CHAPITRE ÎI
Précis de Ilibtoire des Bfamlouk^
Les Grecs de Constantinople, avilis par un gouvernement despotique et bigot, avaient vu^ dans le cours du septième siècle, les plus belles provinces de leur empire devenir la proie d'un peuple nouveau. Les Arabes , exaltés par le fanatisme de Mahomet, et plus encore par le délire de jouissances jusqu'alors inconnues, avaient conquis, en 80 ans, tout le nord de l'Afrique jusqu'aux Canaries, et tout le midi de l'Asie jusqu'à Tlndus et aux déserts tartares. Mais le livre ôxxprqphéte, qui enseignait la méthode des ablutions , des jeûnes et des prières, n'avait point appris la science de la législation, ni ces principes de la morale naturelle qui sont la base des empires et des sociétés. Les Arabes savaient vaincre, et nullement gouverner : aussi l'édifice informe de leur puissance ne tarda* t-il pas de s'écrouler. Le vaste empire des ka^fes, passé du despotisme à Tanarchie, se démembra de toutes parts. Les gouverneurs temporels, désabusés de la sainteté de leur chef spirituel, s'érigèrent partout en souverains , et formèrent des états indépendants. L'Egypte ne fut pas la dernière à suivre cet exemple; mais ce ne fut qu'en 969 ' qu'il s'y établit une puissance régulière, dont les princes, sous le nom de kalifes fâtmites , dîsputèreht à ceux de Bagdad jusqu'au titre de leur dignité. Ces derniers , à cette époque, privés de leur autorité par la milice turkmane, n'étaient plus capables de réprimer ces prétentions. Ainsi les kalifes d'Egypte restèrent maîtres paisibles de ce riche pays , et ils en eussent pu former un état puissant. Mais toute l'histoire des Arabes s'accorde à prouver que cette nation n'a jamais connu la science du gouvememenl. Les souverains d'Egypte , despotes comme ceux de Bagdad , marchèrent par les mêmes routes à )a même destinée. Ils se mêlèrent de querelles de sectes , ils en firent même de nouvelles, et persécutèrent pour avoir des prosélytes. L'un d'eux , nommé Hàkemb'amr-ellâh », eut l'extravagance de se faire reconnaître pour dieu incamé, et la barbarie de mettre le feu au Kaire pour se désennuyer. D'autres dissipèrent les fonds publics par un luxe bizarre. Le peuple foulé les prit en aversion ; et leurs courtisans, enhardis par leur faiblesse , aspirèrent à les dépouiller. Tel fût le cas d'Âdhad^l-Din, dernier rejeton de cette race. Après une invasion des croisés, qui lui avaient imposé un tribut, un de ses généraux, déposé, le menaça de lui enlever un pouvoir dout
> Oa 072, selon d'Herbelot.
* ComÊnatukmi par ofànf de IÀUh,
il M montrait peu digne. Se sentant incapable de résister par lui-même , et sans espoir dans sa nation qu'il avait aliénée , il eut recours aux étrangers. En vain le raisonnement et Pexpérience de tous les temps lui dictaient que ces étrangers, dépositaires de sa personne, en seraient aussi les maîtres; une première imprudence en nécessita une seconde : il appela une race de Turkmans et de Kourdes qui s*étaient fait un état dans le nord de la Syrie, et il implora Nour-el-Din, souverain d*Alep, qui dévorant déjà rÉgypte, se hâta d'y envoyer une armée. Elle délivra effectivement Adhad du tribut des Francs et des prétentions de son général ; mais le kalife ne fit que changer d'ennemis : on ne lui laissa que l'ombre de la puissance ; et Selàh-el-Din, qui prit, en 1171 , le oommandement des troupes , finit par le faire étrangler. C'est ainsi que les Arabes d'Egypte furent assujettis à des étrangers , dont les princes commencèrent une nouvelle dynastie dans la personne de Sdàh-^lrDin,
Pendant que ces choses se passaient en Egypte , pendant que les croisés d'Europe se faisaient chasser de Syrie pour leurs désordres , des mouvements extraordinaires préparaient d'autres révolutions dans la haute Asie. Djenkiz-kan, devenu seul chef de presque toutes les hordes tartares, n'attendait que le moment d'envahir les états voisins : une insulte faite à des marchands sous sa protection, détermina sa marche contre le sultan de Balk et l'orient de la Perse. Alors, c'est-à-dire vers 1218, ces contrées devinrent le théâtre d'une des plus sanglantes calamités dont l'histoire des conquérants fasse mention. Les Mogols, le fer et la flamme à la main, pillant, égorgeant, brûlant, sans distinction d'âge ni de sexe, réduisirent tout le pays du Sihoub au Tigre en un désert de cendres et d'ossements. Ayant passé au nord de la Caspienne , ils poussèrent leurs ravages jusque dans la Russie et le Ruban. Ce fut cette expédition , arrivée en 1227, dont les suites introduisirent les Mamlouks en Egypte. Les Tartares , las d'égorger » avaient ramené une foule de jeunes esclaves des deux sexes : leurs camps et les marchés de l'Asie en étaient remplis. Les successeurs de Selàh-elrDin, qui , à titre de Turkmans, conservaient des correspondances vers la Caspienne, virent dans cette rencontre une occasion de se former à bon marché une milice dont ils connaissaient la beauté et le courage. Vers l'an 1230, l'un d'eux fit acheter jusqu'à 12,000 jeunes gens qui se trouvèrent Tcherkâsses, Mingreliens et Abazans, 11 les fit élever dans les exercices militaires; et en peu de temps il ait une légion des plus beaux et des meilleurs sol-
ÉTAT POLITIQUE
data de l'Asie, mais aussi des plus mutins, comme il ne tarda pas de l'éprouver. Bientôt cette milice, semblable aux gardes prétoriennes , lui fit la loi. Elle fut encore plus audacieuse sous son successeur, qu'elle déposa. Enfin, en 1250^ peu après le désastre de S. Louis, ces soldats tuèrent le dernier prince turkman, et lui substituèrent un de leurs chefis, avec le titre de sultan*, en gardant pour eux celui de Mamlouks, qui signifie un esclave militaire *.
Telle est cette milice d'esclaves devenus despotes, qui depuis plusieurs siècles régit les destins de l'Egypte. Dès l'origine, les effets répondirent aux moyens : sans contrat social entre eux que l'intérêt du moment, sans droit public avec la nation que celui de la conquête, les Mamlouks n'eurent pour règle de conduite et de gouvernement que la violence d'une soldatesque effrénée et grossière. Le premier chef qu'ils élurent ayant occupé cet esprit turbulent à la conquête de la Syrie, il obtint un règne de 17 ans; mais depuis lui pas un seul n'est parvenu à ce terme. Le fer , le cordon , le poison, le meurtre public ou l'assassinat privé, ont été le sort d'une suite de tyrans, dont on compte 47 dans un espace de 257 ans. Enfin, en 1517, Sélim, sultan des Ottomans, ayant pris et fait pendre Toumâm-bek, leur dernier dief, mit fin à cette dynastie ^.
Selon les principes de la politique turke, Sélim devait exterminer tout le corps des Mamlouks ; mais une vue plus raffinée le fit pour cette fois déroger à l'usage. Il sentit, en établissant un pacha dans l'Egypte, que l'éloignement de la capitale deviendrait une grande tentation de révolte, s'il lui confiait la même autorité que dans les autres provinces. Pour parera cet inconvénient, i) combina une forme d'administration telle, que les pouvoirs, partagés entre plusieurs corps, gardassent un équilibre qui les tînt tous dans sa dépen*
' Nos ancleoB en firent soUan et soodan, par le changement fréquent d*ol en ou; fol , /ou ; mol, mou.
^ Mamiouk, participe passif de mafoA, posséder, signifie Photmte pottédé en propriété; ce qui a le sens d'etclave; mais cette e^èoe est disUnguée des esclaves domestiques , ou noirs, qa*on appelle abd,
^ Lldstoire de ee premier empire des Mamlouks , et en général celle de Ifgypte depuis Pinvaslon des Arabes , a laissé jusqu*à ce Jour une lacune dans nos connaissances : néanmoins il existe à la bibliothèque nationale deux manuscrits arabes capables de satisfaire notre curiosité à cet égard. La découverte en est due à M. Ventura, interprète des langues orientales, qui ai:^ourd*hui accompagne le général Buonaparte, et qui dans nos relations d'amitié et d'estime m*en a montré une traducUon presque achevée. U est à désirer qu'elle soit un Jour publiée ; mais comme le moment en parait encore reculé, Je crois faire une chose agréable aux lettres et à Tamitié, en insérant une notice de ces manuscrits que le lecteur trouvera à la fin de TarUcle de l'Egypte.
DE L'EGYPTE
dance : la portion des Mamlouks échappés à son premier massacre lui parut propre à ce dessein. U établit donc un dicuàn, ou conseil de régence, qui fut composé du pacha et des chefs des sept corps militaires. Uofifice du pacha fut de notifier à ce conseil les ordres de la Porte, de faire passer le tribal, de veiller à la sûreté du pays contre les ennemis extérieurs, de s'opposer à l'agrandissement des divers partis. De leur côté, les membres du conseil eurent le droit de rejeter les ordres du pacha, en motivant les refus; de le déposer même, et de ratifier toutes les ordonnances civiles ou politiques. Quant aux Mamlouks, il fut arrêté qu'on prendrait parmi eux les 24 gouverneurs ou beks des provinces : on leur confia le soin de contenir les Arabes , de veiller à la perception des tributs et à toute la police intérieure; mais leur autorité fut purement passive, et ils ne durent être que les instruments des volontés du conseil. L'un d'eux, résidant au Kaire, eut le titre de chaih-el-beled > , qu'on doit traduire par gouverneur de la ville, dans un sens purement civil, c*est-à-dire, sans aucun pouvoir militaire.
Le sultan établit aussi des tributs, dont une partie fut destinée à soudoyer 20,000 hommes de pied, et un corps de 12 ,000 cavaliers, résidants sur le pays; l'autre, à procurer à la Mekke et à Médlne des provisions de blé dont elles manquent; et la troisième, à grossir le kazné ou trésor de Constantioople, et à soutenir le luxe du sérail. Du reste, le peuple, qui devait subvenir à ces dépenses, ne fut compté, comme l'a très-bien observé Savary , que comme un agent passif, et resta soumis comme auparavant à toute la rigueur d'un despotisme militaire.
Cette formedegouvemementn'a pas mal répondu aux intentions deSélim, puisqu'elle a duré plus de deux siècles; mais depuis 50 ans, la Porte s'étant relâchée de sa vigilance , il s'est introduit des nouveautés dont l'effet a été de multiplier les ^famlouks; de reporter en leurs mains les richesses et le crédit; et enfin de leur donner sur les Ottomans un ascendant qui a réduit à peu de chose le pouvoir de ceux-ci. Pour concevoir cette révolution, il faut connaître par quels moyens les Mamûmks se sont perpétués et multipliés en Egypte.
En les voyant subsister en ce pays depuis plusieurs siècles , on croirait qu'ils s'y sont reproduits par la voie ordinaire de la génération ; mais si leur premier établissement fut un fait singulier, leur
* Ckaih fignilie proprement un vieillard, senior populi ; il a prift a même aocepUon en Orient que parmi nous, et il déugoe un seigneur, im oammandant
perpétuation en est un autre qui n'est pas moins bizarre. Depuis 550 ans qu'il y a des Mamlouks en Egypte, pas un seul n'a donné lignée subsistante; il n'en existe pas une famille à la seconde génération : tous leurs enfants périssent dans le premier ou le second âge. Les Ottomans sont presque dans le même cas , et l'on observe qu'ils ne s'en garantissent qu'en épousant des femmes indigènes , ce que les Mamlouks ont toujours dédaigné ^ Qu'on explique pourquoi des hommes bien constitués, mariés à des femmes saines, ne peuvent naturaliser sur les bords du Nil un sang formé aux pieds du Caucase, et qu'on se rappelle que les plantes d'Europe refusent également .d'y maintenir leur espèce ; on pourra hésiter de croire ce double phénomène; mais il n'en est pas moins constant, et il ne parait pas nouveau ; les anciens ont des observations qui y sont analogues : ainsi, lorsque Hippocrate * dit que chez les Scythes et les Égyptiens , tous les individus se ressemblent, et que ces deux nations ne ressemblent à aucune autre ; lorsqu'il ajoute que dans le pays de ces deux peuples, le climat, les saisons, les éléments et le terrain ont une uniformité qu'ils n'ont point ailleurs , n'est-ce pas reconnaître cette espèce d'intolérance dont je parle? Quand de tels pays impriment un caractère si particulier à ce qui leur appartient, n'est-ce pas une raison de repousser tout ce qui leur est étranger? Il semble alors que le seul moyen de naturalisation pour les animaux et pour les plantes, est de se ménager une affinité avec le climat , en s'alliant aux espèces indigènes; et les Mamlouks, ainsi que je l'ai dit, s'y sont refusés. Le moyen qui les a perpétués et multipliés est donc le même qui les y a établis ; c'est-à-dire qu'ils se sont régénérés par des esclaves transportés de leur pays originel. Depuis
< Les femmes des Mamlooks sont, comme eux , des esclaves transportées de Géorgie, de Mingrelle, etc. On parie toujours de leur I)eauté , et 11 faut y croire sur la foi de la renommée. Hais un Européen qui n*a été qu'en Turkie n'a pas le droit d*en rendre témoignage. Ces femmes y sont encore plus invisibles que les autres, et c'est sans doute à ce mystère qu'elles doivent Tidée qu'on se fait de leur beauté. Tal eu occasion d'en demander des nouvelles à l'épouse d'un de nos négociants au Kaire , à laquelle le commerce des galons et des étoffes de Lyon ouvrait tous les harem. Cette dame , qui a plus d'un droit d'en bien juger, m'a assuré que sur I,ooo à 1,200 femmes d'élite qu'elle a vues, elle n'en a pas trouvé 10 qui fussent d'une vraie beauté; mais les Turks ne sont pas si dtfiicilcs : pourvu qu'une femme soit blanche, elle est l)elle; si elle est grasse, elle est admirable. Son visage est comme la pleine lune; ses hanches sont comme des coussins, disent-ils pour exprimer le superlatif de la beauté. On peut dire qu'ils la mesurent au quintal. Ils ont d'ailleurs un proverbe remarquable pour les physiciens : Prends une blanche pour tes yeux; mais pour le plaisir, prends une Égyptienne. L'expérience leur a prouvé que les femmes du Nord sont réellement plus froides que celles du Midi.
• Hippocrat lib. de Aère , Loti» et Àquis.
les Mogols, ce commerce n*a pas cessé sur les bords du Kubaa et du Phase'; comme en Afrique, il s*y entretient, et par les guerres que se font les nombreuses peuplades de ces contrées, et par la misère des habitants, qui vendent leurs propres enfants pour vivre. Ces esclaves des deux sexes, transportés d*abord à Gonstantinople, sont ensuite répandus dans tout l'empire, où ils sont achetés par les gens riches. Les Turks, en s'emparant de TÉgypte, auraient dû sans doute y prohiber cette dangereuse marchandise : ne Tayant pas fait, ils se sont attiré le revers qui aujourd'hui les dépossède; ce revers a été préparé de longue main par plusieurs abus, pepuis longtemps la Porte négligeait les afEaires de cette province. Pour contenir les pachas, die avait laissé le divan étendre son pouvoir, et les chefs des janissaires et des az^s étaient devenus tout-puissants. Les soldats eux-mêmes, devenus citoyens par les mariages qu'ils avaient contractés, n*étaient plus les créatures de Gonstantinople. Un changement arrivé dans la discipline avait aggravé le désordre. Dans l'origine, les sept corps militaires avaient des caisses communes; et quoique la société fdt riche, les particuliers ne disposant de rien, ne pouvaient rien. Les chefis, que cette disposition gênait, eurent le crédit de la faire abolir, et ils obtinrent la permission de posséder des propriétés foncières , des terres et des villages. Or, comme ces terres et ces villages dépendaient des gouverneurs mamhuks, il fallut les ménager, pour qu'ils ne les grevassent point. De ce moment, les beks acquirent une influence sur les gens de guerre, qui jusqu'alors les avaient dédaignés; et cette influence devint d'autant plus grande, que leur gestion leur procurait des richesses considérables : ils les employèrent à se faire des amis et des créatures; ils midtiplièrent leurs esclaves, et après les avoir affranchis, ils les poussèrent de tout leur crédit aux grades de la milice et du gouvernement. Ces parvenus conservant pour leurs patrons un respect que l'usage de FOrient consacre, ils leur formèrent des factions dévouées à toutes leurs volontés. Telle fut la marche par laquelle Ybrahim, l'un des kiâyas* ou colonels vétérans des Janissaires, parvint vers 1746 à se saisir de tous les pouvoirs : il avait tellement multiplié et
' Ce payifàt de toqt temps une pépinière d*C8claTe8 : U en foarniflsait aax Grecs, aax Romains et à l'andenne Asie. Mais n^est-U pas singulier de iire dans Hérodote que jadis la Colchide ( aqjoord'tmi la Géorgie ) reçut des liabltants noirs de l'Egypte , et de voir qu*a^)oard'hui elle loi en rende de si dUTérents?
> Les corps militaires des janissaires , azâhs, etc. étaient commandés par des Uàyas qui, après un an d'exercice, se démettaient de leur emploi, et devenaient vétérans, avec voU ail dioMdn.
avancé ses affranchis, que sur les 24 beks que Ton devait compter, il y en avait 8 de sa maisoii. li en retirait une prépondérance d'autant plus certaine, que le pacha laissait toujours des places vacantes pour en percevoir les émoluments. D'autre part, ses largesses liû avaient attaché les ofQciers et les soldats de son corps. Enfin l'association de Rodoan^ le plus accrédité des colonels azâbs, mettait le sceau à sa puissance. Le pacha , maîtrisé par cette faction , ne fut plus qu'un fantôme , et les ordres du sultan s'évanouirent devant ceux dTbrahim. A sa mort, arrivée en 1757 , sa maison, c'est-à-dire ses affranchis, divisés entre eux, mais réunis contre les autres, continuèrent défaire la loi. Rodoan , qui avait succédé à son collègue, ayant été chassé et tué par une cabale de jeunes beks, on vit divers eommandafUs se succéder dans un assez court espace. Enfin, vers 1766, un des principaux acteurs des troubles, AU-beh, qui peiMlant plusieurs an* nées a fixé l'attention de l'Europe , prit un ascendant décidé sur ses rivaux, et sous le titre d'^mirhadj et de chaikrelrbeled, parvint à s'arroger toute la puissance. L'histoire des Mamlouks étant liée à la sienne, nous allons continuer l'une en exposant l'autre.