Belcarius, Com Struv. corp., Hist
(1526 | et déchirée par des factions qui donnaient lieu de craindre ‘es plus funestes conséquences. Les institutions féodales subsistaient encore presque sans altération dans l'empire. La propriété des terres était entre les mains des barons, de qui leurs vassaux les tenaient aux conditions les plus onéreuses; le reste de la nation était dans un état d’oppression qui ne valait guère mieux qu'une servitude absolue, Dans quelquescontrées de l’Allemagne, le bas peuple était assujetti à l'esclavage personnel et domestique, c’est-àdire au dernier degré de servitude. En d’autres provinces, particulièrement dans la Bohème et dans la Lusace, les paysans étaient attachés à la terre du seigneur auquel ils appartenaient, et faisaient partie du fonds, avec lequel ils passaient , comme tout autre immeuble, d'un propriétaire à un autre. Dans la Souabe même et dans:les pays des bords du Rhin, où leur état était plus supportable, les paysans ou colons n'étaient pas seulement obligés de rendre au seigneur tout le revenu de leurs fermes ; lorsqu'ils voulaient chenger de demeure ou prendre une autre profession, il fallait qu’ils payassent une certaine somme pour en obtenir la liberté. Les paysans, à qui on accordait des terres, n’en pouvaient jouir que pendant leur vie; ces terres ne passaient jamais à leur postérité ; à leur mort, le seigneur avait droit de choisir et de prendre, dans leurs troupeaux et dans leurs meubles, ce qui lui convenait ; et les héritiers, pour obtenir le renouvellement du bail, étaient obligés de payer de grandes sommes par forme d'amende, L'habitude et l'usage faisaient supporter sans murmure ; à cette malheureuse classe d'hommes, ces énormes exactions; mais quand le progrès de la politesse et du luxe, et les changemens récemment introduits dans la manière de faire la guerre, vinrent augsnenter les dépenses gouvernement, les princes furent obligés de lever sur leurs sujets des impôts, soit fixes soit accidenteis ; alors ces charges, par leur nouveauté même, parurent intolérables; et comme er Allemagne les in se mettaient principalement sur la bicre, le vin et les autres denrées de première nécessité, ils se firent sentir plus vivement au peuple, et le porterent enfin au dernier degré du désespoir, Les Suisses, excités par le ressentiment que leur inspirèrent de semblables impositions, se procurèrent par leur
courage, au quatorzième siècle, la liberté dont ils jouissent, La même cause avait soulevé les paysans de plusieurs autres provinces d'Allemagne contre leurs seigneurs, vers la fn du quinzième siècle et le commencement du seizième ; et quoique ces révoltes n'eussent pas eu pour eux un égal succés, il en coûta beaucoup de sang et de peines pour les apaiser!
Les mauvais succès de ces paysans les avaient contenus quelque temps sans les abattre; voyant l'oppression s’accroitre tous les jours, ils coururent aux armes avec toute la fureur du désespoir. Ce fut près d'Ulm, dans la Souabe, que parut, en 1526, le premier étendard de la révolte. Les paysans des contrées voisines y accoururent en foule avec toute l’ardeur et toute l’impatience naturelle à des hommes qui, gémissant depuis long-temps sous le joug le plus dur, croient enfin entrevoir le moment favorable qui va les en délivrer, Le même esprit de sédition se répand de province en province , et parcourt presque toute l'Allemagne. Rien n’est épargné : partout où pénètrent ces furieux, ils pillent les monastères, ravagent les terres de leurs seigneurs et démolissent leurs châteaux, massacrent sans pitié tous les nobles qui ont le malheur de tomber entre leurs mains 2,
Lorsqu'ils crurent avoir intimidé leurs oppresseurs par ces violences, ils cherchérent plus tranquillement les moyens d’en assurer l'effet et de s'affranchir pour l'avenir de la tyrannie des mêmes exactions. Dans cette vue ils dressérent et publièrent un mémoire qui contenait toutes leurs demandes, et déclarèrent qu'ils ne mettraient bas les armes que lorsqu'ils auraient obligé tous les nobles de les satisfaire, de gré ou de force, sur chacun des articles dont voici les principaux : Us demandaient qu’on leur laissât la liberté de choisir leurs curés; qu'on ne leur fit plus payer d’autres dimes que celles du blé; qu’ils ne fussent plus regardés comme les esclaves ou serfs de leurs seigneurs ; qu’on leur laissât, comme aux nobles, le droit de chasse et de pêche; que les grandes forêts ne fussent plus des propriétés particulières et exclusives. mais ouvertes et communes à tous; qu'on les décharget des taxe es dont on les avait acca-
1 Seckend, liv PEUX * Petr. Crinitus, de Bello rusticano. ap. Frecher Scrip. Rer, Germ. Argant. 1717, vol. III, p. 243.
blés; que la justice se rendit avec moins de rigueur et plus d'impartialité; enfin qu'on mit un frein aux usurpations des nobles sur les prairies et sur les communes {,
Plusieurs de ces demandes étaient très raisonnables; et une multitude formidable de paysans armés pour les appuyer semblait devoir en assurer le succès; mais ces masses indisciplinées et dispersées en plusieurs endroits ne pouvaient mettre dans leurs opérations ni règle, ni union, ni suite, ni vigueur. Ils n'avaient pour chefs que des hommes de la lie du peuple, qui ignoraient l’art de la guerre et les moyens qui pouvaient les conduire à leur but : tous leurs exploits ne furent que des actes d’une fureur brutale et sans objet. Les princes et les nobles de la Souabe et du Bas-Rhin assemblèrent leurs vassaux et marchèrent contre ces révoltés qui infestaient les provinces ; ils attaquèrent les uns en plaine, surprirent les autres dans des embuscades, et les taillèrent en pièces ou les dispersèrent:tous. Les paysans, après avoir inutilement ravagé tout le plat pays, et perdu, en différentes actions, plus de vingt mille des leurs, furent forcés de retourner dans leurs hatations, avec moins d'espérance que jamais d’être soulagés de leurs misères 2.
Ces soulèvemens avaient commencé par les provinces d'Allemagne où les opinions de Luther avaient fait le moins de progrès; et comme ils n'avaient pour principe que des objets politiques, ils n’intéressaient en aucune manière les points de religion qui étaient alors contestés. Mais quand une fois cette fureur épidémique eut gagné les contrées où les doctrines de la réformation s'étaient établies, elle tira une nouvelle force des circonsiances et de la disposition générale des esprits, et se porta aux plus grands excès. La réformation encourageait, dans tous les pays où elle était reçue, l'esprit d’audace et d'innovation qui lui avait donné naissance. Des hommes qui avaient osé renverser un système appuyé sur tout ce qui peut commander le respect, ne s’en laissaient plus imposer par aucune autorité, quelque vénérable, quelque sacrée qu’elle pût être. Accoutumés à se regar-
1 Sleid., Aist., p. 90.
2 Secken., liv. 11, p. 10. Petr, Gnodalius, de Rusticanorum tumultu in Germania ap Scar. Scrip., vol. H, P. 131, etc.
crédit étonnant. Il avait répandu dans les esprits
| der comme les juges légitimes des dogmes les plus importans de la religion, à les examiner librement, et à rejeter sans scrupule tout ce qui leur paraissait erroné, ils durent naturellement tourner ce principe d'audace et de recherche vers les objets de gouvernement, et te croire en droit de rectifier les désordres et les imperfections qu'ils y découvraient : ils avaient déjà en plusieurs endroits réformé les abus de la religion, sans y appeler l'autorité du magistrat; ce premier pas les conduisait à entreprendre avec la même liberté la réforme des abus politiques.
Aussi, dès que la révolte eut éclaté dans la Thuringe, province soumise à l'électeur de Saxe, et dont les habitans avaient presque tous embrassé le luthérianisme, elle y prit une forme nouvelle et bien plus terrible. Thomas Muncer, un des disciples de Luther, s'était établi dans le pays, et y avait acquis sur l'esprit du peuple un
les opinions les plus bizarres et les plus fanatiques; mais dont l'effet naturel était d’encourager les peuples à la sédition. «Luther, leur «disait-il, a fait plus de mal que de bien à la «religion : il est vrai qu'il a délivré l'église du «joug des papes; mais sa doctrine favorise la «corruption des mœurs, et sa vie licencieuse en «donne l'exemple. Pour éviter le vice, ajou- «tait-il, les hommes doivent pratiquer des mor- «tifications continuelles. Il faut avoir un main- «tien grave, parler peu, porter les habits les plus «simples, être sérieux et austère dans tout son «extérieur. Ceux qui préparent ainsi leurs cœurs «ont droit d'espérer que l'Étre suprème con- «duira tous leurs pas, et leur manifestera sa «volonté par quelque signe, sensible. Et si le « Tout-Puissant leur retirait ensuite cette illumi- «nation, ils pourraient se plaindre à lui de ce «qu'il les traite si durement, et lui rappeler ses «promesses. Ces plaintes et cette sainte colère «ne peuvent manquer d'être souverainement «agréables à Dieu, et de le déterminer à la fin à «nous guider, de cette main toujours sûre qui «conduisit les patriarches des premiers âges. «Prenons garde cependant de l'offenser par «notre arrogance : tous les hommes sont égaux «à ses yeux : qu'ils reviennent à cette égalité «dans laquelle il les a fait naître : qu’ils mettent l «tous les biens en commun, et qu'ils vivent en
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le genre humain, d'éteindre toute propriété,
«semble comme des frères, sans aucunes mar- ! «ques de subordination ni de prééminence 1,» | Ces idées, tout extravagantes qu’elles étaient, flattaient trop les passiuns du cœur humain pour ne pas faire des impressions profondes, C'était peu pour ces imaginations échauffées que de chercher à réprimer le pouvoir des nobles : ce n'était à leurs yeux qu'une réforme partielle et de peu de conséquence. qui ne méritait pas mème qu’on s'en occupât. {ls ne se proposaient rien moins que d'abolir toute distinction parmi
de ramener les hommes à cet état d'égalité originelle où la subsistance de chacun se tirerait d'un fonds commun. Muncer les assurait que ce dessein était approuvé du ciel, et que, dans un songe, le Tout-Puissant lui en avait garanti le succès. Les paysans ne songérent plus qu'à le mettre à exécution; et non-seulement ils y portérent la fureur qui animait ceux de leur classe révoltés dans les autres parties de l'Allemagne, mais, excités par le zèle qu’inspirele fanatisme, ils déposèrent les magistrats dans toutes les villes dont ils purent s'emparer; ils saisirent les terres des nobles; ils obligèrent tous ceux qui tombèrent entre leurs mains à prendre l'habit de paysan, à renoncer à tous leurs titres, et à se contenter des noms simples qu’on donnait aux hommes du peuple. Des troupes nombreuses de Paysans accouraient de tous côtés pour s'engager dans cette bizarre entreprise; mais Muncer, leur chef et leur prophète, n'avait pas les qualités nécessaires pour les commander, I] avait toute l’extravagance des fanatiques, mais il n’en avait pas le courage. On eut beaucoup de peine à lui persuader de se mettre en campagne ; et
quoiqu'il eût à ses ordres jusqu’à huit mille hommes, il se laissa envelopper par un corps de
cavalerie que commandaient l'électeur de Saxe,
le landgrave de Hesse et le duc de Brunswick.
Ces princes, qui ne pouvaient se résoudre à
verser le sang de leurs sujets abusés Par un in-
sensé, envoyèrent qu camp des révoltés un jeune gentilhomme pour leur offrir un pardon
général, s’ils voulaient sur-le-champ mettre bas
les armes et leur livrer les auteurs de la sédition. Muncer, alarmé de cette proposition, se
mit à les haranguer avec sa véhémence ordi-
? Seckend, liv. xs, P. 13, Sleid,, Æis£., p. 83.
naire, les exhortant à se défier des promesses
perfides de leurs oppresseurs, et à ne pas trahir
la cause de Dieu et de la liberté chrétienne. Mais le sentiment du danger présent fit sur
l'esprit de ces paysans une impression plus vive
que l'éloquence de l'orateur. La terreur et l'incertitude se peignaient déjà sur tous les visages, lorsqu'un arc-en-ciel, symbole que les rebelles avaient peint sur leurs drapeaux , vint à briller dans les nues : Muncer, par une présence d’esprit admirable, sut tirer parti de cet incident, et levant aussitôt les yeux et les mains vers le ciel : « Voyez, s'écria-t-il en élevant la voix, voyez le signe que Dieu nous envoie; voilà le gage de votre sûreté, et celui de la destruction des mé- Chans. » Aussitôt cette multitude fanatique pousse de grands cris de joie, comme si la victoire eût été certaine ; et passant en un moment d’une extrémité à l'autre, elle massacre le malheureux gentilhomme qui était venu leur offrir leur pardon, et demande qu'on les mène à l'ennemi. Les princes, indignés de cet attentat contre les lois de la guerre, prévinrent les rebelles et commencèrent l'attaque. Les paysans ne montrèrent pas dans ce combat la vigueur qu'on aurait pu attendre de leur férocité et de leur présomption. Cette populace indisciplinée n’était pas en état de tenir contre des troupes aguerries : plus de cinq mille d’entre eux restérent sur le champ de bataille, sans avoir presque fait de résistance; le reste prit la fuite, et Muncer, leur général, fuyait à leur tête. 11 fut pris le lendemain. Ayant été condamné aux supplices que méritaient ses crimes, il subit son sort avec une honteuse lâcheté. Sa mort mit un terme À ces révoltes de paysans, qui avaient jeté la terreur dans toute l'Allemagne !: mais les idées fanatiques qu’il avait répandues n'étaient point éteintes; elles produisirent quelque temps après des effets plus extravagans encore et plus mémorables.
Pendant toutes ces séditions, Luther se conduisit avec une prudence et une modération exemplaires; comme ua père commun, jaloux du bonheur de sa famille divisée , il s'occupa à faire le bien des deux partis, sans épargner les fautes et les erreurs de l’un et del’autre. Tandis qu’il adressait aux nobles une remontrance où
! Sleid., Aist., p. 84. Seckend, liv. xt, p. 12, Grodalius, Tumult. rustican., 155.
il les conjurait de traiter leurs sujets avec plus de douceur et d'humanité, il blâmait avee sévérité l'esprit séditieux des paysans, et les exhortait à ne pas murmurer des peines inséparables de leur condition, ou à ne chercher des remèdes à leurs souffrances que dans les voies que leur tffraient les lois
Ce fut en cette année que se fit le mariage si fameux de Luther avec Catherine Boria, religieuse, de famille noble, qui avait quitté le voile et s'était évadée de son monastère. Il s’en fallut beaucoup que ce mariage obtint une approbation générale ; les ennemis de Luther n’en parlaient que comme d’un inceste et d’une profanation; et ses plus zélés partisans le regardaient comme une démarche indécente, dans un temps où sa patrie était affligée de tant de calamités. Luther sentit l'impression désavantageuse que cet incident avait fait sur les esprits; mais satisfait de son propre témoignage, il supporta avec son courege ordinaire la censure de ses amis et les invectives de ses ennemis 2.
La réforme perdit encore cette même année son premuer protecteur, Frédéric, électeur de Saxe: Jean, son frère et son successeur, rendit sa perte moins sensible: il n’avait pasles mêmes talens pour protéger efficacement Luther et sa doctrine; mais il se déclara plus ouvertement pour la cause, et montra plus de zèle pour la défendre.
Il se fit, environ vers le même temps, dans l'état de l'Allemagne un changement considérable, qui mérite qu’on en recherche les causes en remontant à son origine. Pendant que la manie des croisades agitait toute l'Europe dans le douzième et le treizième siècle, plusieurs ordres religieux de chevalerie furent fondés pour défendre la foi chrétienne contre les païens et les infidèles. Un des plus illustres était l'ordre Teutonique établi en Allemagne. Les chevaliers de cet ordre s'étaient singulièrement distingués dans toutes les expéditions entreprises pour la conquête de la Terre-Sainte, Chassés à la fin des établissemens qu'ils avaient dans le Levant, ils furent obligés de revenir dans leur patrie. Leur valeur et leur zèle avaient trop d'impétuosité pour demeurer long-temps dans l'inaction. Ils envahirent, sous &’assez mauvais prétextes, la pro-
? Sleid., Æist., p. 87.
2 Seckend, lib. xt, p. 16,
vince de Prusse dont les habitans étaient encore idolâtres; et après l'avoir entiérement conquise vers le milieu du treizième siècle, ils la possédèrent plusieurs années commeun fiefdépendant de la couronne de Pologne. Pendant cet intervalle, il s'éleva des contestations très vives entre les grands maitres de l'ordre et les rois de Pologne: les premiers aspiraient à l'indépendance : les seconds défendaient avec vigueur leur droit de souveraineté. Albert, prince de la maison de Brandebourg, qui avait été élu grand-maître en 1511, s'engagea avec beaucoup de chaleur dans cette querelle, et soutint une longue guerre contre Sigismond, roi de Pologne; mais ayant embrassé de bonne heure les opinions de Luther, son zèle pour les intérêts de la confrérie se ralentit par degrés; il profita des troubles qui divisaient l'empire, et de l'absence de l’empereur, pour conclure un traité avec Sigismond, où il ne songea qu'à ses avantages personnels. Par ce traité, la partie de la Prusse qui appartenait à l’ordre teutonique fut érigée en duché séculier et héréditaire; l'investiture en fut donnée à Albert, qui, en retour, s’engageait à en faire hommage aux rois de Pologue, comme leur vassal. Aussitôt après cet arrangement, il fit profession publique de la religion réformée, et épousa une princesse de Danemarck. Les chevaliers de l'ordre se plaignirent avec tant de hauteur de la trahison de leur grand-maître, qu'il fut mis au ban de l'empire; mais il n’en conserva pas moins la possession de la province qu'il avait usurpée, et il la transmit à sa postérité, Dans la suite des temps, ce riche héritage passa dans la branche électorale de la famille qui ne reconnut plus aucune dépendance de la couronne de Pologne, et les margraves de Brandebourg, ayant pris le titre de rois de Prusse, nou-seulement se sont élevés au rang des premiers princes de l'Allemagne, mais ils sont parvenus à se placer parm' :?s plus grands monarques de l'Europe ft.
Dès que le roi de France fut revenu dans ses états, toutes les puissances de l'Europe eurent les yeux fixés sur lui, et observèrent ses premiers mouvemens pour juger de la conduite qu'il tiendrait ensuite. François ne les tint pas longtemps dans l'incertitude. Il ne fut pas plus tôt
1 Sleid., Æist., p. 98. Pfeffel, dbrégé de l'hist. et du droit public de l'Allem.
([1ë arrit d’Ar dez et al des:
l'em quir faire trait men tout.
trait seul, qu'il avoil qu'il seST cons plus tion con!
rure mon cuti l'eng joint fit er ces « ne $ sur men déra vora force.
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Pologue, comme t arrangement, il religion réformée, anemarck. Les cherent avec tant de eur grand-maître, pire; mais il n’en sion de la province ransmit à sa posté- , ce riche héritage ile de la famille qui endance de la couargraves de Brande rois de Prusse, is au rang des pre- , Mais ils sont parlus grands monar-
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régé de l'hist. et du
arrivé à Bayonne qu’il se hâta d'écrire au roi d'Angleterre pour le remercier des soins pleins de zèle et d'affection qu'il avait pris en sa faveur, et auxquels il reconnaissait qu'il était redevable de sa liberté. Le lendemain, les ambassadeurs de l'empereur demandèrent audience, et le requirent de donner les ordres nécessaires pour faire exécuter pleinement, et sur-le-champ, le traité de Madrid. François leur répondit froidement qu'il était prêt à remplir scrupuleusement toutes ses promesses; mais qu'il y avait dans le traité tant d'articles qui ne le concernaient pas seul, et qui intéressaient la monarchie française, qu'il ne pouvait prendre aucune résolution sans avoir consulté les états de son royaume; il ajouta qu’il faudrait quelque temps pour faire agréer à ses peuples les conditions rigoureuses qu'il avait consenti de ratifier{, Cette réponse ne laissa plus douter que François n’eût pris la résolution d'éluder le traité; et les témoignages de reconnaissance qu’il avait prodigués à Henri parurent n'avoir d'autre objet que d'engager ce monarque à le secourir dans la guerre où l’inexécution du traité de Madrid allait inévitablement l'engager avec l'empereur. Ces circonstances, jointes aux déclarations expresses que François fit en secret aux ambassadeurs de plusieurs princes d'Italie, persuadèrent aux politiques qu'ils ne s'étaient pas trompés dans leurs conjectures sur la conduite qu’il allait tenir. On vit clairement que, loin d’être disposé à exécuter un traité déraisonnable , il n’attendait qu'une occasion favorable pour se venger des affronts qui l'avaient forcé à feindre d'approuver une semblable convention, Clément lui-mê.ne sortit pour cette fois de son irrésolution ordinaire : l'impatience que François montrait de rompre tous les engagemens qu'il avait pris avec l’empereur, avait dissipé tous les doutes de ce pontife et ne lui laissait ni craintes ni scrupules. Il est vrai que la Situation où était alors l'Italie ne lui permettait pas de délibérer long-temps. Sforce était toujours assiégé par les Impériaux dans le château de Milan. Ce faible prince, privé alors des conseils de Moron, et dépourvu de tout moyen de défense, était parvenu à informer le pape et les Vénitiens que, s'ils ne se hâtaient de le secourir, il se verrait bientôt forcé de se rendre. Les
1 Mém. de du Bellay, p. 97.
troupes impériales qui, depuis la bataille de Pavie, n'avaient point reçu de paye, vivaient à discrétion dans le Milanais; elles y levaient des contributions exorbitantes qui montaient, s’il: faut en croire les culculs de Guichardin !, jusqu'à cinq mille ducats par jour. On ne pouvait pas douter qu'aussitôt que ce château serait réduit, les soldats n’abandonnassent un pays dévasté qui ne pouvait plus suffire à leur subsistance, pour aller s'établir dans les terres fertiles du pape et des Vénitiens, lesquelles n'avaient point été exposées aux ravages de la guerre. Il n’y avait donc plus que le secours du roi de France qui pût sauver Sforce, et mettre ses troupes en état de défendre leMilanais contre les insultes des troupes de l'empereur.
Pressé par ces motifs, le pape, les Vénitiens et le duc de Milan avaient tous une égale impatience de traiter avec François, qui, de son côté, n'avait pas un désir moins vif de profiter des forces et du crédit que cette ligue ajouterait à sa puissance. Le traité fut conclu à Cognac le 21 mai, et resta quelque temps secret. Les principaux articles étaient d'obliger l'empereur à mettre en liberté les fils du roi de France, en payant un prix raisonnable pour leur rançon, et à rétablir Sforce dans la possession tranquille du duché de Milan. Si Charles refusait ces deux articles, les alliés s'engagenient à fournir une armée de trente-cinq mille hommes, qui, après avoir chassé les Espagnols du Milanais, iraient attaquer le royaume de Naples. Le roi d'Angleterre fut nommé protecteur de cette ligue, qui fut qualifiée du titre de sainte, parce que le pape en était le chef; et, afin de déterminer Henri par des motifs plus efficaces, on s'engagea à lui donner dans le royaume de Naples une priacipauté de trente mille ducats de revenu annuel, et à Wolsey, son favori. des terres de la valeur de dix mille 2.
Dès que cette ligue eut été signée, Clément, en vertu de la plénitude de son autorité papale, releva François du serment qu'il avait fait d'accomplir le traité de Madrid 3, Ce droit, si contaire à tous les principes de la morale, et des-
? Guich., liv. xvur, p. 360.
? P. Heuter., Aer. austr., liv. x1, c. in, p. 217 Recueil des Trait., W, 124.
5 Goldast., Polit, impérial. , p. 1002. Palav., Hist., p. 70,
tructeur de cette bonne foi qui fait la base de toute espèce de convention entre les hommes, était une conséquence naturelle du pouvoir que le: papes s'arrogeaient en qualité de vicaires infaillibles de Jésus-Christ sur la terre : l'habitude de les voir user de ce pouvoir pour dispenser d'obligations qu'on regardait comme sacrées, l'intérêt de ceux que ces dispenses favorisaient ; la crédulité des autres, tout servit à faire croire que les décisions du souverain pontife pouvaient autoriser ou justifier des actions qui en elles-mêmes étaient injustes ou criminelles.
Cependant, lorsque l’empereur ne put plus douter que le projet de François ne fût d'éluder le traité de Madrid, il en conçut de vives alarmes, et fut agité de milles pensées diverses. Il ne pouvait se dissimuler la rigueur avec laquelle il avait traité ce monarque dans sa captivité, et le blâme que cette conduite lui avait attiré: il avait d'ailleurs montré, dans toutes ses négociations avec son prisonnier, une ambition insatiable, et il n’ignorait pas les alarmes qu'en avaient conçues toutes les cours de l'Europe; il
n'avait même retiré de ses démarches aucun des | qu'ils n’obéiraient point à des ordres qu'ils regar-
avantas{;es qui peuvent, aux yeux des politiques, excuser là conduite la plus criminelle, et dédomimager des censures les plus sévères. IL voyait alcrs françois hors de ses mains, et tous les fruits qu'il avait espéré recueillir du traité qui avait mis ce prince en liberté lui échappaient pour jamais, Îl sentit bientôt toute l'imprudence qu 1} avait faite en se confiant à la parole du roi de France, malgré l'avis contraire de ses plus sages ministres; et il prévit aisément que la même ligue qu'il avait voulu prévenir, en rendant laliberté à François, allait se former contre lui sous la conduite d’un monarque brave et irrité, Le repentir et la honte du passé, et les plus vives inquiétudes sur l'avenir, furent le résultat nécessaire de ses réflexions sur sa conduite et sur sa situation présente. Cependant le caractère de Charles était d'être ferme et inflexible dans tout ce qu'il avait entrepris; en se rétractant sur un seul article du traité de Ma- “drid, il aurait cru faire l'aveu de son imprudence et déceler ses craintes : il prit donc le parti qui convenait le mieux à sa dignité; et ar risque de tout ce qui pourrait en arriver, il résolut d'insister constamment sur l'exécution
. Stricte du traité, et surtout de ne rien accepter
oo
de ce qu'on pourrait lui offrir en équivalent pour la restitution de la Bourgogne {,
En conséquence de cette résolution, il nomma Lannoy et Alarçon pour aller, en qualité d’ambassadeurs à la cour de France, sommer Fran- Çois dans les formes, ou d'exécuter le traité avec la bonne foi qui convenait à un roi, ou de retourner à Madrid, suivant sa parole, pour y reprendre ses fers. Au lieu de leur faire une réponse directe et positive, François donna audience , en leur présence, aux députés des états de Bourgogne. Ceux-ci lui représentèrent en termes respectueux qu'il avait excédé les pouvoirs d’un roi de France, en consentant à ce que leur province fût aliénée de la couronne, dont il avait promis, par le serment de son sacre, de conserver les domaines dans toute leur intégrité. François les remercia de leur attachement pour la couronne, et les exhorta ensuite, mais très faiblement, à faire attention aux engagemens qu'il avait contractés avec l’empereur et à l'obligation où il était de les remplir. Alors les députés, prenant un ton plus ferme, déclarèrent
daient comme contraires aux lois du royaume:
et que si leur roi les abandonnait aux ennemis de la France, ils étaient résolus de se défendre eux-mêmes de toute leur force, et de périr plutôt que de se soumettre à une domination étran- 3ère. À cette réponse, François se tournant vers les ambassadeurs de l'empereur , leur représenta l'impossibilité où il était de remplir ses engagemens, et leur offrit au lieu de la Bourgogne, de payer à l’empereur deux millions d'écus. Alarçon et le vice-roi, voyant bien que la scène dont ils venaient d'être les témoins n'était qu'un jeu concerté entre le roi et ses sujets pour leur en imposer, lui déclarèrent que leur maître était bien décidé à ne se relâcher en rien des conditions du traité, et ils se retirérent 2. Avant de partir du royaume, ils eurent la mortification d'entendre publier avec la plus grande soiennité la sainte ligue qui venait de se former contre l’empereur.
Charles, à la nouvelle de cette ligue, ne mé-
1 Guich., liv. xvnr, p. 266, ? Belcar,, Comment. de Reb, Gal., 573. Mém, de du Bellay, p. 97.
> ne rien accepter rir en équivalent xogne ‘, olution, il nomma , en qualité d’ame, sommer Franuter le traité avec un roi, ou de rea parole, pour y leur faire une réançois donna audéputés des états ‘eprésentèrent en t excédé les pounsentant à ce que couronne, dont t de son sacre, de ite leur intégrité.
ittachement pour nsuite, mais très aux engagemens pereur et à l’oblilir. Alors les dérme, déclartrent rdres qu'ils regarois du royaume; pait aux ennemis as de se défendre , et de périr plulomination étrançois se tournant pereur, leur reétait de remplir ‘it au lieu de la pereur deux mil- -roi, voyant bien d'être les témoins e le roi et ses sudéclarérent que ne se relâcher en ils se retirérent 2.
Is eurent la morec la plus grande nait de se former
te ligue, ne mé-
… 873. Mém, de du
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