SECTION D
Total.
SECTION m.
SUR L'HISTOIRE ANCIENNE
tion ; en la répétant après eax^ nous pensons que ce ter^M équivoque îat de 10 années, et quec*est lui qui, compté au père et au fils , a introduit un quiproquo de 10 ans , qui se montre partout. L'état primitif et vrai est qu'Azarias régna 42 ans seul , et 10 ans avec son fils : total 52. Joathan régna 6 ans seul «t 10 avec son père : total 16. Mais pour ne ravoir pas distingué , le rédacteur s'est Jeté dans un dédale de contradictions : ces 10 ans et ces 6 flfusont si bien le nœud de la difficulté et le vrai moyen de solution , que sans cesse on les voit reparaître dans l'analyse et la décomposition des règnes : ce sont ces 10 an«qui ont occasionné la fausse date de l'avènement d'Ozias, placé à l'an 37 de Jéroboam au lieu de Yan 17 ( ci-dessus }. Ce sont eux qui ensuite ont réagi sur Zacharias, et l'ont fait succéder à Jéroboam l'a» 38, au lieu de l'an 28 d'Ozias. Ce sont eneore ces 10 ans qui , soustraits à l'âge de Joathan, âgé de 35 ans au lieu de 25, quand il règne avec son père , lui font engendrer h 16 ofis, au lieu de 26, son successeur Achaz , qui à son tour resserré de ces 10 ans engendra à 10 asu, au lien de 20. En rétablissant le règne d'Ozias seîdh 42, et celui de Joathan, son fils, à 16, dont 10 du vivant d'Ozias, tout rentre dans l'ordre; mais U reste encore aux rois de Juda un excès de 13 ans.
Id Tautorité du oélèl)re manuscrit alexandrin, que nous verrons par la suite restituer au règne d'Amon, fils de Josiah, 10 ans qui lui ont été mal à propos enlevés, nous fournit le moyen d'en regagner 8 sur le r^e de Phakée I**" ; car , au lieu de 2 ans que les textes vulgaires donnent à ce prince , fils de Manahem, ce manuscrit lit 10 ans. Cette même lecture se trouve dans Eusèbe ( Chronicon , page 24) et, qui plus est, dans le Syncelle (page 202). Cette fois-ci il la préfère à celle d'Africanus , qu'il remarque ne donner que 2 ans à ce prince ( comme le texte hébreu ). Par conséquent beaucoup de manuscrits grecs des plus anciens se sont accordés à donner 10 ans à Phakée T'; ce qui restitue 8 ans de plus à la branche d'Israël , et ne lui laisse plus qu'un déficit de 5 ans, ou plutôt de 8 ans et demi, vis-à-vis celle de Juda : et parce que les deux premières sections ûl Israël ont un excès de 4 ans, U se trouve que les trois sommes additionnées et compensées donnent 240 ans ; ce qui ne diffère que d\me seule année de la somme des rois de Juda, laquelle est de 250.
Après ces diverses corrections , si nous calculons la durée totale des rois de Juda, depuis l'an premier de David jusqu'à l'an dernier de Sédéqiab, nous trouvons 478 ans.
Et parce que le temple fut fondé l'an 4 de Salomon, c'est-à-dire, 43 ans révolus depuis l'an 1*' de David , et qu'il fut incendié l'an 19 de Nabukodonosor, nous avons pour la durée de cet édifice, 473 moins 43 430 ans.
Ici se présentent quelques réflexions dictées par le sujet. Comment concilier, par exemple, les hautes idées que l'on a voulu se faire de l'origine et de la nature de ces livres juîfis, avec l'inexactitude, les négligences , les fautes matérielles de leur rédaction? et ces vices, l'on ne peut les mettre tous à la charge des copistes : si les calculs eussent été clairs et bien ordonnés, si les sommes partielles eussent été contrôlées par une addition résumée, les copistes n'eussent point commis tant de divagations. Ce désordre de la Chronique des Rois est une preuve sensible qu'aucune autorité publique n'a présidé à sa confection; qu'elle n'est point un ouvrage officiel, mais le travail volontaire d'un ou de plusieurs individus , sans caractère authentique, et dont le nom, par cela même, n'a point été apposé. H est facile de concevoir comment les choses ont pu se passer. Tant que la puissance nationale subsista, les registres royaux , cités dans la Chronique, furent tenus avec plus ou moins d'exactitude, et il y eut des annales régulières et authentiques ; mais quand les étrangers eurent violé le trône et brisé le sceptre; lorsque le roi d'Egypte, Nekos, maîtro de Jérusalem, eut déposé le roi et fouillé le trésor ; lorsque le roi de Babylone, surtout, eut enlevé les vases , les ornements , pillé tous les genres de richesses et de monuments conservés; lorsqu'il eut déporté toutes les princi* pales familles , on sent que dans la dévastation d'une ville prise d'assaut, d'un palais saccagé, d'un temple brûlé, la conservation des livres fut un soin secondairo, abandonné au zèle personnel et gratuit de quelque lettré , et par suite livré à tous les hasards qu'un ou plusieurs individus courent au milieu des
calamités d'une guenre terrible Nombre de livres
durent être vendus, brûlés, dispersés. Au retour de la captivité, tout débris échappé au naufrage devint plus précieux; mais des manuscrits volumineux et dispendieux duront exciter peu d'intérêt , et trouver peu d'amateurs dans une nation ignorante et ruinée. U fallut que le sort suscitât quelque individu qui réunissant le goût de la chose et les moyens d'exécution , fit l'abrégé ou Textrait que nous possédons : quels furent ses matériaux et quel fut son art d'en user? Voilà ce dont on ne peut juger que par l'induction de ce qui nous reste. Si cet individu eût été un honune de marque comme
BECHERGHES NOUVELLES
Esdras, il eût été connu dt cité; si ses matériaox eussent été complets et passablement en ordre, il n'eût eu qu*à les classer; s'il eût eu Tesprit méthodique et la critique nécessaire à éclaircir les difficultés , il eût rédigé son travail avec une clarté qui n*eût pas permis tant de divagations aux copistes. Par exemple, s'il eût exprimé la durée positive du règne de Saûl , cette durée se trouverait-elle en lacune dans tous les manuscrits sans exception et dans toutes les versions , à commencer par la version grecque sous Ptolomée? et s'il eût exprimé la durée totale des rois de Jérusalem, éprouverions-nous les variantes et les discordances (A nous la voyons flotter? Cette omission capitale est la cause de tout le désordre de leur liste, en même temps qu'elle semble Tefifet de lliésitation et de rincertitude du compilateur, qui n'a osé prononcer. Des copies premières ayant été feites de son manuscrit, ses premiers lecteurs en auront fait la remarque : l'on aura hït quelque calcul, quelques recherches; une opinion orale se sera établie entre
les docteurs; quelque savant aura coté sur sa copie la somme qu'il aura crue vraie Supposons
478 : par le laps du temps , par les effets des guerres et la dispersion des Juifs, cette tradition se sera
perdue Quelques docteurs auront trouvé de
réquivoque dans le texte réellement vague qui fst relatif au règne d'alias et à l'association de son fils Les uns auront compté les 10 ans de l'association, en dehors ; les autres , en dedans du règne du père : un surplus de 10 aiu se sera introduit ; une branche de manuscrits aura compté 483; une autre branche soutenant le nombre 473, l'on aura voulu retirer les 10 ans de trop, et la soustraction sera tombée sur le règne d^jémon, père de Josias , ainsi que nous le verrons. Ces variantes doivent être très-andennes , puisque nous les trouvons dans la version grecque de Ptolomée et dans l'historien Josèphe, dont les contradictions semblent tenir à la diversité des manuscrits qu'il a consultés et suivis, en exceptant néanmoins l'opinion qui lui fut imposée par la synagogue asmonéenne^ dont il fut