‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 225 sur 466 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

GOURVILLE l'aîné, seul.

Que voilà pourm'instruire une bonne journée!

J'étais charmé de moi ; ma sagesse obstinée Se complaisait en elle, et j'admirais mon voeu De fuir l'amour , le vin , les querelles , le jeu. Je joue et je perds tout. Certaine Aubert maudite M'enlace en ses filets par sa mine hypocrite. Je bois , on m'assassine : en tout point confondu , Je paie encor l'amende , ayant été battu.

Un bavard d'avocat, dans cette conjoncture, Veut me persuader que j'ai pris sa future ,

Et me vient menacer d'un procès criminel.

Garant, pour me tirer de cet état cruel ; Garant ne paraît point , il me laisse ;' il emporte Jusqu'aux clefs de ma chambre, et je reste à la porte , N'osant dans met terreurs ni fuir ni demeurer. O sagesse ! à quel sort as-tu pu me livrer !

Voilà donc le beau fruit d'une étude profond?. Ah ! si j'avais appris à connaître!* monde, Je ne me verrai» pa* au point QÙ je me voi :

Mon libertin de frère est plus saga qw* moi.

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