SCÈNE IV
M. DURU, M. GRIPON, DAMIS.
DAMIS à M. Gripon.
Quel est cet homme V il a l'air bien atrabilaire.
M. GRIPON.
C'est le meilleur ami qu'ait monsieur votre père,
fc DAMIS.
Prête-t-il de l'argent ?
M. GRIPON.
En aucune façon ,
Car il en a beaucoup.
Êtes-vous avocat ?
M. DURU
Repondez, beau garçon,
DAMIS
Po nt du tout.
M. DURU
Ah! le traître!
Êtes-vous marié?
DAMIS
J'ai le bonheur de l'être
M. DU RU
Et votre sœur?
DAMIS
Aussi. Nous avons , cette nuit , Goûté d'un double hymen le tendre et premier fruit.
M. GRIPON.
Mariés !
M. DURU
Scélérat!
H, GRIPON.
A qui donc?
DAMIS
A ma femme.
M. GRIPON.
A ma Phlipotte ?
DAMIS
Non.
M. DURU
Je me sens percer l'âme.
Quelle est-elle? En un mot, vite, répondez-moi.
DAMIS
Vous êtes curieux et poli , je le voi.
M. DURU
Je veux savoir de vous celle qui , par surprise, Pour braver votre père ici s'impatronise.
DAMIS
Quelle estma femme ?
M. DURU
Oui , oui.
DAMIS
C'est la sœur de celui A gui ma propre sœur est unie aujourd'hui.
M. GRIPON.
Quel galimatias!
DAMIS
La chose est toute claire.
Vous savez , cher Gripon , qu'un ordre de mon père Enjoignait à ma mère , en termes très-précis , D'établir au plus tôt et sa fille et son fils.
M. DURU
Eh bien , traître ?
DAMIS
A cet ordre elle s'est asservie , Non pas absolument, mais du moins en partie.
U veut unu>rompt hymen; il s'est fait promptement. Il est vrarrju'on n'a pas conclu précisément Avec ceux que sa lettre a nommés par sa clause; Mais le plus fort est fait , le reste est peu de choie.