‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 118 sur 466 · LINDANE, POLLY · texte numérisé non relu

LINDANE, POLLY

POLLY

Vous avez là bien opéré, madame : le ciel daignait vous secourir; vous voulez mourir dans l'indigence; vous voulez que je sois la victime d'une vertu Sans laquelle il entre peut-être un peu de vanité ; et cette vanité nous perd l'une et l'autre.

LINDANE

Cest à moi de mourir , ma chèry enfant ; milord ne m'aime plus ; il m'abandonne depuis trois jours -, il a aimé mon impitoyable et superbe rivale ; il l'aime encore sans doute : c'en est fait ; j'étais trop coupable en l'aimant ; c'est une erreur qui doit finir.

( elle écrit. )

Elle paraît désespérée j hélas ! elle a sujet de l'être; son état est bien plus cruel que le mien ; une suivante a toujours des ressources ; mais une personne qui se respecte n'en a pas.

L I N D A N E ayant plié sa lettre.

Je ne fais pas un bien grand sacrifice. Tiens , quand je ûe serai plus , porte cette lettre à celui...

t POLLY. ■

Que dites-vous ?

LINDANE

A celui qui est la cause de ma mort : je te recommande à lui ; mes dernières volontés le toucheront. Va. ( elle l'embrasse. ) Sois sûre que de tant d'amertumes , celle de n'avoir pu te récompenser moi-même n'est pas la moins sensible à ce cœur infortuné.

POLLY. i

Ah , mon adorable maîtresse ! que vous me faites verser de larmes , et que vous me glacez d'effroi l Que voulez-vous faire ? quel dessein horrible ! quelle lettre ! Dieu me préserve de la lui rendre jamais ! ( elle déchire la lettre. ) Hélas ! pourquoi ne vous êtes-vous pas expliquée avec milord ? Peut-être que votre réserve cruelle lui aura déplu.

LINDANE

Tu m'ouvres les yeux; je lui aurai déplu sans doute ; mais comment me découvrir au fils de celui qui a perdu mon père et ma famille?

L'ÉCOSSAISE, ^ t

Qu(m! im<kmê»voafqt^on<: le père de milord qui... ••• ' «.,,.

' Ouf jçefciHttiûiÀéin^qtjj persista mon 'J*Fêj ;<fùi te fiteondâite-, nër¥1amort ^'Wl^ohs'a^iîéffradésî'de^toblp^'Vlih ïkttû arivi i«u*<tf existence' $mt "ffete , sân« "mère*, wm bien , Je n ? ar que ina gloire #t mon fatal amour. Je devaisidétester te fila ite Murfay ; la fortune , qui me poursuit, me l'a fait connaître ; iel>iift\nié ^ pt je A 4o,is na,^n : punir.

- Quévois«-f«!:V^^fWiflt«* yo£ ^W^o^uTjciwent.^ Mf!it „, a

LINDANE. ° ' - ..^.iu'o

Puisse ma douleur me tenfflr^iéif âa poison et du fer que j'im-

A l'aide ! monsieur Fabrice r ^ ô A'aide ! ma maîtresse s'évanouit.

'-; y;> . •"i:-*| -:uv : oUlï FjTVWWGE. 5 ïF .s'^ -,- ; • ; r: ~ |rw ;

Au secours ! que tout le monde descende» S ; Ma feuime>, .mj* *£#-?' vante, monsieur le* gentilhomme de là-haut , tout le monde....

t ( la fçmme et la servante de Fabrice et Polly emmènent Lindane dam sa chambre. )

Pourquoi me rendez-vous à lâ*vié? :: « : ' c « : " V1 ' : r " '• • f "^' :

SCÈJSBTÏM

Qot a-t-il donc , notre oote? T

r . . , r ÉÀBRJCE. \ ' ., - .

* 'C'elâiLçette^lîê demoiselle do tft fc v^aTai àârîé' qtitVëVatiduissait :,mius^ne^eja rien, , r ; f • " M . tè " A/ V C •

Cèô'^etiteVf&nmtsie^ cle .fiHes^ssékt v4te et ne ^sênt^âs ^ âéni^ reuSés^ ; ^ue' voulez-vous que îë^èsse'a^tft^Ie qui ite'trbfcyë v mal? est-ce.pouP cela ttffe vôuj m'àWi'WÇ descendre?- ié Crt>yafiS ^ li^ feuëtait 'ï la maison! v * M V. 1 * '•'■ c ; - /; '"> "''•"*• '""'■

FABRICE. *. .^», ^i

J'aimerais mieux qu'il y fut que dè'voir .cette jeune nersonpe en

danger. Si l'Ecosse a plusieurs ^Ije^c^rnme elle , ce dtffFêri^n'b'eau

pays. . . * * '. «r* .f..^ *» «;4 MOROSE. ; * '"•

Quoi ! elle est d'Ecosse? v ,*. ^ r * * -

• FABRICE. v ~ u< /'î • *-- *-»Px J Ouï, monsieur, îe> ne le sais que 1 d'aujourd'hui; c'est notçe feseur dé fe^lfâ qut^fa aît;càr il; sait tout; lui. :> " -» ^ Mmar^f.

FABRICE; . ., ; »i F [ «i ClIi:fl »;%,,,

Elle s'appelle Lindane. « "» - :

•.îifi-rrobi..';. : r MONRO^E. :: , u ... ./„,.,., / tt . ; ;j |î:: Je ne connais point ce nom-là., (fl $e promène. ) On ne prononce poji^J^flo^<te n^a patrie ^qujç, mon cœux ne.^jt ^Air^. Peutr?ott Tome IL 46,

ÎBÉA-TRA'.

nesdu «mi.retfsparçq.. Ûuç u^oottpeelB, RftffflM^ auirajefit fohm** >omm.v «J* jwate" foreur de me venger *e r me. forçait pa$* porter, <JiM^ | affreux cheuiiu du mdijde,cfi f 6rd?au,4€te^^ble 4? la v*e! : ,

. . ' '* ':'' FABRICE *mhafttt'< ' » ' • . * *ï ^ : ,

T©at Va Ériettt , i)i«i tû^ci.i *♦•-».-. . î. . //! ~.i: .? .

MON ROSE

Comment ? quel changement y *>>t-il throsïej affaire*? queBa >e-

volutiou ? ''•*:;

:~. f ::::; •:.- " ■ ::■ xczlc? Ç4R*JP&,*; „„ ,,,..'„.,:, ^ ;, <?

Monsieur, elle a repris ses sens$ elle se porte très-bien ;;encom un peu pâle , mais toujours belles '

• ••' ■ - - t .«.«,..» ! MON IL OSE.. • :- : '-'*' " r.

Ah! ce n'est que cela. Il faut qtoe ]t sorte , que j'aille , que je hasarde... oui... je ft veuiv ' ' ., i: : - - *'i- -^ r"

.. .,: ..: . u.^ ^ (iiaort.) -, ,

. .^', ** . ■• fAB'Riçï::' ; ;; '

Cet homme ne se soucie pas 4e$ filles ,qqi s'évanouissent. S'il avait yu Lindane, il ne serait pas si indifférent. ^ v , .....;,,,.,. i.v7

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