UN LIEUTENANT DE L'ALCADE
Nous vous obéfren* * } comptez sur nôtre zèle.
SANGHETTE.
Ah! messieurs , vous parlez de moi.
L'ALCADE
Ouï, madame. A vos traits nous savons vous connaître , Votre air nous dit assez ce que vous devez être. Nous venons, v«us pqer de venir avec nous $ La moitié famés gens marchera devant vous , L'autre moitié suivra; vous serez transportée Sûrement et sans bruit , eUpaitout respectée. SANGHETTE.
Quel étrange propos ! Me transporter ! Qui? moi ! Eh ! qui donc étes-vous?
q8o THÉAT/RE.
L'ALCADE
Des officiers du roi.
Vous l'offenser beaucoup d'habiter ces retraites ; . Monsieur l'Amirante en secret.
Sans nous dire qui vous êtes, Nous a fait votre portrait.
sàncpette.
Mon portrait, dites-vous?
L'ALCADE. " *'
Madame, trait pour trait.
SANCHETTE
Mais je ne connais point ce monsieur l'Amirauté.
L'ALCADE
Il fait pourtant dt tous la peinture vivante.
SANCHETTE
Mon portrait k la cour a donc été porté?
L'ALCADE
Apparemment.
" SANCHETTE. •
Voyez ce que feit la beauté ! ' ' Et de la part du roi vous m'enlevez ?
, L'ALCADE
Sans doute ; C'est notre ordre précis : il le faut , quoi qu'il coûte. . SANCHETTE.
Ou m'allez-vous mençr ?
L'ALCADE
1 ' ABurgos, à la cour; Tous y serez demain avant la fin du jour.
SANCHETTE
A la cour ! mais vraiment ce n'est pas me déplaire ; La cour ! j'y consens fort ; mais que dira mon père ?
L'ALCADE
Votre père ? il dira tout ce qu'il lui plaira.
SANCHETTE
Il doit être charmé de ce voyage-là !
L'ALCADE
C'est un honneur très-grand, qui sans doute le flatte.
SANCHETTE
On m 9 a dit que la cour est un pays si beau ! Hélas ! hors ce jour-ci , 1a vie en ce château Fut toujours ennuyeuse et plate.
L'ALCADE
U faut que dans la cour votre personne éclate.
SANCHETTE
Eh ! qu'est-ce qu'on y fait ?
LA PRINCESSE DE NAVARRE. g8i
L'ALCADE
Mais , du bien et du mal j On y vit d'espérance, on tâche de paraître :
Près des belles toujours on a quelque rival, On en a. cent auprès du maître.
/ SANCHETTE
Et , quand je serai là , je verrai donc le roi?
i L'ALCADE.
C'est lui qui veut vous voir. ...
SANCHETTE
.' • : ;/- Ah l quel plaisir pour moi!
Ne me trompez-vous point ? eh xjuoi ! .le roi souhaite Que je vive a sa cour r il veut avoir Sanchette ? Hélas ! de tbut mon cœur- II m'fKifàye, , partons. Est-il comme Alamir ? quelles sont ses façon* ? Comment en use-t-il , messieurs , avec les belles ?
L'ALCADE
Il ne m'appartient pas d'en savoir des nouvelles ; A ses ordres sacres je ne saia qu'obéir.
SANCHETTE
Vous emmenés sans doute, à la cour Alamir?
L'ALCADE
Comment ? quel Alamir ? .
SANCHETTE
L'homme le ptus aimable, Le plus fait pour la cour, brave , jeune , adorable.
L'ALCADR
Si c'est un gentilhomme à vous, .
Sans doute il peut venir ; vous êtes la maîtresse.
SANCHETTE
Un gentilhomme à moil'prat à. Dieu! . •
L'ALiCADE.
' j •;, * Le temps presse ,
La nuit vient , les chemins. né. sont pas sûrs pour nous : Partons. ,..,..,
SANCHETTE. * . >-
Ah ! volontiers. • l
. h SCÈNE UI. ,
MORILLO, SANCHETTE, Lp DUC DE FOIX, Suite. MORILLO. u '"V
-MEfcsiwas , ètes-vous fous l Arrêtez donc; qu'allez- vou^feire?
Ou menez-vous ma fille ?
SANCHETTE
k la cour , mon cher père.
MfORILLO.
Elle est folle; arrêtez î c'est ma fille.
98a THÉÂTRE.
L'ALCADE
Comment?
Ce n'est pas cette dame à qui je....
kORILLO. . . , n
Non vraiment ; C'est ma fille, et je sais don Morillo son çerçj - Jamais on ne l'enlèvera.
SÀàCHETTÉ.
Qooi ! jamais !
MORILLO
Emmenés , s'il le faut, l'étrangère !
Mail ma fille me restera.
SANCHETTE. •
Elle aura donc snr moi toujours la préWréfcbet
C'est elle qu'on enlève !
MOmiLLa
Allez en diligence.
&ANCHETÎE. ;
L'heureuse créature! on l'emmène à là court Hélas ! quand sera-ce mon tour?
MORILLO
Vous voyez que du roi le volonté sacrée
Est chez don Morillo comme il faut teVéréfc >
Vous en rendrez compté.
L'ALGAbE.
Oui ; fie«-Vous à tto4«ôin*.
SANGHEttE.
Messieurs, ne prenez qu'elle au tnofttfc.