SCÈNE V
Lfcs Précedens, M me . BERTHE.
M A T H D R I N à Berthe qui arrivt.
Ma belle-mère , arrivez , venez vite.
Vous n'êtes plus la maîtresse au logis ; Chacun rebèque, et je vous avertis Que , si la chose en cet état demeure , Si je ne suis marié tout à l'heure , Je ne le serai point; tout est fini , Tout est rompu.
BERTHE
Qui m'a désobéi?
Qui contredit, s'il vous plaît, quand j'ordonne ? Serait-ce vous, mon mari? vous ?
DIGNANT.
Personne; , Nous n'avons garde; et Matburin veut bien Prendre ma fille à peu près avec rien :
J'en suis content, et je dois me promettre Que monseigneur daignera le permettre.
BERTHE
Allez, allez, épargnez- vous ce soin; Cest de moi seule ici qu'on a besoin ; Et, quand la chose une fois sera faite, H faudra bien, ma foi, qu'il la permette.
DIGNANT.
Mais....
BERTHE. ,
Mais il faut suivre ce que je dis.
Je ne veux plus souffrir dans mon logis, Tome II. 48.
À met dépens , une fille mdoleirte,, Qui ne fait rien , de rien ne se tourmente, Qui s'imagine avoir de la beauté, Pour être en droit d'av et de la fierté.
Mademoiselle, avec sa froide mine, Ne daigne pas aider à /fa cuisine; Elle se mire , ajuste $on chignon , Fredonne un air en brodant un jupon , Ne parle point , et le soir jen cachette Lit des romans que le bailli lui prête.
Eh bien ! voyez, elle ne répond rien.
Je me repens de lui faire du bien.
Elle est muette ainsi qu'une pécore.
MATHURIN
Ah! c'est tant jeune, et ça n'a pas -encore L'esprit formé; ça vient avec "le temps;
ÏHGNA1TT.
Ma bonne , il faut quelques ménagemens Pour une fille ; elles owt d'ordinaire De l'embarras damv cette grande affaire; C'est modestie et pudeur que eela.
Comme elle , enfin , vous passâtes par-là; Je m'en souviens , vous étiez fort revéche.
BERTHE
Eh! finissons. Allons, qu'on ae dépêche : ' Quels sots propos! Stuvez-*noi prompteoteut Chez le bailli.
COLETTE à Acanthe.
N'en fais rien , mon enfant.
BERTHE
Allons, Acanthe.
ACANTHE
G ciel 1 que dois- je foire ?
COLETTE
Refuse tout, laisse ta belle-mère, Viens avec moi.
BERTHE * Actnil».
Quoi donc ! sans -sourcHler ?
Mais parlée donc.
ACANTHE
A qui puîe-je parler? *
DICNANT.
Chez le bailli , ma bonne, allons l'attendre Sans la gêner; et laissons-lui reprendre Un peu d'haleine.
ACANTHE
Ah ! croyez que mes sens Sont pénétré** de vos soins indolgens ; Croyez qu'en tout je distingue mon père.
MATHURUï.
MadameiBetthe, on ne dislingue guère Ni vous ni moi : la belle a W maintien Un peu bien sec : mais cela n'y fait rien; Et je réponds, des qu'elle sera nôtre, Qu'eu peu de temps je la rendrai tout antre,
Ah ! que je sens de tronMe et de chagrin !
Me faudra-t-il épouser Marthurin ?