‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 188 sur 466 · K"". A. «BONNE · texte numérisé non relu

K"". A. «BONNE

Il veut servir le roi.

8a6 THÉÂTRE.

Nom le regretterons.

Je fais ce que je doi. * Oui , mon pferfe est soldat du plus grand des monarques: II fut blessé, madame , à la bataille d'Arqués. Je voudrais sur se$ pas bientôt l'être à mon tour. Pour ce généreux roi mon cœur est plein d'amour \ Oui, je voudrais servir Henri-Quatre et madame. •

JULIE à M—. Aubooac.

La bonne, vous pleurez !

M» # . AUBONNE

J'en ai sujet s mon âme Se rappelle sans cesse un fatal souvenir.

jclfe.

Quoi ! pouvez-vous sans joie et sans vous attendrir Voir un fils si bien né , si rempli de courage , Au-dessus de son rang, au-dessus de son âge ?

M m *. AUBONNE.

H parait en effet digne de vos bontés ; Il mérité surtout les pleurs qu'il m'a coûtés.

JULIE

Votre amour est bien juste ; il est touchant , ma bonne. Mais, il faut l'avouer , votre douleur m'étonne. Quel est votre chagrin ?... çà , dites-moi. Chariot... Non... monsieur... mon ami... Ma mère... que ce mot... De Chariot... convient mal... à toute sa personne !

M»'. AU BON NE

, Oh ! laj mots n'y font rien... mais vous êtes trop bonne.

JULIE

Chariot.. M ma bonne.

M m# . AUBO&NE* Eh quoi?

JULIE

D'où vient que votre fils Est différent en tout de monsieur le marquis? L'art n'a rien pu sur l'un , dans l'autre la nature Semble avoir répandu tous ses dons sans mesure. M—. ÀUBONHE.

Vous le flattes beaucoup.

t JULIE.

Le roi vient aujourd'hui; Je dois avoir l'honneur de danser avec lui... Je voudrais répéter... Vous dansez comme un ange.

Je ne mérite pas...

JULIE

Cela n'est point étrange :

Vous avez réussi dans les jeux , dans les arts

CHAR LOT. 8a 9

Qui de nos courtisans attirent les regards.

Les armes, le dessin, la danse, la musique, Enfin dans toute étude où votre esprit s'applique; Et c'est ponr votre mère un plaisir bien parfait... Je cherchée ni'affermir dans le pas du menuet... Et je danserai mieux, vous ayant pour modèle. .

Ah! vous seule en servez... mais le respect, le ièle, Me forcent d'obéir. 11 faut un violon ; Je cours eu chercher up , s'il tous plaît.

JULIE

. Mon Pieu, non...

Vous chantes k merveille ; et votre voîx i9 je pense , Bien mieux qu'un violon marquera la cadence ; Asseyez-vous, ma mère , et voyez votre fils.

M^S, AUBONNE

De tout ce que je vois mon cœur n'est point surpris.

(«Ile s'assied , Us dansent , et Chariot chante. : )

Elle donne des fois Aux bergers ,, aux rois ,

A son choix.

EHe donne des lois Aux bergers , aux rois. .

Qui pourrait l'approcher , Sans chercher

Le danger? )

On meurt à ses yeux sans espoir, On meurt de ne les plus voir.

Elle donne des lois Aux bergers , aux rois.

■JULIE' après avoir dansé* un seul couplet.

Vous êtes donc Fauteur de la chanson ?

CflARLOT.

Madame , C'est un faible portrait d'une timide flamme. Les vers étaient à l'air assez mal ajustes * • Par votre goût sans doute ils seront rejetés.

JULIE., Ils n'offensent personne... ils ne peuvent déplace; # Us ne peuvent surtout exciter ma colère : . , t c Us ne sont pas pour moi.

CHA.RLOT.

Pour vous ! ... je n'oserais Perdre ainsi le respect, profaner vos attraits.

JULIE

Une seconde fois je pois donc les entendre.. ► Achevons la leçon que de vous je jfcux prendre.

M" # . AUBONNE

Ils me font tous les deux un extrême plaisir : Je voudrais que madame en pût aussi jouir.

83a THÉmB*

JULIE fteo»mtactà «feaurarcc Clutlot, nui répète l'air.

Elle donne des lois , Aux bergers , au* rois , etc.

Majeur.

Vous seule ornez ces lieux.

Des rois et des dieux .

Le maître est dans, vos yeux.

Ab ! si de votre coeur D était vainqueur, Quel)>onheur[ , , A Tout parle en ce beau jour

D'amour.

tJn roi brave e^ galant, Charmant, Partage avec vous L'heureux pouvoir de régner sur nous.

Elle donne des lois 9 et* .,. On meurt à s^$ jeux sans espoir , On meurt de ne les plus voir,

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