‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 211 sur 466 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

NINON, le jeune GOURVILLE.

Le jeune GOURVILLE.

Que vous disait-il donc?

NINON

Il voulait , ce me semble , Par pure probité nous mettre mal ensemble.

Le jeune GOURVILLE.

Entre nous, ie commence à penser à la fin Que cet original est un maître Gonin.

NINON

Vous pouvez , croyez-moi , le penser sans scrupule ; On peut être a la rois fripon et ridicule.

Avec son verbiage et ses fades propos , Ce fat dans le quartier séduit les idiots.

Sous un amas confus de paroles oiseuses Il pense déguiser ses trames ténébreuses. ^ J'aime fort la vertu : mais , pour les gens sensés,

Quiconque en parle trop n'en eut jamais assez. Plus il veut se cacher , plus on Ht dans son âme : Et que ceci soit dit et pour homme et pour femme. Enfin , je ne veux point , par un zèle imprudent, Garantir la vertu de ce monsieur Garant.

Le jeune GOUftVILLE.

Ma foi, ni moi non phw.

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