‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 302 sur 466 · LE DUC DE FOIX, DON MORILLO · texte numérisé non relu

LE DUC DE FOIX, DON MORILLO

MORILLO

On ne partira point , et j'y suis résolu.

LE DUC DE FOIX

Le sang m'unit à vous , et c'est une Vertu

D'aider dans leurs desseins des parens qu'on révère.

MORILLO

La nièce est mon vrai fait , quoiqu'un peu froide et fîère ; La tante sera ton affaire :

Et nous serons tous deux contens.

Que me conseilles-tu ?

LE DUC DE FOIX

D'être aimable, de plaire.

MORILLO

Fais-moi plaire.

LE DUC DE FOIX

Il y faut mille soins complaisans, Les plus profonds respects , des fêtes et du temps.

MORILLO

J'ai très-peu de respect , le temps est long; les fêtes

Coûtent beaucoup , et ne sont jamais prèles ; C'est de l'argent perdu. .

LE DUC DE FOIX

L'argent fut inventé Pour payer, siTon petit , l'agréable et l'utile. Eh! jamais le plaisir fut-il trop acheté!

MORILLO

Comment t'y prendras-tu ?

LE DUC DE FOIX

i La chose est très-facile.

Laissez-moi partager les frais.

Il vient de venir ici près Quelques comédiens de France , Des troubadours experts dans la haute science , Dans le premier des arts, le grand art du plaisir :

Ils ue sont pas dignes peut-être Des adorables yeux qui les verront paraître , Mais ils savent beaucoup s'ils savent réjouir.

Réjo tissons-nous donc.

LE DUC DE FOIX

Oui , mais avec mystère.

MORILLO

Avec mystère , avec fracas ,

Sers-moi tout comme tu voudras ; Je trouve tout fort bon quand j'ai l'amour en tête.

Prépare ta petite fête :

De mes menus plaisirs je te fais l'intendant.

Je veux subjuguer la friponne Avec son air important , Et je vais pour danser ajuster ma personne.

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