ÉTAT PHYSIQUE DE LA CORSE
La Corse est une Ue de la Méditerranée, située obliquement entre Tltalie» qui Ta voisine au levant, et la France, qu^elle regarde au nord et nord-ouest : au sud, elle n*est séparée de la Sardaigne que par un détroit de trois lieues, tandis qu'à Touest sa côte est baignée par une vaste mer qui ne trouve de limites qu'aux rivages de Tfispagne. Sa latitude, selon des observations récentes et précises des mg^înîeurs du cadastre de cette Ue, est entre les 4 1 '^ 2 1 ' 04", et 43^ 00' 04'' nord ; ce qui détermine sa longueur à 1° 30'
04''; sa longitode entre les e"" 1 1' 47", et V f 3' 03", pris du méridien de Paris, fixe saplus grande largeur à t** ori6" Mais comme sa forme est ovale, abstractitm fiUtede U longue saiUie du cap Corse, il s'en faut beaucoup que le carré résultant de ces dimensions soit plein. Les inoertitudes et les variantes des auteurs sur son évaluation , viennent d'être résolues par les ingénieurs du cadastre; et désormais, Ton devra, sur leur autorité, porter la superficie de la Corse à 442 Ueues 84/100, faisant 2,072,441 arpents
35 perches (l'arpent de 20 pieds pour perclie) , ou 874,741 hectares 19 ares 26 centiares. Cette superficie, qui maintient la Corse au cinquième rang^de grandeur des lies de la Méditerranée, la place au premier des départements de France ; mais lorsque nous ferons le calcul de ses rocs arides et incultiTables, elle ne sera pas tentée de se préyaloir de ce mérite , puisqu'elle se trouve au dernier rang des valeurs. A proprement parler, la Corse n'est qu'un entassement de rochers, dont les nombreux chaînons s'élèvent brusquement des bords de la mer, pour aller vers le centre de rUe se joindre à une ligne dominante qui court du midi au nord; on la suit sans interruption depuis les croupes arides du Cogna en face de Bonifacio, jusqu'aux smnmets nuageux de Monte-Grosso sur Calvi ; dans tout cet espace, elle marche sur une hauteur de 800 à 1400 toises, marquant au loin sa route par les pointes élevées de Cosdone, la Cappella, Doooso, d'Oro-Rotondo, Paglia-Orba et Monte-Grosso '; là même elle se replie à Test, jusqu*aux montagnes de Tenda et d'Asto, où elle tombe sur une branche inférieure de 6 à 700 toises de hauteur, qui vient du cap Corse, et va se- terminer par les sommets du San- Pietro et Sant-Angelo, à la vallée du Tavignano; de ces deux lignes de sonmiets, mais principalement de la première, les eaux des neiges et des pluies se versant à droite et à gauche, plongent dans des vallons qui yont en forme de conques se perdre à la mer; et si l'on remarque que de ses rivages au comble des monts, il n'y a pas quelquefois 4 lieues de ligne droite, et jamais plus de 12; que par conséquent la pente du terrain est excessivement inclinée, l'on concevra que les:eaux s'y précipitent plutôt qu'elles n'y coulent; que leur marche s'y fiiit par sauts et par bonds ; que, tantôt par les fontes des neiges et les grandes ploies, elles forment des torrents qui débordent à pleines vaUées; et que tantôt épuisées, elles laissent A sec un lit
I On trouvera dans le tableau suivant les principaux sommets de cette chaîne avec leurs positions géographiques, leurs hauteurs au-dessus du niveau de la mer, et leurs distances du rivage le plus près.
ETAT PHYSIQUE
Longitn-
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KOMS
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de
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dn rivage.
Pari».
U mer.
près.
Toises.
Toises.
Monte -Stello au
cap Corse
Monte- Asto
Est.
Nord.
Monte-Grosso...
Ouest.
Monte-Paglia-Or-
ba
Ouest.
MoDte-Rotondo..
Ouest.
Monte-Renoso. . .
Est.
PuntalaCappella.
Est.
Monte- rioardioe
daCoftciooe...
Est.
PunUdellaCalva.
Est.
Punta d'Ovace,
sommet le plos
élevé des monta-
gnes de Gagna.. Bfonte-Sant'-An-
Sud.
gelodeCasInea.
Est.
lionte6an4>letro.
Est.
de pierres et de cailloux : que par ce jeu, les tores légères sont emportées, les pentes déchirées, les dows dénudées, les rochers minés, renversés; et que la aatore j présente partout une scène à grands mouvements viole&ts; ajoutez à ce tableau le coloris d'une bande siqiérieiire di sommets neigeux durant l'hiTer, grisâtres Tété; d'noe moyenne région de pentes, tapissée d'artves et arinstes toujours verts; et d'une plage maritime, souvent maréngeuse, où les eaux s'égarent dans des sables qu'elles n'ont plus la force de rouler; jetés sur ce paysage des blocs de granit, de marbres, de jaspes roux et gris; des cascides, des sapins, des châtaigniers, des chênes yerts, des leoUtques, des azeroliers, des myrtes, des bruyères, et foss aurez de la Corse une idée pittoresque aussi juste qu'es puisse procurer le souvenir des objets passés.
Revenons aux idées géographiques : en traversant TOe dans sa longueur, la haute chaîne dont j'ai parlé U partage en deux portions très-distinctes, surtout à raison dt la difficulté de leurs communications réciproques : l'on m peut passer de la côte d'Ajacdo à celle de Bastia, qn'es franchissant la barrière des monts , par des gorges appdéei à juste titre dans le pays des Escaliers ( Scale). Une des plus célèbres et la plus pratiquée de ces gorges, celle dite de Bogognano, ou de Vizzavona, est un canal d'enTiron 500 toises de largeur, et de 4000 de longueur, sur une élévation de lOOO au-dessus du niveau de la mer. Dam œ canal tapissé d'une forêt de sapms , de hêtres , et de qiidques châtaigniers, les neiges s'entassent de 2, 3,et ju$> qu'à 6 pieds de hauteur; et elles obstrueraient le passage pendant des mois entiers, si une police soaveot négligée ne les foisait déblayer par les villages voisins. H résulte donc de cet état une diviiuon naturelle, sur laqudle les Italiens, Génois et Pisans, ont, dès longtemps, calqoé leur division administrative de pays (Fen deçà , et àepap d'au delà les monts; ou encore de bande intérieure, et de bande extérieure. Mais comme ces dénominatioos, relatives au continent de l'Italie, cessent de ooaveoir a changeant de Keux; qu'en Corse même eDes sont équîToques, puisqu'elles sont réciproquement employées par ki deux parties, je ne désignerai désormais les deux eûtes opposées, que par les noms de côte d'est ou orientale, appliqué à celle qui regarde l'Italie; et de côte d'ouest, w occidentale , à celle qui regarde l'Espagne. Dans l'nsage des Génois et des Corses , l'en deçà comprenait aussi la oAte du nord , c'est-à-dire le Nebbio et la Balagne, à raison de la facilité des conununications et de l'unité de régime : et alors Vau delà ne formait qu'un tiers de la totalité de l'Ile, puisqu'il ne comptait que 21 cantons oo piéns contre 46. Mais si l'on voulait établir une division raisonnée, il faudrait (aire de celte coteau noid une Ini* sième région, puisqu'elle a d'ailleurs, amd que les dcox autres, des caractères distinctifs et particuliers. Ceoi de la côte d'est, sont une plage en général basse, marécageuse et dépourvue de ports ; un air pesant et bonâde; un sol moins élevé et plus gras : ceux de la côte d*oae^ au contraire, ont un air vif et ventilé; un terrain saMoaneux et très-élevé, une plage sèche taillée à pic et plôK de golfes et de ports : et ceux de la côte dn nord, « air plus salubre, plus tempéré; un ordre de saison pta