‹ Œuvres complètes de VolneyChapitre 197 sur 230 · IEXTRÂ1T DU MONITEUR DES 90 ET 21 MARS · texte numérisé non relu

IEXTRÂ1T DU MONITEUR DES 90 ET 21 MARS

^Arrivé depuM peu de l'Ile de Corse, après y avoir réaidé un an, je reçois de fréquente» questions sur l'étot de ce département : d^ j'ai satisfiût à ceUee du conseil exécutif el du comité de défense générale sur ses nsoyens militaires et8ur8esdisposition8.Jeraepropofiedepré8enteràUnatk)D entière on tableau complet de cette portion d'eUe-mAme, dont on l'occupe beaucoup, et qu'eUeoonnalt peu; mais ce travaU exigeant du temps, et la notoriété de certains liûts devenant de plus en plus urgente, je me sois déimniDé à anticiper quelques résuUato; je le dois d'autant plus, qu'appelé en Corse par une assemblée électorvle pour régénérer le pays, je me trtmve revéto d'un caractère compétent; et qu'après avoir épuisé tous les moyens d'opérer le bien sans scandale, il ne me reste, pour demearer digne de la confiance nationale dont j'ai été honoré, que de déchirer le voile de mensMige sous lequel un machiavélisme astucieux opprime la liberté du peuple corse, et dévore la fortune du peuple françûs. Je déclare donc , comme faits résultants d'une année d'observations :

1» Que la Corse, par sa constitution physique, par les mœurs et le caractère de ses habitante, diffère totalement du reste de la France» et que l'on n'en peut juger • par la comparaison de tout autre d^rtemenL

2* Que par la nature du gouvernement sous lequel ont vécu les Corses , ils ont contracté des habitudes vicieuses , participant de l'état sauvage et d'une civilisation commencée.

3* Que ne formant qu'une petite société de 150,000 Amea, pauvre par le sol, divisée par haines de famille, agitée de passions d'autant plus violentes qu'elles circulent dans un cerde étroit, corrompue par le plus pervers des goavememente , le gouvernement des Génois ; asservie par le sceptre sévère des Français, la nation corse enfin, afiranchie par la révolution, s'est trouvée, sans aucune instruction préalable , saisie du droit de se gouverner; et

que, par ressentiment et par eiquit national, ayant chuié tous les employés fhinçais, les pouvoirs sont tanbéi tu mains des ch^ de flunllle, qui , pauvres, avides et ioexpârimentés, ont commis beaucoup d'erreurs et de faoles, et les ont tenues secrètes par crainte et par vanité.

4** Que depuis trois ans U existe un système de n^tlèft par lequel les députatîons, de concert avec le directoire du département, nons ont caché l'état intérieur de TOe, de peur, pn'ontiis dit, que si les abua étaient divulgués, la Corse ne fût décriée, et que la France ne le dégoOtât de sa possession. Or les ^ets de ce système ont été de concentrer les places et les traitements dans les miiittde quelques diefs de leur parenté, et d'attirer du trésor fraaçais un argent immense et mal employé.

5° Que par suite de ce système, les dépenses do dépirtement de Corse se trouvent portées au décuple de sa cootribution; c'est-à-dire, que la Corse coûte aanoeUemest plus de 0,000,000, savoir :

Pour le clergé séculier et pensionné. . . . l,29S,4a3fr.

Et ses biens ne valent pas 400,000 liv. de capital.

Pour le directoire de département et frais d'imprimerie. 115,930

Et le conseQ s'est alloué de son chef un traitement

Pour neuf directoires de district 93,350

Pour neuf tribunaux 117,150

Pour le tribunal crimind ^IrSW

Pour soixante-deux juges de paix et greffiers. «,600

Pour trente-cinq brigades de gendarmerie ' 150,000

Pour enftinte trouvés. W/M^

A reporter. l,»73^i3fr.

■ Je n'ai pu me procurer cet article ^

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