SCÈNE IV
CÉSAR rentre avec tous ses courtisans , et RRUTOS continue. César est de retour. Il a fini son jeu.
GASSIUS.
Crois-moi , tire Casca doucement par la manche 5 11 passe ; il te dira , dans son étrange humeur , ' Avec son ton grossier tout ce qu'il aura vu.
* Ces ide.es sont prises des contes de sorciers , qni étaient pins communs dans la superstitieuse Angleterre qu'ailleurs, arant que cette nation fût devenue philosophe , grâce ami Bacon , aux Shaftesbnry , aux Collin , aux Wholaston , aux Dodwell , aux Midleton , au Bohnc-broke , et à tant d'autres génie» hardi»,
• *VP y , a ici nne P lai *ante pointe : Rome en anglais se prononce Roum ; et room , qni signifie place, se prononce aussi roum. Cela n'est pas tout-à-fait dans le style de Cînn* : mais chaque peuple et chaque siècle ont leur style et leur sorte d'éloquence»
JUiES CÉSAR. uor
BRUTUS
Je n'y manquerai pas. Mais observe avec moi Combien l'œil de César annonce de colère; • Vois tous ses courtisans près de lui consternes* La pâleur se répand au front de Calohurnie.
Regarde Cicéron , comme il est inquiet , Impatient , troublé , tel que dans nos comices Nous lavons vu souvent , quand quelques sénateurs, Réfutant ses raisons, bravent son éloquence. v
CASSIUS
Tu sauras de Casca tout ce qu'il faut savoir*
CÉSAR dan» le fond.
Eh bien , Antoine!
ANTOINE
Eh bien, César 1
CÉSAR regardant Cassins et Brutal qui sont sur le Aérant.
Puissé-fe désormais n r avoir autour de moi
Que ceux dont l'embonpoint marque des mœurs aimables!
Cassius est trop maigre , il a les yeux trop creux ,
H pense trop; je crains ces sombres caractères. ANTOINE.
Ne le crains point, César, il n'est pas dangereux }
C'est un noble Romain qui t'est fbriattaché.
CÉSAR
Je le voudrais plus gras , mais je ne puis le craindre.
Cependant, si César pouvait craindre un mortel,
Cassius est celui dont j'aurais défiance :
H lit beaucoup ; je vois qu'il veut tout observer :
Il prétend par les faits juger du cœur des hommes ;
U fuit l'amusement , les concerts , les spectacles ,
Tout ce qu'Antoine et moi nous goûtons sans remords,
U sourit rarement et , dans son dur sourire ,
H semble se moquer de son propre génie $
Il paraît insulter au sentiment secret
Qui , malgré lui , l'entraîne et le force à sourire.
Un esprit de sa trempe est toujours en colère
Quand il voit un mortel qui s'élève sur lui.
D'un pareil caractère il faut qu'on se défie.
Je te dis après tout ce qu'on peut redouter ,
Non pas ce que je crains j je suis toujours moi-même.
Passe à mon côté droit ; je suis sourd d'une oreille.
Dis-moi sur Cassius ce que je dois penser.
( César sort avec Antoine et sa «ai te.) «