CHAPITRE V
Des vertus indi\-iduelles.
D. Quelles sont les vertus individudies? R. Elles sont au nombre de cinq principales, savoir :
1» La science, qui comprend la prudence et la sa-
2» La tempérance, qui comprend la sobriété et la chasteté;
3« Le courage, ou la force du corps et de l'âme ;
4» Vactivité, c'est-àHiire, l'amour du travail et l'emploi du temps;
S^ Enfin la propreté, ou pureté du corps, tant dans les vêtements que dans l'habitation.
LA LOI NATURELLE
/>. Comment la loi naturelle prescrit- elle la science f
R. Par la raison que lliomme qui connaît les causes et les efifets des choses , pourvoit d'une manière étendue et certaine à sa conservation et au développement de ses facultés. La science est pour lui Todl et la lumière, qui lui font discerner avec justesse et clarté tous les objets au milieu desquels il se meut; et voilà pourquoi l'on dit un homme éeltthré, pour désigner un homme savant et instruit. Avec la sdenoe et l'instruction on a sans cesse des ressources et des moyens de subsister; et voilà poorquoi un philosophe qui avait fait naufrage, disait au milieu de ses compagnons qui se désolaient de la perte de leurs fonds : Powr moi,jeparte tous mesfimdsennud.
D. Quel est le Tice contraire à la science ?
R. Cest l'ignorance.
D. Gomment la loi naturelle défend-elle l'ignorance?
A. Par les graves détriments qui en résultent poor notre existence : car l'ignorant, qui ne connaît ni les causes ni les effets, conunet à chaque instant les erreurs les plus pernicieuses à lui et aux autres ; c'est un aveugle qui marche à tâtons , et qui, à chaque pas, est heurté ou heurte, ses
/>. Quelle différence y a>^il entre un ignorant et on sot?
M. La même différence qu'entre un aveugle de bonne foi et un aveugle qui prétend voir dair : la sottise est la réalité de l'ignorance, plus la vanité da savoir.
D. L'ignorance et la sottise sont- elles communes?
A. Oui, très-communes; ce sont les maladies babitodles et générales du genre humain : il y a trois mille ans que le plus sage des hommes disait : Le nombre des soie est if^fini; et le monde n'a point changé.
D. Pourquoi cela?
A. Parce que pour être instruit il faut beaucoup de travail et de temps, et que les hommes, nés ignorants et craignant la peine, trouvent plus commode de rester aveugles et de prétendre voir clair.
D, Quelle différence y a-t-il du savant au sage?
A. I^ savant connaît, et le sage pratique.
D. Qu'est-ce que la prudence? •
A. C'est la vue anticipée, la pr^oyance des effets et des conséquences de chaque chose; prévoyance au moyen de laquelle l'homme évite les <>aogers qui le menacent , saisit et suscite les occa-
d'où il résulte qu'il
sions qui lui sont favorables pourvoit à sa conservation pour le présent et pour l'avenir d'une manière étendue et sûre; tandis que l'imprudent qui ne calcule ni ses pas, ni sa conduite, ni les efforts, ni les résistances, tombe à chaque instant dans mille embarras, mille périls, qifi détruisent plus ou moins lentement ses facultés et son existence.
D. Lorsque l'Évangile appelle bienheureux les pauvres d'esprit, entend-il parler des ignorants et des imprudents?
R. Non : car en même temps qu'il conseille la simplicité des colombes. Il ajoute la prudente finesse des serpents. Par simplicité d'esprit on entend là droiture, et le précepte de l'Évangile n'est que celui de la nature.