‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 142 sur 466 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Lfcs Précedens, M me . BERTHE.

M A T H D R I N à Berthe qui arrivt.

Ma belle-mère , arrivez , venez vite.

Vous n'êtes plus la maîtresse au logis ; Chacun rebèque, et je vous avertis Que , si la chose en cet état demeure , Si je ne suis marié tout à l'heure , Je ne le serai point; tout est fini , Tout est rompu.

BERTHE

Qui m'a désobéi?

Qui contredit, s'il vous plaît, quand j'ordonne ? Serait-ce vous, mon mari? vous ?

DIGNANT.

Personne; , Nous n'avons garde; et Matburin veut bien Prendre ma fille à peu près avec rien :

J'en suis content, et je dois me promettre Que monseigneur daignera le permettre.

BERTHE

Allez, allez, épargnez- vous ce soin; Cest de moi seule ici qu'on a besoin ; Et, quand la chose une fois sera faite, H faudra bien, ma foi, qu'il la permette.

DIGNANT.

Mais....

BERTHE. ,

Mais il faut suivre ce que je dis.

Je ne veux plus souffrir dans mon logis, Tome II. 48.

À met dépens , une fille mdoleirte,, Qui ne fait rien , de rien ne se tourmente, Qui s'imagine avoir de la beauté, Pour être en droit d'av et de la fierté.

Mademoiselle, avec sa froide mine, Ne daigne pas aider à /fa cuisine; Elle se mire , ajuste $on chignon , Fredonne un air en brodant un jupon , Ne parle point , et le soir jen cachette Lit des romans que le bailli lui prête.

Eh bien ! voyez, elle ne répond rien.

Je me repens de lui faire du bien.

Elle est muette ainsi qu'une pécore.

MATHURIN

Ah! c'est tant jeune, et ça n'a pas -encore L'esprit formé; ça vient avec "le temps;

ÏHGNA1TT.

Ma bonne , il faut quelques ménagemens Pour une fille ; elles owt d'ordinaire De l'embarras damv cette grande affaire; C'est modestie et pudeur que eela.

Comme elle , enfin , vous passâtes par-là; Je m'en souviens , vous étiez fort revéche.

BERTHE

Eh! finissons. Allons, qu'on ae dépêche : ' Quels sots propos! Stuvez-*noi prompteoteut Chez le bailli.

COLETTE à Acanthe.

N'en fais rien , mon enfant.

BERTHE

Allons, Acanthe.

ACANTHE

G ciel 1 que dois- je foire ?

COLETTE

Refuse tout, laisse ta belle-mère, Viens avec moi.

BERTHE * Actnil».

Quoi donc ! sans -sourcHler ?

Mais parlée donc.

ACANTHE

A qui puîe-je parler? *

DICNANT.

Chez le bailli , ma bonne, allons l'attendre Sans la gêner; et laissons-lui reprendre Un peu d'haleine.

ACANTHE

Ah ! croyez que mes sens Sont pénétré** de vos soins indolgens ; Croyez qu'en tout je distingue mon père.

MATHURUï.

MadameiBetthe, on ne dislingue guère Ni vous ni moi : la belle a W maintien Un peu bien sec : mais cela n'y fait rien; Et je réponds, des qu'elle sera nôtre, Qu'eu peu de temps je la rendrai tout antre,

Ah ! que je sens de tronMe et de chagrin !

Me faudra-t-il épouser Marthurin ?

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