SCÈNE II
M. DURU , M. GRIPON tenant le contrat et une ëcritoire à la main.
M. GRIPON.
Je viens signer notre alliance.
M. DURU
Comment! signer?
M. GRIPON.
Sans doute, et vous l'avez voulu.
Il faut conclure tout.
M. DURU
Tout est assez conclu.
Vous radotez.
M. GRIPON.
Je viens pour consommer la chose.
M. DURU
La chose est consommée.
, M. GRIPON.
Oh ! oui : je me propose De produire au grand jour ma Phlipotte et Phlipot. Us viennent.
M. DURU
Quels discours !
M. GRIPON.
Tout est prêt en un mot.
U. DURU
Morbleu , vous vous moquez ; tout est fait.
M. GRIPON.
Çà, compère, Votre femme est instruite et prépare l'affaire.
M. DURU
Je n'ai point vu ma femme; elle dort, et mon fils Dort avec votre fille , et mon gendre au logis Avec ma fille dort , et tout dort. Quelle rage Vous a lait cette nuit presser ce mariage?
M. GRIPON.
Es-tu devenu fou ?
M. DURU
Quoi ! mon fils ne tient pas A présent dans son lit Phlipotte et ses appas? Les noces , cette Huit, n'auraient pas été faites?
M. GRIPON.
Ma fille a cette nuit repassé ses cornettes , Elle s'habjîle en hâte; et mon fils son cadet, Pour épargner les frais, met le contrat au net.
Juste ciel ! quoi! ton fils n'est pas avec ma fille?
M. GRIPON.
Non , sans doute.
M. DURU
Le diable est donc dans ma famille !
M. GRIPON.
Je le crois.
M. DURU
Ah, fripons! femme indigne du jour, Vous payerez bien cher ce détestable tour !
Lâches , vous apprendrez que c'est moi qui suis maître. Approfondissons tout ; je prétends tout connaître : Fais descendre mon fils ; va , compère , dis-lui Qu'un ami de son père arrivé d'aujourd'hui , Vient lui parler d'affaire et ne saurait attendre.
M. GRIPON.
Je vais te l'amener. Il faut punir mon gendre; Il faut un commissaire ; il faut verbaliser ; Il faut venger Phlipotte.
M. DURU
Eh ! cours sans tant jaser.
M. GRIPON revenant.
Cela pourra coûter quelque argent; mais n'importe.
Eh! va donc.
M. G R I f ON «Tenant,
11 faudra faire amener main-forte.
M. DURU
Va , te dis-je.
M. GRIPON.
J'y cours.