D ARM IN
Nous en sommes fort près ; et notre gloire N'a pas le sou.
r Lé chevalier MONDOR.
Je suis prêt à t'en croire.
DARMIN. -
Cher chevalier , il te faut avouer. ...
Le chevalier. MONDOR.
En quatre mots je dois vous confier. ...
Que notre ami vient de faire une perte
Le chevalier MONDOR.
Que j'ai , mon cher , fait une découverte DARMIN.
De tout le bien.
Que sur la mer Il rapportait
L« cfceral*» MQNQQ,?L
D'une honnét? beauté*.
DARMIN.
Le chevalier. MONDOR.
A qui, sans vanité, DARWIN.
Le chevalier MONDOR.
Après bien du mystère, DARMIN.
Dans ion vaisseau.
Le chevalier MONDOR.
J'ai le bonheur de plaire*
558 THÉATRJE.
jdàrbuî*.
C'est an malheur,
Le chevalier MONDOR.
C'est un plaisir bien vif De subjuguer ce scrupule excessif, Cette pudeur et si (ière et si pure, Ce précepteur qui grpnçle la .nature.
J'avais dujfoût pour la dame Burlet, Pour sa gaité, s,on air brusgu.e et follet j Mais c'est un goût plus léger qu'elle-même.
DAfctflN.
J'en suis ravi.
Le ehevalîer MO H DO R.
C'est la Prude que j'aime.
Encouragé par la difficulté, J'ai présenté |a pomme à la >6ertB.
DARMIff.
La prude enfin dont votre âme est éprise, Cette beauté si fière? ..
Le chevalier MONDOR.
C'est ©orfise.
BLA.NFORD «j>rU»t.
Dorfisc.... ah!... bon ! Sais-tu bien devant qui Tu parles là ?
Le «hersdiei- MONDOR.
Devant toi , mon ami.
BLANFORD.
Va, j'ai pitié de ton extravagance; Cette beauté n'aura plus l'indulgence , Je t'en réponds , de rece voir chez soi Des chevaliers éventés comme toi.
Le cfceuUer MONDOR.
Si fait , mon cher : la femme la moins folle Ne se plaint point lorsqu'un fou la cajole.
BLANFORD.
Cajolez moins , mon très-cher ; apprenez Qu'il ses vertus mes jours sont destinés $ Qu'elle est à moi, que jsa juste tendresse De m'épouser m'avait passé promesse , Qu'elle m'attend pour m'unira son- sort.
Le enrouler M O N D ©% en riant»
Le beau billet qu'a là l'amf Blanford !
(à Dtrmin. )
H a , dis-tu , besoin dans sa détresse D'autres billets payables en espèce.
Tiens , cher Darmin.
( il reut lui donner un portefeuille )
BLAHFQRBltotUul.
Non, gwdezvyous-en bien.
DARMIN. *
Quoi! vous voulez?...
~ . „ ^ Ju» je ne veux rien,
yuand d emprunter on fait la grâce insigne, t est à quelqu'un <|u Wdaigne en croire digne ; t. est 4 un ami qu'on emprunte l'argent.
Le chevalin MONDOR.
Ne suis-je pas tQn ami ?
BLANFORÇ.
Non vraiment.
Plaisant ami , dont la frivole flamme , S'il .se pouvait, m'enlèverait n*a femme ; Qui dès ce soir , avec vingt fainéans, Va s'égayer à table à mes dépens!
Je les connais ces beaux amis du monde.
Le chevalier MONDOR.
Ce monde-là , que ton rare esprit fronde, Crois-moi , vaut mieux que ta mauvaise humeur. Adieu. Je vais , du meilleur de mon cœur , Dans le moment chez la belle Dorfise, Aux grands éclats rire de ta sottise.
(il veut s'en aller.) BLANFORD l'arrêtant.
Que dis-tu là? Mon cher Darmin ! comment!
Elle est ici , Dorfise ?
Le chevalier MONDOR.
Assurément.
. BLANFORD.
juste ciel !
Le chevalier MQtfQOfy
Eh bien ! quelle merveille?
Dans sa maison ?
Le chevalier M ON £> O R.
Je 1 ai ^ trouvée à rinçant, qui crépirait, Et qui des champs avec h£te accourait.
BLANFORD *jp*jU .
Pour me revoir,! O djel l je te ren^s grâqe; A ce seurtrait toutrapn jnwlherçr /efface ; Entrons che$ eljp.
Le chevalier J)IpJHW)R.
Entrons , c'est fort bien dit ; Car plus on est de fous , et plus on rit.
BLANFORD, aV^nU la ,pp*te.
Heurtons.
Le cheviller MONDOR.
Frappoms.
56o THÉÂTRE.
COLETTE en dedans de la maison.
Qui va là?
BLANFORD.
Moi;.
Le cheraUer MONDOR.
Moi-même* SCÈNE IV.
BLANFORD, DARMIN, COLETTE, le chevalier MONDOR. COLETTE sortant de la maison.
Blanfop.d ! Darmin ! quelle surprise extrême ! Monsieur !
BLANFORD.
Colette !
COLETTE
Hélas ! je vous ai cru •
Noyé cent fois. Soyez le bienvenu.
BL4NFORD.
Le juste ciel, propice à ma tendresse.
M'a conservé pour revoir ta maîtresse.
COLETTE
Elle sortait tout à l'instant d'ici.
DARMIN.
Et sa cousine?
COLETTE
Et sa cousine aussi.
BLANFORD.
Eh mais! de grâce , où donc est-elle allée?
Qù la trouver ?
COLETTE fesant une révérence de prnde. ' "' ' *
Elle est à l'assemblée.
BLANFORÎ).
Quelle assemblée ? '
COLETTE. f
Eh! vous ne savez rien?
Apprenez donc que vingt femmes de bien Sont dans Marseille étroitement unies Pour corriger nos jeunes étourdies , Pour réformer tout le t rai ri d'aujourd'hui , Mettre à sa place, un noble et * digne en fiùf, , ' ' Et noblement , par de sages cabales , ' -
De leur prochain réprimer les scandales , r Et Dorfise est en tête du parti. "
BLANFORD à Darmin.
Mais comment donc un si grand étourdi
Est-il souffert d'une beauté sévère? i
DARMIN. «
Chez une prude un étourdi peut plaire» '
LA PRUDE. fa
BLÀNFORÎ).
Del'âs^iiiliïee^tva-t-ëile? ; ' "'
Faire du bien sourdement. \ ;'. ^ | . ip -
, ; . ,,', BLANFOfi.^,/ ,'.;.'." 'V,\. ., . :
En secret! ,;,j •,.,:, ti/ t
C'est là le comble. Eh L pois- je en ^, demeure , tii
Pour lui parler, avoir aussi, mou» heure* ? # , <: ' . , \
' I* ch«vtfiôî» MOttBOft. . .;.ï i r.:.'. )
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On „ ,;,
• COLETTE
Oui, mais leur, goi\t rarement les assemble; , !:•< » Et la cousine , avec dix jeunes gens . : . :r • ., r .. Et dix beautés , se dohrfé 'du bon temps ; Et, d'une table et propre et bien sprne , Presque toujours vole àfia comédieu Ensuite on dansé', du l'on se met au jeu :
Toujours chez elle etgrand'cnèTe et beau feu. De longs soupers et des chansons. nouvelles, ' ° Et des bons mots, ençor plus plajsans aVej^es; Glaces, liqueurs, vins vieux , 4 gi;i$,. : rpuge l s t , i ^lan,<»^. Amas nouveaux de boîtes , de rubans , .,,„.', { fc ')
Magots de Saxe , et riches bagatelles , " QrfHébert ¥ invente à Paris pour les belles ; Le jour, la nuit, cent plaisirs peaaissap*. , . Et de médire à peine, artf-on le : temps.
Le tshevtliet MONDOR.
Oui, notre ami, e'èst ainsi qu'il fautrivre.' rrj '"'->'• k J
n'Alita ift , , .,.•.•- i Mais , pour la voir , ou faûàVa,-t-ir la suiV'ré ?' !' " * j
COLETTE. \ Partout, monsieur; car du matin ausoif, , t ,,.,,< Dès qu'elle sort, elle court ,, veut tout Voir. 11 lui faudrait que le ciel par miracle Exprès pour elle assemblât un spectacle i : l
Jeu , bai , toilette , et musique et sojftpe;* > Son cœur toujours est de tout ojecpfê\
Fameux marchand de curiosités.