‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 440 sur 466 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

CASSIUS, CASCA, DÉCIUS, CINNA* MÉTELLUS, THËBONItJS , enveloppés dans leur» manteaux.

TRÊBONIUS, en se découvrant.

Nous venons hardiment troubler votre repos.

Bonjour , Bru tus ; parlez x sommes-nous importuns ?

ê BRUTUS.

Non, le sommeil me fuit; non , vous ne pouvez l'être.

( à part a Caasiua* ) Ceux que vous amenez gon^-ils connus de moi ?

CASSIUS

Tout le sont; chacun d'eux vous aime et vous honore, Puissiez-vous seulement, en vous rendant justice , Vous estimer, Brutus , autant qu'ils vous estiment l Voici Ti ébonius-

Qu'il soit le bienvenu.

CASSIUS

Celui qui l'accompagne est Deciqs Brutus,

BRUTUS

Très-bienvenu de même.

CASSIUS

Et cet autre est Casca.

Celui-là c'est Cimber, et celui-ci Cinna.

BRUTUS

Tous les très-bienvenus. — Quels projets importa ns Les mènent dans ce* Heux avec vous et la nuit ? CASSIUS.

Puis-rje vous dire un mot?

( Il lai parle à l'oreille; et pendant ce temps-là les conjuras se retirent un peu. )

t - PÉCIUS.

" I/orient est ici f le soleil va paraître.

ÇASCA.

Non.

43INNA- Pardonnez» monsieur; déjà quelques rayons, Messagers de l'aurore , ont blanchi les, nuages ,

CASCA

Avouez que tous deux vous vous étés trompes ; ( Tenez, le soleil est au bout de mon épee.; Il s'avance de loin ver? le milieu du ciel , Amenant avec lui les beaux jours du printemps. Vous verrez dans deux mois s'il s'approche de l'ourse s Mais ses traits à pèsent frappent au Çapitole *

' BRUTUS. ; , '

Donnez-moi tous la main , amis , l'un après l'autre,

Jurez tous d'accomplir vos desseins généreux.

BRUTUS

Laissons là les sermens. Si la patrie en larmes Si d horribles abus , si nos malheurs communs Ne sopt pas des motifs assez puissans sur vous , Rompons tout; hors d'ici , retournez dans vos lits , Dormez , laissez veiller l'affreuse tyrannie z Que sous son bras sanglant chacun tombe à son tou.r, t * On a tradnit cetfe disseymion, parc, gu'ij faut tout trtfujrft.

JULES CÉSAR. m,

Mais si Uni de malheurs , ainsi que je m'en flatte ,

Doivent remplir de feu les cœurs froids des poltrons ,

Inspirer la valeur aux plus timides femmes,

Ou avons-nous donc besoin d'un nouvel éperon?

Quel lien nous faut-il que notre propre cause ?

Et quel autre serment que l'honneur , la parole ?

L'amour de la patrie est notre engagement $

La vertu, mes amis, se fie à la vertu *.

Les. prêtres , les poltrons , les fripons et les faibles ,

Ceux dont on se aéfie , aux sermens ont recours.

Ne souiller, pas l'honneur d une telle entreprise j

Ne faites pas la honte à votre juste cause ,

De penser qu'un serment soutienne vos grands cœurs.

Un Romain est bâtard s'il manque à sa promesse.

CASSIUS

Aurons-nous Cicéron ? voulez-vous le sonder ? Je crois qu'avec vigueur il sera du parti.

GASGA.

Ah ! ne l'oublions pas.

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