‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 185 sur 466 · LA COMTESSE, LE MARQUIS, CHARLOT, LA COMTESSE · texte numérisé non relu

LA COMTESSE, LE MARQUIS, CHARLOT, LA COMTESSE

Venez, mon bon Chariot Le marquis m'a promis Qu'il serait désormais de vos meilleurs amis.

LE MARQUIS te détournant.

Je n'ai point promis ça.

LA COMTESSE

Ce grand jour d'allègres» % -, Ne pourra plus laisser de place à la tristesse. Où donc est votre mère?

Elle pleure toujours ; Et j'implore pour moi votre puissant secours,

Votre protection , vos bonté» toujours chères, Et ce cœur digne en tout de ses augustes pères. Madame , vous savez qu'à monsieur vi>tre fils/ Sans me plaindre un moment, je fus toujours tournât. . Vivre à vos pieds , madame , est ma plus forte eovie. Le héros des Français, l'appui de sa patrie, '••'*•'' Le roi des cœurs bien nés , le 1 roi qui des ligueurs A par tant de vertus confondu les fureurs 5 - ' * Il vient chez vous , il vient dans vos belles retraites ; Et ce n'est que pour lui que des lieux oii vous êtes Mon âme en gémissant se pourrait arracher.

La fortune n'est pâ» ëe que je' veux chercher. Pardonnez mon audace, etéuséë mon jeune âge.

On nfa si fort vanté sa bonté , son cburage , Que mon cœur tout de feu porte envie aujourd'hui A ces heureux Français qui oooafrattent sous lui. Je ne veux point agir en soldat mercenaire ; Je veux auprès du roi servir eu volontaire.

Hasarder tout mon sang , s&r que je trouverai Auprès de vous , madame , pu, asile assuré.

Daignez-vous approuve? le parti que j'embrasse ?

LA COMTESSE

Va , j'en ferais autant si j'étais à ta place. Mon fils , sans doute, aura pour servir sous sa loi Autant d'empressement et de zèle que toi.

LEIUftQfIS.

Eh, mon Dieu ! oui. Faut-il toujours qu'on me compare A notre ami Chariot? l'accolade est bigarre»

LA. COMTESSE

Aimez-le , mon cher fils ; que tout soit oublié. Ça , donnez~lui b main pour marque d'amitié.

LE. MARQUIS

Eh bien f la voilà... mais... ' ' '

Peint de mais.

CHARLOT pnadknafrdt Mario» et ia baise.

Je révère , J'ose chérir en vous madame votre mère.

Jamais de mon devoir je n'ai trahi la voix j Je vous, rendrai toujours tout ce que je tous dois.

LE MARQUIS

Va... je suis très-content.

LA COMTESSE

Son bon cœur se déclare; Le mien s'épanouit... Quai bruit l quel tintamarre !

Page 1