‹ Œuvres complètes de Voltaire, Volume 2, Part 2Chapitre 76 sur 466 · LE FAY&AH · texte numérisé non relu

LE FAY&AH

J'appris qu'ici ma fille fut nourrie , - Qu elle y vivait bien traitée et chérie:

Heureux alors , et bénissant le ciel , Vous , vos bontés, votre soin paternel , Je suis venu dans le prochain village, Mais plein de trouble et craignant son jeune âgé , Tremblant encor , lorsque j'ai tout perdu , De retrouver lé bien qui m'est rendu.

( montrant U Ipironn*. )

Je viens d'entendre , au discours de madame , Que j'eus raison : elle m'a percé, l'âme $ Je vois fort bien que ces cent louis d'or, Des diamans , sont un trop grand trésor Pour les tenir par un droit légitime :

Elle ne peut les avoir eus sans crime 4 .

Ce seul soupçon me fait frémir d'horreur , Et j'en mourrai de honte et de douleur.

Je suis venu soudain pour vous les rendre; Ils son ta vous , vous devez les reprendre; Et si ma fille est criminelle , hélas!

Punissez-moi, mais ne la perdez pas.

Ah! mon cher fils , je suis toute attendrie.

LA BARONNE

Ouais! est-ce un songe, est-ce une fourberie?

LE COMTE

Ah! qa'ai-jefait?

NANINE. 65 7

LE PAYSAN

( il tire la hourte et le paquet)

Tenez, monsieur, tenez»

LE COMTE

Moi les reprendre! ils ont été donnés:

Elle en a fait un respectable usage.

C'est donc à vous qu'on a fait le message ?

Qui Ta porté ?

LE PAYSAN

C'est votre jardinier, À qui Nanine osa se confier.

LE COMTE

Quoi ! c'est à vous que le présent s'adresse ?

LE PAYSAN

Oui , je l'avoue.

douleur! 6 tendresse!

Des deux côtés quel excès de vertu!

Et votre nom? Je demeure éperdu,

LA MARQUISE

Eh ! dites donc votre nom : quel mystère!

LE PAYSAN

Philippe Hombert, de Gatine.

LE COMTE

Ah! mon père!

LA BARONNE

Que dit-il là?

Lfc COMTE.

Quel jour vient m'éclairerl J'ai fait un crime , il le faut réparer.

Si vous saviez combien je suis coupable !

J'ai maltraité la vertu respectable.

( il ra lui-même à un de ses gens. )

Holà! courez.

LA^BAKONNE.

Eh! quel empressement!

LE COMTE

Vite un carrosse.

LA MARQUISE

Oui, madame, à l'instant Vous devriez être sa protectrice.

Quand on a fait une telle injustice , Sachez de moi que l'on ne doit rougir Que de ne pas assez se repentir. Monsieur mon fils a souveqt des lubies ,, Que l'on prendrait pour de franches folies} Mais dans le fond c'est un cœur généreux; Il est né bon j j'en fais ce que je veux.

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