‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 200 sur 466 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Lit Piéceiiehs, M-. AUBONNE.

**•; AUBÔKNB.

Ce n'est pas lui , madame , hélas! ce n'est que moi. J'ai laisse ce bon prince à moins d'un quart de lieue; J'ai précédé sa cour avec sa gardé bleue , J'avais pris des chevaux ; et je viens à genoux Révéler votre sort et mon crime envers vous.

Le roi m'a pardonné ma fraudé et mon audaee* Je ne mérite pas que vous me fassiez grâce.

LA COMTESSE

Quoi! malheureuse! as-tu paru devfctit le roi !

M»*. AUBONNE

Madame, je l'ai vu tout comme je yous voi :

Ce monarque adoré ne rebute personne ; Il écoute le pauvre; il est juste, il pardonne : J'ai tout dit.

LA COMTESSE

Qu'as-tu dit ? quels étranges discours Re Joublent ma douleur et l'horreur de mes jours ! Laisse-moi.

M»*. AUBOKNB.

Non, saches cet important mystère; Chariot est plein de vie , et vous êtes sa mère.

LA COMTESSE

Où suis-je! juste Dieu ! pourrais-je m'en flatter? , Ah . Julie ! entends-tu ?

JtJLÏÉ.

J'airae à n'en point doutes*.

M**. AUlONttE; Hélas! yous auriez pu sur son noble visage Du comte de Givry voir la parfaite image ?

Il yous souvient asees qu'en ces temps pleins d'effroi Ou la ligue accablait lés partisans du roi , Votre époux opprimé cacha dans ma chaumière Cet enfant dont les /eux s'ptt^aienft à U lumière ;

Vous voulûtes bientôt le tenir dans vos bras : Ce malheureux enfant touchait à son trépas j Je vous donnai le mien. Vous fûtes trop flattée De la fatale erreur ou vous fûtes jetée.

Votre fils réchappa , mais l'échange était fait. Un enfant supposé dans vos bras s'élevait, Vos soins vous attachaient à cette créature , Et l'habitude en vous tînt lieu de la nature. Mon mari , que le roi vient de faire appeler , Interrogé par lui, vient de tout révéler.

C'est un brave soldat que ce grand prince estime. Tout est prouvé. -

LA. COMTESSE

Julie, heureux jour! heureux crime!

JULIE

Madame , cette fois , voici le grand Henri.

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