POSTE-VINCENNES
la mesure de les concéder à dee AméricaSiis qui se natU' ralisent^ ces Américains supplantent en commerce, en agricultore, en industrie, en activité, les ookus français, qui se rôtirent peu à peu devant eax, et passent en Canada ou 60 basse Louisiane. Deux de mes quatre compagnons de voyage Kenfockois se rendaient ainsi au Missouri pour 8*y établir; ils me dirent que déjà plus de 800 Américains étaient fixés dans le pays, et que si Ton continuait d*afféager des terres, il y passerait sous 3 ans 4 ou 5,000 ramilles du Kentuoky, où les terres sont devenues trop chères, et oà les titres de propriété ont été de tout temps trop sujets à procès.
J'avais eu Tiutentlon de passer avec eux jusqu'à Saint- Louis, distant de 70 lieues du Poste- Vincennes; mais plusieurs inconvénients m'en détournèrent Je me contentai de prendre note des £iits que m'attestèrent plusieurs témoins oculaires qui, cette année même, et dans les quatre précédentes, avaient visité les lieux ; d'^irès ces informntions, il y a du Poste- Vincennes au Kas (c'estràslire Kaskaskias) 43 h«ures de marche, estimées par M. Arrovr Smitb enviroD 100 milles. Le pays, à partir du ruisseau Omifra, à 3 lieues du Poste , n'est plus une forêt contînue, mais une prairie tartare, clair-semée en quelques endroits de petits bouquets de bois, plate, nue, venteuse et froide en hiver :dte est garnie en été de plantes hautes et (bries qui froissent tdlement les jambes du cavalier dans l'étroit sentier où I'ob marche, que l'aller et le venir usent une paire de boites. Les eaux y sont rares, et l'on peut s'y ^;arer , oonune l'avait fait un de mes compagnons qui , lui troteième, y avait erré 17 jours 3 ans auparavant Les orages, lespluies,ks mouches, les taons y sont excès» sivement incommodes en été. U v a 5 ans, l'on ne traversait peint ces prairies sans voir des troupes de 4 à 500 baffles; aujourd'hui il n'en reste plus : ils ont passé le Mississipi à la na^, fanpor Innés par les chasseurs, et surtout par les sonnettes des vaches américames. A l'extrémité de ces prairies, près du Mississipi, est le village édKas, situé en vallée exeessivement chand^ il est tellement nûné qu'il n*y reste pas 12 bmOles eanadUmiêi, et cependant en 1764, le colonel Bouqvetj comptait 400 tètes : en ftice, à rantre bord du fleuve, était ci-devant Sainte* Geneviève, assez gros Tfflage dte pour sa saline : le Mississipi, dans ses débordements, l'a totelement balayé : les habitante se sont retirés à 2 milles de là, sur des hauteurs, où ils vivent dans des malsonsà pans de bois, chacun sur sa terre. Cinq lieues au-dessus du Kas et du même côté, était le fort de Chartres, construit en murailles, avec une magnificence extraoïdindre : le terriUe fleuve l'a pareaUement renversé; 0 attaque d^à un bastion de la NouveUe^Madfid, étaUiBsement forméen 1 791 , en Ihoe de remboochnre d'Ohio, à 100 toises du Mississipi , qui en a miné te pted , de manière qu'aux premières pluies, une forte partte s'ébonlera. Cegrand, ce magnifique Mississipi , vante eomme une terre promise par M. B.... est un très-mauvais voisin; fart d'une masse d'eaux boueuses et jaunâtres, large de 1000 à* 1500 toises, que chaque année 11 fait déborder de 25 pieds perpendicnlaires , H va poussant cette masse à travers un terrain meubtede sabteet d'argile; il ftMme des Iles et les détruit; charria des arbres, qu'ensuite il bouleverse;
Tarte sa route à travers les obstacles qu'il se donne, finit par vous atteindre à des distances où vous ne l'anitei jamais soupçonné : semblabteen ceci àla plupart des grands agente de la nature, volcans, orages, etc. qui sans doate sont admirables, mais que la prudence conseUtede n'admirer qu'à distance : ajoutez que ses rives chaudes et humides sont très-fiévreuaes pendant l'éte et l'automne. Tel est te cas du village de te Prairie du Rocher, où l'on compte 10* ftmilles; et VA celui de CahiMas on Caho, qui n'a pas plus de 40 reux,an lieu de 60 qu'il avait en 1790 : en teoe de Càho ( rive droite ), est SaknJt^LouU ou Paneore, vilte ou bourg de 70 maisons rassemblées, ayant un beau et utile fort en pierre, de deux acres de snperficte, avec seu^^ lement 5 ou e fomiites riches , sur 600 tètes btencfaes d'un peuple pauvre, indolenl et fiévrehx. Ces 5 ou 0 fomilles possèdent te peu qu'il y a d'escteves noirs, et elles les traitent avec douceur ; les kHs espagnoles sur les noirs dana te Louisiane, sont les plus douces de tous les codes européens. Cete n'empêcha pas qu'il n'y eût de te part de ces Africains, en I79t, une insurrection en basse Louisiane; et cette msurrection fut cause qu'ayant fait armer dans te hanUe tous les blancs enregistrés, l'on connut que leur nombre préds était de 500. M. te colcmel Sargeni, secrétaire général duNorths-west-territory, homme d'un esprit distingué, qui, dans l'année 1790, inspecte tes élablissemente de te rive gauche, dite illinois, m'a atteste que te totalite des fiuniUes françaises n'excédait pas 150; ainsi toatete ci-devant Aoute Louisiane ne peut s'estimer à 700 hommes de miUce, c'est-à-dire à plus de 2,500 tetes françaises.
Ces récite, je l'avoue, sont très-dififérento de ceux que l'on a fiiite à Paris dans ces dermers temps , où l'on représentait ce pays comme un empire bientôt florissant Mais je les tiens de phisieurs témoins oculaires sans intérêt de spécuiaUan de terres ou d*emplois, et je les raconte impartialement, conune j'ai (kit de l'Egypte et de la Syrie, sans prétendre empêcher qu'on aille les vérifier. Je me trouve trop bien de mon système pour le changer. t
Ce dépérissement général des établissements français sur les frontières de te Louisiane et même du Canada S comparé à raocroissement non moins général de ceux des Anglo-Américains, a éte pour moi un sujet fréquent de méditetion, afin de connaître les causes d'une issue si diverse dans des eiroonstences semblables de sol et de climat. Croire avec quelques personnes que les Français ne supportent pas bten ce cUmat, est un moyen d'explication que je ne puis admettre; car l'expérience a convaincu tous les officiers et médecins de l'armée Rochambeau, que le tempérament français résiste mteux au froid, au chaud, aux variations et aux fatigues que te tempérament angloaméricain, n parait que notre fibre a plus d'élastidte et de vie que la leur; et la balance penche encore en notre fiiveur par le vice de leur régime diététique que J'ai exposé, et par l'abus des spiritueux, auxquels ils sont presque
I Par exemple, au ybr< Détroit , le caractère ne dffTëre pas de celui gue je viens de citer ; et lorsque j*y passai en septeod>re suivant, le plus grand nombre des Français parlait de se retirer sur te terrain du roi ( Georgeê ) , pintét que de se former au régime mttmcipal et laborieux des Américains.
aussi adonnés que les sauvages. On a remarqué , dans reipédition du général Wayne et dans d'autres, que les buTeursd'eaurde-YîerésistentmoinsquelesbuTeurs d'eau : et quant aux sauvages, l'on sait quel'eau-de-vie va extirpant leur race bien plus actîTeroent que la guerre et la petite-vérole.
£n analysant ce sujet très-digne d'intérêt, U m'a paru que les véritables raisons de la différence d'issue se Urouvaient dans la différence des moyens d'exécution et de remploidutemps;c'c8t-à-direde ce qu'on uonuneAaW/Mdes et caractère national : or ces habitudes et ce caractère ont pour causes principales le système d'éducation domestique et la nature du gouvernement, l'un et l'autre plus puissante que le fond même du tempérament physique. Quelques traits comparés de la vie journalière des colons des deux peuples, rendront sensible la vérité de cette opinion.
Le colon américain de sang anglais ou allemand, natureUement froid et flegmatique, calcule à tête reposée un plan de ferme ; il s'occupe sans vivacité , mais sans reiftche , de tout ce qui tend à sa création ou à 8<m perfectionnement. SI, comme quelques voyageurs lui en font le r^roche, il devient paresseux , ce n'eàt qu'après avoir acquis ce qu'U a projeté, ce qu'il considère comme nécessahv ou suffisant
Le Français, au contraire, avec son activité pétulante et inquiète , entreprend par passion, par engouement, un projet dont 0 n'a calculé ni les frais, ni les obstacles; plus ingénieux peut^tre , il raille son rival allemand ou anglais , sur sa lenteur, qu'fl compare à celle des boeufe; mais l'Anglais et l'AUemand lui répondent avec leur froid bon sens que, pour le labourage, la patience des bceufs convient mieux que la fougue de coursiers fringants et pialbnts; et en effet, il arrive souvent qu'après avoir commencé et défait, corrigé et changé, après s'être tourmenté l'esprit de désirs et de craintes, le Français finit par se dégoûter et par tout abandonner.
Le colon américain , lent et taciturne , ne se lève pas de très-grand matin ; mais une fois levé , il passe la journée entière à une suite non interrompue de travaux utiles : dès le déjeuner, il donne froidement des ordres à sa femme qui les reçoit avec thnidité et froideur, et qui les exécute sans contrôle. Si le temps est beau, il sort et laboure , coupe des arbres, fait des clôtures, etc.; si le temps est mauvais, il Uiventorie la maison, la grange, les étables, • raccommodclesportes,le8 fenêtres, les serrures, pose des cloua , construit des tables ou des chaises , et s'occupe sans cesse à rendre son habitation sûre , commode et propre. — Avec ces dispositions se suffisant à lui-même, s'il trouve uneocca8ion,ilvcndra sa ferme pour aller dans les bois, à 10 et 20 lieues de la frontière, se faire un nouvel établissement; il y passera des années h abattre des arbres , à se construire d'abord une hutte, puis une étable, puis une grange ; à défricher le sol , à le semer, etc. ; sa femme , patiente et sérieuse comme lui, le secondera de son côté , et ils resteront quelquefois 6 mois sans voir un visage étranger; mais au bout de 4 ou 5 ans, ils auront conquis un terrain qui assure l'existence de leur famille.
' Leco]onfrançais,aucontraire,selèvematin,nefût-ce que pour s'en vanter ; il délibère avec sa femme sur ce qu'il
ÉCLAIRCISSEMENTS
fera , il prend ses avis ; ce serait miracle qu'ils fuss«ot toujours d'accord : la femme commente, contrôle, conteste ; le mari insiste ou cède , se f&che ou se décourage : tanlM la maison lui devient à charge, et il prend son fusil, va à la chasse ou en voyage, ou causer avec ses voisins. TanUM il reste chei lui , et passe le temps à causer de bonne liomeur, on à quereller et gronder. Les voisins font des visite!» ou en rendent; voisiner et causer sont, pour des Français, un besoin d'habitude siUnpérieux, que sur toute la frwitière de la Louisiane et du Canada l'on ne saurait citer un cok» de cette nation, établi hors de la portée et de la vue d'm autre : en plusieurs endroits, ayant demandé à quelle distance était le colon le plus écarté : « Il est dans le désert, R me répondait-on , avec les ours , à une lieoe de toute ht- « bitation, sans avoir personne avec qui causer. ■
Ce trait, lui seul, est l'un des plus earactértstiqiies et des plus distinctifs des deux nations; aussi, plus j'y ai réfléchi, plus je me suis persuadé que le silenee dooiertiqM des Américains, ce qui s'entend aussi des Anglais, des Hollandais et des autres peuples du nord dont ils dérivait, est l'une des causes les plus radicales de leur industrie, à^ leur activité, de leur réussite en agriculture, eo oommeroe, en arts; avec le silence ils concentrent leurs idées et le donnent le loisir de les combiner, de fisire des calculs exids de leurs dépenses et de leun rentrées; ils aequièrent plos de netteté danslapensée,et par suite, dans l'expresBoa; d'où résulte plus de précision et d'aplomb dans tout \bb système de conduite publique ou privée. Par inverse, avec la causerie et le perpétuel caquet domestique, le Français évapore ses idées, les soumet à la contradictioB, sosôle autour de lui des tracasseries féminines, des médisances et des querelles de voisins, et finit par avoir ga^iillé sob temps sans résultats utiles à lui et à sa famille. L'on croit que ces détails sont des bagaleUes; mais ils sont remplu du temps; et le temps, comme l'a dit Franklin, est tétoffe dont nous fabriquons la vie. D faut que cette dissipation UMrale et physique ait une efficacité particuiîèft àiendre l'esprit superficiel; car ayant plusieurs fois questionné des Canadiens de frontière sur des distannes de lieux et de temps, sur des mesures de grandeur ou de capacité, j'ai trouvé qu'en général ils n'avaient pas d'idées nettes et précises; qu'ils recevaient les sensations sans les réfléchir; enfin, qu'ils ne savaient faire ascoa calcul un peu compliqué. « Il y a, me disaient-ik, d*icià « tel endroit, la distance d'une ou de deux fumées de « pipe; l'mi peut ou l'on ne peut pas y arriver entoedcoi « soleils, etc. » Tandis qu'il n'est pas de colon amérieaia qui ne réponde avec précision sur le nombre des nnttci, heures; sur la grandeur en pieds et yards , sur ks poids ta livres ou gallons, et qui ne fasse très-bien un cakol eompoié de plusieurs éléments actuels ou contingents : or cegeorc de science pratique a des conséquences trè84niportanl» el très-étendues sur toutes les opérations de la vie; et ce qa pourra surprendre, il est bien moins répand^ diei le papie français, même d'Europe, qu'on ne serait porté à k
L'on pourra dire, comme je l'ai oui aaset souvent, <^ ce besoin de conversation ou de causerie est un dki ^ la vivacité du sang et d'une gaieté expansive de t«ih
POSTE-VINCENiNES-
pérunoDl et d'esprit; mais ai j*eD Juge par ma propre ex* périeooe, il est bien plutôt un produit factice de TAoMtttdetïdeVopinUm, Étant allé en Turkie, causeur comme un Français, fen reTÎns, après trois ans de résidence, silencieux comme un musulman: de retour en France , je repris aisément mes habitudes natives; mais à peine eos-je vécu quelques mois aux États-Unis, que je contractai de nouveau la tacitnmité américaine , qui a encore disparu depuisqne je suis revenu en France ; et je remarque que Tempire de ces habitudes nationales est d'autant plus puissant et plus subjuguant, qu'il est fondé sur des pr^ugés d'amoop-propre et de bon ton social : chez les Torks et chez les Américahis, parler beaucoup est un attribut de basse classe, un signe de peu d'éducation; tandis «pie chez les Français, se taire est une aOéctation de nwrgue et de hauteur: entretenir est un témoignage d'esprit et de politesse ; et l'on nianque de l'un ou de l'autre si on laiue tomber la conversation.
C'est encore par un pr^ugé de ce genre, né de l'éducation et de l'opinion , que souvent les Français taxent d'immoralité la fodlité avec laquelle les Américains vendent et abandonnent leur sol natal ou acquis et amélioré par leurs soins, pour aller s'établir dans un autre; car l'on ne voit ptf quel genre de moralité il peut y avoir à rester dans UQ lieu où TcHi ne se trouve pas bien; mais quand on remonte à l'origine de cette idée, l'on découvre qu'elle a été inventée par les lois et entretenue par les gouvernants d'an peu[de primitivement serf. Enchaîner les hommes ^ leur glèbe par des préjugés d'affection, Tut de tout temps le but secret ou découvert d'une politique oppressive, et craintive de perdre sa proie. Or comme ce fut pour rom* pre de telles chaUies religieuses et civiles, que les Américains émigrèrent d'abord, il ne serait pas étonnant que Vémigration , en devenant pour eux un besoin d'habitude, ne réunit encore à leurs yeux le channe d'user de leur li* berté. Au reste, les effets en sont et en seront bien autrement utiles à la civilisation du monde , que l'esprit végétatif des peuples sédentaires , qui préfèrent de se consumer chez eux d'oisiveté et de guerres, à s'en aUer former an loin de brillantes et utiles colonies.
Ce serait peut^tre ici le lieu de recherclier l'origine des habitudes taciturnes ou causeuses des deux nations dont je m'occupe; d'examiner quelle analogie existe entre un del habituellement brumeux , sombre, et un tempérament mélancolique et sérieux ; si un temps froid et humide porte au spleen, par quelque action physique sur les nerfs et sur les entrailles : si , par mverse, un ciel clair, un soleil brillant , portent à la gaieté , par un effet stimulant du fluide nerveux, électrique comme lui; mais parce qu'une telle question , traitée sous tous ses aspects, se compliquerait d'une foule d'éléments divers ; qu'A fondrait discuter pour* quoi des peuples méridionaux, tels que les indous, les Turks, les Espagnols, sont aussi taciturnes que des peuples septentrionaux; pourquoi en Angleterre même les habitants des villes très-actives, telles que Londres, ne sont pas moins causeurs que des Français; pourquoi dans ces derniers temps nous-mêmes avions cessé de l'être, selon la rcaïaïque des étrangers ; pourquoi dans tous les pays les teiumes le sont plus que les hommes, et les esclaves plus
que les libres; parce qu'enfin il faudrait analyser ce qu'on entend par nation: voir si chaque classe, chaque profession n'a pas un caractère moral propre, et si le caractère général politique est autre chose que celui de la classe ou des individus qui gouvernent; je me bornerai à dire que les prétendus principes généraux, hâtiTement posés par quelques écrivains politiques, sont en grande partie démentis par une analyse exacte des faits ; et que le climat et le tempérament, alors même qu'ils sont une cause physique primordiale du caractère d'un peuple, sont soumis à une cause postérieure et secondaire encore plus énergique, l'action des gouvernements et des lois qui ont la faculté de violenter nos actions, de créer des habitudes nouvelles et contraires aux anciennes , et par là de changer le caractère des nations , ainsi que l'histoire en fournit de nombreux exemples. Le sujet que j'ai traité dans les deux articles précédents m'en fournirait un luinnème; car en étudiant les mœurs des colons de Gallipolis et du Poste- Vuicennes, j'ai trouTé des différences remarquables à beau'coup d'égards, et je me suis clairement aperçu que les Français de Louis XTV et de Louis XV, avec leurs idées féodales et chevaleresques, étaient de beaucoup inférieurs en industrie, en idées de police, à la génération qui, depuis 1771 , a reçu l'hnpression de tant d'idées libérales en organisation sociale. J'ai vivement regretté que cette colonie de Sioto, précieuse par la moralité et l'ùidustrie de ses membres, n'ait pas été dirigée dès le principe vers la Wabash ou vers le Mississipi : l'addition de ses moyens à ceux des anciens colons y eût formé une masse capable de se défendre de l'invasion des sauvages et des agioteurs américains, et eût pu devenir un noyau de ralliement pour d'autres Français prévoyants, et désireux de Uisser à leurs entants un héritage de liberté et de paix.