vide ou cul-de-sac qui se trouve entre ces deux Iles-continents;
3*^ Par l'isthme montueux de Panama, qui fait le fond de ce cul-de-sac, et lie les deux Amériques;
4^ Enfin par la chaîne de ses montagnes, les plus hautes du globe, qui courant au bord de l'océan Pacifique par le Chili, le Pérou, l'istlimede Panama, le Mexique, etc. laissent à l'est un inmiense pays plat, tandis qu'à l'ouest elles n'ont pour rivage qu'une pente aussi haute qu'elle est rapide.
De cette constitution topographique, II résulte relative, ment il l'Amérique méridioiuile, que le soleil frappant verticalement pendant 6 mois > ce continent sur sa plus grande largeur, établit sur tout le pays à l'orient des Andes, c'està-dire sur le Brésil, l'Amazone, etc. un foyer d'aspiration qui redouble de ce côté l'activité du vent alizé venant de la mer. Ce foyer étend même son action par-delà et au ■ord de l'équateur, et il y fait dévier et incliner, sous une direction de nord-est, l'alizé, qui alore apporte sur la Guyane toute l'humidité de l'Atlantique. La chaîne des Andes est le pomt commun où viennent aboutir tous ces vents : et parce que son extrême élévation leur ferme tout passage sur l'océan Pacifique, ils accumulent leure nuages sur son flanc oriental; aussi les provhices de Cuyo, de Tucuman, d'iiregiiipa, sont-elles alon un théâtre renommé de pluies, de tonnerres et dechaleura excessives ; tandis que le revers occidental des Andes, le Chili, jouit d'un dd dair et tem-
* ' Plnsieurs'physidens géographes croient que le vent nordouest an Ben^ile vient des montagnes situées an vrai nordouest du pays : mais , outre qo^ellcs sont trop éloignées , le jeu des deux oétés des Gâtes est tellement correspondant , que Ton ne peut lui admettre d'autre source : c*e$t llnclinalson de la pente orientale, caractérisée nord-ouest et sud-est par le cours des fleuves, qui détermine le reversement du vent; de même que c*est à raison de cette inclinaison , que le soleil échauffant cette pente avant d^avoir échauffé le revers des Gâtes, y cause un mouvement premier et antérieur par lequel rair des Gâte» est attiré, et à sa suite Fair dq Malabar.
* Depuis réquinoxe d'automne jusqu'à celui du printemps , saison d'été pour l'hémisphère austral.
TABLEAU DU CLIMAT ET DU SOL
péré 9om rinfloence des vents que noas appelons sud^west, mais qui sont le yéritable nord-oaest des pays situés pardelà réquateur '. Ces Tents, qui grimpent aussi sur les Andes, contribuent à obstruer le passage de ceux de la partie d'est; aussi Thistorien récent du Chili * obserre-tril que les vents d'est passent si rarement jusqu'à ce pays , que l'on ne dte d'ouragan de ce rumb qu'en l'année 1 633. Par conséquent il faut que les deux courants d'air opposés se lieurtent l'un l'autre, s'élèvent ensemble dans la r^on supérieure où Us sont condensés, et sans doute repliés en d'autres courants qui glissent ou se reversent dans les régions moyennes et inférieures.
Par inverse, lorsque le soleil repasse Téquatenr, et s'avance à son nord jusqu'au zénith de la Havane et du centre du golfe du Mexique, sa proximité excite sur le continent septentrional d'Amérique* un foyer de chaleur et d'aspiration qui détourne et attire de ce côté le^courant alizé, et cela avec d'autant plus de puissance, que le foyer de l'Amérique méridionale s'éteint ou languit par l'éloignement de l'astre : de là'l'empiétement des vents d'est après le solstice jusque vers les 30 et 32"* nord, par les parallèles de la Géorgie et presque de la Caroline-sud : et de là, à la suite de leur courant dominateur, Vcifjlux des vents de la zone tempérée, qui se portent vers la zone polaire avec les circonstances développées plus haut : ainsi le soleil se montre sans cesse le r^ulateur suprême, s'il n'est pas l'unique, de tout le système des vents, soit dans leur création , soit dans leurs mouvements; et sa puissance se manifeste ou s'indique jusque dans l'irrégularité apparente ou vraie de leur rotation annuelle , et dans la marche singulière que suivent les saisons aux États-Unis, marche qui dérive uniquement de celle des vents.
En effet, il est remarquable que dans un pays od les froids sont si rigoureux, l'hiver soit cependant plus tardif, plus lent à s'établir qu'en Europe : chez nous, par les 45 et même par les 42*' de latitude , à peine la mi-octobre est-elle arrivée, que les brouillards, les pluies, et des gelées presque journalières bannissent pour 4 et 5 mois les beaux jours. En Amérique, au contraire, la mauvaise saison ne commence réellement, le ciel ne se gâte à demeure, même dans les États du Nord, que peu de temps avant le solstice d'hiver ( mi-décembre), et U fout trois ou quatre tentatives, trois ou quatre grandes crises dans l'air pour que les vents boréaux parviennent à changer la température générale , en chassant les vents méridionaux qui la protègent et l'entretiennent.
La première de ces crises arrive régulièrement à l'équinoxe d'automne dans les 10 jours qui précèdent ou dans les 10 qui suivent le passage du soleil à l'équateur. A cette époque , U y a toujours un coup de vent général de la partie de nord-est à nord-ouest : et cela , comme je l'ai dit , parce que l'atmosphère boréale se reverse dans l'espace que le
*■ Hb viennent du quart entre l'ouest et le pôle : la qualité sèche et froide de ces vents sur la côte du Chili, jointe à leur fréquence, est un indice de la non-existenoe d'aucune grande terre vers le pôle austral , et de la quantité des glaces qui y sont amoncelées.
' Mottna, Italien, auteur d*nne bonne Histoire géographique, naturelle et civiU du ChiU , traduite en espagnol , par Mendoza. Madrid, 1788, grand in-s®, belle impreasioo.
soleil abandonne et cesse de dilater : ce coup deTcnl eK pour ainsi dire le premier flot de lagrande marée <éflia(^aje de Vocéan aérien : il est accompagné de ploiesqu'apporteol les flots de cet oc^n, lesquels dans leurs ondulation» et leurs tournoiements ont balayé la sur&ce des mors. Ces pluies, par leur évaporation, causent dans l'atmosphèn un premier refroidissement qui commence à calmer leschaleurs de l'été, et qui, à partir de la ligne du Patapsco sur la côte Atlantique , et de la ligne de l'Ohîo dans le pay» d'Ouest, occasionne les premières gelées de la saisoii. Cn gelées ne se font pas sentir dans le plat pays du sud , pardelà les lignes du Potômac et de l'Ohio; dans le nord et dans les montagnes, elles hâtent la maturité du maïs en dépoufllant de leurs graines épaisses ses épis , qui se trooTeitt exposés à toute l'action du soleil. L'équiUbre de l'air se tarde pas de se rétabUr : les vents de sud-ouest îA^<ntsl reprennent leur cours, et ramènent des chaleurs qoelqqeiâii aussi fortes qu'en été, auxquelles il faut attribua l'apparition périodique et la force accidentelle des fièTies lotomnales.
Une seconde crise arrive du 15 an 20 octobre, c'est4-din quand le sdeil s'est déjà avancé de 20 à 25 déffés m tod de l'équateur. Alors se foit un second coup de veat, eacorf de nord-est à nord-ouest, conune si le soleil , par quelque position particulière, causait une nouvelle raptore d'équilibre dans l'atmosphère, et comme si en effet, defcnn lertical au grand cap oriental de l'Amérique méridioBale, compris entre San-Roquo et San-Augustino , il déterauDait tout à coup le courant alizé à doubler ce cap, et à se jeter sur la côte du Brésil , qui , par sa retraite , favorise on plus vif épancbement Avec ce coup de vent , nouvelles pluies, nouvelle évaporation , nouveau refroidissement, aoaieik époque de gelées, qui pour cette fois s'étendent jusqn'es Caroline et en Géorgie : dès lors l'hiver s'annonce sur tout le continent Ces gelées flétrissent les feuilles dansles forêts , et de ce moment la verdure prend des nuances de violet, de rougemat, de jaune p&le, de brun noordoré , qui ao dédis de l'automne donne aux paysages d'Amérique on édatet un agrément que les nôtres n'ont pas. Les vents deuvM et de nord-ouest deviennent plus fréquents; le sod^nett perd de sa vigueur et décline vers l'ouest ; l'air devient pios frais, mais le del reste dair ; le soleO est toujours chaud au milieu du jour, et vers novembre, reparaît une série de beaux jours, appelés Vëtë sauvage ( Indian-summer'* : c'est ce que nous appelons en France Tété de U Suit- Martin; mais il est devenu si rare et si court, que uoui n'eni>arlons plus que par tradition.
Une troisième crise plus longue, plus opioiàtie, a Ua vers la fin de novembre ; les pluies et les gelées se nnlli' plient, les feuifles tombent, les nuits deviennent phiska* gucs, la terre plus froide; les vents de nonl-onest pr» nent pied, comme disent les marins; mais les brraillardi n'existent pas comme chez nous ; il n'y a pas là de Aoagingmonth ( mois de pendaison ) comme en Angletmr; le ciel est serein , surtout dans le n<H^ : novembre et ose partie de décembre se passent en gels et en dégels, T01 la mi-décembre, la glace et la neige s'établissent en YenKMit, en Maine, en New-Hampshire, et s'étendent mtrmvement comme un voile jusqu'aux terres hautes de Ife«*
DES ETATS-UNIS
York; janyler amène souvent un dégel, mais il est suiyi d*un froid phis \iolent. En férrier arriyent les plus grandes neiges, et les froids les plus piquants; à Tintensité près, la marche de tous ces phénomènes est la même en Pensylvanie, en Maryland et en Yirgmie : Ramsay observe que même en Caroline, février est le itteur d*orangers, et cela, parce qu'après quelques jours chauds-moites, par venta de sud-est et de sud, revient subitement le nordouest, plus violent. Mars, c'est-À-dire le temps qui approche de l'équinoxe du printemps, est tempétueux et froid, avec des ondées ou giboulées de neiges qu'amènent les venta de nord-est et de nord-ouest II semblerait que le retour du soleil en deçà de Téquateur dût ramener promptement les chaleurs; mais la prédominance des vents de nordest à cette époque, la continuation du nord-ouest devenu plus tempétueux, le refroidissement de la terre par les neiges et les fortes gelées, retardent tellement la végétation, qu'avril tout entier s'écoule dans la même nudité de sol que mars : ce n'est que dans les premiers jours de mai , mtoie en Virginie, par les trente-sixième et trente-septième degrés , que les forêts se revêtent de feuilles : cas d'autant plus étonnant, que les rayons du soleil dans le milieu du jour y sont d'une ardeur insupportable dès la mi-avril : et que la différence de saison avec le Canada n'est pas de dfx jours; la feuillaison ayant lieu, même à Québec, avant le 1 5 mai, 25 jours seulement après la débàde des glaces et des neiges ' , en sorte que le changement de saison se fait à la manière d'une décoration de verdure ou de frimas qui s'étend ou se replie sur ime scène de 300 lieues d'étendue. D'où il résulte que, selon une remarque dès longtemps faite par les Européens, il n'y a point de printemps aux États-Unis, et que l'on y passe brusquement d'un froid rigoureux à des chaleurs violentes avec les circonstances bizarres d'un vent glacial, d'un soleil brûlant , d'un paysage d'hiver et d'un ciel d'été : lorsque enfin la v^étation a éclaté, elle suit la marche la plus rapide; les fruits succèdent promptement aux fleurs * , et mûrissent plus vite que chez nous. Alors que le soleil au plus haut de l'horizon échauffe tout le continent, les vents du quart de nord sont comprimés par les vents de sud et de sud-ouest ; juin amène les chaleurs les plus vives : juillet les chaleurs les plus longues avec les orages les plus fréquents : août et septembre les chaleurs les plus accablantes, à cause des calmes qui les accompagnent : et si dans aucun de ces mois il y a trois semaines de sécheresse , l'ardeur est si forte que Bellcnap, Rush et d'autres écrivains, assurent que le feu prend spontanément dans les marais et dans les forêts ^ : cooune je ne conçois pas cette igni-
' A Paris J'ai remarqué pendant nombre d'années , que les premières feuilles des marronniers d'Inde se montraient entre le 24 mars et le 5 avril, aux Tuileries, et que celles des chênes se déployaient presque un mois plus tard dans les forêts.
* En 1798 , je goûtai à Philadelphie et à New-Castle, les premières cerises avant le 6 juin , et je goûtai à Bordeaux les dernières le 6 juillet : Je pus constater ropinion de tous les Français , qui trouvent aux cerises américaines un adde ^lo^ dant que les nôtres n'ont pas, et qui se manifeste habituellement par des coliques. L'on en peut dire autant des fraises.
-^ Quelques matières, telles que le charbon broyé On avec de la limaille et du soufre, de l'huile de chenevis avec du noU de fbméeet autres semblables, sont susceptibles dlnflam-
tion spontanée, je ne puis ni l'admettre ni la rejeter, et en attendant qu'elle me soit démontrée par le raisonnement ou par les faits, je l'attribue aux tonnerres ou à la né^igence des voyageurs, qui n'éteignent point ou qui éteignent nud les feux que chaque nuit ils allument à l'endroit de leur bivouac dans les bois.
L'équinoxe arrive enfin , et la série des phénomènes que j'ai décrits recommence, toujours variée dans ses détails , mais assez uniforme dans la généralité du système, lequel consiste à ramener en hiver les vents de nord-est et de nordouest, qui sont la cause majeure du refroidissement de l'air; à reproduire en été les vents de sud et de sud-ouest, qui sont la cause radicale des dialeurs', des calmes, des orages : à passer des dialeurs aux froids par les vents du couchant pendant l'automne, qui est le soir et le couchant de l'année; et par les vents de la partie d'orient pendant le printemps, qui est le matin ou Yorient de l'année : distribuant ainsi à ce pays, dans le cours d'une révolution complète du soleil , quatre mois de clialepr, dnq mois et presque six de froid et de tempêtes, et seulement deux ou trois mois de temps modéré.
Depuis quelques années, on a généralement fait la remarque, aux États-Unis, qu'il s'opérait dans le dimat des changements partids très-sensibles, et qui se manifestalent en proportion des défrichements , c*est-à-dire , du déboisement des lieux. « Dans tout le Canada, dit Liante court, l'on observe que les chaleurs de l'été deviennent « plus fortes et plus longues, et les froids de l'hiver plus « modérés. » — Dès 1749, le docteur Peter Kalm avait recueilli le même fait En 1690, Lahontan écrivait : « Je « partis de Québec, et je fis voile le 20 novembre; ce qui « ne s'était jamais vu auparavant. » Et en effet, les registres du commerce constatent, conune je l'ai déjà dit, que vers 1700 les assurances pour la sortie des eaux du Saiot-Laurent étaient closes au t1 novembre, et maintenant elles ne le sont qu'au 25 décembre.
Lliistorien deVermont, M. S. Williams, dte une foule de faits à l'appui de ce phénomène : « Lorsque nos ancêtres, « dit-il ■ , vinrent en New-Bngland , les saisons et le temps « étaient uniformes et réguliers : l'hiver s'établissait vers la « fin de novembre et continuait jusqu'à la mi-février. Pen- « dant cette durée, il régnait un froid clair et sec, sans beauci coup de variation. L'hiver finissait avec février ; et lorsque A le printemps arrivait, il venait tout à coup et sans nos « variations brusques et réitérées du froid au chaud et du « chaud au froid. L'été était très-chaud, étouffant; mais « il était borné à six semaines : l'automne commençait « avec septembre : toutes les récoltes étaient doses à la « fin du mois. Aujourd'hui cet état de choses est très-dif- « férent dans la partie de la Nouvelle- Angleterre , habitée a depuis lors : les saisons sont totalement changées; le « temps est infiniment plus yariable; l'hiver est devenu « plus court, et interrompu par des dégds subits et forts. <t Le printemps nous donne une fluctuation perpétudle du « froid au chaud, du chaud au froid, extrêmement A-
mation spontanée à certains degrés d'bomidité et de chaleur; si de tels mélanges se trouvent dans les marais, 11 estréeltoment possible que nnflammation ait lieu. > Hùtory o/rermont, pag. 04 etsuiv.
« cheine à toute la yégétatkm : Tété a des chaleurs « violentes, mais elles sont plus prolongées; l'automne « oommenoe et finit plus tard; et les moissons ne sont ache- « Ttfes que dans la première semaine de novembre : enfin « rhiver ne déploie sa rigueur qu'à la fin de décembre. >
Tel est le tableau curieux de la partie nord.
Pour les États du milieu, le docteur Htuh présente en PensyWanie des &its par&itement semblables '. « Se- « Ion nos vieillards, dit-il, le climat a diangé. Les prin- « temps sont plus froids; les autonmes plus longues , plus « chaudes; les bestiaux paissent un mois plus tard : les « rivières gèlent plus tard, et restent moms longtemps « scellées, etc. »
Dans la Virginie, M. Jefferson (pag. 17 ) dit également : « n parait qu'il se fait un changement très-sensible dans « notre dimat Les chaleurs, ainsi que les froids, sont moin- « dres qu'autrefois, au rapport de personnes qui ne sont « pas encore fort âgées : les neiges sont fréquentes, moins « abondantes. »
Enfin moi-même, dans tout le cours de mon voyage, tant sur la o6te Atlantique que dans le pays d'Ouest , j'ai recueilli les mêmes témoignages : sur l'Ohio, à Gallipolis , à Wasliington de Kentucky, à Francfort, à Lexington, à Cincinnati, à Louisville, à Niagara, à Albany, partout l'on m*a répété ces mêmes circonstances : des étés plus longs, des automnes plus tardives, et les récoltes aussi retardées; des hivers plus courts, des neiges moins hautes, moins durables, mais non pas des froids moins violents; ei dans tous les nouveaux établissements l'on m'a dépeint ces changements non comme graduds et progrèssife, mais comme rapides et presque subits, pn^rtionnés à l'étendue des déboisements.
Un mouvement sensible dans le climat des États-Unis est donc un foit hors de contestation ; et lorsque après enavoir fourni les preuves, le docteur Rush, frappé de la rigueur de plusieurs hivers depuis huit ans , élève des doutes sur les récits des anciens, sur la précision de leurs observations, faute de thermomètres, ces doutes disparaissent devant la multitude des témoignages et des faits positifik La cause de ce changement, sans avoir un égal degré d'évidence et de certitude, en a cependant un de vraisemblance capable d'obtenir l'assentiment L'opinion de M. Williams, qui Tattribue au déboisement du sol et aux grandes clairières que les défrichements ont ouvertes dans les forêts, me parait d'autant plus raisonnable, qu'elle explique le fait par l'analyse de ses droonstances.
« Dans tout canton , dit-il ', où l'on abat les bois pour « établir la culture, l'ahr et la terre subissent en deux et « trois ans des changements omsidérables de température : « à peine le colon a-t-il édairci qudques arpents de la forêt , « que la teire, exposée à toute l'ardeur des rayons solaires, « s'imprègne, à dix pouces de profondeur, d'une chaleur « plus forte de 10 à 1 r de Fahrenheit ( 5 de Réaumur ) « que le terrain qui est couvert de bois. » M. Williams a
> Voyez plusieurs Mémoires de ce médedn , dans V American JftfStftim, tomes VI et VIL Dansœ même tome VII, un Mémoire sur le dimat de New-Torfc , confirme pour ce pays les mêmes résultats.
* Hiitorg oj Fermant^ pag. 61 , 68 , 63.
TABLEAU DU CLIMAT ET DU SOL
déduit cette évaluation de quelques expérieaoes qu'il a pratiquées en cette vue. Ayant plongé le 23 mai 1789 dm thermomètres, l'un dans le sol d'un champcultiTéetin, l'antre dans le sol de la forêt ou bois environnant, mène avant que les feuilles fussent édoees, tons les deux à dix ponces de profondeur, il trouva :
IrOQVB BS t.*OM.
Mal
Juhi
Juillet . .
Août. . . .
S3 S7 SO SI Septembre.. 16 Octobre. ... I
Novembre. . i
Fah.
Ré.
11 1/3 14 I/S 13 \l% 13 ly^
Fak.
Ré.
StftiftlBCt.
Fak. Si.
D'où 0 résulte qu'en hiver la températuro du sol eoii' vert et celle du sol découvert , se trouve au même dejré de froid; mais en été la différence devient d'autant plos grande que la chaleur de l'air est plus forte ; ce qui coïncide très-bien , 1 ** avec la remarque d' VmfredUe , qui dit qu'à la baie de Hudson, la terre, aux endroits déoooTcits, dégèle de 4 pieds, et seulement de 2 pieds sous les bois; 2" avec celle de Bdlmap, qui rapporte que dans le Kev- Hampshire, la neige disparaît des ciiamps cultivés dès le mois d'avril, parce que le solefl a d^ assex de force tck midi pour la fondre; mais qu'elle persiste jusqu'en nui dans les lieux boisés , quoique sans fieuilles, où elle est prolégée par l'ombre des branches, des troncs , et la firalcbeiir générale de l'air. Gela rend encore très-bien raison de l'andea état des choses exposé par M. Williams , c'est-à-dire de la durée des hivers, alors plus égale et plus longue, et des neiges plus abondantes et plus hautes qo'aïqoord'hDi.
Or, continue cet observateur, « les 10° ( 4 1/1 R. ) de du- « leur Routés au sol découvert se communiquent à Tair « qui est en contact » — Et j'ajoute que, par cela mteie, cet air échauffé se lève de suite, et fait ptooe à an aotrr latéral venant des bois, ce qui augmente considérahleDeBl U masse d'air chaud.
« 2° Le déboisement cause Tévaporation des esnx et le « dessèchement du terrain, ainsi que l'on en fUt joond- « lement la remarque dans toutes les parties des Élats- « Unis , où des ruisseaux se tarissent, et où des miraisci « swamps sont mis à sec. » — Raison nouvelle de dimiDDtion de fraîcheur et d'accroissement de chaleur daos l'atmosphère. 9
« 3° Le déboisement cause la dimmution très-sensible de « la durée et de l'abondance des neiges, qui couvraient, A « 7 a moins d'un siècle , toute la Nouvefle-Angletene, po* « dant trois mois non interrompus , c'est-à-dire, éepàs les « premiers jours de décembre jusqu'aux premiers jours de « mare; et tel est encore le cas de la psitie boisée, tandis « que maintenant , dans la partie cultivée , dles ne son! si « aussi durables, ni aussi hautes, ni aussi continues.
« 4'' Enfin il y a dans les venU, continue H.* WiliisBs, « un changement très-marqué : l'ancienne pffédomhwws « des vents d'ouest parait dimhiuer diaqoe jour, et « les vents d'est gagnent en ftéquenoe et cnéUndnedc
DES ÉTATS-UNIS
« domaine. 11 y a dnquaDle ans, à peine pénétraient-Ûs à « 30 oa 40 milles du rivage de la mer ( 10 à 13 lieoes); « maintenant ils ae'font sentir très-sonvent an printemps» « à 60 milles, et même jusqu'à nos montagnes distantes « de 70 et 80 milles ( 27 lieues ) de l'Ooéan. L'on s'a- « perçoit (brt bien qu'ils avancent exactement à mesure « que le pays se défriche et se déboise. » — Ce qui vient encore de ce que le soi découvert, étant plus édiauflé, attire mieux ou admet plus (HcOement Fair de la côte Atlantique.
M. Jeflerson cite un lait parfaitement semblable en Virginie : «Les brises de Test et du sodH>uest S dit-il, page 10, « paraissent pénétrer par degrés plus avant dans le pays... « Nous avons des habitants qui se souviennent du temps « où elles ne passaient pas Williams-burg; —maintenant « elles sont fréquentes à Richmond ( 60 milles plus loin) , « et elles se font sentir de temps en temps Jusqu'aux mon- « tagnes. A mesure que les terres se défricheront, il est « probable qu'elles s'étendront plus loin dans l'ouest »
Il faut donc attribuer le changement qui s'opère dans le dimat des États-Unis à deux circonstances majeures : 1"* au déboisement du sol et aux clairières peroéesdans la forêt continentale, lesquels produisent une masse d'air chaud qui s'augmente chaque jour.
2** A l'introduction des vents chauds par ces clairières; ce qui dessèche plus rapidement le pays et échauffe davanlage l'atmosphère : par conséquent, il se passe en Amérique ce qui a lieu dans notre Europe, et sans doute dans l'Asie et dans tout l'ancien continent, où l'histoire nous représente le climat comme beaucoup plus froid jadis qu'il n'est aujoord'hui. Horace et Javénal nous parlent des glaces annuelles du Tibre, qui maintenant ne gèle jamais. Ovide nous pemt le Bosphore de Thraœ sous des traits que Ton ne reconnaît plus; la Dacie, U Pannonie, la Crimée, la Macédoine même, nous sont représentées comme des pays de frimas égaux à ceux de Moscow, et ces pays nourrissent maintenant des oliviers et produisent d'excellents vins : enfin notre Gaule, du temps de César et de Julien , voyait chaque hiver tous ses fleuves glacés de manière à servir de ponts et de chemins pendant plusieurs mois; et ces cas sont devenus rares et de bien courte durée *.
Néanmoins, je ne puis partager l'opmion de M. WflUams sur la diminution qu'O suppose être arrivée dans l'mtensité du fimd depuis le siède dernier. Qudque plausible que soit son raisonnement pour prouver que le froid de 1633, avec les mêmes accidents, fut plus fort que ceJui de 1782, et qu'ils furent tous deux le maximum connu, œ raisonnement n'est qu'une hypothèse qui ne peut suppléer an dé&ut d'observatkm thermométrique en l'année 1633. ( Les thermomètres n'ont été usités en Amérique que vers 1740. ) L'on a surtout le droit de récuser son hypothèse, si,, comme je crois l'avoir prouvé, le vent de
' Je pensequ'll y a erreur dMmpression ou de traduction : ce doivent être les brises de Test et de sud-est.
> Si depuis 1795 Ton éprouve en France une nouvelle altération dans la température des saisons et dans la nature des vents qui la produisent , J^oserais dire que c'est parce que les Immenses abatis et dégâts de forêts, causés par l'anarchie de U révolution , ont troublé l'équUihre de l'air et la direction des courants.
nord-ouest est l'agent radical du froid sur ce continent: rien n'indique que le caractère de cet agent ait dû changer; l'on est de plus autorisé à nier cette diminution d'Intensité du froid, à raison de l'analogie d'une eqiérienoe précise du docteur Ramsay. Ce médecin ayant comparé les observations du docteur Chalmers, continuées de 1750 à 1759 avec les siennes propres, faites de 1790 à 1794, n'a trouvé qu'un demi-de^ré de différence dans l'intensité du chaud : or un demi-degré de Falu'enbeit valant moins d'un quart de Réaumur, est une si petite quantité, que l'on ne peut l'attribuer qu'à la différence des instruments; et si la chaleur qui devrait croître n'a pas varié, il est naturel de penser que le froid reste le même : il me semble donc que les seules circonstances démontrées quant à présent sont, les fiivers plw courts, les étés plus longs, les automnes plus tardives, sans que les froids aient perdu de leur vivacité; et c'est ce que les dix dernières années ont assez bien prouvé. M. Mackenzie ', qui confirme les changements dont j'ai parlé, leur cherche une cause secrète et inhérente au globe, parce qu'il a vu ces changements se montrer en des lieux où le défrichement n'a pas encore eu lieu; mais si ces lieux, qu'il ne désigne pas, se trouvent en Canada, ils viendraient eux-mêmes à l'appui de la théorie que je propose , puisqu'il suffirait que certains rideaux de bois situés sur des crêtes de montagnes et de sillons eussent été coupés en certains cantons de Kentucky et de Genesee, pour que des courants considérables du vent de sud-ouest se fussent introduits dans l'intérieur du haut et bas Canada. L'on n'a point jusqu'à nos jours donné assez d'attention à cette marche des courants aériens qui vont rasant la terre, ni aux effets qui en résultent; mais l'expérience et l'observation finiront par prouver qu'ils jouent dans les températures locales comme dans les températures générales, un rôle bien plus influent qu'on ne l'a pensé >. D'ailleurs, je ne conteste point la possibilité de toute autre cause qui, comme à M. Mackenzie, me serait inconnue.
Une question d'un intérêt plus grand, est de savoir si le dlmat des États-Unis s'est amélioré par ces changements; et celte question se trouve presque résolue par la comparai8(m que M. WilUams a présentée de l'état actuel à l'état anden , ce qui n'est pas le côté le plus favorable. Malheureusement les observations des roédedns confirment ce résultat : le docteur Rush , dont les recherches sur le climat de Pensylvanie sont le fruit d'une correspondance étendue avec ses confrères, ne peut s'empêcher de déclarer « que « les fièvres bilieuses suivent partout l'abatis des bois, le dé- « frichement des terrains , le dessèchement des marécages « {swamps) ; qu'il faut plusieurs années de culture pour « les faire disparaître ou les atténuer ; — que les pleurésies « et autres maladies purement inflammatoires , qui jadis « étaient presque les seules, sont maintenant bien moms « communes ; ce qui prouve une altération évidente dans la « pureté de l'afr alors plus oxygéné , etc. » Ce sont là des* effets si naturels des théories connues sur les émanations des bois, et sur celles des terres nouvellement remuées, qu'il
> Tome m, page 8S0.
* Par exemple , c'est eux qui font que oertains cantons sont constamment affectés de gièles ou de tonnerres , tandis qu'à une demi-lieue de là , le pays en est haWtnellement exempt.
TABLEAU DU CLIMAT ET DU SOL
est inatfle d*y insister ; mais pirce qa*un exposé détalUé des inoonyénients attachés à ce climat peut avoir le mérite d'indiquer leurs préservatifs , en montrant leurs causes , je vais en faire le siqet particulier de mes redierchesdans le chapitre saivant et dernier.