‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 75 sur 466 · LE COMTE, LA MARQUISE, LA BARONNE · texte numérisé non relu

LE COMTE, LA MARQUISE, LA BARONNE

LE paysan;

LÀ. MARQUISE aa paywé.

Approchez-vous, parles , ne trfeiriblec pas.

LE PAYSAN.' Ah, monseigneur ! écoutee^moi de grâce:

Je suis... Je tombe à vos pieds , cjue j'embrasse ; Je viens vous rendre....

LE COMTE

Ami, reteveï-vous ; Je ne veux point qu'on me parle à genoux; D*un tel orgueil je suis trop incapable.

IfANINE. 65 5

Vous ayez l'air d'être un tomme eitimeà^e.

Dans ma mais*n «berdus^vaos de J'emafei?

À quiparlé-je?

Allons f xas&ure-toi, \ LE PAYSAN Je suis , hélas ! le père de Nanine,

LE COMTE

Vous?

fi A BARONNE. ' "* *

Ta fille est Une grande coquîîfe.

*. fcE *AY$AN. ' Ah ! monseigneur , voilà ce que j'ai craint , Voilà le coup dont in*n ceeur est atteint :

J'ai bien pensé qu'une somme si frrte N'appartient pas à de*, gens de sa sorte :

Et les petits perdeot tien tôt leurs mœurs , Ils sont gâtés auprès des grands seigneurs.

LA BARONNE

Il a raison ; mais il trompe : et Nanine N'est point sa filj* j elle était orpheline.

L£ FAYSAN..

H est trop vrai : dje# <)e pauvres parcns Je la laissai dès ^ plus jeunes ans.

Ayant perdu mon bien avec sa uière,.

J'allai servir, for<* par la misère, Ne voulant pas ,. dans" mon funeste état * Qu'elle passât }>our fille d'un soldat, .

Lui défendant fie me r *|oatmer son père.

LA MARQUISE, Pourquoi cek ?pow moi je considère Les bons soldats ; on à grand besoin d'eux.

Qu'a ce métier , s*i1 vous plaît, de honteux * . 'le paysan.'. "" ' ,' V U est bien moins honoré qu'honorable. .

le comte.

Ce pré j ugé fut toujours condamna W*.

J'estime plus un vertueux soldat, ' i

Qui de son sang sert son prince et Fetat T Qu'un important,. que sa lâche industrie x

Engraisse en paix du sang de la palme.

LA MARQBIfiE.

Çà, vous avez vu beaucoup de combats ; Contez-les moi bien tous , n'y manquez pas.

LE PAYSAN

Dans la douleur, hélas! qui me déchire , Permettez-moi seulement de vous dire

Qu'on me promit cent fois de m'avancera Mais sans appui comment peut-on percer ?

Toujours jeté dans la foule commune , Mais distingué, l'honneur fût ma fortune.

LA MARQUISE

Vous êtes donc né de condition ?

LA BARONNE- Fi, quelle idée!

LE PAYSAN à Umarçuiie.

Hélas! madame, non; . . Mais je suis né ct'une honnête famille ; Je méritais peut-être une autre fille.

LA MARQUISE

Que vouliez -yous de mieux ?

LE COMTE

Eh ! poursuivez.

LA MARQUISE

Mieux que Nanine ?

LE COMTE

Ah ! de grâce , : achevez.

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