‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 224 sur 466 · Tome II · texte numérisé non relu

Tome II

88i THÉÂTRE.

L'avocat P LACET.

Pour venger $ùû injure , Sa main de deux soufflets a doué ma future Devant monsieur Àgnant et devant les valets.

GOURVILLE l'attfé.

Ma foi , cette journée est féconde en soufflets.

L'avocat PLÀCET.

D'une telle leçon ma future eacédée Du logis maternel soudain s'est évadée.

On sait qu'elle est chez vous, et je m'en doutais bieè. Monsieur , il faut la rendre , et ma femme est mon bien. Je vous rapporte ici vos lettres ridicules , Ou vous parlez toujours de péchés , de scrupules. Rendez-moi sur-le-champ ses petits billets doux ; Que tout ceci se passe en secret entre nous , Et ne me forcez point d'aller à- l'audience Faire rougir messieurs de votre extravagance.

GOUTIVILLE l'ai**.

Le diable vous emporte et vous et vos billets: Vous me feriez jurer. Non » je ne vis jamai* Une si détestable et si lourde imposture.

L'avocat PLACET.

Vous êtes donc, monsieur , ravisseur et parjuré ?

G OUKVILLE PaW.

Allez , vous êtes fou.

L'avocat P LÀ CET.

J'avais l'attention De ménager céans^là réputation De l'objet que mon cœur destinait à ma couche : Mais , puisque vous niez , puisque rien ne vous touche , Que dans le crime enfin vous êtes endurci , Adieu , monsieur. Bientôt vous me verrez ici ; Je viendrai vous y prendre en bonne compagnie ; Les lois sauront punir ces excès d'infamie ; Et vous verrez s'il est un plus énorme cas Que d'oser se jouer aux femmes d'avocats.

. • (il sort.)

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