LE FAY&AH
J'appris qu'ici ma fille fut nourrie , - Qu elle y vivait bien traitée et chérie:
Heureux alors , et bénissant le ciel , Vous , vos bontés, votre soin paternel , Je suis venu dans le prochain village, Mais plein de trouble et craignant son jeune âgé , Tremblant encor , lorsque j'ai tout perdu , De retrouver lé bien qui m'est rendu.
( montrant U Ipironn*. )
Je viens d'entendre , au discours de madame , Que j'eus raison : elle m'a percé, l'âme $ Je vois fort bien que ces cent louis d'or, Des diamans , sont un trop grand trésor Pour les tenir par un droit légitime :
Elle ne peut les avoir eus sans crime 4 .
Ce seul soupçon me fait frémir d'horreur , Et j'en mourrai de honte et de douleur.
Je suis venu soudain pour vous les rendre; Ils son ta vous , vous devez les reprendre; Et si ma fille est criminelle , hélas!
Punissez-moi, mais ne la perdez pas.
Ah! mon cher fils , je suis toute attendrie.
LA BARONNE
Ouais! est-ce un songe, est-ce une fourberie?
LE COMTE
Ah! qa'ai-jefait?
NANINE. 65 7
LE PAYSAN
( il tire la hourte et le paquet)
Tenez, monsieur, tenez»
LE COMTE
Moi les reprendre! ils ont été donnés:
Elle en a fait un respectable usage.
C'est donc à vous qu'on a fait le message ?
Qui Ta porté ?
LE PAYSAN
C'est votre jardinier, À qui Nanine osa se confier.
LE COMTE
Quoi ! c'est à vous que le présent s'adresse ?
LE PAYSAN
Oui , je l'avoue.
douleur! 6 tendresse!
Des deux côtés quel excès de vertu!
Et votre nom? Je demeure éperdu,
LA MARQUISE
Eh ! dites donc votre nom : quel mystère!
LE PAYSAN
Philippe Hombert, de Gatine.
LE COMTE
Ah! mon père!
LA BARONNE
Que dit-il là?
Lfc COMTE.
Quel jour vient m'éclairerl J'ai fait un crime , il le faut réparer.
Si vous saviez combien je suis coupable !
J'ai maltraité la vertu respectable.
( il ra lui-même à un de ses gens. )
Holà! courez.
LA^BAKONNE.
Eh! quel empressement!
LE COMTE
Vite un carrosse.
LA MARQUISE
Oui, madame, à l'instant Vous devriez être sa protectrice.
Quand on a fait une telle injustice , Sachez de moi que l'on ne doit rougir Que de ne pas assez se repentir. Monsieur mon fils a souveqt des lubies ,, Que l'on prendrait pour de franches folies} Mais dans le fond c'est un cœur généreux; Il est né bon j j'en fais ce que je veux.