‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 209 sur 466 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

NIÏfON, M. GARANT.

M. GARANT

Avec chagrin Je vois que ce jeune homme a pris un mauvais train , De mauvais sentimens.... une allure mauvaise. Je crains que, s'il était un jour trop à son aise... Il ne se confirmât dans le mal....

NINON

Mais, vraiment, Vous me touchez le cœur par un soin si prudent.

M. GARANT

Il est fort libertin : une trop grande aisance... Trop d'argent dans Tes mains, trop d'or, trop d'opulence.... Donne aux vices du cœur trop de facilité.

NINON

On ne peut parler mieux ; mais trop de pauvreté Dans des dangers plus grands peut plonger la jeunesse : Je ne voudrais pour lui pauvreté ni richesse y Point d'excès; mais son bien lui doit appartenir.

M. GARANT

D'accord, c'est à cela <ju« je veux parvenir. jfclNON.

Et sou frère ?

M. GARANT

t! pour lui, ce sont d'autres affaires, ntés qu'il ne mérite guères.»

Gomment donc ?

M. GARANT

Vous avez acheté sous son nom , Quand son père vivait, votre propre maison.

NINON

Oui....

M. GARANT

Vous avez. mal fait.

NINON

C'était un avantage Que son père lui fit.

^ M. GARANT

Mais cela n'est pas sage :

Nous y»remédîroris , je vous en parlerai:

J'ai d'honnêtes desseins que je vous confirai. .. Vous êtes belle encore.

JïINON.

Àh!

H. GARANT

Vous savez le monde.»..

NINON

Àh ! monsieur I

M. GARANT

Vous avez la science profonde Des secrètes façons dont on peut se pousser, Être considéré, s'intriguer, s'avancer j Vous êtes éclairée, avisée et discrète.

Et surtout patiente.

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