SCÈNE VI, BLANFORD, DARMIN
BLANFORD.
Non , demeurée, morbleu 1 J'ai votre honneur à cœur, et j'en enrage.
Il faut quitter cette fourbe volage , De ses filets retirer votre foi , La mépriser, ou bien rompre avec moi.
DARMIN.
Le choix est triste ; et mon cœur vous confesse Qu'il aime fort son ami, sa maîtresse.
Mais se peut-il que votre esprit chagrin Juge toujours si mal du cœur humain?
Voyez-vous pas qu'une femme hardie Tissut le fil de cette perfidie , Qu'elle vous trompe , et de son propre affront Veut à vos yeux flétrir un autre front ?
BLANFORD.
Voyez-vous pas , homme à cervelle creuse, Qu'une insensée, et fausse, et scandaleuse , Vous a choisi pour être son plastron ; - Que vous gobez, comme un sot, l'hameçon; Qu'elle veut voir jusqu'où sa tyrannie Peut s'exercer sur votre plat génie ?
DA.RMIN.
Tout plat qu'il est, daignez interroger Le seul témoin par qui Ton peut juger.
J'ai fait venir ici le jeune Adine; Il vous dira le fait.
feLANFORD.
Bon ! je deviné Que la friponne aura par son caquet
Très-tien sifflé son jeune perroquet.
Qu'il vienne un peu, qu'il vienne me séduire! Je ne croirai rien de ce qu'il va dire.
Je vois de loin , je vois que vous cherchez , Avec le jeu de cent ressorts cachés, A dénigrer , à perdre ma maîttvesse , Pour me donner je ne sais queUe nièce Dont vous m'avez tant van^é lftSr*Uwfc*î ... » . / 1 Mais touchez là , j'y renonce à jamais.
DARMIN.
Soit ; mais je plains <v«Uje «sscig d'imprudence. D'une perfide essu ver l'inconstance N'est pas sans doute uri 'càs-Rien affligeant; Mais c'est un mal de perdre soft argent.
C'est là le point. Savtdiiii , <é* hratefeèttiriie t ' ' ' ^ A-t-il enfin restitué la eoimfce'?
BLANFORD.
Que vous importe?
y DARMIN.
Ah I-pardott^ je croyais Qu'il m'importait t j'ai to»t , -je ane traquais^ * Adine vient ; pour moi , je ime retire :
Par lui du moins tâchez 4e vous instruire* Si c'est de lui q«e vous v ou» défiez, Vous avez tort plu&fpie va-us ne croyez ; C'est nn cœur noble , et vous pourrez connaître Qu'il n'était pas ce qu?il a pu paraître.