‹ Œuvres complètes de VolneyChapitre 181 sur 230 · TABLEAU DU CLIMAT ET DU SOL DES ÉTATS-UNIS · texte numérisé non relu

TABLEAU DU CLIMAT ET DU SOL DES ÉTATS-UNIS

qae les États-Unis d6 sont pas le meillear pays du monde ; néanmoins, si l'émigrant qui Teut se fixer recueille les avis d*ÉUts à ÉUts, l'habitant du Snd le dégoûtera de s'établir dans le Nord à raison des trop longs hivers » des froids pénibles et rigoureux, des beso^ dispendieux de tout genre qui en résultent pour se loger, se vêtir, se chauffer, etc.; de la nécessité d'entretenir pendant six mois les bestiaux dos à Tétable , et par suite , de faire des provisions et des cultures de fourrages, des constructions de grangeSy etc.; enfin, à raison de la modicité des produits du soL.. 0e son côté, Thabitant du Nord vantant sa santé, son activité, effets du firoid de son climat , de la maigreur de son sol , et de la nécessité du travail , décriefa les États du Sud à cause de Tinsalubrité de leurs marais et de leurs cultures de riz, de l'incommodité de leurs insectes, mosquites et mouches, de la fréquence de leurs fièvres, de la violence de leurs chaleurs, de Tindolence et de la faiblesse de constitution qui en résultent, et qui produisent les habitudes oiseuses , la vie dissipée , l'abus des liqueurs , l'amourdu jeu, etc.; tout cela farortsé encore par l'abondanœ même du sol et la richesse des produits : de plus , Thabitant de la Caroline s*aooordera avec celui du Manie pour décrédtter les États du Centre comme ayant les inconvénients des extrêmes sans en aroir les avantages ; ainsi , j'ai entendu moi-même à Philadelpliie les Caroliniens se plaindre de la chaleur, et les Canadiens du froid , parce que Ton ne sait y prendre de précaution ni contre l'un ni contre l'autre; ei^ , si dans un même canton reconnu pour msalubre, rémigrant veut prendre des infomiations précises, chaque habitant l'assure que ce n'est pas sur sa ferme, mais sur celle de son voisin qu'est le foyer d'insalubrité , et que c'est d'im toi étranger que lui vient la fièvre... En résultat, le fait est qne chaque individu , chaque nation , tout en se plaignant de leur sol y de leur situation , préfèrent néanmoins leur pays, leur ferme , par égoisme , par intérêt , et pardessus tout , par un motif moins senti , mais bien plus puissant, le motif de V habitude. L'Égyptien préfère son fleuve, l'Arabe ses sables brûlants , le Tartare ses prairies découvertes, le Huron ses immenses forêts , l'Indien ses plaines fertiles, le Samoiède etl'Eskimau les rivages stériles et glacés de leurs mers boréales; aucun d'eux ne voudrait changer, abjurer son sol natal ; et cela uniquement par la puissance de cette habitude dont on parle si souvent , mais dont on ne connaît toute U magie que quand on est sorti de son cercle pour éprouver les effets des habitudes étrangères. L'habitude est une atmosphère physique et morale que l'on rendre sans s'en apercevoir, et dont l'on ne peut connaître les qualités propres et distinctives qu'en respirant un air difiérenL Aussi les gens qui ont le plus d'esprit, lorsqu'ils ne sont pas sortis de leurs habitudes, et qu'ils veulent parler de celles d'autmi, c'esiè-dire , de sensatÎMis qu'ils n'ont pas éprouvées, sonMIs de véritables aveugles qui veulent parler des couleurs : et parce que la sobriété à porter de Ids jugements constitue Vesprit raisonnable si décrié par les aveugles ou les hypocrites, sous le nom â^esprit philosophique, je me bornerai à dire que , comparativement aux pays que j'ai vus , et sans renoncer aux préjugés de mes sensations et de ma constititioD natale, le dimat de TÉgypte, de la Syrie, de la

France et de tout ce qui entoure la Méditemnée, dm parait très-supérieur en bonté , salubrité et agrément aux États- Unis; que dans l'enceinte même des États-Unis, si f avait à (aire un choix sur la o6te Atlantique, ce serait la painle de Rbodfr-Island, ou le chaînon de Sudouest en Vitale, entre le Rappahamiok et le Rônoaàe ; dans le paya d'Ouest, ce serait les bords du lac Érié en cent ans d'id, lorsqu'ils n'auront plus de fièvres; mais pour le présent, ce serait, sur la foi des voyageurs, les coteaux de la Géoiigle et de la Floride lorsqu'ils ne sont pas sous le vent des i

APPENDICE ( f'oyez page 666 ).

Les débordements excessifs qui , pendant fêté de laoo, eurent lieu en Suède , sans que Ton pût en rendre raison par ks pluies tombées dans le pays , m'ayant fait soupçonner que ces débordements étaient dus aux nuages aoeumnléa sor des bhbtagaes limitrophes par un courant d'air ou vent dominaDt,ie m*adressai pour éclaircir ce fait ii un ami zélé des acienoB et des arts , le dtoyen Bourgohig , ministre de la répobliqoeiGopenhague, et Je le priai de me procurer des réponses exaria à diverses questions que Je lui envoyai. Il comnanlqua cm questions k plusieurs savants, tels que BIM. MelaiMieihiclfli, Svanberg , Lœvener, Schoenhenter, Wibbe , Grove , Bodi; d les notes séparées qu'ils eurent la eomplaisance de loiibanir m'ayant présenté dans leur comparaison un »«>— ■wfc|^ de faib corrélaUfs, Je crus devoir en envbyer le résoiné au ministic, à titre de remerdements. Comme ce résumé se Uc mu siyet qiK J*ai traité dans cet ouvrage, Je Ilnsère id avec rinteiitîuo ultérieure et additionnelle d'attirer Fattentlon des météoitilogistes sur la totalité du système des vents de la iom polalR, et de parvenb: à connaître le Jeu correspondant do nord-oHot et du nord-est d'Amérique, avec les vents de la Rosaie etde la Suède.

Lettre au citoyen Bourgaing, mtmflrv de la répmkUfae J^nçaiee près le roi de Danemark.

PmtU, 1" TcatSM «119 ( ao AnteriUx).

VOS obligeantes notes , dtoyen minbtrc , me aont parvenoB

précisément dans Tordre inverse de leurs dates et parcrtts

raison J'ai dû attendre la dernière pour vous Caire tous bms remerdements; J'ai d'ailleucB désiré de vous envoyer on résoRat de travail qui me disculpât près de vous et près de qœlqiKS- UDs de vos consultés , de l'emploi de votre temps en sy^lèass et en théories saos fondement comme sans utilité. Quel que soit le résultat de mon travail , il ne serait pas sans ntilité s'il prouvait qu'il y a, ou même qu'il n'y a pas, de marche tut dana les courants de l'air; et que l'on peutoa qae IV» ne peut pas Juger du vent qui règne dans un lieu par le Tent qui a régné ou qui règne dans un autre. La navigation» ragricdture , sont intéressées à ce problème , puisque sa solofioQ mfluerait beaucoup sor les spéculations de commcxoe , tf'adiats ou de ventes de grains. — Quant au reproche dTtsprii syaiematique, J'en suis peu affecté, parce que Je ne me sens psiat du tout atteint de l'engouement qui en fait le vlœ et le ridicule. — A vingt ans f avals des systèmes dont j*étals trÉsyg suadé. -^ Nos maîtres, vous le saves, dtoyen ministva, aoas enseignaient à ne point douter, à tout prou ver par olfM ettffyti, à tout expliquer sans demeurer à quia; mais à mesoïc qai l'expérience a refait mon éducation. J'ai vu qui! CalUlt icnoncer à l'esprit doctoral, et sll m'est resté une doetriw à suivre et à prêetier, c'est œlle de douter beaneoup , de w pas être pressé d'oanMvr, et d'etretoi4olnsprètàrevoir la qoeHiaB et à écouter d'autres faits. Après cela. Je n'ai pas aéanmoias la duperie d'accorder à mes adverses plus d'infailltbiUtéqa'a mol; et qud que soit d'ailleurs leur mérite, slls n'ool pas fait une éinde particolière de la question en dâMl, stb pretendent en Juger par aperçu et analogia, Je le«r réteefue a

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