‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 186 sur 466 · PLUSIEURS DOMESTIQUES · texte numérisé non relu

PLUSIEURS DOMESTIQUES

C'est le roi»

C'est le roi, c'est le roi.

BABET. '

C'est le roi ; je l'ai va tout comme je vous voi. Il était encor loin; mais qu'il a bonne mine ! GUILLOT

Donne-t-il des soufflets ? *

LA COMTESSE

A peine j'imagine

Qu'il arrive sitôt ; c'est ce soir qu'on l'attend ;

Mais sa bonté prévient ce bienheureux instant.

Allons tous.

JULIE

Je vous suis... je rougis; ma toilette M'a trop long-temps tenue et n'est pas encor faite. Est-ce bien déjà lui ?

GUILLOT

Ne le voyez-vous pas?

Qui vers la basse-cour avance avec fracas ?

BABET

H est très-beau... C'est lui. Les filles du village Trottent toutes en foule , et sont sur son passage. J'y vais aussi, j'y vole.

LA COMTESSE

Oh ! je n'entends plus rien.

JULIE

Ce n'est pas lui.

BABBT allant et vantât.

C'est lui.

GUILLOT

Je m'y connais fort bien.

Tout le monde m'a dit , c'est lui; la chose est claire.

L'INTENDANT arrivante pas compté*.

Ils se sont tous trompés selon leur ordinaire. Madame . un postillon , que j'avais fait partir Pour s'informer au juste et pour vous avertir 9 Vous ramenait en hâte une troupe altérée , Moitié déguenillée, et moitié surdorée Y D'excellens pâtissiers , d'acteurs italiens y

CHARLOT. 8a5

Et des danseurs de corde, et des musiciens , Des flûtes , des hautbois , des cors et des trompettes , Des feseurs d'acrostiche et des marionnettes. Tout le monde a crié, le roi! sur les chemins ; On le crie au village et chez tons les voisins : Dans votre basse-cour on s'obstine à le croire ; Et voilà justement comme on écrit l'histoire.

GUILLOT

Mous voilà tous bien sots !

LA COMTESSE

Mais quand vient-il ?

L'INTENDANT

Ce soir. ,

Nous aurons tout le temps de le bien recevoir. Mon fils , donnez la main à ta belle Julie.

Bonsoir, Chariot.

LE MARQUIS

Mon Dieu ! que ce Chariot m'ennuie !

( Ui sortent : là comtesse reste arec la nourrie*. ) LA COMTESSE.

Viens, ma chère nourrice , et ne soupire plus. A bien placer ton fils mes vœux sont résolus: II servira le roi ; je ferai sa fortune ; Je veux que cette joie à nous deux soit commune. Je voudrais edntenter tout ce qui m'appartient , Vous rendre tous heureux; c'est là ce qui soutient , Cest là ce qui console et qui charme la vie.

M 1 ". AUBONNE

. Vous me rendez confuse, et mon âme attendrie Devrait mériter mieux vos extrêmes bontés.

LA COMTESSE

Qui donc en est plus digne ?

M"«. AUBONNE tristement

Ah!

LA COMTESSE

Nos félicités S'altèrent du chagrin que tu montres sans cesse.

M»*! AUBONNE

Ce beau jour , il est vrai, doit bannir la tristesse.

LA COMTESSE

Va , fais danser nos gens avec le^ violons :

Ton fils nous aidera.

M". AUBONNE

Mon fils!... madame. •• Allons.

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