PLUSIEURS DOMESTIQUES
C'est le roi»
C'est le roi, c'est le roi.
BABET. '
C'est le roi ; je l'ai va tout comme je vous voi. Il était encor loin; mais qu'il a bonne mine ! GUILLOT
Donne-t-il des soufflets ? *
LA COMTESSE
A peine j'imagine
Qu'il arrive sitôt ; c'est ce soir qu'on l'attend ;
Mais sa bonté prévient ce bienheureux instant.
Allons tous.
JULIE
Je vous suis... je rougis; ma toilette M'a trop long-temps tenue et n'est pas encor faite. Est-ce bien déjà lui ?
GUILLOT
Ne le voyez-vous pas?
Qui vers la basse-cour avance avec fracas ?
BABET
H est très-beau... C'est lui. Les filles du village Trottent toutes en foule , et sont sur son passage. J'y vais aussi, j'y vole.
LA COMTESSE
Oh ! je n'entends plus rien.
JULIE
Ce n'est pas lui.
BABBT allant et vantât.
C'est lui.
GUILLOT
Je m'y connais fort bien.
Tout le monde m'a dit , c'est lui; la chose est claire.
L'INTENDANT arrivante pas compté*.
Ils se sont tous trompés selon leur ordinaire. Madame . un postillon , que j'avais fait partir Pour s'informer au juste et pour vous avertir 9 Vous ramenait en hâte une troupe altérée , Moitié déguenillée, et moitié surdorée Y D'excellens pâtissiers , d'acteurs italiens y
CHARLOT. 8a5
Et des danseurs de corde, et des musiciens , Des flûtes , des hautbois , des cors et des trompettes , Des feseurs d'acrostiche et des marionnettes. Tout le monde a crié, le roi! sur les chemins ; On le crie au village et chez tons les voisins : Dans votre basse-cour on s'obstine à le croire ; Et voilà justement comme on écrit l'histoire.
GUILLOT
Mous voilà tous bien sots !
LA COMTESSE
Mais quand vient-il ?
L'INTENDANT
Ce soir. ,
Nous aurons tout le temps de le bien recevoir. Mon fils , donnez la main à ta belle Julie.
Bonsoir, Chariot.
LE MARQUIS
Mon Dieu ! que ce Chariot m'ennuie !
( Ui sortent : là comtesse reste arec la nourrie*. ) LA COMTESSE.
Viens, ma chère nourrice , et ne soupire plus. A bien placer ton fils mes vœux sont résolus: II servira le roi ; je ferai sa fortune ; Je veux que cette joie à nous deux soit commune. Je voudrais edntenter tout ce qui m'appartient , Vous rendre tous heureux; c'est là ce qui soutient , Cest là ce qui console et qui charme la vie.
M 1 ". AUBONNE
. Vous me rendez confuse, et mon âme attendrie Devrait mériter mieux vos extrêmes bontés.
LA COMTESSE
Qui donc en est plus digne ?
M"«. AUBONNE tristement
Ah!
LA COMTESSE
Nos félicités S'altèrent du chagrin que tu montres sans cesse.
M»*! AUBONNE
Ce beau jour , il est vrai, doit bannir la tristesse.
LA COMTESSE
Va , fais danser nos gens avec le^ violons :
Ton fils nous aidera.
M". AUBONNE
Mon fils!... madame. •• Allons.