‹ Œuvres complètes de VolneyChapitre 33 sur 230 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Bases de la morale; da bien , da maS , da péché, da crime, du vice et de la Yerta.

Z>. Qu'est-ce que le 6i^ selon la loi naturelle?

R, C'est tout ce qui tend à conserver et perfecionner l'homme.

Z). Qu'est-ce que le ma/f

R. C'est tout ce qui tend à détruire et détériorer l'homme.

D. Qu'entend-on par mal et bien physique , mal et bien morcUf

R. On entend par ce mol physiqtte , tout ce qui agit immédiatement sur le corps : la santé est un bien physique, la maladie est un mal physique. Par moral, on entend ce qui n'agit que par des conséquences plus ou moins prochaines : la calomnie est un mal moral, la bonne réputation est un bien moral, parce que l'une et l'autre occasionnent à notre égard des dispositions et des habitudes > de la part des autres hommes, qui sont utiles ou nuisibles à notre conservation , et qui attaquent ou favorisent nos moyens d'existence.

Z>. Tout ce qui tend à conserver ou à produire est donc un Itienf

R. Oui : et voilà pourquoi certains législateurs ont placé au rang des œuvres agréables à Dieu , la culture d'un champ et la fécondité d'une femme^

/>. Tout ce qui tend à donner la mort est donc un mal?

R. Oui : et voilà pourquoi des législateurs ont étendu l'idéedu mal et du péché jusque sur le meurtre des animaux.

D. Le meurtre d'un homme est donc un crime dans la loi naturelle?

R. Oui : et le plus grand que l'on puisse commettre; car tout autre mal peut se réparer, mais le meurtre ne se répare point.

D. Qu'est-ce qu'un péché dans la loi naturelle?

R. C'est tout ce qui tend à troubler l'ordre établi par la nature pour la conservation et la perfection de l'homme et de la société.

/). L'intentionpeutelleétreunmériteouuncrime?

R. Non : car ce n'est qu'une idée sans réalité; mais eUe est un commencement de péché et de mal , par la tendance qu'elle donne vers l'action. ' Z>. Qu'est-ce que la vertu selon la loi naturelle?

R. C'est la pratique des actions utiles à l'individu et à la société. ^

/>. Que sig^nifie ce mot individu?

R. Il signifie un homme considéré isolément de tout autre.

■ Ceat de ce mot habitudeê , action» répétée» , en latin mo- Mf$, que vient le mot moral et toute sa famille.

D. Qu'est-ce que le vice selon la loi naturdle?

R. C'est la pratique des actions nuisibles à l'individu et à la société.

Z>. Est-ce que la vertu et le vice n'ont pas un objet purement spirituel et abstrait des sens ?

R. Non : c'est toujours à un but physique qu'ils se rapportent en dernière analyse , et ce but est tou* jours de détruire ou de conserver le corps.

Z>. Le vice et la vertu ont-ils des degrés de force et d'intensité?

R. Oui, selon l'importance des facultés qu'ils attaquent ou qu'ils favorisent, et selon le nombre d'individus en qui ces facultés sont favorisées ou lésées.

D. Donnez-m'en des exemples?

R, L'action de sauver la vie d'un homme est plus vertueuse que celle de sauver son bien ; l'action de sauver la vie de dix hommes l'est plus que de sauver la vie d'un seul ; et l'action utile à tout le genre humain est plus vertueuse que l'action utile à ime seule nation.

/>. Comment la loi naturelle prescrit-elle la pratique du bien et de la vertu , et défeod-dle celle du mal et du vice?

R. Par les avantages mêmes qui résultent de la pratique du bien et de la vertu pour la conservation de notre eorps , et par les dommages qui résultent , pour notre existence, de la pratique du mal et du vice.

/>. Ses préceptes sont donc dans l'action?

R, Oui : ils sont l'action même considérée dans son effet présent et dans ses conséquences futures.

/>. Conunent divisez-vous les vertus?

R. Nous les divisons en trois classes : 1» vertus individuelles ou relatives à l'homme seul; 2» vertus domestiques ou relatives à la famille; 3* et vertus sociales ou relatives à la société.

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