SUR LA FLORIDE
Et sur le livre de Bernard Rohans, intitulé A concise natural and moral History of east and wesC Florida; New-York, 1776, sold by Aitken, in- 12.
Courte Histoire naturelle et morale de Ut Floride orientale et occidentale.
« L'auteur, qui a pané ptaflicnrs annéM dans le pays
• eo obserrateor et en médeck édairé» diatii^;iie.deux « diiaau en Floride; l'un qu'il appeUe climat de nord,
• lequel s'étend du 31'' au a7<> 40' lalilude; l'antre, le eii^
[ mat de sud, qui s'étend du 27'' 40' au 25'' : il fonde cette i distinction sur ce que dans l'un les gelées sont babi- : tuelles pendant l'hiver, tandis que dans l'autre elles sont i extraordinairemenl rares : il eût été simple et plus dair t de dire qu'il gèle dans tout le parallèle du continent, i et qu't/ ne gèle point dans la presquHle propre.
« Dans ce pays l'air est pur et clair. L'on ne voit de t brouillards que sur la rivière SaintrJohn; mais les ro- ( sées sont excessives. Le printemps et rautoame sont ( extraordinairement secs; l'automne très-variable du ( chaud au frais. Le commencement de l'hiver, c'est-ài dire janvier, est humide et tempétueux; février et mara t sont secs et sereins; de la fin de septembre à la fin de ( juin, il n'y a peut-être pas au noonde de climat plus < doux ; mais juillet, août et septembre sont excessivement t chauds, et cependantles variations du froid au chaud sont
ÉCLAIRCISSEMENTS
M bien moindres qu'en Caroline , et la gelée bien plus rare.
« En toute saison , à midi , le soleil est cuisant; jamais « le froid n'affecte même l'oranger diinois, dont le fruit « est exquis. SaintrAugustin est sur la frontière des deux « climats.
« Sur la côte Est ou Atlantique, règne le Yent alizé d'est. « Sur la côte Ouest ou du go{fe Mexicain, les brises de «< mer venant de l'ouest au nord-ouest rafWiichissent en été « toute la presqu'île. Tous les genres de fruits y prospèrent K sans y être desséchés de chaleur ou de froid. Dans toute « la presqu'île la pluie s'annonce 24 et 48 heures d'avance, « par l'excès de la rosée ou par son manque total. Les vents <« y sont également moins variables qu'un peu plus au « nord en remontant vers le continent. Pendant une grande « partie du printemps, de même que pendant l'été et le « début de l'automne et dans la première partie de l'hiver, « ils sont au quart de nord-est; à la fin de l'hiver et dans « le commencement du printemps, ils sont ouest et nord- « ouest.
« Les quinze à vingt jours qui précèdent .l'équinoxe « d'automne et les deux ou trois mois qui le suivent, sont M redoutables en Floride et dans la mer adjacente; c'est-à- « dire , que du commencement de septembre jusqu'au sols- « tice d'hiver y il arrive fréquemment de violentes tempe- « tes. B. Romans n'a jamais ouï parler de grands accidents « à l'équinoxe de printemps. Les terribles ouragans de « 1769 arrivèrent le 29 octobre et jours suivants; celui de « 1772 fut les 30 , 31 août, i'% 2 et 3 septembre : il souffla R d'abord sud-est et est k Mobile; en allant plus ouest, il « était Dord-nord-est Notez que depuis Pensaoola il ne fut a pas sensible dans l'est Le vent fit gonfler toutes les ri- « vières; et, par un cas étrange, il fit pousser une seconde <t moisson de feuilles et de fruits aux mûriers.
« Les vents sud et sud-ouest donnent un air épais et fâ- « dieux aux poumons : il en est de même de cet air étouffé « dont on se plaint si fort en juillet et août. — Les vents , « depuis le sud-est jusqu'au nord-est, sont humides et firais, « et donnent de fréquentes ondées qui rendent le sable même « fertile. De l'est au nord les vents sont (kais et agréables; o du nord au nord-ouest ils sont presque froids. Le ther- « momètre est habituellement entre 84 et 88<' Fah. (22 1/2 « à 25® R.) à l'ombre, là où l'air circule. Pendant juillet et « août, il esta 94*» (27 l/2R.);maisau soleil, il est promp- « tement à 114» ( 36 1/2 R. ). Il ne tombe jamais de plus «< de 2 degrés au-dessous du point de la gelée. II est im- <• |X)ssible de se figurer combien l'air est cliarmant depuis « la fin de septembre jusqu'à la fin de juin. La côte orien- « taie de la presqu'île est plus chaude que l'occidentale » et que tout le climat nord , dont le rivage est exposé aux « piquants vents de l'hiver.
« La pointe de Floride, à sa partie d*ouest, est très- " sujette aux rafales et aux tornados, depuis mai jus- « qu'en août; ils viennent chaque jour du sud-sud^ouest « et du sud-ouest; mais ils passent vite. » ( Voyez la carte des vents , où la tliéorie des courants de l'air s'accorde prédsément à placer les tournoiements à cet endroit.)
« I^docteurMackenzie, médecin (différent du voyageur), « a beaucoup parlé de la moisissure, de la rouillure et « de la liquéfaction du sel, du sucre, etc. Tout cela, il est.
« vrai , se voit plus à Saint-Augustin qu'ailleurs ; cl cq«. « dant il n'est pas de lieu plus sain dans tous ces parages. « L'on y vit très-vieux et très-sain. Les HavanaÎB y vienneiit « conune à leur Montpellier.
« Le dimat nord, c'est-à-dire la partie ouest et oontiiMii. « taie de Floride, a les mèoies caractères que U partie « nord de la péninsule ; mais il y fait des Tents plus froids. «L'onabeaucoupparlédel'épidémiedelaMobileen 1766: « la vraie cause fut l'excessive intempérance des soldatâ. « Les Anglais, même les médecins, consetileiat dans loa^ « ces dimats de boire le verre de vin; maison faUce verre « trop large et trop fréquent.
« Le plus dangereux de tous les inamvénieDts en Améri- « que n'est ni le chaud, ni l'humide, ni le froid, e'e^t « le terrible et subit changement des extrêmes , qui \oo& « donne 30*' ( 14*" R.) de différence en 12 heures, et c^ « est pire au nord mi'au sud. Le sol de Floride est geoé- « ralement un sable ohmc qui a par-dessous lui une ooudie « d'argile blanche. Le rivage de la mer est sans arbrv»; « l'intérieur est plein de pms.
<( Oldmixon, dans son ouvrage du BriUsh empire, « est le seul qui ait dit des choses raiaoonahles sur kaa ractère des sauvages. Tous les Européens, avec leun « rêves de la belle nature, n'ont dit que d'absurdts « folies, » •
Bernard Romans, dans les pages 38 et suivantes, pt^t les sauvages tds que je les ai vus; sales, îTrognes, tàt néants , voleurs, d'un orgueil excessif, d'une vaoit^ btiif à blesser, et alors cruels, altérés de sang, implacaMe» dans leur haine, atroces dans leur Tengeance, etc. rtc H représente les Chicasaws pires que les autres. « I^ « Chactas valent mieux; ils ont de la bonne foi , qudqor « idée de propriété mobilière et personDelle. Ils sont plo> « laborieux que tous les autres. Ils vendent tout aux pas- « sants; mais ils sont adonnés au jeu. » ( L'auteur déduit de cela même l'idée qu'ils ont du mien et du tien. ) • U « suicide n'est pas rare chez eux ni chex les autres. Ils sooi « aussi pédérastes que les Chicasaws, eties Chicasaiis k « sont autant que les Grecs. ( Ces hoonêtiMgeiis-JàauraicDl « bien besom du missionnaire Atala.)
« Les Chicasaws comptaient en 177 1 . . 2S0 gnemers.
« Les Chactas 2600
« Les Creeks confédérés. 3600
« Tous ces sauvages s'arrachent la barbe acee des *^ petites pincettes ou avec des coquilles,
« Les enfants lancent à 20 et 30 yards ( iiièlres) dn « flèches longues d'un pied, qui sont garnies de coton sur « les 4 pouces du gros bout. Ils usent pour cet eflfet de lar- (t bacaues de 8 pieds, et Us tuent des oiseauxet des énircviis.
« Au reste, le pays des Creeks esi&e la plus exoeUeile « terre et du plus agréable paysage , susceptible de kmk « production.
« Celui des Chactas est très-bon aussi ; mais ccJiii dei « Chicasavirs est une haute phdne sèche, ayant peu d'eau d K mauvaise. Leur nord jusqu'à l'Ohio est très-mootoeux. '
L'auteur a jomt trois gravures, représe&laiit les lraiL< physiononiiquesdeoes troispeuples; et quoiqu'elles paraissent avoir été exécutées sur bois ou sur étain , le carad^ n'est pas mal saisi.
NEW-HAMPSHÏRE.
Vout le livre de Bernard Romans est d*uu détail intéres- MDtsur leurs mœurs , leurs mauiëres, et sur les productions du sol.
Il traite avec intelligence des maladies du pays, léfute les assertions du docteur Lind, en ce qu'elles ont d'exagéré ; il eonvientderexcessive humidité rouillante et moisissante à Saint-John et à Saint-Auguslin , et pourtant Saint-Augastin est très-sain , parce qu'il n'a pas les marais de Saint- John.
Les grandes Tariations subites du chaud au froid , avec de fortes rosées, sitôt après le coucher de soleil, sont le cas de Saint-John, de la rivière Nassau, de Mobile et de Campbelton; mais à Pensacola et à son est, à New- Orléans et sur le Mississipi , il ne les a point vues , et Ton ne s'en plaint pas. Ces variations d'ailleurs, et cette humidité, ne sont pas comparables à celles de la Géorgie , et surtout des CanUines : l'on s'en présenre avec du feu dans la maison , et un Tétement de laine le soir. D n'y a de marais saumaches qu'à SainUJohn , tandis que la Géorgie et les Catvlines en sont infectées, ainsi que de mosquites et de puantes exhalaisons.
Les mouches et les mosquites n'abondent qu'aux rizières et aux indigoteries. Il faut convenir que le Mississipi en est couvert an delà de toute idée. L'on n'y vit que sous la mosquetière. Ils disparaissent à mesure que l'on cultive. En résultat , B. Romans conseille aux gens replets, aux biberons, aci gloutons d'Europe et aux pléthoriques, de ne pas ?enir ici sans changer entièrement de régime.
Les fièvres sont très-répandues depuis la fin de juin Jusqu'au milieu d'octobre, c'est-à-dire précisément après les grandes pluies, combinées avec les violentes chaleurs. Elles sont plus tenaces près des rizières et des indigoteries. Il entre dans de très-bons détails sur cet article, dans les pages f 3t et suivantes.
Les marais doux ou saumaches sont malsains, mais non pas les marais d'eaux salées. Au reste , la figure et le teint des habitante suffisent à indiquer leurs maladies.
« Les mosquites ne sont pas si abondants sur les eaux « fraldies et sur le courant du Mississipi qu'au bas de la " rivière et sur toute la plage maritime , où ils sont into- « lérables; » ( mais ils le sont tellement dans les bois le long du fleuve depuis l'Ohio, que le soir quand on allume le feu il ûiut les écarter de l'homme qui prend ce soin , car iUPaveugleraient).
Le tétanos est terrible en Floride, et il est commun aux gens qui abusent des liqueurs et qui couchent au frais. Enfin l'auteur parle du naufrage de M. Viaud et de madame Laeouture, conune d'un fiiit réel et positif qui eut Heu sur le rivage à'Apalachicolas mais ils en ont fait on roman. Les oeufs qu'ils trouvèrent ne furent pas des œufs de dinde, mais de tortue. Il cite des personnes qui ont secouru ces deux naufragés.
Il est Ocheux pour la sdenoe que ce ne soit pas le livre de Bernard Romans qui ait été traduit à la place de celui de Bartram,