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x PRÉFACE.
torité, avec une exactitude si minutieuse, qu’elle semblerait tenir de l'affectation, si l’on pouvait tirer vanité d'avoir lu beaucoup de livres, parmi lesquels il en est un grand nombre que je ne me serais jamais avisé d'ouvrir si je ne m'étais pas imposé l'obligation de vérifier avec le plus grand soin tout ce que j'exposais aux yeux du public.
Comme mes recherches m'ont cenduit souvent dans des roues obscures ou peu fréquentées, je me suis vu obligé de renvoyer constamment aux auleurs qui me servaient de guides, et cette attention 'a paru non-seulement nécessaire pour justifier les faits sur lesquels j’établissais un raisonnement ; mais encore propre à servir de guide à ceux qui voudront suivre après moi la même route, et à les mettre en état de faire leurs recherches avec plus de facilité et de succès.
Tout lecteur attentif et éclairé observera dans mon ouvrage une omission dont il est nécessaire que j'explique le motif. Je n’ai fait mention ni des conquêtes du Mexique et du Pérou, ni de l'établissement des colonies espagnoles sur le continent et dans les tles de l'Amérique. Je m'étais d’abord proposé de m'étendre beaucoup sur le récit de ces grands événemens; mais en examinant avec plus d'attention cette partie de mon plan, j'ai trouvé que ces découvertes, et leur influence sur les sys-
tèmes de politique ou de commerce de l'Europe, étaient des sujets trop brillans et trop importans pour être traités seulement d’une manière superficielle, qui ne serait ni instructive ni intéressante; d’un autre côté, en donnant à ces objets toute l'étendue qu'ils méritent, je me serais engagé dans UL épisode trop disproportionné avec ie corps de l'ouvrage. J'ai donc réservé ces détails pour une histoire particulière que je me propose d’entreprendre, si l'ouvrage que je donne aujourd'hui au public obtient son approbation.
Quoiqu’en supprimant du règne de Charles-Quint des objets si considérables, mais détachés du sujet principal, j'aie renfermé ma narration dans des bornes plus étroites, je suis cependant persuadé que mes lecteurs, d’après l'exposé que j'ai cru devoir leur faire de la nature et de l'intention de mon ouvrage, en trouveront encore le plan trop étendu et l’entreprise trop hardie. Je l'ai senti souvent moi-même; mais la persuasion ou j'étais de l'utilité d’une histoire de ce genre m'a déterminé à persévérer dans mon dessein. C’est au public à prononcer sur le mérite de l'exécution. J’attendrai son jugement non sans inquiétude , et je m'y soumettrai avec un respectueux silence.
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