‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 442 sur 466 · TRÉBONIUS · texte numérisé non relu

TRÉBONIUS

H fout nous séparer.

CASCA

Il est douteux encore Si César osera venir au Capitule.

Il change , il s'abandonne aux superstitions. n ne méprise plus les revenans , les songes ; Et l'on dirait qu'il croit à la religion.

L'horreur de cette nuit , ces effrayans prodiges , Les discours des devins , les rêves des augures , Pourraient le détourner de marcher au sénat.

DÉCIUS

Ne crains rien : si telle est sa résolution , Je l'en ferai changer. Il ainje tous les contes ; Il parle volontiers de la chasse aux licornes ; Il dit qu'avec du bois on prend ces animaux , Qu'a laide d'un miroir on attrape les ours , Et que dans des filets on saisit les lions ; Mais les flatteurs , dit-il , sont les filets des hommes. Je le loûrai surtout de haïr les flatteurs.

H dira qu'il les hait , étant flatté lui-même *. Je lui tendrai ice piège , et 3e gouvernerai. J'engagerai César à sortir sans rien craindre.

GASSIUS.

Allons tous le prier d'aller au Ca pi tôle.

* L'éveqne Warbarton, dans son Commentaire sur Shakespeare, dit que cela est admire» Mement imaginé.

Va le trouver , Cimber ; je le chéris { il m'a Qu'il vienne j à noua servir je saurai l'eaga

JULES CÉSAR. iu3

BRUTUS

A huit heures amis , a ce temps au plus tard*

CINBA.

N'y manquons pas , au moins ; au plu> tard à huit heures.

CIMBER

Caïus Ligarius veut du mal à César.

César , vous le savez , l'avait persécuté ," Pour avoir noblement ait du bien de Pompée.

Pourquoi Ligarius n'est-il pas avec nous?

BRtJTtS.

l'aîmei l engager.

CASS1U6

L'aube du jour pnratt ; iiôus vous laissons , Brutus. Amis , dispersés- vous ; songe* à vos promesses ; Qu'on reconnaisse en vous des Romains véritables.

fcfcUtTJS.

Paraissez gais, contens , mes braves gentilshommes*; Gardez que vos regards trahissent vos desseins $ Imitez les acteurs du théâtre de Home 4 Ne vous rebutez point, soyez fermes, constans. Adieu , je donne à tous le Bonjour , et partez-

(Lucius est endorhii dans un coin.) Hé ! garçon ! Lucius ! — Il dort profondément. Ah ! de ce doux sommeil goûte bien la rosée.

Tu n'as point en dormant de ces rêves cruels Dont notre inquiétude aceable nos pensées.

- Nous sommes agités j ton âme est en repos.

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