———— 0 EE
voyant qu'il n’y avait pas de sûreté pour lui à rester plus long-temps au milieu d'une armée sans subordination , qui méprisait sa dignité et haïssait sa personne, retourna à Naples où le suivirent bientôt, par les mêmes raisons de prudence, le marquis du Guast et Moncade. Le prince d'Orange, qui n’avait que le titre de général, et qui ne tenait son autorité que de la volonté d’une soldatesque que le succès et la licence avaient rendue insolente, était obligé de respecter leurs fantaisies beaucoup plus qu'ils ne respectaient ses ordres. Ainsi l’empereur, loin de recueillir aucun des avantages qu'il pouvait se promettre de la réduction de Rome, eut la mortification de voir l’armée la plus formidable qu'il eût jamais mise sur pied rester dans un état d'inaction dont il fut impossible de la tirer’.
Le roi de France et les Vénitiens eurent tout le loisir de former de nouveaux projets , et de prendre de nouveaux engagemens pour délivrer le pape et défendre les droits de l'Italie. La nouvelle république de Florence eut l’imprudence de se joindre à eux; et Lautrec, aux talens duquel les Italiens rendaient plus de justice que François, fut nommé généralissime de la ligue Il n’accepta cet office qu'avec la plus grande ré pugnance, craignant de s’exposer une seconde fois aux embarras et aux disgrâces que pourraient lui attirer la négligence du roi, ou la malice de ses favoris. Les meilleures troupes de France marchèrent sous ses ordres et le roi d’Angleterre, avant d’avoir encore déclaré la guerre à l'empereur, avança une somme considérable pour subvenir aux frais de l’expédition. Les opérations de Lautrec furent eonduites avec prudence, avec vigueur et avec succès. Secondé d'André Doria , le plus grand homme de mer de ce siècle, il se rendit maître de Gènes, et rétablit dans cette république la faction des Frégoses et la domination française. Il obligea Alexandrie de se rendre après quelques jours de siége, et soumit tout le pays qui est en deçà du Tésin, !i prit d'assaut Pavie qui avait si long -temps tenu contre les armes de son maître, et la laissa piller avec toute la eruauté qu’inspirait naiurellement aux troupes françaises le souvenir du fatal désastre qu'elles avaient essuyé devant les murs de cette ville. S'il eût continué de tourner
1 Guich., liv, xvun, p, 454,
ses efforts contre le Milanais, Antoine de Léve, qui le défendait avec un petit corps de troupes qu’il ne conservait et n'entretenait qu'à force d'adresse et d'industrie, eût bientôt été forcé de céder ; mais Lautrec n’osa pas achever une conquête qui jui eût fait tant d'honneur, et dont la ligue eût retiré de si grands avantages. François savait que ses alliés étaient bien moins jaloux de le voir étendre ses possessions dans l’Italie que d'affaiblir le pouvoir de l'empereur ; et ilcraignait que si une fois Sforce venait à être rétabli dans Milan, ils ne secondassent que très faiblement l'invasion qu'il méditait de faire dans le royaume de Naples; en conséquence Lautrec eut ordre de ne pas pousser trop loin ses conquêtes dans la Lombardie. Heureusement les importunités du pape qui le sollicitait d’aller à son secours, et celles des Florentins qui le priaient de les protéger, furent si pressantes qu'elles lui fournirent un prétexte honnête de marcher en avant, sans avoir égard aux instances des Vénitiens et de Sforce , qui insistaient pour aller mettre le siége devant Milan t,
Tandis que Lautrec avançait lentement vers Rome, l’empereur eut le temps de délibérer sur ce qu'il devait faire de la personne du pape, toujours prisonnier au château Saint- Ange. Malgré le voile spécieux de la religion dont Charles s'efforça toujours de convrir ses démarches, il prouva en plusieurs occasions qu'il était peu touché des considérations religieuses : dans celle-ci, en particulier, il avait souvent marqué le désir de faire transporter le pape en Espagne, afin de Salisfaire l'orgueil de son ambition par le spectacle des deux plus illustres personnages de l'Europe successivement prisonniers à sa cour. Mais la crainte d'offenser encore davantage toutes les puissances de ia chrétienté et de se rendre odieux à ses sujets mêmes le força de sacrifier la vanité à la prudence 2. Les progrès des confédérés le mettaient dans la nécessité de rendre promptement la liberté au pape, ou de le faire conduire dans quelque retraite plus sûre que le château Saint-Ange. Parmi les différentes raisons qui lui firent préférer le premier parti, la plus forte était le défaut d'argent ; et il en avait un besoin pressant pour recruter son ar-
Guich., liv. xvau, p. 461. Du Bellay, 107, etc. Mauroc, Æist, Venet., liv. an, p. 238 * Guich., liv, xs, p. 457.
mée et pour payer les arrérages immenses qu’à lui devait. Il avait assemblé les états de Castille à Valladolid, vers le commencement de l’année, pour lui exposer l'état de ses affaires ; il leur représenta la nécessité de faire de grands préparatifs pour résister à tous ses ennemis que la jalousie de ses succès allait réunir contre lui, et il demanda dans les termes les plus pressans des subsides considérables. Mais les états refusèrent de charger d’un nouveau fardeau la nation déjà épuisée par des dons extraordinaires, et persistèrent dans leur refus !, malgré tous les efforts aw’il fit pour séduire ou pour intimider les membres de l'assemblée. Il ne lui restait donc plus d'autre ressource que d’extorquer dé Clément, par forme de rançon, unesomme suffisante pour acquitter ce qu'il devait à ses troupes, à qui il eût été fort inutile. de proposer de sortir de Rome avant de les avoir payées.
Le pape, de son côté, ne restait pas dans l’inaction, et il intriguait avec assez de bonheur pour hâter sa délivrance. Il vint à bout par ses flatteries et les démonstrations d'uneconfiancesans réserve
! de désarmer le ressentiment de Colonne, et il | sut intéresser la vanité de ce cardinal, jaloux de montrer à l'Europe qu'après avoir eu le pouvoir d’humilier le pape, il avait encore celui de le rétablir dans sa dignité. Il gagna aussi Moron par des distinctions et des promesses : cet homme, par une de ces révolutions bizarres assez ordinaires dans sa vie et qui fait bien connaître son caractère, avait repris toute l'autorité et tout lecrédit qu'il avait eu sur les impériaux. L'adresse et l'ascendant de Colonne et de Moron aplanirent aisément toutes les difficultés que purent élever les ambassadeurs de l’empereur, et terminèrent bientôt le traité de la délivrance de Clément à des conditions dures à la vérité, mais aussi raisonnables qu’il pouvait l'attendre dans la situation où il se trouvait. Il fut obligé d'avancer argent comptant une somme de cent mille écus pour payer l'armée, de s'engager à en payer autant dans quinze jours, et cent cinquante mille autres au bout de trois mois. On lui fit promettre de ne prendre aucune part à la guerre
| qui se faisait contre l'empereur, soit en Lombar- | die, soit dans le royaume de Naples; il accorda à | Charles une croisade et le dixième des revenus
| 1 Sandov., 1, p. 814.
nt) et ne one l'os. on lion ‘ons 6 on’ nn 8) Uno LS
rages immenses qu’i é les états de Castille encement de l’année, es affaires ; il leur reire de grands prépaes ennemis que la jaéunir contre lui, et il les plus pressans des is les états refusèrent irdeau la nation déjà ordinaires, et persisalgré tous les efforts ir intimider les memlui restait donc plus torquer dé Clément, mme suffisante pour ses troupes, à qui il oposer de sortir de yées, estait pas dans l’inacssez de bonheur pour bout par ses flatteries onfiance sans réserve nt de Colonne, et il e cardinal, jaloux de s avoir eu le pouvoir icore celui de le rétaaussi Moron par des es : cet homme, par rres assez ordinaires connaître son caracorité et tout lecrédit ériaux. L'adresse et le Moron aplanirent és que purent élever reur, et terminèrent rance de Clément à rité, mais aussi raiendre dans la situaobligé d'avancer arde cent mille écus ngager à en payer et cent cinquante is mois. On lui fit une part à la guerre ur, soit en Lombar- Naples; il accorda à lixième des revenus
ecclésiastiques de l'Espagne; et non-seulement il donna des otages pour répondre de l'exécution de ces articles, il fut encore obligé, pour plus grande sûreté, de mettre l'empereur en possession de plusieurs villes !.
Lorsque le pape eut levé la première somme en vendant les diguités et les bénéfices ecclésiastiques, et en employant d'autres expédiens aussi peu canoniques, on fixa un jour pour le mettre en liberté. Mais Clément, impatient de se voir en liberté après les ennuis d’une prison de six mois, et agité par les soupçons et la défiance naturelle aux malheureux, craignait tant que les impériaux ne missent de nouveaux obstacles à sa délivrance, qu'il se déguisa la nuit précédente en habit de marchand, profita du relâchement qu’Alarçon avait mis dans sa vigilance depuis la conclusion du traité, et s'évada sans être reconnu. Il arriva avant le point du jour, sans suite et avec un seul de ses officiers, à Orvietto, d’où il écrivit aussitôt une lettre de remerciment à Lautrec, comme au principal instrument de sa liberté 2.
Pendant ces négociations , les ambassadeurs de France et d'Angleterre s'étaient rendus en Espagne, en conséquence du traité que Wolsey avait conclu avec François. L'empereur, qui ne voulait pas attirer sur lui les forces réunies de ces deux monarques, ne parut pas éloigné de se relâcher en quelque chose de la rigueur du traité de Madrid, sur lequel il s'était jusque-là montré inflexible. Il offrit d'accepter les deux millions d’écus que François avait proposés en équivalen‘ du duché de Bourgogne, et de mettre ses enfans en liberté, à condition qu’il rappellerait son armée d'Italie et lui rendrait Gênes avec les autres conquêtes qu'il avait faites dans ce pays. A l'égard de Sforce, il persistait toujours à demander qu’on décidt de son sort, en nommant des juges pour lui faire son procès, Ces propositions furent faites à Henri, qui les fit passer au roi de France, son allié, qu'elles intéressaient de plus près, pour avoir sa réponse. Si François eût été disposé de bonne foi à conclure la paix et à mettre de l’uniformité dans sa conduite, il n’aurait pas hésité à accepter sur-le-champ ces propositions, qui différaient très peu des offres
? Guich,, liv, xvri, p.467.
* Zbid., p. 467, etc. Jov., Pita Colonn., 169, Mauroc., Hist, Venet., \iv. mn, p. 252.
qu'il avait faites lui-même auparavant !. Mais ses vues étaient bien changées. L'alliance de Henri, les progrès de Lautrec en Italie et la supériorité de son armée sur celle de l’empereur, ne lui permettaient pas de douter du succès de son entreprise sur Naples. Plein de ces hautes cspérances, il ne fut pas embarrassé de trouver des prétextes pour refuser ou pour éluder leg propositions de l'empereur sous une apparen de pitié en faveur de Sforce, dont les intérèts n'avaient pas paru l’occuper jusqu'alors. 11 demanda de nouveau que ce prince infortuné fût entièrement et sans aucune condition rétabli dans la pleine possession de ses états; et sous prétexte qu’il y aurait de l'imprudence à se reposer absolument sur la bonne foi de l'empereur, François exigeait qu'on lui rendit ses enfans avant que ses troupes quittassent l'Italie et rendissent Gênes. Des demandes si peu raisonnables et l'air de reproche qui les accompagnait , irritérent Charles à un tel point qu'il eut dela peine à retenir son emportement ; il se repentit d’avoir montré une modération qui faisait si peu d'effet sur l'esprit de ses ennemis, et déclara qu'il ne se départirait pas du plus petit article des conditions qu'il venait d'offrir. Il est inconcevable que Henri ait voulu prèter son nom à des propositions si étranges : on était pourtant venu à bout de l’y déterminer, et sur la déclaration de l'einpereur, les ambassadeurs de France et d’Angleterre demandèrent et obtinrent leur audience de congé 2.
Le lendemain, deux hérauts qui avaient accompagné à dessein les ambassadeurs, et qui jusque-là avaient caché leur caractère, parurent à la cour de l’empereur avec les attributs de leur office , et dès qu'ils furent introduits, ils lui déclarèrent la guerre au nom de leurs maîtres dans toutes les formes accoutumées. Charles les reçut l’un et l’autre avec la dignité qui convenait à son rang ; mais il répondit à chacun en particulier avec un ton qui exprimait la différence des sentimens qu'il avait pour les deux souverains. Il accepta le défi du monarque anglais avec une fermeté tempérée de quelques marques d'égard et de respect. Sa réponse au roi de France était pleine de cette amertume d'expression que devait lui inspirer une rivalité person-
" Recueil des Traités, 1, p. 249. 2 Rym,, xiv, 200. Herbert , 85, Guich., liv, XVII, P 47.
nelle, irritée encore par le souvenir de plusieurs outrages réciproques. Il chargea le héraut francais d'avertir son maître qu'il ne le regarderait plus désormais que comme un vil infracteur de la foi publique, étranger aux sentimens d'honneur et de probité qui distinguent un gentilhomme. François, trop fier pour souffrir patienment une imputation si insultante , s’avisa d’un expédient singulier pour soutenir son caractère et venger son honneur. Il renvoya sur-le-thamp son héraut avec un cartei en règle, par lequel il donnait à l'empereur un démenti formel, 1e défiait en combat singulier, le sommaït de fixer le temps et le lieu du rendez-vous, et lui donnait le choix des armes. Charles, au’! vif et aussi brave que son rival, accepta le fi sans balancer: mais après divers messages de part et d'autre pour régler toutes les circonstances du combat , messages toujours accompagnés de reproches mutuels, qui dégénérérent presque en injures, le projet de ce duel, qui convenait en effet beaucoup mieux à des héros de roman qu'aux deux plus grands monarques du siècle, fut entièrement oublié t.
L'exemple que venaient de donner deux si grands rois attira l'attention générale: il eut tant d'autorité surles esprits, qu'il produisit ane révolution sensible dans les mœurs de toute l'Europe. J'ai déjà dit que les duels avaient été permis long-temps par les lois de toutes les nations européennes, qu'ils fhisaient partie de leur jurisprudence, et qu'ils étaient autorisés par le magistrat en plusieurs occasions, comme le moyen lc plus sûr de décider des questions, tant civiles que criminelles. Mais comme ces combats singuliers étaient regardés comme des appels solennels faits à la justice et à la toute-puissance de l'Être suprème, la loi ne les autorisait que dans les causes publiques, et fixait des formes juridiques pour y procéder. Les hommes, accoutumés à voir employer cette méthode de juger par les couts de justice, ne tardérent pas à l'employer aussi dans leurs querelles particulières et personnelles, et ce second pas ne fut pas éloigné du premier. Dès lors les duels, qui d’abord ne pouvaient avoirlieu quepar l'ordonnance du magistrat civil, s'engagérent bientôt sans l'intervention de ce magistrat , et s'étendirent à
Recueil des Traités, 11. Mém. de du Bellay, 103, elc. Sandov., Æist., |, 837
plusieurs cas que la loi n'avait pas marqués. Ce qui venait de se passer entre Charles et François accrédita singulièrement cette pratique. Au premier affront, à la moindre insulte qui touchait l'honneur, un gentilhomme se croyait en droit de tirer l'épée et d'appeler son adversaire en duel pour lui faire raison. Une pareille opinion, introduite parmi des peuples qui joignaient le courage et la fierté à des mœurs grossières et féroces, Chez qui les insultes étaient fréquentes et le ressentiment actif, ne pouvait manquer de produire les effets les plus funestes; le plus beau'sang de l'Europe fut versé dans les duels ; mille vies utiles furent sacrifiées , et il y eut des temps où ces querelles d'honneur furent plus destructives que les guerres nationales. Tel est d'ailleurs l'empire de la mode, que ni la terreur des lois pénales, ni le respect pour la religion n'ont pu entièrement abolir une coutume inconnue aux anciens et contraire à tous les principes de la droite raison : il faut pourtant avouer aussi que nous devons en partie à cet usage absurde la politesse et la douceur remarquable des mœurs modernes, ces égards attentifs qu’un homme a pour un autre, et qui rendent aujourd'hui le commerce de la société beaucoup plus agréable et bien plus décent qu’il ne l'a jamais été chez les nations de l'antiquité les mieux civilisées. Tandis queles deux monarques paraissaient si jaloux de terminer leur querelle par un combat singulier, Lautrec continuait en Italie ses opérations, qui promettaient d'être plus décisives. Son armée qui s'était grossie , et qui était alors de trente-cinq mille hommes, marchait à grandes journées vers Naples. La terreur qu'inspira son approche, jointe aux représentations et aux instances du prince d'Orange, détermina à la fin, mais après heaucoup de résistance, les troupes impériales à sortir de Rome, qu'elles opprimaient depuis dix mois entiers. Mais de cette armée florissante qui était entrée dans cette ville, à peine en restait-il la moitié; l'autre, détruite par la peste, ou par les maladies qui étaient le fruit d’une longue inaction , de l'intempérance et de la débauche, fut la victime de ses propres crimes {. Lautrec fit les plus grands efforts pour attaquer les impériaux dans leur retraite, vers le territoire de Naples: dans ce moment un seul succès aurait terminé la Guich., liv. xvanr, p. 478.
fl
it pas marqués. Ce Charles et François € pratique. Au prensulte qui touchait se croyait en droit son adversaire en e pareille opinion, qui joignaient le rs grossières et Féaient fréquentes et uvait manquer de funestes; le plus rsé dans les duels; ées , et il y eut des nneur furent plus nationales. Tel est >, que ni la terreur ct pour la religion ne coutume inconà tous les principes irtant avouer aussi cet usage absurde rquable des mœurs fs qu’un homme a ent aujourd'hui le Oup plus agréable l'a jamais été chez rieux civilisées, [ues paraissaient si elle par un combat en Italie ses opétre plus décisives.
, €t qui était alors marchait à granterreur qu’inspira ésentations et aux », détermina à la sistance, les troume, qu’elles opiers. Mais de cette ntrée dans cette la moitié; l’aupar les maladies gue inaction, de he, fut la victime utrec fit les plus es impériaux dans de Naples : dans urait terminé la
guerre; mais la prudence de leurs éhefs déconcerta toutes ses mesures , et ils arrivèrent enfin à Naples sans beaucoup de perte. Le peuple de ce royaume, qui avait tonjours été la proie du plus actifet du plus fort, impatient de secouer le joug espagnol, reçut les Français à bras ouverts, et partout où ils voulurent se montrer:et s'établir, à la réserve de Gaëte et de Naples, à peine resta-t-il aux impériaux quelque place importante. Ils durent la conservation de Gaëte à la force naturelle de ses fortifications , et celle de Naples à la présence de l’armée impériale. Lautrec cependant se présenta sous les murs de Naples; mais voyant qu’il ne pouvait espérer de réduire par la force une ville défendue par tant de troupes, il fut obligé de la bloquer, méthode plus lente, mais moins dangereuse; et après avoir pris les mesures qui lui parurent les plus certaines , il assura avec confiance à son maître que la famine obligerait bientôt les assiégés de capituler. Cette espérance se fortifia encore par le mauvais succès d’une tentative vigoureuse que les ennemis venaient de faire pour se rendre maîtres de la mer. Les galères d'André Doria, commandées par son neveu Philippin, gardaient
- l'entrée du port. Moncade, qui avait succédé à
Lannoy en qualité de vice-roi, arma un nombre de galères supérieures à celles de Doria, et s’embarquant lui-même avec le marquis du Guast et l'élite des officiers et des soldats espagnols, il attaqua Doria avant la jonction des flottes françaises et vénitiennes. Mais Doria, par sa supériorité dans l’art des manœuvres, triompha aisément et de la valeur et du nombre des Espagnols. Le vice-roi fut tué, et la plus grande partie de sa flotte détruite: plusieurs officiers de distinction ayant été faits prisonniers, Philippin les fit embarquer sur les galères qu’il avait prises, et les envoya à son oncle, comme des trophées de sa victoire !.
Malgré cet avantage, qui flattait Lautrec d'un succès prochain, plusieurs circonstances se réunirent pour traverser ses vues et tromper ses espérances, Quoique Clément eût reconnu mille fois qu'il devait à François sa liberté, et qu'il se fût plaint souvent de la manière cruelle dont l'empereur l'avait traité, il ne réglait plus sa conduite sur sa reconnaissance; et ce qui est
* Guich., liv. xx, p. 487. P. Heuter., liv. x, cap, ne, p. 231.
plus extraordinaire , il re songeait plus à se venger de l’empereur. ‘Ses malheurs passés l’avaient rendu plus cireonspect que jamais ; il repassa dans sa mémoire toutes les fautes qu'il avait faites, et ses réflexions ne firent qu'augmenter l'irrésolution naturelle de son-caractère, Tandis qu’il amusait François par des promesses, il négociait en secret avec Charles; jaloux de rendre à sa famille l'autorité qu'elle exerçait auparavant à Florence, il sentait qu'il ne pouvait attendre ce service de François, qui avait formé une alliance des plus étroites avec la nouvelle république: il penchait donc beaucoup plus du côté de son ennemi que du côté de son bienfaiteur, et il ne seconda en rien les opérations de Lautrec. Les Vénitiens de leur côté voyaient avec jalousie les progrès de l’armée française : occupés uniquement à reprendre pour eux-mêmes quelques villes maritimes du royaume de Naples, ils ne prenaient aucun intérêt à la réduction de Naples, d’où dépendait le succès de la cause commune !.
Le roi d'Angleterre ne put exécuter le projet qu'il avait-formé d'embarrasser l'empereur en l'attaquant dans les Pays-Bas. Il avait trouvé dans ses sujets la plus grande aversion pour une guerre inutile, qui ne tendait qu’à ruiner le commerce de la nation; afin de prévenir une révolte prête à éclater, il fut même forcé de conclure une trève de huit mois avec la gouvernante des Pays-Bas ?, François lui-même, parune suite de cette inattention inexcusable, qui lui avait déjà été si souvent fatale, négligea de faire passer à Lautrec les fonds nécessaires 3 pour l'entretien de son armée.
Ces événemens imprévus retardaient le progrès des Français et décourageaient à la fois les soldats et le général, lorsque la révolte inattendue d'André Doria vint achever de renverser toutes leurs espérances. Ce brave officier , citoyen d’une république, et élevé dès son enfance dans le service maritime, avait conservé l'esprit d'indépendance naturel à un républicain, avec toute la franchise et la simplicité de mœurs qui distinguent les gens de mer. Incapable de se plier à l'esprit d'intrigue et de flatterie, nécessaire pour réussir dans les cours, et ayant
Guich., Hv. xix, p. 491.
? Herbert, 90. Rymer, xxv, p. 258.
5 Guich., Liv. xvur, p. 478.
ere eerer <
d’ailleurs le sentiment de son mérite et de son prix, il disait en toute occasion son avis avec liberté, et faisait sans ménagement ses plaintes et ses remontrances sur ce qui le blessait. Les ministres de François, peu accoutumés à ces libertés, résolurent de perdre un homme qui les traitait avec si peu d'égards; et quoique François sentit toute la valeur des services de Doria, et qu'il eût une haute idée de son caractère, les courtisans, en le représentant sans cesse comme un homme hautain, intraitable, et plus occupé de son propre agrandissement que des intérèts de la France, vinrent à bout de détruire insensiblement son crédit, et de jeter dans l'esprit du roi des soupçons et de la défiance. Bientôt Doria eut à souffrir beaucoup d’affronts et d'injustices; ses appointemens n'étaient pas régulièrement payés ; ses avis, même sur les affaires aaritimes, furent souvent dédaignés ; on fit une entative pour enlever à son neveu les prisonniers qu'il avait faits dans le combat naval de Naples : tous ces procédés l'avaient déjà rempli de ressentiment, lorsqu'une nouvelle injure faîte à sa patrie acheva de lasser sa patience. Les Français commençaient à fortifier Savone et à nettoyer son port; eten y transportant quelques branches de commerce dont Gènes était en possession, ils montrèrent assez que leur intention était de faire de cette ville, qui depuis longtemps était l’objet de la jalousie et de la haine des Génois, la rivale de leur commerce et de leur opulence. Doria, animé d'un zèle patriotique pour l'honneur et pour l'intérêt de son pays, s’en plaignit avec beaucoup de hauteur, et alla même jusqu’à menacer, si l'on n’abandonnait aussitôt ce projet. Cette démarche hardie, exagérée par la haine des courtisans, et présentée dans le jour le plus odieux, irrita si fort François, qu’il donna ordre à Barbésieux, amirai du Levant , de faire voile vers Gènes avec la flotte française pour arrêter Doria et s'emparer de ses galères. Il eût fallu le plus profond secret pour assurer l'exécution de cet ordre imprudent; mais on prit si peu de suin de le cacher que Doria en fut instruit de bonne heure, et eut tout le temps de se retirer avec ses galères dans un lieu sûr. Du Guast, son prisonnier, qui depuis long-temps observait les progrès de son mécontentement et cherchait à l'accroitre, qui
l'avait souvent sollicité d'entrer au service de :
11528] l'empereur en lui promettant les plus grands avantages, n’eut garde de laisser échapper une si belle occasion. Lorsqu'il vit que le ressentiment et l’inaignation de Doria étaient à leur comble, il profita de ce moment et le détermina à envoyer un de ses officiers à la cour de l’empereur pour faire de sa part des ouvertures et des propositions. La négociation ne fut pas longue : Charles sentit toute l'importance d'une telle acquisition et consentit à toutes ses demandes. Doria renvoya aussitôt à François sa commission et le collier de Saint-Michel: et, arborant le pavillon de l'empereur, il fit voiles avec toutes ses galères vers Naples, non pour bloquer le port de cette malheureuse ville, comme il s'y était engagé, mais pour la secourir et la délivrer,
Son arrivée rouvrit la communication de la mer, et ramena l'abondance dans Naples qui se trouvait alors réduite à la plus grande disette. Les Français, qui n'étaient plus les maîtres de la mer, ne tardèrent pas à manquer de vivres et se trouvèrent réduits aux plus fâcheuses extrémités. Le prince d'Orange, qui avait succédé an vice-roi dans le commandement de l'armée impériale, se montra, par sa bonne conduite, digne de cet honneur, que sa bonne fortune et la mort de ses généraux lui avaient procuré deux fois, Chéri des troupes qui se souvenaient des succès qu'ils avaient eus sous son commandement et qui lui obéissaient avec le pius grand zèle, il ne laissait échapper aucune occasion de harasser l'enneni, et ne cessait de le harceler et de l’affaiblir par des alarmes et des sorties continuelles !, Pour comble d'infortunes, les maladies, si communes dans ce pays pendant les chaleurs de l'été, commencèrent à se répandre parmi les Français. Les prisonniers avaient apporté la peste de Rome à Naples: elle fit tant de ravages dans leur camp, qu'il n'y eut bientôt qu’un très petit nombre de soldats et d'officiers qui échappèrent à la contagion. De toute l’armée, il e restait pas quatre mille hommes en état de faire le service ?, nombre qui suffisait à peine pour défendre le camp, où, bientôt assiégés à leur tour, les Francais éprouvérent tous les maux dont les impériaux venaient d’être dé-
1 Jovius, Aist., liv. xxxvs, p. 31, etc. Sigonii Fit Doriæ, p. 1139. Du Bellay, p. 124, etc.
? Du Bellay, p. 124, etc.
it les plus grands isser échapper une it que le resseñtiria étaient à leur nt et le détermina à la cour de l’emdes ouvertures et ation ne fut pas l'importance d'une t à toutes ses deitôt à François sa int-Michel; et, arreur, il fit voiles Naples, non pour nalheureuse ville, is pour la secourir
amunication de la dans Naples qui se us grande disette, lus les maîtres de nquer de vivres et 15 fâcheuses extréui avait succédé au ent de l’armée imbonne conduite, \ bonne fortune et ii avaient procuré qui se souvenaient sous son Commanavec le pius grand ucune occasion de it de le harceler et et des sorties conortunes , les malapays pendant les rent à se répandre nuiers avaient aples; elle fit tant de ‘il n'y cut bientôt idats et d’ofticiers on. De toute l’armille hommes en abre qui suffisait à où, bientôt assiééprouvérent tous renaient d'être dé-
31, etc. Sigonii Pite etc.
[1528] LIVRE v. 265
livrés. Lautrec, aprés avoir lutté long-temps contre tant d'obstacles et de calamités qui abattaient son âme en même temps que la peste dévorait ses entrailles, mourut en déplorant la négligence de son souverain et l'infidélité de ses alliés, dont tant de braves gens étaient les victimes !, Sa mort et la maladie des autres officiers généraux firent tomber le commandement au marquis de Saluces. Cet officier, qui n'avait pas des talens propres à soutenir un si grand fardeau, se retira en désordre à Aversa, traînant après lui des troupes découragées et réduites à un très petit nombre. La ville fut bientôt investie par le prince d'Orange, et Saluces se vit dans la nécessité de consentir à rester prisonnier de guerre, à perdre tout son bagage, et à laisser conduire, sous la garde d'un détachement, ses troupes désarmées et sans drapeaux jusqu'aux frontières de France. Cette honteuse capitu’ation sauva les malheureux débris de l'a. mée française, et l'empereur, par sa fermeté ct par la bonne conduite de ses généraux, reprit sa supériorité en Italie 4,
La perte de Gènes suivit de près la ruine de l'armée française devant Naples. La première ambition de Doria avait toujours été de délivrer sa patrie de toute domination étrangère : c'était là le principal motif qui l'avait engagé à quitter le service de France pour passer à celui de l’empereur. Jamais il n'avait eu une occasion plus favorable d'exécuter cette noble entreprise, La ville de Gênes, affligée de la peste, était presque abandonnée des habitans ; la garnison française était mal payée et réduite à une poignée de soldats, sans qu'on songedt à y faire passer des recrues; les émissaires de Doria virent que ceux des citoyens qui y restaient, également fatigués de la domina:ion française et de la domination espagnole, dont ils avaient alternativement éprouvé la rigueur, étaient prêts à le recevoir comme leur libérateur, et à seconder toutes ses mesures. Doria, assuré que tout favorisait son dessein, fit voile le long de la rivière de Gènes : à son approche les galères françaises se retirèrent; et un petit détachement qu’il mit à terre surprit pendant la nuit une des portes de la ville, Trivulce, gouverneur français, s'enferma dans la citadelle avec sa faible garnison,
1 P. Heuter., Rerum austr., liv. x, cap. 1, p. 231, * Du Bellay, 117, etc. Jovius, 4ist., liv. XXV, XXVI,
et Doria prit possession de la ville sans livrer de combat et sans verser de sang. Trivulce, à qui les vivres manquérent, fut bientôt obligé de Capituler; et les Génois, voulant abolir l'odieux monument de leur servitude , coururent en tumulte à la citadelle et la rasérent jusqu'aux fondemens.
Doria, qui venait de délivrer si heureusement Son pays de l'oppression, pouvait sans obstacle s'emparer du pouvoir absolu. La réputation qu'il s'était acquise par ses exploits, le succès de cette dernière entreprise, l'attachement qu'avaient pour lui ses amis, la reconnaissance dont ses compatriotes étaient pénétrés, l'appui de l'empereur , tout conspirait à lui aplanir le chemin de la souveraineté: tout l'invitait à s'en emparer. Mais, par une grandeur d'âme dont il est peu d'exemples, il sacrifia toute idée de s’agrandir à la vertueuse satisfaction d'établir la liberté dans sa patrie, objet le plus noble que l'ambition puisse se proposer. Ayant assemblé le peuple dans la cour qui était devant son palais, il déclara que le plaisir qu'il ressentait de voir ses compatriotes libres encore une fois était pour lui la récompense la plus douce de tous ses services; que le nom de citoyen avait pour lui plus de charmes que celui de souverain ; qu'il ne voulait ni autorité ni prééminence sur ses égaux, et qu'il les laissait entièrement les maîtres d'établir la forme de gouvernement qu'ils jugeraient à propos de choisir. Le peuple l'écoutait en versant des larmes d’admiration et de joie. On choisit douze personnes pour former le plan de la nouvelle république. L'exemple de Doria inspira à ses concitoyens le même enthousiasme
de générosité et de vertu: les malheureuses factions qui avaient si long-temps déchiré et ruiné cet état parurent entièrement oubliées, et l'on prit toutes les précautions que dicta la prudence pour les empêcher de renaître; on établit enfin, avec un applaudissement universel, la même forme de gouvernement qui à subsisté à Gènes depuis ce temps-là jusqu’à nos jours, presque sans aucune altération. Don ia vécut jusqu'à un âge fort avancé, chéri, respecté et honoré de ses compatriotes : jamais sa modération ne se démentit, et sans s’arroger aucun droit au-dessus des autres citoyens, il conserva le plus grand ascendant dans tous les conseils d’une république qui devait sou existence
à sa générosité. L'autorité dont il jouissait était sans doute plus flatteuse et plus satisfaisante que celle qu'il aurait empruntée au titre de souvérain : son empire, fondé sur la reconnaissance, était soutenu par l'amour et le respect qu'inspire la vertu, et non par la crainte qu’excite le pouvoir. Sa mémoire est encore révérée des Génois : dans tous leurs monumens publics comme dans tous les ouvrages de leurs historiens, son nom paraît toujours décoré des plus honorables des titres, de ceux de père de sa patrie et de restaurateur de sa liberté}.
François, jaloux de rétablir la réputation de ses armes, fétrie par tant de revers, fit de nouveaux efforts dans le Milanais. Mais le comte de
Saint-Pol, officier téméraire et sans expérience, |
à qui il donna le commandement de son armée, n'était pas un émule à opposer à Antoine de Léve , le plus habile des généraux de l'empereur.
Celui-ci, profondément instruit dans l'art de | la guerre, sut répousser avec une poignée de |
soldats, et rendre inutiles les attaques assez vives, mais mal concertées des Français ; et malgré ses infirmités, qui l'obligeaient à se faire constamment porter dans une litière, il les surpassa toujours dans l'occasion en activité et en prudence. Par une marche imprévue, il surprit, battit, prit le comte de Saint-Pol, et détruisit l'armée française dans le Milanais, aussi complétement que le prince d'Orange avait détruit celle qui assiégeait Naples ?.
Malgré la vigueur avec laquelle on continuait la guerre, chaque parti laissait voir le plus grand désir de la paix, et l’on ne cessait de négôcier pour y parvenir. Le roi de France, découragé et presque entièrement épuisé par tant d’entreprises malheureuses , n’espérait plus de se procurer, par la force de ses armes, l'élargissement de ses enfans, et il était réduit à proposer des dédommagemens pour l'obtenir. Le pape comptait regagner par un traité ce qu’il avait perdu dans la guerre. Charles, malgré tous ses succès, ne manquait pas non plus de raisons pour souhaiter un accommodement. Soliman, après avoir ravagé la Hongrie, était près de fondre sur l'Autriche avec toutes les forces de l'Orient. La
1 Guich., div. x12, p. 498. Sigon., Pita Doriæ, p. 1146. Jov.. Aist., liv. xxvs, p. 36, etc.
3 Guich., liv. xx, p. 520, P. Heuter., Rerum aust., liv. x, cut, p. 233. Du Bellay, p. 121.
réformation gagnait tous les jours du terrain en Allemagne, et les princes qui la favorisaient avaient formé une confédération qui alarmait l'empereur pour la tranquillité de l'empire. Les Espagnols murmuraient d'une guerre dont ils portaient presque seuls tout le poids; et la modicité des revenus de Charles ne pouvait suffire à la multiplicité et à l'étendue de ses opérations. Tous les succès qu'il avait eus jusqu'alors, il les devait principalement à son bonheur et à l’habileté de ses généraux , et il ne pouvait pas se flatter que des troupes qui manquaient de tout eussent toujours l'avantage sur des ennemis qui
! étaient en état de renouveler leurs attaques. Ce-
pendant toutes les puissances étaient également embarrassées pour cacher ou pour dissimuler leurs véritables sentimens. L'empereur, afin qu'on ne le soupçonnât pas d’être hors d'état
| de continuer la guerre , exigeait des conditions
dures , et d’un ton de conquérant. Le pape ne voulant pas perdre ses alliés actuels avant d’avoir fait quelque accommodement avec Charles , continuait de leur faire mille protestations de fidélité, et négociait secrètement avec l’empereur. François , dans la crainte que scs alliés ne le prévinssent et ne fissent avec l’empereur ieur traité particulier, eut recours à plusieurs artifi ces peu honorables , afin de détourner leur attention des mesures qu'il prenait pour concilier ses différends avec son rival.
Dans cette situation des affaires, tandis que tous les partis désiraient la paix, et n'osaient pourtant se hâter de faire les avances nécessaires pour l'obtenir, deux femmes entreprirent de remplir les vœux de tonte l'Europe, et de lui procurer ce bien tant désiré. Marguerite d'Autriche, douairière de Savoie et tante de l'empereur ; et Louise, mère de François, convinrent d'une entrevue à Cambray ; s'étant logées dans deux maisons contiguës, auxquelles on ouvrit une communication, elles s'y abouchèrent sans cérémonial ni formalités, et y tinrent seules des conférences journalières, où personne n'était admis. Comme elles étaient toutes deux très versées dans les affaires, parfaitement instruites des secrets de leurs cours respectives, et qu'elles avaient l'une pour l’autre une confiance sans réserve, elles firent bientôt des progrès rapides vers un accommodement définitif; tous les ambassadeurs des alliés attendirent avec la plus
s jours du terrain qui la favorisaient ation qui alarmait ité de l'empire. Les ne guerre dont ils le poids ; et la mone pouvait suflre > de ses opérations.
s jusqu'alors, il les bonheur et à l’ha- ne pouvait pas se manquaient de tout ur des ennemis qui leurs attaques. Ces étaient également ou pour dissimuler L'empereur, afin s d'être hors d'état reait des conditions uérant. Le pape ne actuels avant d’avoir t avec Charles, conprotestations de fiment avec l’empeate que scs alliés ne vec l'empereur ieur rs à plusieurs artifi > détourner leur atenait pour concilier al.
affaires , tandis que a paix, et n'osaient avances nécessaires es entreprirent de : l'Europe, et de lui é, Marguerite d'Au- : et tante de l'empefrançois, Convinrent : s'étant logées dans uxquelles on ouvrit y abouchèrent sans y tinrent seules des ù personne n'était toutes deux très verfaitement instruites spectives, et qu'elles une confiance sans des progrès rapides éfinitif ; tous les amdirent avec la plus