SCÈNE III
NIÏfON, M. GARANT.
M. GARANT
Avec chagrin Je vois que ce jeune homme a pris un mauvais train , De mauvais sentimens.... une allure mauvaise. Je crains que, s'il était un jour trop à son aise... Il ne se confirmât dans le mal....
NINON
Mais, vraiment, Vous me touchez le cœur par un soin si prudent.
M. GARANT
Il est fort libertin : une trop grande aisance... Trop d'argent dans Tes mains, trop d'or, trop d'opulence.... Donne aux vices du cœur trop de facilité.
NINON
On ne peut parler mieux ; mais trop de pauvreté Dans des dangers plus grands peut plonger la jeunesse : Je ne voudrais pour lui pauvreté ni richesse y Point d'excès; mais son bien lui doit appartenir.
M. GARANT
D'accord, c'est à cela <ju« je veux parvenir. jfclNON.
Et sou frère ?
M. GARANT
t! pour lui, ce sont d'autres affaires, ntés qu'il ne mérite guères.»
Gomment donc ?
M. GARANT
Vous avez acheté sous son nom , Quand son père vivait, votre propre maison.
NINON
Oui....
M. GARANT
Vous avez. mal fait.
NINON
C'était un avantage Que son père lui fit.
^ M. GARANT
Mais cela n'est pas sage :
Nous y»remédîroris , je vous en parlerai:
J'ai d'honnêtes desseins que je vous confirai. .. Vous êtes belle encore.
JïINON.
Àh!
H. GARANT
Vous savez le monde.»..
NINON
Àh ! monsieur I
M. GARANT
Vous avez la science profonde Des secrètes façons dont on peut se pousser, Être considéré, s'intriguer, s'avancer j Vous êtes éclairée, avisée et discrète.
Et surtout patiente.